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Full text of "Les Nouveautés électriques... oscillations électriques, courants à haute fréquence, courants polyphasés, production de l'électricité : piles, dynamos, accumulateurs, transformateurs ; distribution, stations centrales, éclairage, électrométallurgie, tramways et locomotives, transmission de l'énergie, moteurs, téléphone et théâtrophone, rayons Röntgen, photographie à travers les corps opaques"

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NOUVEAUTÉS ÉLECTRIQUES 



BIBLIOTHEQUE 
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OUVRAGES DU MEME AUTEUR: 

DICTIONNAIRE D'ÉLECTRICITÉ ET DE MAGNÉTISME 

COMPRENANT LES APPLICATIONS AUX SCIENCES, AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE 

Introduction par M. BOUTY 

Professeur à la Faculté des sciences de Paris 

1895, 1 vol. gr. in-8 de 1,150 pages, avec 1,250 figures... 30 fr. 

LES NOUVEAUTÉS ÉLECTRIQUES 

189G, 1 vol. in-18 Jésus de 4u0 pages, avec 100 figures, cart. 4 fr. 

{Bibliothèque des connaissances utiles) 

L'ÉLECTRICITÉ A LA MAISON 

1889, 1 vol. in-10 de 39G pages, avec 200 figures 4 fr. 

(Bibliothèque des connaissances utiles) 
LE CHAUFFAGE ET LES APPLICATIONS DE LA CHALEUR 

DANS L'INDUSTRIE ET L'ÉCONOMIE DOMESTIQUE 

1893, 1 vol. in-18 Jésus de 355 pages, avec 188 figures, cart. 4 fr. 

(Bibliothèque des connaissances utiles) 

LA PHOTOGRAPHIE 

ET SES APPLICATIONS AUX SCIENCES, AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE 

1888, 1 vol. in-18 Jésus de 384 pages, avec 95 figures et 3 pi. 3 fr. 50 

[Bibliothèque scientifique contemporaine) 
SAVONS ET BOUGIES 

1894, 1 vol. in-18 Jésus de 424 pages, avec 116 figures, cart. 5 fr. 

{Encyclopédie de chimie industrielle) 

J.-E.-Il. GORDON 

TRAITÉ EXPÉRIMENTAL D'ÉLECTRICITÉ ET DE MAGNÉTISME 

1881, 2 vol. in-8, ensemble, 1,332 pages, avec58pl. et 371 fig.. 35 fr. 

GUN 
L'ÉLECTRICITÉ APPLIQUÉE A L'ART MILITAIRE 

1889, 1 vol. in-16 de 380 pages, avec 140 fig 3 fr. 50 

L. MONTILLOT 
LA TÉLÉGRAPHIE ACTUELLE EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 

■ " - ■ LIGNES, RÉSEAUX, APPAREILS, TÉLÉPHONES 

1889, irpi»in-lC de 334 pages avec 131 figures 3 fr. 50 

fi *. (Bibliothèque scientifique contemporaine) 

"- ; * L. MONTILLOT 

L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE 

GUIDE PRATIQUE DES ÉLECTRICIENS ET DES AMATEURS 

894, 1 vol. in-18 jésus de 408 pages, avec 190 fig., cart 4 fr. 

(Bibliothèque des connaissances utiles) 

Gaston PLANTÉ 
PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES DE L'ATMOSPHÈRE 

FOUDRE, GRÊLE, TROMBES, AURORES POLAIRES, ETC. 

1888, 1 vol. in-IG de 322 pages avec 50 figures 3 fr. 50^ 

(Bibliothèque scientifique contemporaine) 

2529-96. — Corbbil. Imprimerie Crhtb. 



Julien LEFEVRE 



Ii OCTB V H ES -C\E SCES 
PBOFESSEUR A LKCULE DES SCI EN C 



LES 




NOUVEAUTES ELECTRIQUES 



Avec figures intercalées dans Je texte 



M PS 



A 



Oscillations électriques. — Courants à haute 

fréquence. — Courants polyphasés 

Production de l'électricité : 

Piles, dynamos, accumulateurs, transformateurs. 

Distribution. — Stations centrales 

Éclairage. — Électrométallurgie 

Tramways et locomotives 

Transmission de l'énergie. — Moteurs 

Téléphone et théâtrophone 

Rayons Rontgen photographie à travers 

les corps opaques 



PARIS 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE et FILS 

19, rue Hautefeuille, près du boulevard St-Germaln. 




18 96 

Tous droils réservés. 



PRÉFACE 



Nous nous proposons de décrire dans ce volume les 
découvertes accomplies en Électricité dans ces 
dernières années, soit depuis la publication de notre 
Dictionnaire ou à peu près depuis l'Exposition de 1880 ; 
si l'Électricité n'a produit, depuis cette époque, au- 
cun de ces appareils merveilleux qui, de temps en 
temps, viennent en quelque sorte ajouter à la science 
une branche nouvelle et mettre à la disposition de 
l'homme un nouvel agent ou un nouveau mode de 
communication, comme la machine de Gramme, le 
télégraphe ou le téléphone, les années qui viennent 
de s'écouler n'ont cependant pas été perdues et elles 
ont enrichi d'un grand nombre d'applications intéres- 
santes le domaine de l'Électricité, dont certaines 
parties ont pris, pendant ce temps, un développement 
considérable. 

Dans la partie théorique elle-même, nous avons à 
signaler quelques travaux particulièrement impor- 
tants. 

Les belles découvertes de Hertz sur les ondulations 
électriques ont été complétées par les travaux de 
MM. Joubert, Egoroff, Grégory, Sarasin et de la Rive. 
Signalons aussi les intéressantes expériences de 






t 



5 PRÉFACE. 

M. Tesla sur les courants alternatifs à haute tension 

et à grande fréquence. 

Les courants polyphasés, sur lesquels l'attention 
a été appelée, en 1888, par les expériences de M. Fer- 
raris, se sont répandus rapidement dans l'industrie, 
à cause de la simplicité des générateurs qui les pro- 
duisent et des moteurs qu'ils mettent en mouvement: 
citons en passant les modèles de Fives-Lille et du 
Creusot. , 

L'éclairage électrique n'a pas fait de progrès bien 
sensibles : on peut signaler cependant les nouveaux 
modèles des lampes Cance et Bardon, les régulateurs 
de Contades, Wilbrant, Brianne ; au contraire le 
chauffage s'est beaucoup développé. Nous décrirons 
en particulier le four électrique de M. Moissan, et, 
pour un autre genre d'applications, les appareils de 
chauffage de Crompton. 

La traction électrique a pris une grande extension, 
surtout en Amérique. La plus importante des Sociétés 
s'occupant de cet objet, la Compagnie Thomson- 
Houston, qui avait, au 13 septembre 1889, installé 
seulement 37 lignes représentant 336 kilomètres et 
équipé 307 voitures, avait organisé, à la fin de 1893, 
plus de 400 lignes représentant 9441 kilomètres et 
employant 9000 voitures. 

Le système Thomson-Houston, très en faveur en 
Amérique, commence à se répandre en Europe. Ainsi, 
depuis sa formation, qui remonte au 1" mai 1893, la 
Compagnie française, créée pour l'exploitation de ce 
procédé, a déjà installé une e xtension de la ligne de Flo- 
rence à Fiesole, une ligne de la place du Dôme à la porte 
Sempione à Milan, et plus récemment la ligne de Bor- 
deaux-Bouscat au Vigean et le réseau complet de la ville 
du Havre, la ligne de la place de la Charité à Oulhns et 
àSaint-Genis-Laval, à Lyon, trois lignes àBelgrade, etc. 



PREFACE. 7 

De sérieux essais ont été aussi effectués pour appli- 
quer l'électricité à la traction des trains de chemins 
de fer. La locomotive de M. J.-J. Heilmann a été 
expérimentée sur la ligne de l'Ouest entre le Havre 
et Beuzeville, puis entre Paris et Mantes. D'un autre 
côté, la Compagnie du Nord a mis à l'étude une loco- 
motive à accumulateurs, spécialement destinée à la 
traction en souterrain ; la maison Siemens, de Londres, 
et la Compagnie Thomson-Houston ont également 
construit, dans ces derniers temps, des modèles de 
locomotives électriques. 



De nombreuses stations centrales ont pris naissance 
dans ces dernières années; telles sont la station cen- 
trale de Hanovre, l'usine électrique du Salève, l'usine 
du secteur des Champs-Elysées, les ateliers des ser- 
vices électriques de la Compagnie du Nord, installés 
sous la direction de M. Sartiaux. L'une des stations 
les plus considérables qui aient encore existé est sans 
contredit l'installation provisoire qui fut édifiée pour 
le service électrique de l'Exposition de Chicago. 

Les maisons Lombard-Gérin, de Lyon, Fichet et 
Heurtey, de Paris, la Société des accumulateurs Tudor 
et celle des moteurs Niel exposaient à Lyon collecti- 
ment, sous le nom de station électrique rationnelle, 
un ensemble de station électrique de mille lampes de 
dix bougies environ. Un des points originaux de cette 
station est la production de la force motrice avec 
moteurs à gaz, dans des conditions d'économie excep- 
tionnelle, avec une simplicité de fonctionnement qui 
permet de confier à un seul homme la surveillance 
d'installations importantes. 

Le système Tudor est appliqué, depuis une dizaine 
d'années, dans une quarantaine de stations cen- 
trales. 

Nous signalerons encore parmi les appareils qui 



I 



8 PRÉFACE. 

nous ont paru mériter une description : les moteurs 
de MM. Hutin et Leblanc, la dynamo Cail-Helmer à 
inducteur mobile, la turbine Laval, l'exploseur Manet, 
les transformateurs Ganz et Labour, les nouveaux 
appareils de désinfection de M. Hermite, les appa- 
reils de M. Héroultpour l'électromélallurgie, les récep- 
teurs microphoniques d'Arsonval,Mercadier et Anizan, 
de Lalande, et enfin l'installation du théàtrophone. 

On voit que, dans le domaine de l'électricité, les 
dernières années n'ont pas été perdues, ni pour la 
science pure ni pour les applications industrielles. 
L'industrie électrique, qui ne compte guère plus de 
dix années d'existence, n'a pas cessé d'affirmer sa 
vitalité ; il y a tout lieu de croire que cette marche 
ascendante ne s'arrêtera pas et que les années qui vont 
suivre apporteront à leur tour de nouveaux progrès 
et amasseront un bagage digne de figurer à l'Expo- 
sition de 1900. C'est le souhait que nous formons en 
terminant, et nous ne doutons pas qu'il se réalise. 

J. Lefèvre. 



Nantes, lévrier 1896. 



LES 



NOUVEAUTÉS ÉLECTRIQUES 



CHAPITRE PREMIER 



PROPRIÉTÉS DES COURANTS. 



Ondulations électriques. — Courants à haute fréquence. — 
Champs magnétiques tournants; courants polyphasés. 

En ce qui concerne la partie théorique de l'électri- 
cité, les années qui viennent de s'écouler ont vu 
éclore quelques travaux d'une grande importance. 
Les oscillations électriques, découvertes par Hertz en 
1889, ont été depuis cette époque étudiées par divers 
savants. Nous signalerons aussi, dans ce chapitre, les 
belles expériences de M. Tesla sur les courants à 
haute fréquence, et la production des courants poly- 
phasés; on sait que ces courants, employés depuis peu 
de temps, présentent déjà des applications nombreuses 
et importantes, que nous ferons connaître dans les 
chapitres suivants. 

Oscillations ou ondulations électriques. — On 
sait que Hertz est parvenu, en 1889, par l'emploi d'une 
décharge oscillatoire extrêmement rapide, à propager 
dans l'éther ambiant un mouvement vibratoire trans- 

i. 



10 OSCILLATIONS ÉLECTRIQUES, 

versai, susceptible de produire des inférences et tous 
les phénomènes déjà étudiés pour la lumière (1). 
Depuis cette époque, la même question a été étudiée 
par divers savants. 

Expériences de M. Jouberl et de M. Egoroff. — 
M. Joubert a employé, au Laboratoire central d'élec- 
tricité de Paris, un appareil analogue à celui de Hertz : 
il a reconnu que la production d'oscillations suffisam- 
ment rapides dépend d'un certain nombre de condi- 
tions, telles que dimensions de la bobine, distance et 
degré de poli des boules; une lumière violette un peu 
vive les arrête absolument. Cet excitateur fonction- 
nant dans la grande salle du laboratoire, on pouvait, 
en réglant convenablement la longueur des fils et la 
valeur des capacités, obtenir des étincelles dans les 
autres salles et même à l'extérieur; à plus de 50 mètres 

de distance. 

Au lieu des résonnateurs circulaires employés par 
Hertz, M. Joubert s'est servi de deux tiges placées 
bout à bout et dont les extrémités reçoivent des ca- 
pacités de surface convenable ; une pince en bois réunit 
ces deux tiges. 

M. Egoroff a montré en 1889 que les tubes de 
Pliicker et ceux de Hitorff peuvent remplacer les ré- 
sonnateurs de Hertz et montrer la propagation des 
ondes électromagnétiques dans les fils parallèles. 

Expériences de MM. Sarasin et de la Rive. — En 
variant les expériences de Hertz, MM. Sarasin et de 
la Rive ont obtenu des faits qui nécessiteront une 
discussion approfondie des phénomènes, beaucoup 
moins simples qu'il n'avait paru d'abord (1889). Ils 



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(1) Voir Dictionnaire a" électricité, article Électricité. 



OSCILLATIONS ÉLECTRIQUES. 11 

ont d'abord tendu deux fils horizontaux parallèles en 
avant de l'excitateur et vérifié que l'espace situé entre 
ces deux fils contient des ondes d'induction fixes, avec 
des ventres et des nœuds équidistants. Lorsqu'on dé- 
place dans cet espace des résonnateurs de différentes 
dimensions, on trouve que l'internœud ne dépend que 
du résonnateur et non de l'excitateur. Le mouvement 
vibratoire qui s'y propage doit donc contenir toutes 
les longueurs d'ondes possibles entre certaines limites, 
et chaque résonnateur choisit dans cet ensemble l'on- 
dulation dont la période correspond à la sienne propre. 

MM. Sarasin et de la Rive ont vu aussi, à l'aide du 
même dispositif, que la vitesse de propagation des 
ondes électriques est la même dans l'air et le long 
des fils. Ils ont cherché ensuite à vérifier cette égalité 
de vitesse pour les grandes longueurs d'onde, les 
expériences de Hertz sur ce point manquant de netteté 
et ayant conduit leur auteur à admettre la possibilité 
d'une vitesse différente. 

Il fallait pour cela disposer d'un grand miroir et 
d'un espace assez vaste. MM. Sarasin et de la Rive 
installèrent dans le bâtiment des turbines des forces 
motrices de Genève un miroir de zinc de 8 mètres sur 
16, placé à 15 mètres d'un excitateur, dont les grosses 
sphères avaient 30 centimètres de diamètre et dont 
les petites boules étaient plongées dans l'huile. En 
employant comme résonnateurs des cercles de 50 et de 
75 centimètres de diamètre, on a trouvé les résultats 
suivants : 

1° La longueur d'onde d'un résonnateur est sensi- 
blement égale à huit fois son diamètre ; 

2° Dans le cas de la réflexion normale, le premier 
nœud est exactement au miroir; 



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I 



12 OSCILLATIONS ÉLECTRIQUES. 

3° La vitesse de propagation dans l'air est la même 
que le long des fils. 

Expériences de M. Blondlot. — M. Blondlot a cher- 
ché à vérifier, en 1891, si la vitesse de propagation 
des ondes électromagnétiques dans l'air est bien égale 
à celle de la lumière, point sur lequel Hertz n'avait 
pas obtenu de résultats bien nets. MM. Sarasin et de la 
Rive ayant montré que c'est le résonnateur qui déter- 
mine la longueur d'onde observée, l'équation 

>. = VT 

doit être vérifiée si l'on substitue à X et à T les valeurs 
de la longueur d'onde et de la période de vibration 
propres au résonnateur employé et à V la vitesse de 
propagation des ondes. 

Il suffit donc, pour connaître V, de mesurer X et T 
pour le résonnateur employé. M. Blondlot a donné à 
cet appareil une forme telle que sa période pût être 
calculée par la formule 

T = Î7tVCL, 

où G représente la capacité, L le coefficient dejself- 
induction : ce calcul s'appuie donc uniquement sur 
les lois les mieux établies de l'électromagnétisme. 
La longueur d'onde X a été mesurée en étudiant la 
propagation des ondes le long d'un système de deux 
fils métalliques parallèles, MM. Sarasin et de la Rive 
ayant montré que la vitesse est la même que dans l'air. 
M. Blondlot a employé quatre résonnateurs de capacité 
très différente : la vitesse de propagation V n'a pas 
varié et la moyenne de 13 déterminations concor- 
dantes a donné 297 600 kilomètres, valeur qui est, au 
degré d'approximation des expériences, égale au rap- 



COURANTS A HAUTE FRÉQUENCE. 13 

port des unités électromagnétique et électrostatique, 
ainsi qu'à la vitesse de la lumière. 

« Il serait téméraire, dit M. Blondlot, de conclure 
de cette égalité que les vibrations lumineuses sont un 




Fig. 1. — Appareil pour les expériences de M. Tesla. 

cas particulier des vibrations électromagnétiques; 
toutefois on ne peut méconnaître que le résultat 
obtenu soit favorable à cette hypothèse. » 

Courants à haute fréquence. — En 1891, M. Tesla 
a obtenu des effets nouveaux et du plus haut 
intérêt à l'aide de courants présentant une tension 






1 



U COURANTS A HAUTE FRÉQUENCE. 

extrêmement élevée en même temps qu'une très 
grande fréquence. Il emploie pour cela deux dispo- 
sitifs différents. Dans le premier, un alternateur 
spécial, donnant 10000 à 20000 alternances par 
seconde, communique avec le fil primaire d'une 
petite bobine d'induction plongée dans l'huile, pour 
la maintenir parfaitement isolée. L'autre utilise la 
décharge oscillatoire d'un condensateur : il peut être 
réalisé avec l'appareil (fig. 1). Une bobine à trembleur 
rapide, de 5 centimètres d'étincelle, actionnée par 
o ou 6 accumulateurs, charge une bouteille de Leyde 
L au moyen des fils » ; cette bouteille donne en e des 
décharges oscillantes, sous la forme d'étincelles très 
vives dont on peut faire varier la longueur en réglant 
la distance des boules. Le circuit de décharge de la 
bouteille contient, outre l'excitateur e, le fil primaire 
d'un transformateur T, complètement noyé dans 
l'huile, et dont le fil secondaire communique avec un 
autre excitateur E. Les deux circuits du transforma- 
teur sont séparés par un tube d'ébonite. 

Le premier dispositif permet de réaliser un certain 
nombre d'expériences intéressantes, et en particulier 
celles qui suivent. 

On prend de la main droite un tube de verre, 
de 1 mètre de longueur, vide d'air et ne renfermant 
aucune électrode, et de la main gauche l'une des 
extrémités du fil induit de la bobine : le tube s'illu- 
mine sur toute sa longueur; malgré l'énorme tension 
du courant alternatif, l'opérateur subit seulement 
une sensation qui n'est pas très intense dans le bras 

gauche. 

Un globe de verre, vide, contient une seule élec- 
trode, formée d'un gros bouton métallique, qu'on fait 



COURANTS A HAUTE FRÉQUENCE. 15 

communiquer avec un des pôles de la bobine par un 
fil de cuivre recouvert de gutta. Le bouton s'illumine ; 
en approchant la main de l'extérieur du globe, on 
provoque des phénomènes de condensation et la lueur 
devient beaucoup plus éclatante. 

Le second appareil se prête également à un grand 
nombre d'expériences remarquables. 

Ainsi on peut imiter les décharges d'une machine 
électrostatique. Si les boules de l'excitateur E ont 
10 centimètres de diamètre, on a seulement des 
étincelles; si elles n'ont que 3 centimètres, on 
observe en même temps autour du métal des aigrettes 
et des lueurs comme il s'en échappe d'une pointe ou 
d'une arête avec une machine statique. 

Si l'on détache les fils qui se rendent à l'excita- 
teur E, ils deviennent lumineux dans l'obscurité, 
émettent des aigrettes et attirent les corps légers; on 
perçoit en même temps l'odeur de l'ozone. 

Un tube de verre vide s'illumine lorsqu'on saisit 
d'une main une de ses extrémités et qu'on met l'autre 
en contact avec une des tiges de l'excitateur. 

Le corps humain peut lui-même servir de con- 
ducteur; dans ce cas, tenant d'une main l'extrémité 
du tube de Geissler ou de ïesla, on saisit de l'autre 
une des tiges de l'excitateur, les deux boules étant 
écartées. Si, dans ces conditions, une autre personne 
vient prendre à pleine main l'extrémité libre du tube, 
celui-ci devient immédiatement très lumineux et dans 
toute sa longueur. On peut ainsi former une chaîne 
de personnes tenant entre elles des tubes qui s'illu- 
mineront sous l'influence électrique. 

On peut aussi illuminer le tube sans le mettre eu 
communication immédiate avec l'excitateur. Pour 



16 COURANTS A HAUTE FRÉQUENCE, 

cela, une surface métallique S (fig. 2) est suspendue 
à lune des tiges de l'excitateur E et crée ainsi un 
champ électrostatique qui s'étend à distance. Un 
tube de Geissler ou de Crookes, tenu à la main par 
une de ses extrémités, s'illumine dans le voisinage de 
la plaque sans cependant avoir avec elle aucun contact 

immédiat. 

Un autre phénomène également très intéressant 



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r : i ii,' 1 ') l| iii:]fil!!ii!i' 




Fig. 2. - 



Accessoires pour les expériences de M. Tesla. 



est celui-ci : suspendons à l'une des tiges de l'excita- 
teur E une lampe L' (fig. 2) à une seule électrode ou 
même sans électrode ; elle s'illumine et l'on peut voir 
se produire, surtout si l'on approche la main, une 
aigrette brillante en forme de pinceau, constituant 
un phénomène des plus remarquables. L'aigrette se 
déplace avec la plus grande facilité sous l'influence 
de la plus faible variation magnétique ; aussi M. Tesla 
a-t-il cru voir dans ce phénomène à la fois un nou- 
veau mode d'éclairage et peut-être aussi un moyen 



COURANTS A HAUTE FRÉQUENCE. 17 

« de télégraphier à une vitesse quelconque à travers 
l'Atlantique ». 

La cuve R (fig. 1) est enlevée ainsi que le transfor- 
mateur T qu'elle contient. Dans les deux serre-fils 
A et B, laissés libres, on serre les extrémités d'un gros 
fil CO de faible longueur et de résistance presque nulle 
(0,0007 ohm) ; une lampe à incandescence L, reliée aux 
deux extrémités de ce gros fil, s'allume au blanc. Cette 
lampe étant de 4 volts, il faudrait, pour obtenir le 
même effet, lancer dans le gros fil un courant continu 
d'environ G000 ampères. 

En substituant au fil CO un solénoïde H d'une dizaine 
de spires, on peut allumer des lampes L, de différents 
voltages, qu'on place en dérivation en divers points 
du solénoïde; deux spires d'intervalle suffisent pour 
une lampe de 4 volts. 

Une lampe L de 4 volts, reliée aux deux extrémités 
d'un solénoïde H' de deux spires, s'allume au blanc 
lorsqu'on introduit à l'intérieur le gros solénoïde H, 
parcouru par le courant de décharge. 

Ces expériences si remarquables deviendront peut- 
être le point de départ d'applications importantes. 
«Comment transmettre économiquement les tensions 
alternatives énormes utilisées dans ces expériences? 
On peut tout d'abord rapprocher autant que possible 
la bobine du lieu d'utilisation; mais, même pour une 
courte transmission, un fil traversant une salle pren- 
drait déjà les 9/10 de l'énergie qu'il transmet. La ques- 
tion est encore à l'étude. Le meilleur système serait 
peut-être un til isolé dans une gaine de plomb, en mé- 
nageant des divisions dans la couverture métallique. 

« Quelle sera la lumière de l'avenir? Utilisera-t-on les 
corps solides ou les gaz incandescents? L'incandes- 



■ 



I 

1 



18 CHAMPS MAGNÉTIQUES TOURNANTS. 

cence sera-t-elle due à des phénomènes chimiques ou 
électriques? Le rendement des sources de lumière 
actuelles est déplorable ; des perfectionnements dans 
la nature de ces sources peuvent apporter des écono- 
mies énormes. » M. Tesla pense que l'on trouvera la 
solution dans l'emploi des courants alternatifs de très 
grande fréquence et de très hauts potentiels. 

Champs magnétiques tournants. — Un champ ma- 
gnétique tournant est un champ magnétique dont la 
direction effectue une rotation entière en un certain 
temps, et repasse périodiquement par les mêmes po- 
sitions. Différents moyens permettent d'obtenir ce 
résultat. Le plus simple et le plus ancien consiste à 
faire tourner un aimant (magnétisme de rotation). 

En 1880, MM. Lontin et de Fonvielle réalisèrent un 
petit appareil, nommé électrogyroscope, dans lequel 
un disque de cuivre tournait sous l'action d'un aimant 
permanent et d'une bobine de Ruhmkorff disposée en 
véritable transformateur. 

Enfin M. Ferraris, de Turin, a démontré en 1888 que, 
lorsque deux courants alternatifs de même période, 
mais décalés l'un par rapport à l'autre d'un quart de 
période {courants diphasés), traversent deux circuits 
disposés à angle droit, la résultante des deux champs 
magnétiques produits par ces deux circuits est un 
champ maguétique tournant, d'intensité constante et 
de vitesse angulaire uniforme, faisant un tour complet 
pendant la durée d'une période. 

Quelle que soit la méthode employée pour produire 
un champ tournant, une masse métallique quelcon- 
que, placée dans un tel champ, tendra à tourner dans 
le même sens que lui, et avec la même vitesse, si 
aucune résistance ne s'oppose à ce mouvement. Cette 



CHAMPS MAGNÉTIQUES TOURNANTS. 



19 



rotation est due aux courants de Foucault qui pren- 
nent naissance dans la masse métallique. 

L'appareil (fig. 3) permet de vérifier le principe pré- 
cédent ; il se compose de deux bobines rectangulaires, 
dont l'une B' porte deux circuits : le fil primaire, gros 
etcourt, reçoit eu AA' lecourant alternatif d'une petite 
magnéto; le courant secondaire, qui prend naissance 
dans le fil long et fin, passe ensuite dans la deuxième 




Fig. 3. — Production d'un champ tournant 
par les courants diphasés. 



bobine B, qui est également garnie d'un fil long et fin. 
Par suite de la self-induction des bobines, si les con- 
ditions sont convenablement choisies, ce courant pré- 
sente avec le premier une différence de phase d'un 
quart de période, et il se produit un champ tournant 
à l'intersection des axes des deux bobines. Un petit 
cylindre métallique M, placé en ce point, prend un 
mouvement de rotation rapide. 

De même trois champs magnétiques faisant entre 
eux des angles égaux et produits par des courants dé- 
calés d'un tiers de période (courants triphasés) produi- 
ront encore un champ tournant. Ce système peut être 
réalisé au moyen de trois bobines ABC formant un 






-20 COURANTS POLYPHASÉS, 

triangle équilatéral, ou recouvrant chacune un tiers 
d'un anneau plat (fig. 4), et dans lesquelles on lance des 
courants triphasés. Le pivot central p reçoit une chape 
en agate A, sur laquelle on place les mobiles M et M'. 
Le premier, qui est en fer, tourne rapidement; le 
second, qui est en cuivre, tourne moins vite, mais son 
mouvement s'accélère beaucoup si l'on ajoute la ron- 
delle de fer F. La chape A, seule, tourne elle-même 
avec rapidité. 
On pourrait obtenir les mêmes effets avec des cou- 




Fig. 4. — Production d'un champ tournant 
par les courants triphasés. 

rants polyphasés d'ordre plus élevé. C'est là le prin- 
cipe des moteurs à courants alternatifs polyphasés. 

Les champs magnétiques tournants, qui n'avaient 
reçu d'abord aucune application, sont très employés 
depuis qu'on les produit au moyen des courants poly- 
phasés. Nous allons donc indiquer les propriétés de 
ces courants. 

Courants polyphasés. - Lorsque deux ou plu- 
sieurs courants alternatifs passent aux mêmes mo- 
ments par leurs maxima et par leurs valeurs nulles, 
on dit qu'ils ont même période et même phase. Si, 



COURANTS POLYPHASES. 



21 



tout en gardant la même période, ils passent par ces 
valeurs à des instants différents, ils sont décalés ou 
déphasés. Le nombre des phases différentes à consi- 
dérer est égal à celui des courants : on a donc des 
courants diphasés, triphasés, etc. Généralement on 




Fier. 5, _ Dynamo Gramme donnant des courants 
continus et triphasés. 



règle la différence de phase d'une manière symé- 
trique : les courants diphasés présentent donc une 
différence de 1/4 de période et les courants triphasés 
de 1/3. Ces courants se prêtant fort bien à la cons- 
truction de moteurs avantageux ' V'oy. Champ magné- 
tique tournant), il est intéressant d'étudier leurs 
propriétés. 

Production des courants polyphasé*. — On peut 



22 COURANTS POLYPHASÉS. 

produire des courants diphasés au moyen d'une pile 
ou d'une machine à courant continu et d'un commu- 
tateur spécial, formé de deux commutateurs de Clarke 
calés sur un même arbre, à 90° l'un de l'autre. Si l'on 
fait tourner l'appareil, chacun des commutateurs, re- 
cevant le courant continu par des ressorts frotteurs, le 
change en courant alternatif, et la différence de phase 
est donnée par la distance angulaire de ces commu- 
tateurs ; avec trois commutateurs formant des angles 
égaux, on aurait des courants triphasés. 

On peut encore avoir des courants triphasés avec 
une dynamo à anneau Gramme; il suffit d'installer 
sur cet anneau trois prises équidistantes ABC, comme 
on le voit sur l'anneau D (fig. 9) ; on réalise ainsi le 
montage en étoile, dont nous parlons plus loin. Ces 
prises sont reliées à trois bagues continues et isolées, 
fixées sur l'arbre de l'induit; trois frotteurs aôc (1) 
recueillent les courants triphasés (fig. 5). 

Le collecteur habituel CO peut être maintenu, sans 
changement, sur l'autre extrémité de l'arbre, avec ses 
frotteurs de; la même machine donne alors, à vo- 
lonté, des courants continus ou des courants tripha- 
sés. 

Le plus souvent, on se sert d'alternateurs, dont la 
partie inductrice est disposée comme pour donner des 
courants alternatifs ordinaires ; mais l'induit, au lieu 
de porter une seule série de bobines, en nombre égal 
à celui des pôles inducteurs, en possède trois si l'on 
veut avoir des courants triphasés; les bobines de ces 
trois séries alternent d'ailleurs régulièrement sur 
toute l'armature. Lorsque les bobines de la première 

(1) Nous démontrons un peu plus loin que trois fils de ligne 
suffisent pour transmettre les courants triphasés. 



I 



p^ 



COUBANTS POLYPHASÉS. 23 

série se trouvent exactement en face des pôles induc- 
teurs, celles de la seconde en sont distantes d'un 
tiers et celles de la troisième de deux tiers d'inter- 
valle de pôle. On conçoit que ces trois séries de bo- 
bines soient à chaque instant le siège de forces électro- 
motrices décalées l'une par rapport à l'autre d'un 
tiers de période. 
Dans cette disposition, on a en quelque sorte trois 




Fig. 6. — Montage en étoile. 

alternateurs ayant l'inducteur commun et trois in- 
duits distincts calés sur le même axe, à des distances 
angulaires égales. 

On pourrait employer aussi trois alternateurs com- 
plètement distincts ; ce système, un peu compliqué, 
n'a pas été utilisé jusqu'à présent, à notre connais- 
sance, pour les courants triphasés, mais il est appliqué 
dans l'industrie pour la production des courants di- 
phasés (Voy. p. 69j. 

Transmission des courants polyphasés. — Il semble 
au premier abord qu'il soit nécessaire, pour trans- 



24 COURANTS POLYPHASÉS. 

mettre des courants triphasés de leur génératrice a 
une réceptrice éloignée, d'employer trois lignes dis- 
tinctes, et par conséquent six conducteurs. Ce nombre 
peut en réalité être réduit à trois. 

En effet, soient A, B, C,les trois circuits générateurs 
des courants triphasés, aa\ 66', ce', leurs pôles (lig. 6). 
Les différences de potentiel qui existent entre ces 
trois séries de pôles sont évidemment décalées d'un 





Fig. 



Montage en triangle. 



tiers de période l'une par rapport à l'autre. Si l'on 
réunit ensemble les trois pôles abc, ils sont nécessai- 
rement à un même potentiel, que nous pouvons 
prendre pour origine. Les autres pôles présentent 
des potentiels variant d'une manière périodique et 
décalés l'un par rapport à l'autre d'un tiers de pé- 
riode. Trois des pôles étant ainsi réunis, il suffit 
d'attacher aux trois autres trois fils de ligne. Les 
connexions peuvent être établies directement sur les 
bobines. Ce mode de montage est dit en étoile; il a ete 
appliqué dans les expériences de Lauffen-Francfort. 
La figure 7 montre un autre genre de montage, qui 



1 



! 



COURANTS POLYPHASÉS. 2è> 

permet également de réduire à trois le nombre des 
fils de ligne, ainsi qu'il est facile de le démontrer. 
C'est le montage en triangle. 

Les trois fils de ligne amenant aux appareils récep- 
teurs des potentiels décalés l'un par rapport à l'autre 
d'un tiers de période, ceux-ci pourront être montés, 
comme les générateurs, soit en étoile, soit en triangle. 
Ces courants peuvent .alimenter directement des 
foyers lumineux, pourvu qu'ils soient installés suivant 




r 



Fig. S. — Montage des lampes alimentées 
par des courants triphasés. 

l'une de ces deux dispositions (lig. 8); les trois fils de 
lignes s'attachent en A, B, C. On a essayé aussi, à 
Francfort, une lampe à trois filaments, reliés avec les 
trois fils de ligne et réunis par leur sommet. 

Cette symétrie et cette égalité de section des con- 
ducteurs constituent un avantage des courants 
triphasés sur les courants diphasés. Pour ces derniers, 
il faut employer quatre fils, ou trois seulement, dont 
un plus gros servant de retour commun aux deux 
autres. 

Principe des moteurs à courants polyphasés. — Dans 
un moteur à courants polyphasés, l'inducteur doit 
J. Leiévbe. — Xouv. éleet. 2 



■ ~~ 






26 



COURANTS POLYPHASÉS. 



être disposé pour produire un champ magnétique 
tournant. Ainsi, pour les courants triphasés, cet induc- 
teur se composera essentiellement de bobines, au 
nombre de trois ou d'un multiple de trois, placées à 




ne. 9. • 



■ Anneau de Gramme disposé en récepteur 
peur courants triphasés. 



angles égaux. Ces bobines peuvent être enroulées sur 
trois noyaux disposés suivant les trois rayons équi- 
distants d'un anneau en fonte ; elles peuvent aussi être 
disposées en triangle. Enfin l'anneau de Gramme peut 




Fig. 10. — Schéma d'un induit pour courants polyphasés. 

servir facilement d'inducteur pour ces courants : il 
suffit de le diviser en trois bobines égales A, B, C, 
qu'on relie aux trois fils de ligne (fig. 9). 11 se produit 
à l'intérieur un champ tournant. 

L'induit T, placé dans ce champ, peut être un, 



COURANTS POLYPHASÉS. 



27 



conducteur quelconque. Il est formé le plus souvent, 
comme le montre la figure 10, de deux anneaux plats 
de cuivre, réunis par des barres de même métal, 
disposées suivant les génératrices d'un cylindre. 
L'ensemble représente assez bien une cage d'écureuil. 
Afin d'augmenter la perméabilité, toutes ces tiges 
sont noyées dans des disques de fer superposés, dont 
elles sont isolées électriquement. 

Dans les moteurs d'une grande puissance, l'induit 
est généralement fixe et l'inducteur mobile. 

Lorsque l'induit est mobile, il faut remarquer qu'il 
constitue un circuit fermé et n'a besoin ni de balais, 
ni de frotteurs d'aucune espèce; tout l'entretien se 
réduit donc au graissage des paliers. 

Au moment du démarrage, l'induit, étant immobile, 
est traversé par des courants de Foucault très intenses, 
ce qui pourrait être dangereux pour les moteurs de 
grande puissance. Dans ce cas, on intercale dans le 
circuit induit une résistance, qu'on diminue graduel- 
lement jusqu'à ce que l'armature se trouve en court 
circuit. 

Transformation des courants continus en courants 
polyphasés ; transformation inverse. — Considérons 
une machine de Gramme disposée pour donner à vo- 
lonté des courants continus ou des courants triphasés 
(fig. 5). Si, par l'intermédiaire des balais de, on lance 
dans l'anneau un courant continu, on pourra recueillir 
sur les frotteurs abc des courants triphasés. La réci- 
proque est évidemment vraie. M. Schuckert avait 
exposé à Francfort une machine réalisant la même 
transformation pour les courants diphasés et con- 
tinus. 

Avantages des courants polyphasés. — Ces courants 



HH 






28 COURANTS POLYPHASÉS, 

sont les seuls actuellement qui permettent de réaliser 
à la fois la transmission électrique de l'énergie à 
grande distance, sa transformation, sa distribution et 
son application à l'éclairage et à la force motrice, 
enfin sa transformation en courants continus. 






r 



CHAPITRE II 



PRODUCTION DE I. ÉLECTRICITÉ : PILES ET DYXAMOS. 



Pile de Lai and e et Chaperon. — Piie Leclanché-Barbier. — 
Pile Jeanty. — Appareil Fulgur. — Dynamos à courant con- 
tinu. — Turbo-générateur électrique. — Dynamo à gaz. — 
Dynamo Leeds à courant constant. — Dynamo Scott et 
Mountain. — Dynamo multipolaire Hechnicwski. — .Machine 
à inducteurs sectionnés. — .Machine à collecteur séparé. — 
Dynamo à pédales. — Dynamos à courants alternatifs : 
Alternateurs Zipernowsky, Labour, Cail-Helmer. — Alterna- 
teur-volant 0. Patin. — Alternateurs Kingdon, Pyke et Harris, 
Euiilio Belloni, J. A. Ewing, Thomson-Houston. — .Machines 
à courants polyphasés : Zipernowski, Westinghouse, Siemens 
et Ilalske. — Dynamo dimorphe. 

Pile de Lalande et Chaperon. — On sait que la 
pile de Lalande et Chaperon utilise comme dépolari- 
sant l'oxyde noir de cuivre, qui est solide et qu'on 
place au contact du pôle positif. 

L'électrode négative est une lame de zinc et le 
liquide une dissolution de potasse caustique à .'10 ou 
40 degrés. 

Dans les modèles les plus récents (fig. 1 1), cet oxyde 
est aggloméré sous forme de plaques telles que C ; 
l'électrode positive est une lame de tôle découpée D, 
cuivrée à la surface et repliée de manière à présenter 



i^^^^B 



■*■■* 
■^H 



30 PILE DE LALANDE ET CHAPERON. 

un logement où se place l'aggloméré, qui est maintenu 
en place au moyen de deux clavettes-ressorts en 
cuivre laminé. La lame D est fixée sur le couvercle de 
faïence B par une vis et un écrou surmonte d un 

bouton moleté E. . 

Le zinc Z, de forme rectangulaire, est rive sur 




Fia 11. - Élément de Lalande et Chaperon 
à aggloméré, petit modèle. 

une lame métallique F, portant à sa partie supérieure 
un ressort d'acier H et un fil conducteur en cuivre. 
Pourmettrelezincen place, l'aggloméré étantdejalixe, 

on introduit dans l'ouverture rectangulaire du cou- 
vercle l'extrémité du fil, puis la lame F, qu'on pousse 
verticalement jusqu'à ce que, le ressort ayant fléchi, 
son extrémité dépasse l'ouverture et vienne reposer 
sur la surface du couvercle. Deux pièces d ébonite 11, 



PILE LECLANCI1É-BARBIER. 



31 



rivées sur la lame D, servent à maintenir le zinc et 
l'oxyde de cuivre à la distance convenable ; un bracelet 
de caoutchouc K assure la position des deux électrodes. 

Dans les éléments de plus grandes dimensions, il y 
a trois zincs et deux agglomérés ; les plaques de même 
espèce sont réunies en quantité. 

Pile Leclanché-Barbier. — Le modèle de cette 
pile décrit dans notre Dictionnaire (1) a été remplacé 




Fig. 12. — Nouvel élément Leclanché-Barbier. 



par le type ci-dessus (fig. 12), dans lequel le pôle 
positif est toujours constitué par un cylindre creux 
aggloméré, composé de charbon et de peroxyde de 
manganèse; le zinc est toujours placé au centre; il 
est donc entouré par la matière dépolarisante, dont 
tous les points se trouvent également soumis à l'action 
du courant, ce qui donne un meilleur rendement. 
La forme du vase de verre permet d'obtenir un 
bouchage à peu près hermétique, par l'interposition 



(1) Dictionnaire d'électricité, p. 588. 



^^Mi 



32 PILE JEANTY. 

d'un joint en caoutchouc. On supprime ainsi l'éva- 
poration et par suite les sels grimpants, qui salissent 
les piles et chlorurent les contacts. 

Pile Jeanty. - M. Jeanty a imaginé une nouvelle 
disposition de pile à écoulement, qui peut convenir a 
un grand nombre d'éléments, mais qu il applique en 
particulier a la pile Daniell, montée aux deux sulfates^ 
Ce couple offre en effet divers avantages : il est bien 
constant et économique, lorsqu'il travaille d «ne ma- 
nière continue ; il ne nécessite pas de ,prod« ut dang - 
reux et ne dégage aucune odeur; enfin, il fournit des 
sous-produits, cuivre et sulfate de «ne, assez abon- 
dants pour qu'on puisse les revendre. 

I ns'la plupart des piles a alimentation automa- 
tique, les tuyaux qui réunissent les divers éléments 
établissent des dérivations nuisibles ; en outre, i finit 
toujours par s'établir entre les couples constituants des 
différences d'état qui s'opposent au bon fonctionne- 
ment. M. Jeanty a cherché à éviter ces inconvénient 
en alimentant chaque couple isolément et seulemen 
au fur et à mesure de ses besoins; il emploie pour 
cela, suivant les cas, trois dispositions différentes. 

Le vase extérieur,, renfermant la lame de cuivre et 
le sulfate de cuivre, est généralement rectangulaire 
et porte un trop-plein, qui débouche dans une gout- 
tière A l'intérieur se trouvent un vase poreux, qui 
contient le zinc et le sulfate de zinc, et un réservoir, 
percé de trous à la partie inférieure, qui reçoit une pro- 
vision du sel dépolarisant solide. Le vase poreux per- 
St au liquide chargé de sulfate de zinc de s'échapper 
par simple osmose et d'arriver dans le vase exté- 
rieur : là ce liquide, moins dense que la solution sa- 
turée de sulfate de cuivre, monte à la surface et sort 



PILE JEANTY. 



33 



par le trop-plein. Le vase extérieur contient donc, 
lorsque l'appareil fonctionne, une série de couches 
horizontales, de densité décroissante, celles du fond 
étant entièrement formées par du sulfate de cuivre 




Fia. 13. _ Pile Jeanty : première disposition. 

saturé, celles de la surface par du sulfate de zinc 
étendu. Il suffit donc, pour assurer le fonctionnement, 
défaire arriver danslevase extérieur une quantité suf- 
fisante de sulfate de cuivre saturé, ce qui détermine 
l'écoulement du sulfate de zinc. 

Une première disposition repose sur le principe des 
vases communiquants. Le réservoir à sulfate de cuivre 






m 









34 



-PILE JEANTY. 



est muni d'un trop-plein, plus élevé que celui du 
vase extérieur (fig. 13), et qu'il convient de faire dé- 
boucher, par un plan incliné, dans le vase poreux. 
Le niveau du sel solide étant maintenu constant par 
une disposition spéciale, le réservoir renferme deux 
couches de liquide superposées, l'une de sulfate de 
cuivre saturé, l'autre d'eau pure, dont la pression fait 
équilibre à celle du liquide placé dans le vase exté- 
rieur. Si la densité de ce dernier vient à diminuer, 
l'équilibre se trouve rompu : une certaine quantité de 
liquide saturé pénètre dans l'élément et chasse par 
le trop-plein une quantité égale de liquide usé. 11 
s'établit ainsi un régime permanent d'alimentation ; 
un robinet quelconque fournit au réservoir un cou- 
rant d'eau continu, dont on règle la vitesse. Lorsque 
le réservoir est rempli, l'eau en excès s'écoule, comme 
nous l'avons dit, dans le vase poreux, et chasse par 
le trop-plein les produits accumulés à la surface de 

l'élément. 

Un second dispositif assure l'alimentation par des 
moyens mécaniques. Le trop-plein du réservoir est 
supprimé (fig. 14) ; un flotteur plat, plongeant dans le 
vase extérieur, commande un entonnoir distributeur, 
qui peut osciller autour d'un axe horizontal, au-dessus 
d'un dos d'âne. Quand le flotteur se trouve à la sur- 
face, l'entonnoir déverse le courant d'eau à la partie 
supérieure de l'élément, où il entraine le liquide use: 
si la densité diminue dans le vase extérieur, le flotteur 
s'enfonce et l'eau s'écoule dans le réservoir, chassant, 
par les orifices inférieurs, une petite quantité de dis- 
solution saturée. 

Enfin on peut régler l'alimentation de manière a 
rendre constants soit le courant, soit la différence de 



l 



PILE JEANTY. 



33 



potentiel aux bornes (flg. 15). Le flotteur et l'entonnoir 
distributeur sont reliés avec l'armature d'un solénoïde 
traversé par le courant qu'on veut maintenir constant. 
Un ressort règle la position de l'armature et de l'en- 




t , -;,7i"7,-Trrr',~.~;.û,TmEZ 



JSÊmmsm 



Fig. H. — Pile Jeanty : seconde disposition. 

tonnoir pour le courant normal. Si l'intensité diminue 
le solénoïde s'abaisse sous l'action de la pesanteur' 
l'eau tombe dans le réservoir et fait passer dans l'élé- 
ment une certaine quantité de dissolution saturée- si 
le courant augmente, l'eau tombe dans le vase exté- 
rieur. 



36 ' APPAREIL FULGUR. 

« l'on veut régler la différence de potentiel, on 
JtlLolén e ol,constitué P ardur 1 l fi n,endérivat 1 on 

onv hnrnps de la batterie. 

' Ce mode de réglage ne peut s'appliquer qu a des 




Fig. 15. - Pile Jeanty : troisième disposition. 



variations lentes et faibles, l'introduction du liquide 

Z nas aussi vite qu'un régulateur de tenston. 

11 Tire l 'rulgur -CeUppareil, destiné al'éclairage 

élecliq te ^ doSique. se' compose d'une baltene 

^dp^r^ole et de mesures. Au, 



TURBO-GÉNÉRATEUR ÉLECTRIQUE. 37 

heures les plus favorables, on charge les accumula- 
teurs avec la pile automatique, qui n'exige aucune 
surveillance : il suffit d'ouvrir un robinet et d'ajouter 
de temps en temps une petite quantité de sulfate de 
cuivre. Les accumulateurs, une fois chargés, peuvent 
être employés au moment voulu. 

Bien que la pile hydro-électrique soit toujours un 
générateur coûteux, l'appareil Fulgur constitue une 
tentative intéressante en vue de rendre pratique l'ap- 
plication de cette source d'électricité. 



DYNAMOS A COURANT CONTINU. 



Turbo-générateur électrique. - On sait que le 
rendement pratique des machines à vapeur à mouve- 
ment alternatif, qui utilisent la pression de la vapeur 
s'éloigne beaucoup du rendement théorique donné à 
la limite, par le cycle de Carnot. Aussi a-t-on songé 
.depuis un certain nombre d'années, à remplacer ces 
machines par des turbines à vapeur, fondées sur le 
même principe que les turbines à eau. Ces appareils 
commencent à être employés assez fréquemment dans 
les installations électriques : aussi croyons-nous devoir 
en dire quelques mots. 

Au lieu d'utiliser la pression de la vapeur, les tur- 
bines laissent cette vapeur se détendre d'elle-même 
en prenant la vitesse déterminée par les pressions des 
deux milieux où l'on opère (chaudière et condenseur 
chaudière et atmosphère ou pression intermédiaire) ■ 
elles utilisent ensuite cette énergie cinétique dans' 
un mécanisme semblable aux turbines, qu'elles mettent 
en mouvement par une modification continue de la 
J. Lefèvre. — Nouv. éle&tr. 3 



38 TURBO-GÉNÉRATEUR ÉLECTRIQUE, 

direction de la vitesse relative et une réduction gra- 
Quelle de la vitesse absolue. 

L ! un des premiers appareils de ce genre fut le ln*o- 
moteur Parsons, construit vers 1884 et plusieurs fox 
modifié depuis. Les turbines de Last, de Daw, de 
Sac Elroy d'Edward», de Seger sont des maclnnes du 

TSÏÏ* a imaginé en 1801 un moteur dont le 
dispositif est très différent et qui donne des résultats 

' teiTppareTse compose d'une boite d'arrivée de 
van eu d ns laquelle fonctionne un obturateur très 
leT ib l mû par'un régulateur à force centre Au 
sortir de cet obturateur, la vapeur se répand dans 
u-ne couronne circulaire, d'où divergent un certain 
„ nbre de canaux à section croissante, dans lesquels 
"a pression passe de la valeur qu'elle avait dans la 
chaudière à celle qui correspond à l'échappement, 
Sis que le fluide acquiert une vitesse croissante. 

F a vapeur vient frapper alors les aubes d'une roue . 
ffi ont e sur un arbre élastique, et leur communique un 
roulement de rotation si rapide qu'elle ne reste pas 

plus de g^ôô de SeC ° nde danS l6S aUbCS; eUe S ° rt 
ensuite directement par le tuyau d'échappement. La 
turbine, en tournant, entraîne 1 arbre dont lextre 
?»é porte un pignon "a dents héliçoï ales^ et * 
dentures inclinées symétriquement, qui engrené 
fvec une roue de diamètre dix fois plus grand; 1 axe 
"roue porte une poulie ou le pateau en- 
traînement d'une dynamo, qui reçoit ainsi une vit sse 
dix fois moindre que celle du pignon. Le régulateur 
à for e centrifuge est monté sur l'arbre de la roue. 



TURBO-GÉNÉRATEUR ÉLECTRIQUE. 39 

La figure 10 montre une turbine Laval associée di- 
rectement avec une dynamo. 

Le rendement pratique maximum de cette machine 
peut s'élever à 57 p. dOO, tandis que, dans les bonnes 
machines ordinaires, consommant 9 kilog. de vapeur 
par cheval effectif, il ne dépasse pas 43 p. 1U0. 

Les avantages d'une telle machine sont les suivants : 




Fig. 10. — Turbine Laval accouplée avec une dynamo. 

1° La vapeur, arrivant sur les aubes à la pression 
exacte qu'elle doit avoir en s'en échappant, n'a aucune 
tendance à dévier de la trajectoire que lui impriment 
les ajutages, étant donnée surtout sa vitesse. Il n'est 
donc nul besoin que les pièces en mouvement soient 
étanches, et, en fait, il y a 3 millimètres de jeu entre 
la turbine et toutes les parois de la chambre dans 
laquelle elle se meut. 

Ainsi est évité ce défaut capital de toutes les ma- 
chines rotatives et des turbo-moteurs Parsons, dans 



K 



'40 TURBO-GÉNÉRATEUR ÉLECTRIQUE, 

lesquels l'étanchéité des pièces en mouvement, qui 
est une condition essentielle d'un bon fonctionnement 
et d'une consommation réduite, ne peut résister à un 
service prolongé. 

2° Le seul mouvement despièces étant un mouvement 
circulaire continu, l'appareil n'éprouve ni trépidations 
ni vibrations. Il peut fonctionner en étant simplement 
posé sur le sol, sans fondations. 

3° Le disque monté sur l'axe étant la seule pièce 
en mouvement et étant enfermé dans une chambre, 
aucune surveillance n'est nécessaire ni même pos- 
sible. La présence d'un mécanicien est donc absolu- 
ment superflue. 

4° La vapeur arrivant sur la turbine par un certain 
nombre d'ajutages, variable selon la puissance de la 
machine, on peut réduire la consommation presque 
proportionnellement au travail demandé, en fermant, 
grâce aux vannes réglables, un ou plusieurs de ces 

ajutages. 

5° La circulation de la vapeur étant continue, cha- 
que point du conduit de vapeur reste toujours à la 
même température, et n'est pas soumis aux alterna- 
tives de chaud et de froid qui influent si profondement 
sur la consommation de vapeur dans les cylindres 
des machines ordinaires. 

6° Les frottements des pièces en contact se rédui- 
sent à ceux des deux tourillons de l'arbre et de l'engre- 
nage. 

Or, le poids du système en rotation étant très petit, 
la pression sur les coussinets est aussi réduite que 
possible, et l'effort par tour étant également très fai- 
ble vu le grand nombre de rotations par seconde, 
la pression par millimètre carré sur les engrenages, 

• S'. ■■< A 



DYNAMO A GAZ. 



41 



dont les dents sont très longues et dont la disposition 
permet d'avoir toujours trois dents en prise, est 
extrêmement réduite. C'est ce qui assure la conser- 
vation de ces pièces, dont un fonctionnement continu 
pendant deux ans ne semble pas altérer le tracé. 

7° Le poids par cheval des moteurs oscille entre 17 
et 32 kilogrammes jusqu'à SO chevaux, et pourrait 
encore être très réduit. De même, les dimensions des 
appareils sont extrêmement restreintes. 

8° Le prix de ces machines est, en conséquence, 
notablement inférieur au prix des machines à vapeur 
ordinaires de même puissance. 

Enfin la consommation de vapeur descend jusqu'à 
des valeurs qu'on ne pouvait espérer. 

Elle est de 15 kilogrammes par cheval pour les 
moteurs de 10 chevaux travaillant à condensation, 
avec une pression de 10 kilogrammes, et descend, 
dans ces conditions, à 9 kilogrammes pour les moteurs 
de 50 chevaux. Il est même presque certain que, pour 
les moteurs de 300 chevaux, elle atteindra 7, 5 kilog. 
par cheval. 

Dynamo à gaz. — On donne ce nom à l'ensemble 
constitué par une dynamo associée directement avec 
un moteur à gaz. Cette disposition est très employée, 
surtout pour la production de la lumière électrique. 
Les deux machines, moteur et dynamo, n'en forment 
réellement qu'une seule et sont d'une installation et 
d'un service extrêmement faciles. 

La figure 17 montre un dispositif très simple com- 
biné par la maison Bréguet. 

Le moteur, de construction spéciale, résume tous 
les perfectionnements apportés dans ces dernières 
années à la construction des moteurs à 




- 






42 DYNAMO A GAZ. 

vitesse est rendue parfaitement régulière par l'emploi 
d'un régulateur très effectif, qui maintient l'allure du 
moteur absolument constante, quel que soit le travail 
qui lui est demandé. La vitesse, de 250 tours par 
minute a été choisie comme convenant également 
bien au moteur et à la dynamo, et permettant d'as- 
surer le bon fonctionnement de tous les organes, sans 
exiger les précautions trop grandes que nécessitent 
des vitesses plus élevées. 

La dynamo, tournant comme le moteur à la vitesse 
de 250 tours, se trouve dans des conditions de fonc- 
tionnement tout particulièrement favorables a sa 
bonne conservation et au parfait entretien des ba aïs 
et du collecteur, entretien qui devient pour ainsi dire 
nul Elle est reliée au moteur par un accouplement 
élastique spécial, système Raffard, déjà employé très 
avantageusement dans les dynamos à vapeur des 
mêmes constructeurs, et qui montre ici son efficacité 
d'une manière complète. Son interposition entre le 
moteur et la dynamo fait disparaître, d'une manière 
absolue, les variations de vitesse pendant deux tours, 
qu'il e'st impossible d'éviter sur les machines à explo- 
sion comme les moteurs à gaz à quatre temps. L im- 
pulsion produite par l'explosion du gaz est entièrement 
emmagasinée par les caoutchoucs de l'accouplement, 
qui restituent, pendant la période de ralentissement, 
l'excès d'énergie qu'ils ont absorbée et maintiennent 
ainsi à la dynamo une rotation d'une régulante absolue. 
Il suffit de voir fonctionner une fois la dynamo a 
gaz sur des lampes à incandescence pour vérifier cette 
propriété si importante de cet accouplement spécial, 
sans lequel la dynamo à gaz restait imparfaite et 
bornée dans ses applications. 



» 



DYNAMO A GAZ. 4:5 

La dynamo représentée est du système Desrosiers. 




! 



Les applications des dynamos à gaz sont nom- 
breuses, car elles peuvent être utilisées avantageuse- 



44 DYNAMO LEEDS A COURANT CONSTANT, 

ment à la production du courant électrique toutes les 
fois qu'on peut employer comme agent de force 
motrice le gaz d'éclairage ordinaire, ou un gaz pauvre 
comme, par exemple, celui du gazogène Dowson. 

Le prix de revient de l'éclairage électrique, avec 
les dynamos à gaz, est de beaucoup inférieur, même 
avec des lampes à incandescence, à celui d'un éclai- 
rage de même intensité, obtenu par la consomma- 
tion directe du gaz dans le meilleur brûleur connu. 
Ainsi, pourun appareil d'une puissance de8000watts, 
avec lequel on alimente 220 lampes de 10 bougies, 
la quantité de gaz consommée par le moteur n'ex- 
cède pas 12 mètres cubes à l'heure, tandis que 
la consommation de 220 becs de gaz de puissance 
correspondante (un carcel) est toujours d'environ 
110 litres par bec, ou 24,2 mètres cubes. La quantité 
e gaz consommée est donc réduite de moitié. 
L'avantage est encore bien plus important lorsque 
le prix du gaz employé comme force motrice est infé- 
rieur à celui du gaz consommé directement dans les 
brûleurs. 

Le prix de revient de la lumière est également 
réduit de moitié lorsqu'on compte la dépense au prix 
ordinaire de 0,15 fr. l'heclowatt, pratiqué par les 
secteurs parisiens. 

Dynamo Leeds à courant constant. — Cette ma- 
chine, construite par MM. Greenwood et Batley, de 
Leeds, est destinée aux distributions à intensité cons- 
tante, système qui convient surtout à l'éclairage des 
grands espaces. 

C'est une machine à anneau, du type supérieur, 
donnant un courant continu, à intensité constante et 
à potentiel variable. Ce résultat s'obtient par un 



DYNAMO LEEDS A COURANT CONSTANT. 49 

simple décalage des balais, dû à un mécanisme placé 
à la partie supérieure de la machine (fig. 18). 

Les inducteurs de la dynamo se prolongent au- 
dessus de l'induit et forment comme un moteur à 
anneau plat M, muni d'un commutateur ordinaire et 
d'une paire de balais, et qui reçoit un faible courant 
d'un commutateur inverseur spécial. Ce commutateur 
comprend un électroaimant e, excité par le courant 



mH=i 



ë 






Lampes à arc 

-X » K » X « \ 




Fig. 18. —Réglage de la dynamo Leedsà courant constant. 

principal, une armature L, qui oscille entre deux bu- 
toirs ab, et deux résistances en charbon Ii, de 15 cen- 
timètres environ de longueur et 1,2 de diamètre. 
^ Lorsque le courant possède son intensité normale, 
l'armature ne touche aucun des deux butoirs et 
l'anneau M ne reçoit pas de courant. Dès que l'inten- 
sité s'écarte légèrement de la valeur fixée, dans un 
sens ou dans l'autre, l'armature vient au contact de a 
ou de b, et envoie dans l'anneau M un courant, positif 
ou négatif, qui le fait tourner dans un sens ou dans 
l'autre. Cette rotation produit, par l'intermédiaire 
d'un train d'engrenages, un décalage des balais qui 

3. 



46 DYNAMO SCOTT ET MOUNTAIN, 

augmente ou diminue la force électromotrice et main- 
tient le courant constant. 

Le rendement de la machine est très élevé a toutes 
les charges. Le régulateur n'absorbe qu'une fraction 
négligeable de la puissance, 0,25 p. 100. 11 ne se produi 
pas d'étincelles aux balais. Le courant est assez constant 
pour qu'on puisse mettre à la fois dans le circuit des 
lampes à incandescence et des régulateurs, propriété 
qui peut souvent être précieuse. 

Dynamo Scott et Mountain. - Cette machine à 
courant continu, est caractérisée par la position de 
l'inducteur unique, qui est cylindrique et jplace 
horizontalement au-dessus de l'armature (fig. 19) , on 
a ainsi l'avantage d'abaisser l'axe de rotation et d aug- 
menter la stabilité ; la machine, très compacte, peut 
se déplacer facilement. 

Sur le socle, de grandes dimensions, sont boutonnées 
de larges équerres de bronze qui soutiennent 1 induc- 
teur. Le noyau de celui-ci, qui est en fer doux, est 
relié aux flasques de fonte des pièces polaires par un 
large anneau fileté. L'alésage des pièces polaires et 
des paliers se fait en une seule fois, pour assurer la 
parfaite coïncidence de leurs axes. 

Le noyau de l'induit se compose de disques de tôle 
que maintient un noyau central fait en deux moitiés et 
portant trois nervures qui s'engagent dans des rainures 
pratiquées dans ces disques ; les deux parties de ce 
noyau central sont maintenues sur 1 arbre par des 

porous 

' Le commutateur est isolé au mica et monté sur un 
cylindre indépendant ea bronze, calé sur 1 arbre au 
moyen d'écrous coniques ; cette disposition permet de 
le démonter et de le remplacer facilement, en cas 



* 





Fig. 19. — Dynamo Scott et .Mountain. 



48 



DYNAMO MULTIPOLAIRE RECUN1EWSK1. 



d'usure. Deux calottes de laiton protègent l'armature 
contre la poussière et l'humidité. 

Dynamo multipolaire Rechniewski. — Les 
ligures 20 et 21 montrent le nouveau type de ces 
dynamos à 4 pôles, construites par laSociété l'Éclairage 
électrique, sous la direction de M. Labour. 

Les inducteurs sont en tôles de 0,0 à 0,7 mm., 
découpées à l'emporte-pièce dans une bande, comme 
le montre la figure 22 ; on abat ensuite à la cisaille 
la languette couverte de hachures, puis ces tôles sont 
serrées par des boulons entre deux flasques de fonte, 
qui sont coupées à la hauteur de l'axe pour faciliter 
le montage et le démontage. Le fil est supporté par 
des carcasses en bois un peu plus larges que les jambes 
des inducteurs, afin d'augmenter l'isolement et d'as- 
surer la ventilation. 

L'induitest formé par un assemblagedetôlesdentées, 

de 0,4 à 0,5 mm. d'épaisseur, isolées par des couches 
de papier verni et portées par des croisillons en bronze 
à six branches. Les dents sont recouvertes à l'intérieur 
de carton gomme-laqué, qui rend l'isolement meilleur 
et protège le fil pendant le bobinage ; leurs dimensions 
sont calculées pour diminuer autant que possible les 
réactions d'induit et permettre sans inconvénient un 
fort décalage de balais. L'enroulement est polygonal; 
les raccords sont faits de manière à diminuer la masse 
de fil aux calottes et à ne nuire ni à l'isolement ni 
à la ventilation. 

Le collecteur, en cuivre rouge, est monté sur une 
douille de bronze, ce qui permet de le remplacer faci- 
lement en cas d'usure. Les balais sont aisément démon- 
tables ; ils se croisent sur le collecteur, pour éviter la 
formation de saillies entre eux. 







<h 



•b 



r— ■■trt--rr-'"-ri; 




Fig. 20. — Machine multipolaire Rechniewski, type 1892 
(coupes transversales). 







. 




Fig. -21. — Machine Rechniewski (plan et vue latérale, 
côté du collecteur^. 



DYNAMO A INDUCTEURS SECTIONNÉS. S< 

Deux de ces machines ont été achetées récemment 

pour l'éclairage des bâtiments en fer de l'arsenal de 

Brest. Elles ont une puissance de 30 à 40 kilowatts 




Fig. 22. — Dynamo Rechniewski ; mode de découpage 

des tôles des inducteurs. 

pour une vitesse de 000 tours environ. Les essais ont 
indiqué un rendement voisin de 92 p. 100. 

Dynamo à inducteurs sectionnés. — 11 est souvent 
difficile de démonter les dynamos de grande puissance 
pour les examiner, les nettoyer ou les réparer, et de. 
remettre ensuite l'induit à sa place. Cette difficulté a 
été levée dans les grandes machines Elwell- Parker, 
construites par Y Electric Construction Corporation pour 
l'éclairage de Manchester et les tramways du South 
Staffordshire. 

Dans ces machines, qui sont du type supérieur, on 
a rendu mobile la partie supérieure des épanouisse- 
ments polaires, en faisant des sections obliques qui 
descendent jusqu'au niveau de l'axe de la bobine. Si 
on enlève les boulons qui tiennent ces chapeaux et 
qu'on les soulève ensuite avec un palan, on met à nu 
la partie supérieure de l'armature, et l'on peut faire 
toutes les réparations nécessaires sans avoir besoin 
de démonter les paliers, ce qui est une opération 
longue et difficile et exige beaucoup de précautions 
pour que tout soit bien remis en place. 






■■I 



52 MACHINE D'INDUCTION A COLLECTEUR SÉPARÉ. 

Machine d'induction à collecteur séparé. — Pour 
pouvoir augmenter le nombre des pôles des génératri- 
ces à courant continu et rendre la construction de ces 
machines aussi simple que celle des alternateurs, tout 
en réduisant le collecteur à ses dimensions les plus 




Fig. 23. — Machine à courants continus à collecteur séparé. 



faibles, MM. Hutin et Leblanc adoptent la disposition 
suivante. 

Le collecteur est complètement séparé de la machine 
et tourne avec une vitesse différente de celle de cette 
dernière ; le rapport de ces vitesses a constamment 
une valeur déterminée ; le collecteur est entraîné par 
une transmission mécanique ou par un moteur syn- 
chrone muni d'un circuit amortisseur. Nous représen- 



MACHINE D'INDUCTION A COLLECTEUR SÉPARÉ. 53 

Ions ci-contre (fig. 23) une machine dont l'inducteur est 
mobile et porte 16 paires de pôles n alternativement 
positifs et négatifs. L'induit est fixe. Chaque machine 





Fig. 24. — Machine à collecteur sépare. 

élémentaire est formée par une paire de pôles et 8 sec- 
tions de l'induit. Toutes les sections qui subissent au 
même instant la même induction sont montées en ten- 
sion; on a donc finalement 8 circuits distincts qui se 
rendent au collecteur réduit r (fig. 24). Ce collecteur 






§4 



DYNAMO A PÉDALES. 



n'a que 8 lames ; il est mis en mouvement par un mo- 
teur synchrone dont l'armature est représentée en s. 
Sa vitesse sera égale à 16 fois celle de la dynamo. Les 
8 circuits sont mis en relation avec les touches du col- 




Fig. 25. — Dynamo à pédales. 

lecteur r par des frotteurs g s'appuyant sur des ba- 
gues h. 

Dynamo à pédales. — Cette petite machine, d'origine 
américaine, reçoit le mouvement par courroie d'un 
volant muni de* deux pédales (fig. 25); elle est fixée 
au sommet d'un support en fonte portant un siège 
latéral; pour faire marcher la machine, on s'assied 



ALTERNATEUR LABOUR. 5o 

sur ce siège et l'on actionne les pédales avec les deux 
pieds; on peut se procurer ainsi, sans bouger, l'illusion 
d'une course rapide sur un vélocipède. Cette machine 
convient à tous les petits travaux électriques : on dit 
qu'elle permet d'argenter une douzaine de fourchettes 
en 20 minutes. Elle porte une poulie qui permet de 
lui appliquer, au besoin, une force motrice plus con- 
sidérable. Les parties métalliques de la transmission 
sont nickelées, pour montrer un exemple des travaux 
que peut effectuer l'appareil. 

DYNAMOS A COURANTS ALTERNATIFS. 



Alternateur Labour. — M. Labour, ingénieur de 
la Société l'Éclairage électrique, a combiné un alter- 
nateuràbasse tension, spécialement destiné à rempla- 
cer les magnétos Méritenspour l'éclairage des phares. 

Les pôles inducteurs présentent une disposition par- 
ticulière : les surfaces polaires s'épanouissent et 
viennent presque se toucher. Le noyau de l'induit est 
formé, comme celui des machines multipolaires 
Rechnievski à courant continu, par une série de 
feuilles de tôle dentées. Chaque bobine est constituée 
par un enroulement plat, formé lui-même de plusieurs 
bobines dont les spires passent, pour chacune d'elles, 
par deux des rainures de l'anneau. Il résulte de cette 
disposition que, pour une intensité quelconque du 
courant induit, l'aimantation varie d'une manière 
uniforme en partant de l'axe de la bobine, et qu'on 
évite les variations brusques du flux. La réaction de 
l'induit sur l'inducteur se fait progressivement, de 
sorte qu'elle ne peut nuire à la régularité de la rotation. 






56 ALTERNATEURS CAIL-HELMER. 

et que le ronflement désagréable, si fréquent dans les 
alternateurs, se trouve supprimé. 

Dans la machine livrée à l'Administration des 
Phares (fig. 26), l'induit comporte 8 bobines placées à 
l'extérieur de l'anneau, qui porte 72 dents, soit 9 
par bobine et par pôle ; chaque rainure renferme 8 fils 
de 3,2 millimètres de diamètre. Cet induit se divise en 
deux circuits qui ont un pôle commun au collecteur, 
lequel est formé de trois bagues montées sur un man- 
chon. Chaque circuit se compose donc de quatre bo- 
bines, prises de deux en deux, et réunies en série, et 
correspond au régime de 2."5 ampères et 45 volts. 

Les inducteurs, formés de tôles minces, sont assem- 
blés par une couronne en fonte, qui s'ouvre en deux 
parties suivant un plan perpendiculaire à l'axe. 

Le collecteur alternatif se trouve d'un côté de l'in- 
duit ; sur l'autre extrémité de l'arbre est calée l'exci- 
tatrice, qui est une machine bipolaire de très petites 
dimensions. 

Le porte-balais est d'un système nouveau; il peut 
être relevé et les balais fixés dans leur position. Les 
balais feuilletés conviennent très bien. 

Alternateurs Cail-Helmer. — L'alternateur Cail- 
Helmeràtluxrenversése distingue parlasimplitication 
apportée au travail des tôles et les dispositions prises 
pour éviter les pertes dues aux courants de Foucault. 
L'induit est fixe et formé de 12 ensembles de noyaux 
et de bobines, disposés à l'intérieur d'une carcasse 
composée de deux couronnes entretoisées et fixées sur 
le bâti. 

L'inducteur (fig. 27) est mobile et comprend égale- 
ment 12 ensembles, répartis à la périphérie d'un 
tambour, qui se compose de deux flasques identiques 




Fig. 20. — Alternateur pour phares. 



MB 



mmm, 






58 ALTERNATEURS CAIL-HELMER. 

qu'on peut rapprocher par le serrage d'un écrou et de 
son contre-écrou. 

Tous les noyaux de cette machine, tant de l'induc- 
teur que de l'induit, sont formés de lames rectangu- 




Fig. 27. — Inducteur mobile de la dynamo Gail-Heuuer. 

laires de tôle de fer extra-doux, empilées et repliées en 
forme d'U ; chaque noyau est formé de deux de ces U, 
accolés de telle sorte que les tùles se présentent sur 
champ dans le sens de la rotation. L'emploi de tôles 
rectangulaires simplifie le découpage, ordinairement 
si coûteux dans les alternateurs à fer. 

Les noyaux induits sont maintenus sur des plan- 
chettes en métal non magnétique par des colonnettes, 






ALTERNATEURS CAIL-HELMER. 59 

qui forment boulons à leurs extrémités et qui se fixent 
d'autre part sur des traverses reliant les deux cou- 
ronnes. 

Les noyaux inducteurs sont aussi maintenus par 
des boulons, emprisonnant des étriers dans lesquels 




— e 



Fit 



Schtiua de l'alternateur à llux ondule, système 
Cail-Helmer. 



viennent se loger les bobines inductrices, qui sont 
fixées par d'autres étriers venant coiffer les premiers 
et attachés sur eux par de petits prisonniers. 

Le circuit magnétique est ainsi réduit à la longueur 
minima et présente le moins possible de dérivations; 
grâce aux soins apportés à l'exécution, on peut mar- 
cher avec un entrefer très court et la dépense d'ex- 
citation est réduite à 2 p. 100 environ. La longueur de 



■■ 



60 ALTERNATEURS CAIL-HELMER. 

l'entrefer augmente depuis le milieu des pièces po- 
laires jusqu'aux cornes, dans le sens de la rotation, 
ce qui adoucit les variations de flux. 

Les paliers sont à longue portée: le graissage se 
fait automatiquement, au moyen de bagues qui 
tournent avec l'arbre et qui plongent dans un bain 
d'huile, muni d'un tube indicateur de niveau. 

Pour faciliter le démontage, le bâti porte une rai- 
nure en queue d'aronde, dans laquelle on introduit 
une plaque sur laquelle on peut faire glisser le palier 
correspondant, après l'avoir déboulonné : ce déplace- 
ment est suffisant pour qu'on puisse faire sortir com- 
plètement le tambour inducteur de l'induit, et l'on 
peut alors examiner toutes les bobines de ces deux 

organes. 

Voici les données relatives au modèle que nous 
venons de décrire, qui est de 25 kilowatts et fait 
600 tours par minute, avec une fréquence de 60 pé- 
riodes par seconde. 

Puissance utile 25 kilowatts. 

Différence de potentiel efficace 

aux bornes 2400 volts. 

Nombre des bobines inductrices. 12 
Induction maxima dans le fer de 

l'induit 5070 unîtes C. G. S. 

Poids du fil inducteur 90 k " g- 

_ — induit 61 

— du fer inducteur 282 — 

— - induit 177 — 

La maison Cail construit aussi un alternateur dans 
lequel l'inducteur et l'induit sont tous deux fixes. Dans 
cette machine (fig. 28), les bobines inductrices BB 
produisent des pôles NS alternativement de s.gnes con- 
traires : les bobines induites bb sont placées le plus 



YLTERNATEURS CAIL-HELMER. 61 

près possible des extrémités des pièces polaires. La 
seule partie mobile est l'armature de fer doux A, qui 
porte autant de dents qu'il y a de pôles inducteurs : 
la rotation de cette armature fait varier la résistance 
des circuits magnétiques et par suite le flux, ce qui 
produit dans les bobines induites des courants alter- 
natifs. 
Pour diminuer les pertes dues aux courants de 







Fig. 20. — Altemateur-Tolant Cail-Hel 



Foucault, le circuit magnétique est tout entier formé 
de tôles très minces en fer extra-doux, placées sur 
champ perpendiculairement à l'axe de rotation. 

La puissance spécifique de ces machines est infé- 
rieure à celle des précédentes. 

La fixité des deux circuits a l'avantage de suppri- 
mer les collecteurs et les balais, avec tous les incon- 
vénients qu'ils entraînent, et de rendre les bobines 
beaucoup plus faciles à monter et à isoler. 

La figure 29 représente un alternateur- volant, com- 
prenant une dynamo installée sur le volant d'une 
machine à vapeur Sulzer, ou d'une machine à distri- 
bution genre Corliss, que fabrique également la maison 
J. Lefèvre. — Nouv. électr. 4 



62 ALTERNATEUR-VOLANT 0. PATIN. 

Cail. Cette disposition est avantageuse lorsque le mo- 
teur ne doit pas commander plus de deux dynamos, 
parce qu'on évite les inconvénients résultant de la 
transmission par courroies et du tendage défectueux, s 
comme les glissements et les échauffements de 
paliers, et l'on n'a pas besoin d'un emplacement aussi 
grand. 

Cet alternateur est fondé sur le même principe que 
le précédent, mais la construction est simplifiée. Les 
noyaux inducteurs, formés de deux V en tôle accolés, 
sont enfoncés à force dans une gorge pratiquée dans 
la jante du volant de la machine à vapeur et maintenus 
par des boulons et des étriers, dans lesquels les bo- 
bines inductrices sont retenues par des planchettes 
isolantes et des boulons. 

Les parties constituantes de l'induit sont disposées 
par le même procédé sur une couronne fixe. Le 
démontage se réduit à un déboulonnage, qui peut 
s'effectuer très rapidement. Cette machine se construit 
pour des puissances supérieures à 40 kilowatts. 

Alternateur-volant 0. Patin. — Cette machine, 
comme la précédente, prend la place du volant de la 
machine à vapeur ou se fixe directement sur l'arbre 
de la turbine; elle a été spécialement étudiée pour 
l'accouplement direct avec les machines Corliss, ou 
' autres du même genre, à grand rendement et à 
faible vitesse angulaire. 

L'inducteur est mobile et se place sur le vo- 
lant (fig. 30) : il est formé de deux couronnes en fonte 
dans lesquelles sont encastrés les inducteurs en fer 
doux ; la couronne intérieure fait partie du corps du 
volant ; la couronne extérieure est réunie à la première 
par des bras spéciaux. 






ALTERNATEUR KINGDON. 63 

Cet inducteur reçoit le courant d'excitation par 
deux bagues en cuivre isolées, fixées sur l'arbre 
de la machine, et par deux frotteurs; ce courant 
est fourni par une dynamo spéciale, tantôt distincte, 
tantôt montée sur le prolongement de l'arbre. 

L'induit est fixe et peut se déplacer latéralement, 
ce qui facilite l'examen et le remplacement rapides 




Fit.'. 30. — Dynamo-volant 0. Patin. 



des bobines : celles-ci sont formées de lames de cuivre 
plat enroulées sur un cadre en cuivre fondu ; elles 
ont une forme cintrée et sont maintenues par des 
étriers en bronze scellés avec un ciment spécial. 

Ces dynamos marchent le plus souvent à 2400 volts. 

Alternateur Kingdon. — Cette machine à courants 
alternatifs est caractérisée par la disposition de l'in- 
ducteur et de l'induit, qui sont tous deux fixes et 
montés sur un même anneau. Cet anneau, fixe, porte 
30 noyaux rayonnants, formés de tôles minces isolées, 
entourées chacune d'une bobine et boulonnées soli- 



■Mi 



64 



ALTERNATEUR KINGDON. 



dément entre deux couronnes de fonte très épaisses. 
Ces bobines sont reliées de deux en deux et consti- 
tuent deux circuits distincts: le premier (fig. 31) est 




Fig. 31. — Diagramme de la machine Kingdon. 

le circuit inducteur, excité par une petite machine sé- 
parée, et qui produit dans les noyaux correspondants 
des pôles NS alternativement de signes contraires; 
l'autre est le circuit induit A. 

Cet ensemble est entouré par une partie mobile, 
appelée roue inductrice, qui comprend 16 masses de 



ALTERNATEUR PYKE ET HARRIS. 65 

tôle isolées et montées entre deux couronnes de bronze 
fixées elles-mêmes sur deux forts disques d'acier 
calés sur l'arbre. Ces masses de tôle ont une dimen- 
sion suffisanle pour relier magnétiquement chaque 
bobine inductrice voisine. La rotation de la roue pro- 




Fig. 32. — Alternateur Pyke et Harria (coupe verticale). 

duit dans les bobines induites des courants alternatifs. 
Sur le diagramme, le circuit induit A est relié à un 
transformateur qui alimente une série de lampes ou 
d'autres appareils récepteurs. 

Alternateur Pyke et Harris. — Dans cette machine, 
comme dans la précédente, l'inducteur et l'induit 
sont fixes, mais le premier se compose d'une bobine D 
disposée à l'intérieur d'une pièce de fonte B (fig. 32); 



66 ALTERNATEUR PYKE ET HARRIS. 

les bobines induites ff' , gg' sont fixées sur les projec- 
tions ab de deux couronnes de tôles minces concen- 
triques. Entre ces deux séries de bobines se meuvent 
des barres de fer doux J, fortement boulonnées sur 
une couronne animée d'un mouvement de rotation : 




Fig. 32 bis. — Alternateur Pyke et Barris (élévation). 

ces barres sont formées de plaques de tôle isolées au 
papier et maintenues par de fortes plaques d'acier. 

Le plus petit modèle donne, à la vitesse de 740 tours 
par minute, une puissance de 736 watts, et 1500 watts 
pour 2000 -tours. La fréquence peut varier de 83 à 
250 périodes [par seconde et la force électromotrice 
de 100 à 2.50 volts, [avec une intensité maxima de 



f ■ m » ■ 



ALTERNATEURS BELLONI. EWING. 67 

8 ampères. Le rendement est supérieur à 80 p. 100. 
Un modèle à grande fréquence (6GB périodes par 
seconde) se construit pour les expériences de labora- 
toire. 

Alternateur Emilio Belloni. — Cet alternateur 
offre encore lamême disposition. L'inducteur est formé 
d'une bobine fixe enroulée sur une grosse masse de 
fonte; l'induit se compose d'un anneau en tôle con- 
venablement enroulé. Enfin la partie mobile comprend 
deux anneaux dentés en tôle dont les projections sont 
alternées. 

AlternateurJ.-A.Ewing. — Cettemachine. employée 
à l'Engineering Laboratory de Cambridge, donne des 
courants de haute fréquence et d'une puissance assez 
considérable. Dans cet établissement, elle est associée 
.avec une turbine à vapeur Parsons, de l'ancien type, 
faisant 12000 tours par minute, qui commande par le 
même arbre une petite machine à courant continu 
donnant 100 volts et 15 ampères, destinée à exciter 
l'alternateur à grande fréquence, qui est monté sur 
l'extrémité de l'arbre. 

Cet alternateur est formé de deux disques d'acier 
doux, dont l'épaisseur va en diminuant du centre à la 
périphérie. Ces disques sont isolés et portent sur leur 
contour 140 dents dirigées suivant des rayons, et au- 
tour desquelles on a ménagé un petit rebord pour 
retenir une lame de cuivre enroulée en zigzag, qui 
constitue l'inducteur et qui aboutit aux disques. Cet 
inducteur, qui est mobile, reçoit le courant par deux 
balais frotteurs. 

L'induit est fixe et formé de tôles découpées, 
maintenues entre deux anneaux de fonte et portant 
un (il fin enroulé en zigzag et aboutissant à deux 



68 



ALTERNATEUR THOMSON-HOUSTON. 



bornes placées à la partie supérieure. A la vitesse de 
12 000 tours, cette machine donne 14 000 périodes par 
seconde, avec 100 volts et 5 ampères. 

La petite machine excitatrice peut être employée 
seule et transformée en alternateur, en l'excitant sépa- 
rément et recueillant le courant alternatif sur deux 
bagues reliées à deux points diamétralement op- 
posés de l'armature. On a ainsi une fréquence de 
200 périodes par seconde avec 40 volts et 20 ampères. 

Alternateur Thomson-Houston. — Cette machine, 
construite pour l'éclairage à incandescence par trans- 
formateurs, présente quelques dispositions intéres- 
santes. 

Les fils des inducteurs sont montés sur des bobines, 
qu'on peut facilement enfoncer sur les noyaux en fer 
et fixer solidement en place. Ces bobines sont bien 
protégées et les dangers de dérangement sont réduits 
au minimum. La partie supérieure de la carcasse des 
inducteurs se relève pour donner accès à toutes les 
parties de la machine et permettre de changer une 
bobine ou d'enlever l'induit. 

Les paliers sont à graissage automatique et ont une 
base sphérique, afin d'assurer un alignement parfait 
de l'arbre dans ses coussinets. 

L'induit est très robuste et de construction très 
simple : les bobines sont formées de fil plat: le tout 
est recouvert d'un bon isolant. La forme du noyau est 
telle qu'on a évité tous les fils de frettage des con- 
ducteurs qui, dans les grandes machines, présentent 
de nombreux inconvénients. 

Le réglage nécessité par les variations de charge 
extérieure ne s'obtient pas en introduisant des résis- 
tances variables dans le circuit primaire ; il est produit 



ALTERNATEUR ZIPERNOWSKY. 



69 



par un système d'enroulement des inducteurs formant 
en quelque sorte un champ magnétique composé. Une 
partie de ce champ est fournie par une excitatrice 
séparée, qui donne un courant continu. Lorsque le 
nombre des lampes allumées augmente, la machine 
envoie automatiquement dans les inducteurs une 
partie de son courant, préalablement redressée par 
un commutateur monté sur l'arbre. On n'emploie, 
pour cette excitation supplémentaire, que la quantité 
de courant nécessaire pour remédier à la perte subie 
sur la ligne : on règle ce compoundage supplémentaire 
en mettant un shunt sur les bobines des inducteurs 
parcourus par le courant principal. 

Le courant est recueilli par deux balais frottant sur 
deux anneaux et ajustés au moyen de ressorts. 

La plaque de fondation porte un appareil tendeur 
fonctionnant au moyen d'un levier et d'une roue à 
rochets. 

On emploie généralement une excitatrice pour 
chaque alternateur : on peut cependant exciter plu- 
sieurs alternateurs avec la même machine. 



ALTERNATEURS A COURANTS POLYPHASÉS. 



Nous avons expliqué dans le chapitre précédent le 
principe de ces machines. Nous citerons quelques 
modèles employés dans l'industrie. 

Alternateur Zipernowsky. — MM. Schneider et G" 
produisent les courants diphasés au moyen de deux 
alternateurs identiques, du système Zipernowsky 
(fig. 33), placés côte à côte et accouplés mécanique- 
ment. Ces machines sont à induit fixe et à inducteur 



70 ALTERNATEUR ZIPERNOWSKY. 

mobile : employées séparément, elles donneraient 
des courants alternatifs ordinaires; mais, comme on 





i - "•~*ci- —} 



Fig. 33. — Alternateurs jumelés, donnant des courants diphasés. 

a calé les deux inducteurs sur leur arbfe commun 
avec un écart angulaire d'un demi-intervalle de pôles, 
les différences de potentiel aux bornes des deux ma- 







Fig. 34. — Perspective des alternateurs jumelés Zipernowsky (Schneider et G' }. 



72 ALTERNATEUR WESTINGHOUSE. 

chines présentent une différence de phase d'un quart 
de période et l'on obtient des courants diphasés 
(fig. 33 et 34). 

On conserve ainsi les avantages inhérents à la cons- 
truction de l'alternateur simple, et en particulier les 
facilités de surveillance et d'entretien, et l'on acquiert 
la possibilité d'effectuer un réglage parfait dans chaque 
circuit du système biphasé, quelles que soient les 
variations de charge qui s'y produisent. Il est alors 
possible d'utiliser les mêmes génératrices et le même 
réseau pour l'éclairage et pour la transmission de 
l'énergie. 

Alternateur Westinghouse à courants diphasés. 
— Parmi les machines qui distribuaient l'énergie élec- 
trique à l'Exposition de Chicago figuraient 12 alterna- 
teurs à courants diphasés de 750 kilowatts chacun, 
construits par la Westinghouse Electric and Manufac- 
luring C°. L'alternateur de cette Société se compose 
encore de deux alternateurs simples montés sur le 
même arbre et comprenant chacun une couronne in- 
ductrice fixe, à 30 pôles, et un induit mobile. Les 
plans médians des inducteurs concordent, tandis que 
ceux des bobines mobiles chevauchent de 1/72 de cir- 
conférence, de sorte que les deux courants alternatifs 
sont décalés d'un quart de période; l'un passe par un 
maximum lorsque l'autre s'annule et réciproquement, 
de sorte que la machine travaille à puissance cons- 
tante. 

Chacun des alternateurs simples ne diffère que par 
les dimensions des machines Westinghouse ordi- 
naires; mais le procédé de compoundage employé ici 
est tout différent. Chaque induit a 2,30 mètres de dia- 
mètre et fait 200 tours par minute, ce qui donne 






ALTERNATEUR SIEMENS ET HALSKE. 



73 



CO périodes par seconde; la puissance est de 185 am- 
pères x 2000 volts ou 370 kilowatts. 

Ces alternateurs diphasés permettent d'employer 
des transformateurs simples destinés aux lampes à 
arc ou à incandescence et des transformateurs doubles, 
conjugués, actionnant des moteurs à courants dipha- 
sés. On a ainsi une distribution mixte, à courants 
alternatifs simples et diphasés. 

Alternateur Siemens et Halske à courants tri- 
phasés. — La dynamo Siemens et Halske se compose 




Fig. 35.— Dynamo à courants triphasés avec son excitatrice. 

d'un induit enroulé sur un anneau extérieur, au centre 
duquel tourne l'inducteur, formé de plusieurs noyaux 
de fer disposés radialement, et qui reçoit le courant 
excitateur au moyen de bagues et de balais. La figure 35 
représente une de ces machines ayant son excitatrice 
montée sur le même arbre. L'excitatrice donne 60 volts, 
et la puissance dépensée pour l'excitation ne dépasse 
pas 3 p. 100 de la puissance normale de la machine. 
Ces dynamos font 750 tours par minute et ont une 
J. Lefèvke. — Nouv. électr. S 



•H DYNAMO DIMORPHE. 

puissance de 40 kilowatts; elles sont employées à 
l'usine d'Erding, que nous décrivons plus loin. 

Dynamo dimorphe. — Ce nom convient bien à 
deux dynamos construites récemment parla Westing- 
house Electric and Manufacluring C°, et qui donnent 
à la fois des courants continus et des courants aller- 
natifs diphasés. Ces machines sont à 8 pôles et portent, 
d'un côté de l'induit, un collecteur donnant une diffé- 
rence de potentiel normale de 550 volts, et de l'autre 
côté des bagues collectrices donnant deux courants 
alternatifs diphasés d'un quart de période, au poten- 
tiel efficace de 385 volts, avec une fréquence de 50 pé- 
riodes par seconde, pour une vitesse de 750 tours par 
minute. Les deux collecteurs sont construits pour la 
puissance totale du générateur, et l'on utilise cette 
puissance à volonté sous Tune ou l'autre des deux 
formes, dans une proportion variable suivant les be- 
soins. Cette disposition permet de desservir à la fois, 
avec une même machine : 1° des tramways électriques 
(500 à 550 volts); 2° des moteurs de jour (500 à 
550 volts); 3° l'éclairage à incandescence par courants 
alternatifs transformés à plus bas potentiel ; 4° l'éclai- 
rage par arcs à courants alternatifs ; 5° des moteurs 
alternatifs diphasés. 



CHAPITRE III 

ACCUMULATEURS ET TRANSFORMATEURS 



Accumulateurs Blot, Epstein, Tudor, Desjardins, de Khotinsky 
de la Société Suisse, Laurent-Cély, Gadot et Pisca Crompton- 
Bowell, Waddell-Entz. - Accumulateur au cadmium. - accu- 
mulateur thermo-électrique. - Transformateurs Ganz Labour 
Thomson-Houston. - Transformateur de fréquence et de 
tension. 



ACCUMULATEURS. 

Accumulateur à navettes. — M. G. -II. Blot a 
adopté le type Planté, afin d'éviter les inconvénients 
des accumulateurs à oxydes rapportés : disjonction 
rapide des oxydes et do leurs supports, diminution 
de la capacité, foisonnement et destruction préma- 
turée des éléments, etc. 

Les plaques se composent d'une série de navettes 
portant, enroulées autour de leur âme aa (flg. 36), deux 
tubans de 0,5 mm. d'épaisseur, l'un D en plomb pur 
gaufré et strié, l'autre C en métal moins oxydable ou en 
plomb pur seulement gaufré. Les âmes soni constituées 
par du métal non formable ; elles sont soudées au 
cadre, composé également de plomb non attaquable. 
L'extrême division de la matière ainsi obtenue assure 



76 ACCUMULATEUR A NAVETTES. 

une grande surface activeavecunfaiblepoidsde plomb 

Les navettes sont sciées 
en deux parties suivant la 
droite ab ; chacune de ces 
moitiés forme une navette 
élémentaire, telle qu'on les 
emploie dans tous les mo- 
dèles. La figure 37 montre 




' 



Fig. 36. — Accumulateur Blot. Construction et coupure 
de la navette. 



le type « demi-plaque unitaire » : les soudures S, en 



ACCUMULATEUR A NAVETTES. 77 

métal non formable, relient les âmes des navettes au 
cadre MNOP; les soudures S', également inoxydables, 
assurent la conductibilité électrique de tous les rubans 
de plomb. Cette disposition permet la libre dilatation 




Fis. 37. 



Demi-plaque unitaire. 



de la plaque dans les deux sens, de sorte que les ru- 
bans peuvent foisonner sans déformer le cadre. 

La plaque « unitaire » (fig. 38) présente les mêmes 
dispositions. 

Dans tous les modèles, les plaques sont soutenues 
par des cadres en plomb dur ce, que maintiennent 
écartés deux tiges filetées tt, fixées par des boulons 
bb (fig. 39). 

Lescadresportent desencochesee, qui reçoivent deux 










3>çjï.j 



Fig. 38. — Plaque unitaire. 




I''ig. 39. — Suspension des plaques. 






ACCUMULATEUR A NAVETTES. ~9 

lames de verre vv, sur lesquelles viennent s'appuyer 




l'ig. -io. — Accumulateur monté. 

les saillies ee', qu'on voit sur les cadres (fig. 37). Les 
plaques sont séparées par des tubes de verres mainte- 



m* 



80 



ACCUMULATEUR EPSTEIN. 






nus verticaux par deux lames de verre ou de porce- 
laine reposant sur les cadres. La figure 40 montre 
l'ensemble d'un de ces accumulateurs. 

La capacité spécifique n'est jamais inférieure à 
10 A-h par kg de plaques au régime normal de dé- 
charge de 1 A par kg de plaques. 

Accumulateur Epstein. — Cet accumulateur appar- 
tient au genre Planté, mais les électrodes portent des 
ailettes qui en augmentent la surface. Ces plaques sont 
d'abord plongées dans l'acide nitrique au centième, 
maintenu bouillant jusqu'à ce qu'elles aient pris un 
aspect gris terne, puis séchées à l'air. Il se produit 
ainsi un dépôt gris jaune de sels de plomb, qui adhère 
fortement aux électrodes, qui est insoluble dans 
l'acide sulfurique, et qui absorbe les gaz mis en li- 
berté pendant la formation, qu'on peut ainsi mener 
très vite. 

Ces accumulateurs ont été essayés au laboratoire 
du professeur Ayrton et soumis à plus de cent charges 
et décharges successives, afin de déterminer leur ca- 
pacité et leur rendement dans des conditions plus dé- 
favorables que celles de la pratique courante; ainsi 
on laissait fréquemment des intervalles de plusieurs 
heures entre la fin de la décharge et la charge sui- 
vante; cet intervalle fut même poussé jusqu'à 17 jours. 
Ces essais ont donné de très bons résultats, et l'au- 
teur considère ses accumulateurs comme assez solides 
pour pouvoir être employés avantageusement à la 
traction ; sa compagnie s'engagerait à accepter l'en- 
tretien des batteries sur les lignes de tramways, à rai- 
son de 10 centimes par voiture et par mille parcouru. 
Ils ont été employés en 1892, sur la Seine, pour la 
propulsion de la chaloupe Y Eclair. 






ACCUMULATEUR TUDOR. 81 

Accumulateur Tudor. — Cet accumulateur ne se 
construit en France que depuis peu de temps. Les 
électrodes sont des plaques de plomb pur, creusées 
d'un certain nombre de rainures (fig. 41), qu'on forme 
d'abord suivant la méthode Planté, pendant un mois 
et demi ou deux mois. On remplit alors les interstices 
de minium ou de litharge, suivant la nature de l'élec- 
trode, on les soumet à un léger laminage, pour fer- 
mer un peu les ouvertures, et l'on procède à une se- 




<uj?i 



Fig. 41. 



Plaque Tudor. 



conde formation. La production sur le plomb d'une 
couche de peroxyde électrolytique empêche la sulfa- 
tation du métal au contact de l'oxyde artificiel et 
amorce la formation de l'âme, qui se continue ensuite 
à chaque charge ultérieure, et accroît la capacité à 
mesure que les oxydes artificiels se détachent et tom- 
bent. Après un an ou dix-huit mois, l'appareil fonc- 
tionne comme un véritable accumulateur de Planté. 
On ne doit pas craindre de donner une légère sur- 
charge, qui ramène les oxydes complexes et le sulfate 
des plaques positives à l'état de peroxyde pur. 

Dans les modèles les plus récents (1892), les deux 
électrodes ont une surface active inégale : la négative 
est constituée par une lame de plomb rainée vertica- 

5. 



82 



ACCUMULATEUR TUDOR. 



lement et la positive par une série de petites lames 
triangulaires horizontales, assemblées en colonnes ver- 
ticales. Cette disposition donne une vaste surface ae- 




Fig. 42. — Accumulateurs Tudor (type 1892). 



tive et une grande solidité avec un poids de plomb 
relativement peu élevé. 

L'écartement des plaques est maintenu par des 
tubes de verre : chacune d'elles repose par sa tranche 
inférieure sur une lame de verre disposée sur champ 
dans son prolongement et maintenue verticale- 
ment dans un encastrement à rainure ; les lames 
de verre reposent elles-mêmes sur des feuilles de 
caoutchouc disposées transversalement dans le fond 



ACCUMULATEUR DE KIIOTINSKY. 



83 



du vase. Grâce à cette disposition, la matière active 
peut tomber dans le fond des récipients sans produire 
de court-circuit. 

Ces appareils, destinés surtout aux stations cen- 
trales, sont robustes. La capacité spécifique varie de 
i.ï à ti,l ampèreheures, suivant qu'ils sont déchar- 
gés en 3 ou 10 heures; mais ils supportent bien une 
décharge rapide sans se détériorer. 

Accumulateur Desjardins. — Les électrodes se 
composent de bandes de plomb de •'> à 6 millimètres 
de largeur et 0,1 d'épaisseur, légèrement gaufrées et 
superposées pour former des plaques; les extrémités 
sont soudées à deux montants en plomb. On produit 
ensuite un dépôt très adhérent de peroxyde de plomb 
par l'éleetrolyse d'un nitrate de plomb alcalin, de 
sorte que le métal intérieur est parfaitement protégé. 
La capacité est de -10 ampèreheures par kilogramme 
d'électrodes et de 9 ampèreheures par kilogramme 
du poids total. Les vases sont formés d'un alliage 
inoxydable et munis de rainures, venues de fonte, pour 
maintenir l'écartement des plaques. Les éléments 
destinés à être transportés ont leurs plaques séparées 
par des lames de silice très poreuses. 

Accumulateur de Khotinsky. — Cet appareil se 
construit sous deux formes différentes : le type plat 
et le type vertical; dans les deux cas, les plaques sont 
formées de squelettes de plomb (fig. 43), obtenus à la 
filière et remplis de matière active, qui est retenue 
par les saillies du plomb. Ces plaques sont disposées 
sur champ ou aplat les unes à côté des autres; dans 
le premier cas, elles sont maintenues séparées par 
des jarretières de caoutchouc. 

Le modèle vertical renferme plusieurs bandes dis- 



84 



ACCUMULATEUR DE LA SOCIETE SUISSE. 



posées les unes au-dessus des autres et réunies par 
deux montants en plomb munis de deux pièces laté- 













Fig. 43. — Squelettes des plaques de Khotinsky. 



raies ; ces pièces (fig. 44) viennent, s'appuyer sur deux 
lames de verre, qui maintiennent les électrodes à 
quelque distance du fond des récipients. 
Accumulateur de la Société Suisse pour la cons- 






ACCUMULATEUR DE LA SOCIÉTÉ SUISSE. 85 

truction des accumulateurs. — Dans cet appareil, 




Fig. 44. — Accumulateur de Khotinsky (montage du type 
vertical). 

construit par MM. Blanc et C ic , de Marly-le-Grand, 




Fig. 45. — Batterie pour l'éclairage des trains (Jura-Simplon) 
les plaques positives sont percées de trous, qui per^ 






I I 



80 ACCUMULATEUR LAURENT-CÉLY. 

mettent à la matière active de se dilater librement, ce 
qui augmente lasolidité des pastilles. Les électrodesné- 
gatives sont du type ordinaire Faure-Sellon-Volckmar. 
Plus de 3o0 batteries de ce système (fig. 45) sont 
actuellement employées en Suisse, pour l'éclairage 
des trains de chemins de fer, en particulier sur la li- 
gne du Jura-Simplon. Chaque batterie comprend 9 élé- 
ments débitant normalement lo ampères et ayant 
une capacité de 120 ampèreheures : son poids est 
d'environ 10o kilogrammes. 

Accumulateur Laurent-Cély. — Les nouveaux 
types d'accumulateurs Laurent-Cély, construits parla 
Société pour le travail électrique des métaux (1), pré- 
sentent des perfectionnements importants. 

Les plaques de ces accumulateurs sont formées de 
pastilles, les unes de plomb spongieux, les autres de 
peroxyde de plomb, qui sont reliées par un quadrillage 
de plomb antimonieux. Leurs queues ont une forme 
spéciale qui permet de les monter et de les démon- 
ter individuellement, sans déranger les voisines et 
sans arrêter le fonctionnement de l'accumulateur. 

Le quadrillage porte à sa partie supérieure deux 
talons de suspension. Après montage, le corps de la 
plaque est donc libre de se dilater dans tous les sens. 
Le mode de fabrication des pastilles négatives et po- 
sitives, leur faible densité, leur extrême porosité, 
qui les mettent à l'abri de tout foisonnement, et le 
mode de suspension des plaques caractérisent ces ac- 
cumulateurs et leur donnent une grande capacité élec- 
trique et une grande solidité mécanique. 

Parmi lesperfectionnements récents, nous signalons 

(1) Dictionnaire d'Électricité, art. Accumulateurs de la Société 

POUR LE TRAVAIL ÉLECTRIQUE DES .MÉTAUX, p. 9. 



'- 



ACCUMULATEUR LAURENT-CÉLY. 87 

en particulier celui qui consiste à suspendre les plaques 
par leur partie supérieure. 

Ce système de suspension laisse le corps de la plaque 




l'ig. 4tf. — Accumulateurs Laurent-Cely. 

libre de se dilater dans tous les sens pendant les réac- 
tions chimiques qui se produisent tant à la charge 
qu'à la décharge. 

On ménage également, entre le bas des plaques et 
le fond du bac, un intervalle suffisant pour que la ma- 
tière active puisse se déposer lentement, sans mettre 
l'accumulateur en court-circuit. Avec ce dernier dis- 
positif, l'appareil fonctionne plus d'un an sans qu'il 
soit nécessaire de le visiter. 



88 ACCUMULATEUR GADOT ET PISCA. 

Les bacs sont en verre ou en bois doublé de plomb ; 
ils sont séparés par des intervalles de 3 ou 4 centi- 
mètres et reposent, par l'intermédiaire de petits iso- 
lateurs en verre ou en porcelaine, sur une plate-forme 
générale constituée par des madriers en bois gou- 
dronné, séparés eux-mêmes du sol par de gros isola- 
teurs. 

Chaque bac renferme des châssis-supports placés 
verticalement, de façon que leurs arêtes supérieures 
soient bien de niveau et horizontales. Les plaques 
sont librement suspendues sur ces châssis, par les 
talons de leur quadrillage ; elles sont séparées par 
des intervalles égaux et alternent de polarité d'une 
plaque àl'autre : les plaques extérieures sontnégatives. 
Les électrodes positives sont réunies par un boulon 
de groupement, les écrous étant bien serrés sur les 
queues; les négatives subissent la même opération. 
On groupe ensuite les éléments en série au moyen de 
connexions en cuivre. 

Ces accumulateurs sont employés actuellement par 
la Compagnie des tramways de Paris et du dépar- 
tement de la Seine. 

Accumulateur P. Gadot et M. Pisca. — Dans le 
nouveau modèle d'accumulateur Gadot (fig. 47), les 
plaques sont très épaisses et très robustes ; elles pré- 
sentent une série de rainures horizontales, remplies 
de matière active. En outre, elles portent seulement 
sur les bords des vases, sans toucher le fond, de sorte 
que la matière active, en tombant à la partie inférieure, 
ne peut pas produire de courts-circuits. Des tubes de 
porcelaine verticaux, maintenus par un porte-tube 
spécial, également en porcelaine, assurent l'écartement 

des électrodes. Les détails du montage ont été aussi 



ACCUMULATEUR CROMPTON-ÏIOWELL. 



89 



très soignés : les connexions s'établissent directement 
par les extrémités des plaques, qui ont été disposées 




à cet effet. On évite ainsi l'emploi de boulons, de vis, 
d'écrous, et tous les inconvénients qui en 'résultent. 
Accumulateur Crompton-Howell. — Cet accumu- 
lateur, peu connu en France, est le plus employé en 



90 ACCUMULATEUR WADDELL-ENTZ. 

Angleterre ; aussi croyons-nous utile de le décrire ra- 
pidement. Il appartient au genre Planté à formation 
rapide, par suite de la grande porosité des plaques. 
Celles-ci sont obtenues en maintenant du plomb fondu 
pendant quelque temps à une température très 
voisine de son point de solidification et décantant la 
partie restée liquide. La partie cristallisée, sciée en 
plaques d'épaisseur convenable, donne des électrodes 
très poreuses, dans lesquelles le liquide pénètre très 
facilement, et qui offrent une grande surface active; 
ces conditions permettent d'employer des régimes de 
charge et de décharge très élevés. 

Les électrodes sont maintenues séparées par des 
peignes en celluloïd, et réunies par des lames de 
plomb soudées au chalumeau oxhydrique avec elles et 
avec des barres transversales de même métal. Ces 
barres de connexion sont soutenues par des tiges ver- 
ticales isolées, vissées sur les madriers du chantier. 

Les récipients sont en bois doublé de plomb ; dans 
le modèle des stations centrales, ils renferment 
61 plaques, offrant une surface active totale de 250 dé- 
cimètres carrés. Ces éléments peuvent débiter 
1000 ampères pendant 30 minutes. 

AccumulateurWaddell-Entz. — Cetaccumulateur, 
construit par la Waddell-Entz Company, est surtout 
destiné à la traction électrique ; il a donc été disposé 
de manière à offrir toutes les conditions désirables de 
légèreté et de solidité; il est fondé, comme l'accumu- 
lateur Commelin-Desmazures, sur une modification 
de la pile de Lalande et Chaperon. 

Les plaques positives s'obtiennent en comprimant 
autour d'un fil de cuivre rouge une pâte d'oxyde cui- 
vrique ; que l'on entoure d'une tresse en fils de cuivre 



ACCUMULATEUR YVADDELL-E.NTZ. 



01 



très fins, recouverte à son tour d'une tresse de coton ; 
on obtient ainsi une sorte de fil conducteur isolé, que 




Fis. 



— Ac 



mlult 



Waddell-Entz. 



Ton enroule de manière à former une sorte de plaque 
ovale (fi g. 48). 

Ces plaques sont installées dans un vase en acier, 
dont la surface intérieure constitue une partie de 
l'électrode négative, complétée par des plaques de 
même métal, intercalées à intervalles réguliers entre 



92 ACCUMULATEUR WADDELL-ENTZ. 

les premières. Les plaques positives sont maintenues 
à égale distance des plaques d'acier par plusieurs 
tours de ruban de coton, formant un léger renflement 
en haut et en bas: celles-ci sont solidement assem- 
blées à l'aide de rondelles d'acier et d'un écrou servant 
en même temps de borne négative. Les positives sont 
réunies par une plaque métallique, à laquelle est 
soudé un fil conducteur isolé, qui traverse les parois 
du vase dans un tube d'ébonite et permet d'établir la 
communication avec l'élément voisin. 

Le liquide se compose d'une solution d'oxyde de 
zinc dans la potasse caustique, qui doit avoir une 
densité de 1,45; on le recouvre d'une couche d'huile 
lourde, pour éviter la transformation de la potasse 
en carbonate. 

Avant d'utiliser cet appareil, il faut former les 
électrodes positives, c'est-à-dire réduire l'oxyde de 
cuivre à l'état métallique. 

On procède alors à la charge : l'oxyde de zinc est 
décomposé par le courant ; le zinc se dépose sur les 
plaques d'acier et l'oxygène transforme le cuivre en 
oxyde cuivreux, rouge, qui constitue une masse 
poreuse autour du fil conducteur central. Dès que 
cette masse noircit par la formation d'oxyde cuivrique, 
la charge est terminée. 

La réaction inverse se produit pendant la décharge ; 
l'oxygène s'unit au zinc et l'oxyde formé se dissout 
dans la potasse. L'hydrogène réduit l'oxyde de cuivre 
à l'état métallique. 

Le régime normal de décharge est en moyenne de 
40 ampères, et la différence de potentiel aux bornes 
de 0,89 volt. La capacité d'un élément de 13 kgr. est 
de 240 ampèreheures. Il résulterait de nombreux 



ACCUMULATEUR THERMO-ÉLECTRIQUE. 93 

essais que ces accumulateurs peuvent être déchargés 
très rapidement et même placés en court-circuit sans 
inconvénient pour les électrodes, qui ne se gondolent 
jamais. 

Accumulateur au cadmium. — On a déjà fait 
plusieurs tentatives pour employer le zinc comme 
électrode négative dans les accumulateurs au plomb, 
ainsi qu'on le fait dans l'accumulateur au cuivre de 
MM. Commelin et Desmazures. Reynier avait essayé 
de construire un accumulateur plomb, zinc et eau 
acidulée ; mais le zinc se dissout très vite à circuit 
ouvert et se dépose très mal sur la plaque négative. 

MM. Commelin et Finot ont cherché un métal qui 
n'eût pas ces défauts. Leur accumulateur se compose 
d'une plaque positive ordinaire d'accumulateur 
Julien et d'une électrode négative formée, soit de 
plomb mince amalgamé, soit d'un alliage de plomb, 
antimoine et cadmium. Le liquide est une solution de 
sulfate de cadmium additionnée de 10 °/o d'acide 
sulfurique. Pendant la charge, la positive se couvre 
de peroxyde de plomb, et le cadmium se dépose sur 
la négative. A la décharge, le cadmium se dissout de 
nouveau et l'hydrogène ramène le peroxyde de plomb 
à un état d'oxydation inférieur. On évite ainsi la 
sulfatation du négatif. 

La force électromotrice est de 2,30 volts, en circuit 
ouvert, et varie, pendant la décharge, de 2,20 à 2,15; 
l'énergie spécifique normale est de 54 wattheures par 
kilogr. 

Accumulateur thermo-électrique. — La Société 
Helios, à Cologne-Ehrenfeld, emploie un appareil 
fondé sur un principe tout différent. C'est un accu- 
mulateur thermo-électrique, renfermant un certain 


















94 TRANSFORMATEUR GANZ. 

nombre de lames de deux métaux différents, aussi 
éloignées que possible sur l'échelle thermo-électrique, 
qui sont soudées et rivées ensemble. Le tout est en- 
touré d'une enveloppe conduisant mal la chaleur, et 
qui peut s'enlever en face des lignes de jonction des 
deux métaux. On charge l'appareil en y faisant pas- 
ser un courant, qui le porte à une température élevée. 
La chaleur ainsi accumulée peut se conserver assez 
longtemps, grâce à l'enveloppe; pour décharger l'ac- 
cumulateur, on ouvre l'enveloppe en face des joints, 
qui sont refroidis par l'air. Il se produit un courant 
qui dépend de la nature des métaux, du nombre des 
soudures et de la température, et qui dure jusqu'au 
complet refroidissement. Une partie de ce courant 
peut être employée à régulariser la force électromo- 
trice de la décharge. 



TRANSFORMATEURS. 









Transformateur Ganz. — Cet appareil (fig. 49) est 
à circuit magnétique fermé. Le dernier modèle est 
complètement démontable : il se compose de deux 
plateaux en fonte A (fig. 50), dans lesquels sont encas- 
trés par compression deux paquets de tôles B bien iso- 
lées. Ces tôles ont la forme d'un E ; une fois le trans- 
formateur monté, les trois branches de chacun des 
paquets viennent se juxtaposer suivant la ligne mn. Les 
vides laissés entre ces branches reçoivent trois bobines 
de fil dont les carcasses sont faites en carton de haut 
isolement. La bobine primaire D, qui reçoit le cou- 
rant à haut potentiel de la ligne, est placée au centre; 
elle est à fil fin et fait un grand nombre de tours. Le 



TRANSFORMATEUR LABOUR. 95 

circuit secondaire est constitué par les deux bobines 
extrêmes H, à gros fil, qui ne font qu'un petit nombre 
de tours. Les extrémités des fils des bobines aboutis- 
sent à des bornes montées sur porcelaine, permettant 
de faire les jonctions avec le réseau primaire et la 
canalisation secondaire. Les quatre boulons C assem- 
blent solidement les deux moitiés de l'appareil. La 




Fie. 49. 



Transformateur Ganz. 



disposition adoptée permet un démontage rapide, en 
cas d'avarie à l'une des bobines, tout en réalisant 
une construction simple et un refroidissement facile. 

Le rendement atteint 97 p. 100. L'appareil est aulo- 
régulateur, c'est-à-dire que la différence de potentiel 
secondaire reste constante, quel que soit le travail 
demandé à l'appareil. On construit quatre modèles, 
de 1000 à 10 000 watts. 

Transformateur Labour. — Cet appareil (fig. 51), 
construit par la Société l'Eclairage électrique, donne 
un très bon rendement. 

D'une puissance de 8000 walts en marche continue, 



96 



TRANSFORMATEUR LABOUR. 






à pleine charge, et de ÎOOOO watts pour des expé- 
riences de laboratoire, il donne, avec une fréquence 




Fig. 50. — Disposition du transformateur Ganz. 

de 80 périodes par seconde et une différence de 
potentiel efficace de 2000 volts aux bornes du circuit 



TRANSFORMATEUR LABOUR. 



97 



primaire, une différence de potentiel de 100 volts aux 
bornes du circuit secondaire. Le circuit primaire se 
compose de 20 bobines distinctes et égales et le circuit 
secondaire de 2 bobines, ce qui permet de faire varier, 
par des couplages convenables, le coefficient de 
transformation entre 1 et 20 et même entre 1 et 40. 





Fig. 51. 



Coupe et élévation du transformateur Labour. 



Le circuit magnétique se compose d'un assemblage 
de feuilles de tôle, découpées en fer à cheval comme 
les inducteurs des machines Rechniewski (fig. 52). La 
partie en fer à cheval est fermée par un cylindre sur 
lequel la pression produite réduit autant que possible 
l'entrefer des joints. Le montage de la partie cylin- 
drique est fait aisément par un système d'étriers à vis. 
Les joints et la culasse présentent une grande section, 
pour diminuer encore la résistance magnétique. Les 
tôles n'ont pas toutes la même largeur, ce qui augmente 
la surface de refroidissement et forme des conduits 
J. Lefèvre. — Nouv. électr. 6 





Fig. 52. — Coupes longitudinale et transversale 
du transformateur Labour. 



TRANSFORMATEUR THOMSON-HOUSTON. 99 

d'aérage ; elles sont réunies par un enduit durci au 
feu et constituent un ensemble compact qui rend 
l'appareil tout à fait silencieux. 

Les deux circuits sont enroulés sur des manchons 
absolument distincts et parfaitement isolés. De plus 
les circuits sont complètement plongés dans l'air, 
sauf aux extrémités, où les bobines s'appuient sur 
des isolants serrés par la charpente en fonte. Ces 
bobines sont séparées entre elles et isolées du fer par 
une couche d'air, dont l'épaisseur varie avec la tension 
normale de l'appareil. L'ensemble repose sur des 
semelles de bois isolé et se trouve serré entre des 
cadres en fonte avec des boulons. Les bobines peuvent 
être facilement réparées ou remplacées. 

Le rendement, mesuré directement sur un modèle 
de 18 000 watts parla méthode du wattmèlre, adonné 
une valeur maximum de 97,4 p. 100. 

Un modèle analogue se construit pour les courants 
triphasés. 

Transformateur Thomson-Houston. — La trans- 
mission de grandes forces motrices par l'électricité a 
conduit à la création de transformateurs d'une très 
grande puissance. Tel est le modèle, de 200 kilo- 
watts, construit à Schenectady par la Compagnie 
américaine Thomson-Houston pour la Piltsburgh Ré- 
duction C°, qui se propose d'appliquer une puissance 
de 1200 kilowatts à la réduction parla chaleur des mi- 
nerais d'aluminium ; cette puissance sera fournie par 
la Cataract Construction C°, qui exploite, comme on 
le sait, une dérivation des chutes du Niagara. 

Les conditions imposées étaient un rendement de 
07 p. 100 à pleine charge et une température n'excé- 
dantpaslO C. au-dessus de la température ambiante 



100 TRANSFORMATEUR DE FRÉQUENCE ET DE TENSION. 

après dix heures de marche. Pour réaliser ces condi- 
tions, au lieu de réunir les tôles découpées en un seul 
bloc, on les a divisées en un certain nombre de sec- 
tions légèrement espacées les unes des autres, afin de 
laisser passage au courant d'air produit par un venti- 
lateur. Ces sections sont ensuite pressées entre deux 
flasques, réunies par des barres et des écrous, et mu- 
nies de crochets pour faciliter le maniement de l'ap- 
pareil. 

Dans l'installation de la Pittsburgh C°, le courant 
sera produit sous une tension de 2000 volts, puis ra- 
mené à 115 volts par six transformateurs du modèle 
précédent, et enfin transformé en courant continu à 
1G0 volts par trois transformateurs rotatifs de 400 ki- 
lowatts; un quatrième sert de réserve. 

Transformateur de fréquence et de tension. — 
MM. Hutin et Leblanc ont construit un appareil qui 
permet de transformer le courant alternatif mono- 
phasé ou polyphasé en courant continu ou récipro- 
quement. L'appareil (fig. 53) se compose de deux 
parties distinctes : 1° d'un transformateur à enroule- 
ment spécial, qui permet de passer d'une tension de 
courant aune autre tension; 2° d'un commutateur ro- 
tatif ayant un mouvement synchrone. 

Le coefficient de transformation ne dépend que du 
rapport des nombres de spires primaires et secon- 
daires. Le transformateur a un ou plusieurs noyaux 
magnétiques fermés sur eux-mêmes, suivant que l'ap- 
pareil est construit en vue d'utiliser ou de produire du 
courant monophasé ou du courant polyphasé. 

Supposons qu'il s'agisse de courant monophasé. Le 
circuit primaire du transformateur sera formé par un 
enroulement ordinaire, quand c'est du courant alter- 




Fig. 53. — Transformateur ue fréquence et Je tension. 

6. 



102 TRANSFORMATEUR DE FRÉQUENCE ET DE TENSION, 
natif qu'il faut transformer en courant continu; le 
circuit secondaire, qui est relié au commutateur et au 
collecteur où doit être recueilli le courant continu, est 
divisé en un certain nombre de sections. Le nombre 
de spires de ces sections varie de l'une à l'autre sui- 
vant une loi sinusoïdale. En particulier, les sections 
qui correspondent à l'ordonnée zéro de la sinusoïde 
sont absentes. Pour toutes les valeurs positives des 
ordonnées, l'enroulement des sections est fait dans un 
même sens; pour toutes les valeurs négatives, il est 
fait en sens contraire. 

Les points de jonction de ces différentes sections 
sont reliés à des frotteurs qui s'appuient sur des ba- 
. gués communiquant respectivement avec les lames 
du collecteur à courant continu. 

L'arbre portant le collecteur doit tourner synchroni- 
quement avec la fréquence du courant; à cet effet, il 
porte un anneau genre Gramme, dont les sections sont 
montées en dérivation sur les bagues indiquées plus 
haut. Cet anneau peut tourner dans un champ ma- 
gnétique excité par un courant continu. Pour que le 
mouvement soit synchrone, cette armature est munie 
d'une cage d'écureuil. 

Le noyau du transformateur est le siège d'un flux 
variant suivant une loi sinusoïdale, par suite de l'ac- 
tion du circuit primaire. Le nombre de tours de l'en- 
roulement du circuit secondaire varie par suite de son 
sectionnement, à chaque instant, suivant la même 
loi ; ce circuit sera donc le siège d'un courant d'inten- 
sité constante, le nombre total d'ampèretours dans 
les circuits primaire et secondaire étant constamment 
le même. 

Dans le cas des courants monophasés, MM. Hutin et 



^^mmm 



TRANSFORMATEUR DE FREQUENCE ET DE TENSION. 103 

Leblanc interposent sur le parcours du courant re- 
dressé une forte bobine de self-induction, qui achève 
la rectification du courant. Cette bobine joue le rôle 
de volant; son emploi est nécessaire pour passer d'un 
débit d'énergie variable, comme celui fourni par un 
courant alternatif, à l'énergie constante demandée 
par un courant continu. Quand on emploie des cou- 
rants diphasés ou triphasés, cette précaution devient 
inutile, l'énergie fournie et l'énergie recueillie étant 
constantes. Le transformateur comprendra alors deux 
ou trois noyaux avec des enroulements pareils à ceux 
décrits. Les bobines à enroulement sinusoïdal seront 
décalées d'un noyau à un autre, de un quart ou de un 
tiers d'onde. Les bobines correspondantes de chaque 
noyau seront montées en tension et l'ensemble est 
groupé par rapport aux bagues et au collecteur comme 
dans le premier exemple. 

Le rendement de ces appareils est très élevé; il est 
le même que celui d'un transformateur ordinaire, sous 
déduction de l'énergie demandée par la rotation du 
collecteur, qui n'a que des frottements à vaincre. 



CHAPITRE IV 

PRODUCTION DE L ÉLECTRICITÉ 
APPAREILS ACCESSOIRES. 



Balais feuilletés. — Khéostat. — Régulateurs : F. Henrion, 
Iilathy. — Indicateur de la charge des accumulateurs. — 
Limiteur automatique de débit. — Isolateurs.— Interrupteur 
rapide. 

Balais feuilletés. — Depuis deux ans, on emploie 
beaucoup un nouveau système de balais pour dyna- 
mos, les balais feuilletés, de M. Boudreaux. Ces balais 
se composent de feuilles métalliques, laminées à une 
très faible épaisseur, t/40 ou 1/30 de millimètre, plis- 
sées ou pliées, et mises sous pression aux dimensions 
exigées; ils sont formés d'un alliage spécial, à base 
de cuivre, qui est extrêmement malléable et possède 
les qualités particulières des métaux dits anti- friction. 
Grâce à la douceur du frottement et à l'absence de 
solution de continuité dans la surface frottante, ils 
usent très peu les collecteurs, dont ils polissent la 
surface au lieu de l'entamer et de la détruire promp- 
tement. Ils sont beaucoup plus conducteurs que les 
balais en toile métallique, car, à section égale, ils 
contiennent deux fois plus de métal, ce qui permet de 
diminuer leur épaisseur. 

Bhéostat. — Le rhéostat à tambour fixe, à curseur 




~ym 



Fig. 54. — Rhéostat Cince. 



J 

m 



106 



RÉGULATEURS DE TENSION. 



tournant et à fil de diamètre variable, imaginé par 
M. Cance, présente divers avantages : il est simple, 
peu volumineux, facile à manœuvrer, et permet de 
régler rapidement la résistance avec la plus grande 
précision, que les variations soient très faibles ou 
qu'elles soient considérables. Il est formé d'un tube 
cylindrique vertical E (fig. 54), en fer émaillé, sur 
lequel s'enroule un fil de ferro-nickel à section crois- 
sante, et qui est solidement fixé sur un socle en bois. 
Ce cylindre est isolé à la partie inférieure par une 
plaque circulaire d'ardoise H,. A l'intérieur tourne un 
arbre vertical N, qui entraîne la roue en fonte D 2 , les 
trois tiges de cuivre verticales T et la couronne de 
même métal D„ maintenue dans son roulement par 
des galets G. Sur les tiges T se déplace un ensemble 
de deux couronnes en cuivre P.P,, maintenues en 
contact avec elles par des frotteurs, et qui portent 
trois galets à gorge g ayant leurs axes verticaux et 
appuyés continuellement sur le fil par des ressorts. 
Deux bornes placées sur le socle communiquent l'une 
avecl'extrémité supérieure du fil de ferro-nickel, l'autre 
avec un frotteur qui s'appuie sur l'arbre N, et par 
suite avec les galets g. Le courant pénètre donc dans 
le fil par sa partie supérieure et sort par les galets g, 
qu'on fait monter ou descendre avec la manivelle S.' 
Les dimensions de l'appareil varient avec l'usage 
auquel on le destine. Il peut servir aux expériences 
de laboratoire, au groupement des machines en quan- 
tité, au réglage des circuits de lampes à incandes- 
cence, etc. 

Régulateurs de tension. — Régulateur F. Henrion.— 
Le régulateur automatique de tension, que M. F. Hen- 
rion joint, actuellement à ses machines compound pour 



RÉGULATEURS DE TENSION. 



107 



corriger les inégalités de lumière que peuvent amener 
les variations de vitesse du moteur, intercale automa- 




Fig. 55. — Régulateur automatique de tension F. Hcnnon. 

tiquement des résistances variables dans le circuit 
d'excitation (flg. 55). 

Un double cliquet est animé, par une transmission 
mécanique, d'un mouvement de va-et-vient sur deux 
roues dentées en sens inverse, solidaires l'une de 
l'autre. Au-dessus se trouve un fléau horizontal F, 
portant à l'une de ses extrémités un tube de fer doux. 



108 RÉGULATEURS DE TENSION, 

vertical qui peut pénétrer dans le solénoïde S. Cette 
attraction est équilibrée par un curseur mobile, de sorte 
que, dans une marche normale, le fléau est horizontal 
et oscille entre les deuxpointes AB. Si la tension varie 
il vient buter contre l'une ou l'autre de ces pointes et' 
comme il est relié à l'un des pôles de la machine iî 
lance un courant dans l'un des électros EE' ; l'ensemble 
constitue donc un véritable relais. 

A ce moment, l'électro, devenu actif, attire le double 
cliquet, qui bascule à droite ou à gauche, et agit sur 
l'une ou l'autre des deux roues dentées. Suivant que 
l'une ou l'autre de ces roues est en mouvement, une 
manette fixée en leur centre se déplace sur les touches 
d'une résistance variable, placée sur le circuit d'exci- 
tation de la machine. La résistance se trouve ainsi 

régléeautomatiquement.defaçonàmaintenirla tension 
constante malgré les variations de vitesse. 

Le relais peut être construit à enroulement différen- 
tiel, afin d'obtenir une tension constante en un point 
donné d'une canalisation sans avoir besoin pour cela 
des fils de retour. L'appareil peut être utilisé aussi 
comme avertisseur de maximum ou de minimum 
de tension, en employant les électros EE' soit à faire 
tinter deux sonneries bien distinctes, soit à allumer 
deux lampes, l'une bleue, l'une rouge. 

Régulateur Blathy. — Ce régulateur automatique est 
employé par MM. Schneider et C Ie pour toutes leurs 
installations, soit à courant continu, soit à courants 
alternatifs, ordinaires ou diphasés. Cet appareil (fig. 36) 
se compose d'une série de résistances, se terminant à 
la partie inférieure par des tiges verticales de longueur 
croissante. Un nombre variable de ces résistances est 
intercalé dans le circuit de réglage par le jeu d'une 




r'if,'- 50. — Régulateur automatique Blathy. 
J. Lefèvre, — Nouv. éleotr. 



i 10 INDICATEUR DE LA CHARGE DES ACCUMULATEURS. 

cuvette à mercure, qui, en s'élevant ou s'abaissant, 
vient baigner un nombre plus ou moins grand de ces 
tiges verticales. Pour cela, la cuvette à mercure e'st 
d'une part poussée de bas en haut par l'action d'un 
flotteur placé dans une caisse à eau, tandis qu'elle 
est d'autre part sollicitée de haut en bas par l'attraction 
•d'une bobine, placée en dérivation sur les conducteurs 
où la différence de potentiel doit être maintenue 
constante, ou en série avec ces mêmes conducteurs', 
si c'est le courant qui doit être constant. 

Une variation de 3 p. 100 de la quantité à régler 
suffi tpour faire parcourir à la cuvette de mercure toute 
sa course. 

Une petite résistance additionnelle permet de 
modifier facilement le régime d'équilibre. Un frein 
très sensible s'oppose aux mouvements périodiques 
de l'appareil et modère sa vitesse d'action. 

Indicateur de la charge des accumulateurs. — 
L'indicateur de M. G. Fiévé, construit par M. Leroy, 
utilise les variations de la densité du liquide qui ac- 
compagnent les différents degrés de charge. 

Un plongeur formé d'une lame d'ébonite, ayant 
sensiblement la même hauteur que le liquide, est 
suspendu à une aiguille légère placée devant un 
cadran divisé. Deux masses mobiles, l'une sur le pro- 
longement de l'aiguille, l'autre sur une petite tige pla- 
cée à 45° au-dessous de l'aiguille, servent à régler l'ap- 
pareil, c'est-à-dire à amener l'aiguille au zéro quand 
les accumulateurs sont déchargés, et au point. 100 
lorsqu'ils sont complètement chargés. 

L'appareil est alors prêt à fonctionner. 

Si, à un moment donné, l'aiguille marque 30, cela 
veut dire que l'accumulateur renferme encore 30 p. 100 



UMITEUR AUTOMATIQUE DE DÉBIT. 111 

de sa charge maxima. On a donc à chaque instant, 
par une lecture simple et directe, l'état de charge de 
l'accumulateur et, par conséquent, de la batterie 
entière. 

L'aiguille aune course de 33 centimètres; elle est 
très mobile, car elle est portée par un couteau repo- 
sant sur des coussinets d'agate. 

Cet indicateur peut, avec une légère modification, 
devenir avertisseur de fin de charge et de décharge; 
il suffit que l'aiguille actionne une sonnerie lors- 
qu'elle arrive à ses positions extrêmes. 

Limiteur automatique de débit. — Certaines 
stations centrales donnent des abonnements à forfait, 
qui permettent à l'abonné d'avoir un nombre quel- 
conque de lampes, à condition de n'allumer jamais 
à la fois que le nombre fixé parla police d'abonnement. 
Pour veiller automatiquement à ce que cette condition 
soit remplie, on se sert le plus souvent de commu- 
tateurs, qui éteignent certaines lampes quand on en 
allume d'autres, ou de fils fusibles, qui doivent fondre 
quand le nombre de lampes en circuit dépasse un 
certain maximum. Le premier procédé complique 
l'installation et le second est d'une efficacité douteuse. 

L'appareil de M. G. Martin est destiné à limiter 
automatiquement le nombre des lampes en service : 
il est simple, robuste, peu coûteux et d'une grande 
sensibilité. 

Soit L (fig. 57) un groupe de lampes branché sur 
les prises de courant AB; on intercale dans le circuit 
le limiteur, qui comprend un interrupteur à mer- 
cure DE et un électro-aimant F. L'armature H de ce 
dernier est fixée au bout d'un levier, mobile autour 
de h et portant un bec L'. Une roue M, entraînée dans 



i 12 LIMITEUR AUTOMATIQUE DE DÉBIT. 

le sens de la flèche par un mouvement d'horlogerie, 
porte une goupille o, qui vient buter contre L' lorsque 
l'armature H n'est pas attirée ; les roues M et N se 
trouvent ainsi arrêtées, car la seconde engrène avec 
la roue m, solidaire de M. Si au contraire l'armature H 
est attirée, les roues tournent librement et les 
cames a, a'..., lixées sur N, viennent soulever succes- 



:uojj 





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Kg. 31. — Principe du limiteur automatique de débit. 

sivement l'extrémité du levier E, mobile autour dee; 
à chacun de ces chocs, la fourche D plonge dans les 
godets CC et ferme un instant le circuit. Dans l'inter- 
valle des contacts, le ressort K relève la fourche D 
et le circuit est rompu. 

Le ressort de rappel de l'armature H doit être réglé 
de telle sorte que cette armature ne soit pas attirée 
tant que le nombre des lampes en service ne dépasse 
pas le maximum fixé par l'abonnement, et qu'elle le 
soit dès qu'on ajoute une lampe supplémentaire. Dans 
ce dernier cas, les roues se mettent à tourner et la 



ANNEA.U-JSOLA.TEUR. H3 

fourche D produit une série de ruptures qui se tra- 
duisent par une succession continue d'éclairs et d'ex- 
tinctions rendant la lumière insupportable. Dès qu'on 
ramène les lampes en service au nombre réglemen- 
taire, l'armature H est rappelée, la goupille o ren- 
contre le bec L' et arrête les roues ; l'une des cames a 
se trouve alors en contact avec le levier E, qu'elle sou- 
lève; le circuit reste fermé et l'éclairage normal est 
assuré. 

Anneau-isolateur. — L'anneau-isolateur permet 
d'installer les tils conducteurs d'une manière très 
simple, sans produire de dégâts et sans endom- 
mager en aucune façon les tentures. Il se compose 
d'un anneau en porcelaine ou autre matière isolante, 
muni extérieurement d'une rainure, dans laquelle on 
introduit un crochet faisant ressort, qui serre l'anneau 
et ne lui permet aucun mouvement latéral. Un pre- 
mier modèle se fixe directement dans le mur, à l'aide 
d'un marteau et d'un outil spécial ; un autre se sus- 
pend à un clou ou à une vis ordinaire, au moyen d'un 
œillet. Dans les deux cas, une tête ornementée masque 
le clou. On place d'abord les crochets, puis on fait 
glisser sur le câble autant d'anneaux qu'il est néces- 
saire : on fixe ensuite ces anneaux sur les crochets en 
les poussant avec les doigts l'un après l'autre. On peut 
tendre les fils en les serrant dans les anneaux par 
l'intermédiaire de petits coins en bois ou en em- 
ployant un anneau spécial à vis de serrage. Ce système 
s'installe facilement et présente un aspect très propre. 



1 






CHAPITRE V 



APPAREILS DE MESURES ET DE CO\TROLE 



Voltmètres : Voltmètre électrostatique pour faibles potentiels, 
voltmètre enVegistreur ; voltmètre avertisseur, voltmètres 
enregistreurs pour courants alternatifs. — Compteurs d'élec- 
tricité : Compteurs Aron, E. Thomson. — Wattmètre portatif 
de la O des compteurs. — Wattmètre enregistreur. 

Voltmètres. — Voltmètre électrostatique pour faibles 
potentiels. — La différence de potentiel efficace, 
donnée par les circuits secondaires de distribution 
d'énergie par courants alternatifs, es t difficile à mesurer 
exactement. Les voltmètres thermiques, fondés sur 
la dilatation d'un fil, absorbent généralement une 
puissance assez notable, environ 30 à 40 watts pour 
110 volts : quant aux voltmètres pour courants alter- 
natifs fondés sur les actions électromagnétiques, leurs 
indications ne sont pas toujours exactes lorsqu'on les 
emploie à des fréquences très différentes de celles 
pour lesquelles ils ont été étalonnés. 

L'éleCtromètre employé sous la forme idiostatique 
est exempt de ces défauts, mais il manque souvent de 
sensibilité et d'apériodicité. Lord Kelvin (sir W. Thom- 
son) l'a perfectionné en employant la disposition 



VOLTMÈTRES. 



US 



dite multicellulaire, qui accroît la sensibilité. Sous sa 
forme la plus récente (fig. 58), cet appareil comprend 
deux séries de 10 quadrants fixes en métal, commu- 




Fig. 58. — Voltmètre électrostatique de lord Kelvin. 

niquant avec une borne extérieure isolée, et un groupe 
de 10 aiguilles d'aluminium, en forme de lemniscate, 
calées sur un arbre de même métal ; cet arbre est fixé 
à l'extrémité d'un fil de platine-iridium, soudé par 






d!6 



VOLTMETRE?. 



l'autre bout à un chapeau qui tourne à frottement sur 
un tube de laiton protégeant le fi) de suspension. La 
partie supérieure de l'arbre est munie d'un ressort 
elliptique, qui vient buter contre la base du tube de 
laiton lorsqu'on élève cet arbre au moyen d'un petit 
plateau situé près de son extrémité inférieure; ce pla- 
teau se déplace à l'aide d'une vis moletée placée ex- 
térieurement, au centre de la base de l'appareil. 

Sur l'arbre se trouve également une aiguille équili- 
brée en aluminium, mobile au-dessus d'un cadran 
divisé; l'amortisseur, constitué par un disque de lai- 
ton, peut être élevé ou abaissé par une lame que com- 
mande une manette extérieure. L'appareil est entouré 
d'une enveloppe métallique communiquant avec le 
cadran, avec l'aiguille et avec deux plaques de laiton 
verticales, qui limitent la course de l'aiguille et servent 
en outre d'armature répulsive. Il est soustrait à toutes 
les influences et peut être déplacé sans inconvénient, 
lorsqu'on a calé la suspension. 

Le modèle destiné aux tableaux de distribution ne 
diffère que par quelques détails : la graduation est 
tracée sur une surface cylindrique concentrique à la 
suspension; l'aiguille est recourbée; l'amortisseur 
est un disque de laiton suspendu à l'aiguille par un 
crochet et se déplaçant dans l'huile lourde. Cet appa- 
reil est sensiblement apériodique. 

L'ampèremètre industriel du même savant, destiné 
aussi aux tableaux de distribution, est formé d'un so- 
lénoïde vertical, composé de pièces de cuivre en U, à 
branches très serrées, séparées par des feuilles de 
mica, et reliées en tension par des lames de cuivre 
inclinées qui servent en outre à accélérer le refroi- 
dissement. L'appareil mobile comprend une tige de 



VOLTMETRES. 



117 



fer très doux, terminée par une tige de laiton munie 
d'un poids. Cette tige porte un étrier horizontal, qui 
repose par ses arêtes vives dans des trous percés dans 
un cadre en platinoïdc portant une aiguille et suspendu 




Fig. 59. — Voltmètre enregistreur F. Henrion. 



par deux crochets fixes en cuivre rouge. Ce système 
estéquilibré par uncontrepoids suspendu à l'extrémité 
d'un levier. Le mouvement de la tige de fer est rendu 
bien vertical par la masse de laiton qui la termine. 
L'appareil est muni en outre d'un petit amortisseur à 
glycérine; il est soustrait aux actions extérieures et 
n'exige qu'un réglage extrêmement simple : il suf- 
fit de le placer verticalement, ce qui est réalisé 

7. 



118 



VOLTMETRES. 



lorsque l'aiguille s'arrête au zéro en circuit ouvert. 
Voltmètre enregistreur. — Cet appareil se compose 
d'un voltmètre Hummel (1), dont l'aiguille porte à sa 
partie inférieure un crayon qui se déplace sur un 
disque de carton tournant d'un mouvement uniforme 



-i^ 




60. — Voltmètre avertisseur J. Richard pour tableaux de 
distribution. 



I 



(fig.59). Ce disque porte des circonférences concentri- 
ques, correspondant aux différences de potentiel 
entre 90 et HO volts, et des secteurs courbes repré- 
sentant les divisions horaires; il est facile à enlever et 
à replacer. Dans cet appareil, les deux parties, le volt- 

(1) Voy. Diciionnaive d'Électricité, art. Voltmètre, p. 983. 



VOLTMÈTRES. H ( J 

mètre et l'enregistreur, sont d'une égale simplicité. 
Voltmètre avertisseur. — Cet appareil est destiné à 
avertir lorsque la tension du courant de distribution 
est trop haute ou trop basse. 11 se compose d'un solé- 
noïde (fig. 60), qui attire un cylindre de fer doux, 
suspendu à l'extrémité d'un fléau de balance et équi- 
libré par un contrepoids, dont on règle la position 
suivant la valeur normale de la tension. L'extrémité 
opposée du fléau se trouve placée entre deux pointes 
verticales et vient toucher l'une ou l'autre de ces 
pointes lorsque la tension devient trop forte ou trop 
faible; ce contact ferme le circuit de l'une des deux 
lampes, de couleur différente, qui sont placées au- 
dessus de l'appareil. Ce voltmètre peut être réglé faci- 
lement entre 80 et 150 volts et sa sensibilité peut 
varier entre 1 et 10 volts. 

On construit aussi un avertisseur d'intensité fondé 
sur le même principe. 

Voltmètres enregistreurs pour courants alternatifs. — 
Le voltmètre J. Richard est fondé, comme ceux de 
M. G. Hopkins et du major Cardew, sur l'allongement 
d'un fil fin sous l'action thermique du courant à 
mesurer. Le fil métallique (fig. 01), ayant 3 m. de lon- 
gueur et 400 ohms environ de résistance, est attaché 
à un point fixe K, passe sur une série de poulies 
légères et isolées aa et vient s'attacher à un petit 
ressort spiral r, qui le maintient tendu. Le style 
enregistreur est relié par une articulation au fil métal- 
lique et se déplace lorsque la longueur de celui-ci 
vient à changer. La quantité de chaleur dégagée et 
par suite le déplacement de l'aiguille donnent la diffé- 
rence de potentiel aux bornes, dont elles-sont fonc- 
tion. 



120 VOLTMÈTRES. 

Comme le courant doit passer d'une façon continue 
dans l'appareil, la température inférieure s'élève 
sensiblement, et il est à craindre que les distances 
des poulies viennent à changer. Cet inconvénient 
est évité par un compensateur de température. Pour 
la mise en service, il suffit d'amener l'aiguille au zéro 




Fig- Cl, — Voltmètre enregistreur J. Richard. 



au moyen d'un bouton molelé. L'appareil n'ayant ni 
capacité, ni self-induction, ni hystérésis, les indica- 
tions sont les mêmes pour les courants continus oïl 
alternatifs. Le fil peut supporter sans fondre une 
tension double de celle qu'il doit mesurer. 

Le voltmètre Hartmann et Braun utilise encore la 
chaleur dégagée par le courant en traversant un fil lin 
en platine-argent de 0,06 mm. de diamètre et 16 cm. 
environ de longueur (fig. 62). Vers le milieu de ce fil, 



VOLTMÈTRES. 



121 



qui est maintenu par deux pinces à ses extrémités, 
s'attache un fil de laiton vertical m, ayant 0,05 mm. 
de diamètre et 10 cm. de longueur, et dont l'extrémité 
inférieure est fixe. Enfin un fil de cocon c, qui s'enroule 
sur une poulie munie d'une aiguille, relie le milieu 
du fil m à l'extrémité d'un ressort-lame p, dont l'action 
maintient tendu l'ensemble des trois fils. Lorsque le 
courant passe, le fil de platine-argent se dilate; le fil m 




Fig. 02. — Principe du voltmètre Hartmann et Braun. 

n'est plus tendu et le ressort p entraîne le fil de 
cocon, ce qui fait tourner l'aiguille vers la droite. 

Pour rendre les indications indépendantes de la tem- 
pérature extérieure, la plaque qui porte le premier fil 
se compose de deux parties, l'une d en laiton, l'autre e 
en fer, et les longueurs de ces deux parties ont été 
calculées de telle sorte que l'allongement de la plaque 
soit égal à celui du fil. D'ailleurs l'épaisseur de ce 
support a été réduite au minimum, afin qu'il se mette 
plus vite en équilibre de température. Enfin, l'une des 
bornes qui soutiennent le fil peut être légèrement 
déplacée au moyen de la vis s, pour permettre de 
ramener l'aiguille au zéro, s'il y a lieu. Toutes les 
bornes sont soigneusement isolées. 






122 COMPTEURS D'ÉLECTRICITÉ. 

L'axe de l'aiguille porte un disque d'aluminium d'une 
petite épaisseur (fig. 63), qui passe, lorsque l'aiguille 
tourne, entre les branches d'un fort aimant ; cette dis- 
position rend l'appareil suffisamment apériodique. 

Ce voltmètre peut servir pour les courants alternatifs 
aussi bien que pour les courants continus. Pour les 




Fig. C3. — Voltmètre Hartmann et Braun, 



tensions élevées, on ajoute des résistances placées au 
fond de la boîte. 

Le même appareil peut servir d'ampèremètre, mais 
on augmente alors le diamètre du fil de platine-argent 
et on le subdivise en plusieurs sections, qui sont tra- 
versées parallèlement par le courant, afin de réduire 
la résistance. Le courant est amené au fil par' des 
lames d'argent minces et très flexibles. La résis- 
tance additionnelle se monte également en dérivation. 

Compteurs d'électricité. — Les compteurs peuvent 



COMPTEURS D'ÉLECTRICITÉ. 123 

être divisés en deux classes. La première comprend 
les appareils à indications continues, qui enregistrent 
d'une façon ininterrompue les variations de la quantité 
d'électricité ou celles de l'énergie, suivant les cas. 
Dans cette catégorie rentrent les compteurs chimiques 
et les compteurs-moteurs, tels que celui de M. Aron. 




Fig. 64. — Wattmètre Aron. 

La seconde classe comprend les appareils à indications 
discontinues, qui ont pour but d'enregistrer, à inter- 
valles égaux, les indications d'un appareil de mesure, 
ampèremètre ou électrodynamomètre. C'est cettecaté- 
gorie qui paraît produire le plus grand nombre d'appa- 
reils. Ajoutons encore que les compteurs d'énergie ou 
wattmètres se multiplient beaucoup plus vite que les 
compteurs de quantité oucoulombmètres. C'est qu'en 
effet ily a beaucoup plus d'intérêt à mesurer l'énergie ; 
d'ailleurs les wattmètres deviennent eux-mêmes des 






mm* 



124 COMPTEURS D'ÉLECTRICITÉ, 

coulombmètres lorsque la distribution se fait à poten- 
tiel constant. 

Compteur Avon. — Au concours ouvert par la ville 
de Paris, le 31 août 1890, deux compteurs furent con- 
sidérés comme remplissant toutes les conditions du 
programme, ceux de M. Aron et de M. E. Thomson; 
nous les décrirons d'abord. 

Les modèles actuels du compteur Aron ne diffèrent 
pas sensiblement des anciens (1); le type couronné 
dans le concours est le wattmètre (fig. 64); dans ce 
nouveau modèle, les spires des deux bobines sont 
horizontales. 

L'ampèreheuremètre et le wattmètre peuvent tous 
deux se construire aussi pour distributions à trois 
conducteurs : ils portent alors deux bobines à gros 
fil placées sur les conducteurs extrêmes. Les balan- 
ciers des hectowattheuremètres se terminent par des 
bobines à fil fin, recevant une dérivation et mesurant 
les volts entre deux conducteurs avoisinants. Le ba- 
lancier de l'ampèreheuremètre porte deux aimants 
correspondant aux deux bobines à gros fil. Ces ap- 
pareils font connaître la consommation avec une 
exactitude de 1 p. 100. 

Ces compteurs se font encore pour distributions à 
3 fils; les wattmètres se construisent aussi pour cou- 
rants polyphasés. Les premiers sont en usage au secteur 
de la place Clichy, les autres à la station centrale de 
Heillbronn. 

Compteur E. Thomson. — Le modèle actuel du comp- 
teur E. Thomson, qui a obtenu, avec le précédent, 
le premier prix au concours de la ville de Paris, se 



(\)Yoy, Dictionnaire d'Électricité, p. 151. 



COMPTEURS D'ÉLECTRICITÉ. 125 

compose d'un moteur M (fig. 65), entraînant un disque 
de Foucault D monté sur son axe 3. Le moteur se 
compose de deux solénoïdes JJ, à gros fil et à spires 
verticales, placés en prolongement l'un de l'autre, dans 
l'intérieur desquels tourne un tambour M composé de 
bobines de fil fin, aboutissant à un petit collecteur en 




pjo-, 65. _ Principe du compteur E. Thomson. 

argent, sur lequel frottent deux balais de même mé- 
tal. Cet induit est mis en dérivation sur les deux con- 
ducteurs principaux, à travers une résistance R assez 
considérable pour éviter les étincelles aux balais. Ce 
moteur est complètement exempt de fer, de sorte qu'on 
n'a pas à craindre les effets des variations de ma- 
gnétisme. Un disque de cuivre D, calé à la partie 
inférieure de l'arbre du moteur, tourne librement entre 






J 



126 



COMPTEURS D'ÉLECTRICITÉ. 



les pôles rapprochés de trois forts aimants AA. 
On démontre que la vitesse de rotation du disque 
est proportionnelle à la puissance du courant ; 
le nombre de tours effectué dans un temps donné 
est donc proportionnel à l'énergie dépensée. L'arbre 
porte, à sa partie supérieure, une vis sans fin qui 
engrène avec un compteur de tours I; les cadrans 
de cet appareil font donc connaître la dépense 
d'énergie. 

Les frottements ont été réduits autant que possible, 
en faisant reposer la partie inférieure de l'arbre sur 
une coupe en saphir poli, en atténuant la pression 
des balais, et en équilibrant presque complètement le 
couple résistant dû au frottement par un compoundage 
spécial. L'induit, le disque et la résistance étant for- 
més du même cuivre, les variations de température 
n'.influent pas sur les indications, car les changements 
de résistance agissent également sur le couple moteur 
et sur le couple résistant ; enfin le disque tourne 
toujours avec une faible vitesse. L'appareil peut entrer 
en mouvement pour une puissance de 10 watts en- 
viron. 

Ce compteur peut servir pour les courants alterna- 
tifs comme pour les courants continus, sans qu'aucune 
■ modification soit nécessaire. Il se construit aussi pour 
distributions à 3 et à o fils. 

. Watlmèlres -portatifs. — L'emploi de plus en plus 
fréquent des compteurs d'énergie électrique néces- 
site, chez les abonnés, des essais rapides et cependant 
d'une certaine précision. 

La Compagnie des compteurs emploie pour cet 
usage l'appareil fig. (36. Dans l'intérieur du bâti B, 
qui est en bronze et d'une seule pièce, se trouvent 







Fig. <J6. — Wattmètre portatif. 






128 



COMPTEURS D'ÉLECTRICITÉ. 



deux enroulements, l'un intérieur, destiné aux cou- 
rants de à 30 ampères, l'autre extérieur, pour les 
courants de 30 à 250 ampères. La bobine mobile I) 
est. supportée par un fil métallique fixé aux deux 
pinces SS, par lesquelles arrive le courant dérivé. 
L'action électrodynamique est équilibrée par la ten- 
sion d'un ressort R, soudé d'une part à la bobine D et 
de l'autre au bouton N, dont la rotation est mesurée 
par l'aiguille A, mobile sur un cercle divisé; une se- 
conde aiguille indique laposition delabobine. Deux 
vis V immobilisent la bobine pour les transports ; la 
clef C permet de changer le courant dérivé. L'appareil 
peut reposer sur des vis calantes ou se fixer au mur 
par l'attache T. 

Ce wattmètre est très condensé, très robuste et 
d'un transport facile ; mais le coefficient de self-induc- 
tion est assez élevé et réchauffement n'est pas négli- 
geable. 

Wattmètre enregistreur. — MM. Richard frères ont 
construit un modèle de wattmètre enregistreur de 
3000 ampères et 119 volts, ce quidonne une puissance 
de 350000 watts. Les quatre premiers appareils de ce 
système ont été faits pour la Compagnie continentale 
Edison et sont installés deux à la station Trudaine, 
deux à la station Drouot. 

Le circuit fixe (fig. 67) est formé de huit barres 
plates de cuivre, en forme d'U, réunies en quantité 
parsixgrosboulons, présentant une section de 50 cm 2 , 
et séparées par de petites cales de cuivre qui laissent 
circuler l'air, pour empêcher réchauffement. La bo- 
bine mobile est à fil fin, de forme à peu près sphéri- 
que; elle se trouve au centre du champ sensiblement 
uniforme produit par le courant fixe ; elle est calée 



COMPTEURS D'ÉLECTRICITÉ. 



129 



sur un axe horizontal terminé d'un côté par une pointe 
et de l'autre par un couteau reposant sur un plan 
d'acier trempé; elle communique d'une part avec le 




Fit,. 67. - Wattmètre enregistreur de 550000 watts de J. Richard. 

circuit fixe, de l'autre avec une résistance addition- 
nelle, formée des deux bobines qu'on voit à gauche. 
L'axe porte en outre un levier d'aluminium, terminé 
par une plume qui se meut sur un tambour enregis- 
treur, faisant un tour entier en 24 heures; à l'autre 
extrémité du levier est suspendu un petit disque plon- 
geant dans un tube rempli de glycérine et qui sert 
d'amortisseur. 






I 



CHAPITRE VI 

LAMPES ÉLECTRIQUES ET APPAREILS ACCESSOIRES 



I 



• 



R i' J T a hZ r s S on Can i^ de C ° ntade ^ Brianne ' Wilbrant - Bar <ion, 

ni -Lampes a incandescence : Bernstein, Warin- 

- Deriveur-rcallumeiir.- Bobine à réaction. - Globes dffu- 

seurs transparents. . woues ainu- 

Lampes à arc ou Régulateurs. -Régulateur Cance 
- Le type 1892 de ce régulateur diffère notablement 
du précédent (1). Le mouvement des charbons et des 
mécanismes est produit par le poids du porte-charbon 
supérieur A. Les deux porte-charbons sont suspendus 
a des cordelettes de soie G, C 2 , enroulées dans les file ts 
a gorge d'un tambour vertical T, qu'on voit à gauche 
(ng. 68), et qui est divisé en deux parties présentant 
des diamètres dont l'un est double de l'autre. Ces cor- 
delettes passent ensuite sur deuxpouliesB.B,, et s'en- 
gagent dans deux tubes creux pour aboutir aux porte- 
charbons. Le sens de l'enroulement est tel que si le 
tambour vientà tourneras deux charbons se meuvent 
en sens contraire, et la différence des diamètres màïh: ' 
tient le point lumineux fixe. 
L'axe du tambour porte, vers sa partie supérieure, 

pa ( ge , 4^°. Ur ^ tyPe P, ' é0édent ' V °y' Dictionnaire d'Électricité, 










Fig. 68. — Mécanisme de la lampe Cance, type 1892. 



132 



LAMPES A ARC OU RÉGULATEURS. 



une roue dentée J, qui engrène avec un pignon L calé 
sur un autre arbre K. Cet arbre porte un plateau allu- 
meur-régulateur P, au-dessous duquel se trouve un 
plateau frein annulaire à bras Q, reposant sur les tiges 
R, R s . L'arbre K porte une goupille transversale M, 
adhérant constamment, au moyen des ressorts Nj N 2 , 
sur les cônes O i 2 , faisant partie du plateau P, qui 
peut recevoir un mouvement vertical sur son arbre. 

Le solénoïde S porte deux enroulements; l'un, en 
gros fil, reçoit le courant principal, qui arrive par la 
borne positive et traverse d'abord le conducteur fixe e, 
le conducteur souple f, puis les deux charbons; l'autre 
enroulement, en fil fin, est placé en dérivation sur les 
deux bornes de la lampe. Ce solénoïde renferme un 
noyau fixe c et un noyau mobile a, solidaire des 
tiges R, R 2 . 

Au repos, les charbons sont au contact; le plateau P 
repose sur l'assiette du pignon L et le plateau Q sur 
les tiges R, R 2 . Dès que le courant passe, le noyau a 
s'élève, entraînant les tiges R f R 2 ; le plateau frein, 
soulevé, s'applique contre le plateau allumeur P et 
l'entraîne; ce dernier mouvement fait tourner d'un 
certain angle la goupille M, qui entraîne l'arbre K, le 
pignon L, la roue J et le tambour T ; celui-ci enroule 
légèrement la cordelette C, et déroule C 2 , ce qui pro- 
duit un léger écart des charbons et par suite l'allu- 
mage. 

L'arc s'allongeant, le noyau a tend à redescendre ; 
il arrive un moment où l'adhérence des deux plateaux 
est assez faible pour permettre un léger glissement 
du plateau régulateur, ce qui laisse les deux charbons 
se rapprocher d'une petite quantité ; l'intensité du 
courant augmente à son tour et l'adhérence des pla- 



LAMPES A ARC OU RÉGULATEURS. 133 

teaux arrête ce rapprochement. Ces effets d'adhérence 
variable se répètent constamment et maintiennent 
constant l'écart des charbons. 

En outre, le volant de Conte d, présentant une partie 
de sa périphérie à l'épanouissement polaire du noyau 

-m - 




.} 



CANCE 
PARIS 



Fig. 60. — Lampes Gance, type 1892. 

fixe c, constitue un frein magnétique dont la puis- 
sance varie, comme celle du frein mécanique, en fonc- 
tion de l'intensité du courant, de sorte que les deux 
effets s'ajoutent. D'autre part, l'inertie de ce volant 
s'oppose à une remise en marche trop rapide prove- 
nant dlune action trop immédiate de la pesanteur. 

La figure 69 montre l'aspect extérieur de ce nouveau 
modèle. Le boisseau de la lampe, c'est-à-dire la partie 
J. Lefèvbe. — Xouv. électr. 8 



134 LAMPES A ARC OU RÉGULATEURS, 

qui renferme le mécanisme, est de hauteur très 
réduite, ce qui permet de rapprocher le point lu- 
mineux du point de suspension, et se prête mieux à 
l'ornementation extérieure de l'appareil. La course et 
la longueur des charbons peuvent varier à volonté et 
correspondre à des durées de seize à dix-huit heures 
d'éclairage, sans augmentation de la longueur du 





Fig. 70. - Lampe de Contades (vue extérieure et plan du 
mécanisme). 

boisseau. Tous les organes susceptibles d'être touchés 
pendant le fonctionnement de la lampe sont isolés. 

Régulateur de Contades. — Cette lampe, à point 
lumineux fixe, est caractérisée par la faible hauteur 
du mécanisme, qui, pour les petites intensités, n'est 
que de 3 centimètres, quelle que soit la hauteur des 
charbons. Grâce à cette particularité, elle peut être 
enfermée tout entière dans un globe sphérique 
(fig. 70), ce qui est très favorable à la décoration, et 
elle peut être employée facilement dans les locaux 



I 



LAMPES A ARC OU RÉGULATEURS. m 

peu élevés, tels que caves, sous-sols, navires,, etc. 
Les porte-charbons servent d'écrous à deux vis 

(flg. 71) présentant, dans les deux tiers supérieurs, 

un pas à deux filets dans un sens, 

et, dans le tiers inférieur, un pas 

de sens inverse et moitié moins 

allongé: ces vis peuvent tourner 

sur elles-mêmes sans avancer. Il 

résulte de cette disposition que les 

deux porte charbons s'éqiiiljbrent 

eux-mêmes : un léger excès de poids 

du porte-charbon supérieur tend à 

les ramener au contact. 

Les vis se terminent par deux 

têtes moletées BB : un balancier 

horizontal A porte deux barreaux 
de fer doux recourbés en arcs de 
cercle-, dont la fig. 70 montre la dis- 
position. Quand le courant passe, 
le solénoïde principal attire son fer 
doux ; deux ressorts frottent sur les 
têtes BB et provoquent la sépara- 
tion des charbons. Quand la résis- 
tance augmente, le solénoïde à lil 
fin attire à son tour son barreau : 
le balancier tourne en sens con- 
traire et les ressorts abandonnent 
les têtes BB, laissant les charbons 
se rapprocher par la pesanteur. 
Une disposition spéciale permet de supprimer com- 
plèt3ment le fer et d'employer avantageusement les 
courants alternatifs. 

Régulateur Brianne. — Le mécanisme de cette lampe 



Pig. 11. — Lampe 
de Contades (élé- 
vation). 



1 









Il 






136 



LAMPES A ARC OU RÉGULATEURS. 



est extrêmement simple. Le charbon inférieur est fixe ; 
le charbon supérieur (fig. 72) est porté par une cré- 
maillère C, qui engrène avec un petit pignon denté P, 
monté sur le même axe qu'un volant V. Ce volant 




-A 

7 






Kig. 72. — .Mécanisme du régulateur Brianne. 



engrène avec un secteur denté R, mobile autour d'un 
axe horizontal, autour duquel tourne également une 
tige portant une lame de fer doux F, en forme d'arc 
de cercle, qui peut pénétrer dans un solénoïde S, 
monté en dérivation sur les bornes de la lampe. Une 
tige à ressort, reliée au secteur denté, permet de 






LAMPES A ARC OU RÉGULATEURS. 131 

l'écarter et de libérer le porte-charbon supérieur, pour 
le remonter et l'abaisser quand on remplace les 
charbons. 

Quand la lampe n'est pas en service, la palette F 
repose sur la lête d'une vis, non figurée, qui est fixée 
dans la base de la boite du 
mécanisme et qui lui sert de 
support ; par suite la crémail- 
lère C est soulevée et les char- 
bons se trouvent écartés. Le 
courant passe donc d'abord 
Lout entier par le solénoïde S, 
qui attire la palette F; le sec- 
teur R, le volant V et le pi- 
gnon P se mettent à tourner, 
de sorte que la crémaillère G 
s'abaisse jusqu'à ce que les 
deux charbons se touchent. 
Le solénoïde, se trouvant 
alors en court circuit, cesse 
d'attirer la palette F, qui, en 
retombant, fait mouvoir les 
pièces dentées : les charbons 
s'écartent et l'arc s'allume. 

L'intensité augmente de nouveau dans le solénoïde et 
l'équilibre s'établit. La grande inertie des pièces rend 
ces mouvements lents. 

Le réglage se fait en modifiant la position relative 
du secteur et de la tige de la palette. Lorsque l'arc 
présente la longueur convenable, le secteur denté 
cesse d'engrener avec le volant ; toutes les 20 secondes 
environ, il laisse échapper une dent, ce qui correspond 
à un rapprochement de 0,1.3 millimètre. 




Fig. " : î. — Lampe Brienne. 



138 LAMPES A ARC OU RÉGULATEURS. 

Le montage de ces lampes en tension a été étudié 
par M. J. Laffargue, à l'usine des Halles; montées 
par 4 en tension sur 240 volts, à courant continu, et 
par 3 sur 105 volts, à courants alternatifs, avec une 
intensité de 14 ampères, elles ont donné de bons ré- 
sultats. D'autres essais, effectués à l'École de Physique 
et de Chimie industrielles de la ville de Paris, ont éga- 
lement réussi. 

La figure 73 montre l'aspect extérieur de la lampe 

Brianne. 

Régulateur Wilbrant. — Cette lampe, employée en 
Belgique depuis 1892, est d'une construction extrê- 
mement simple, et donne de bons résultats, bien que 
l'électro allumeur et l'éleclro régulateur soient tous 
deux en fonte ; ce dernier est cependant sensible à des 
variations d'une fraction de volt. 

Le réglage est produit par l'électro-aimant tabu- 
laire E(fig. 74), monté en dérivation, et dont le noyau 
est percé d'un trou, que traverse le porte-charbon su- 
périeur T. L'armature discoïde A est également percée 
d'un trou pour laisser passer ce porte-charbon ; mais 
elle est soulevée par le ressort B et exerce sur la tige T 
un. frottement assez considérable pour l'empêcher de 
descendre. Cette armature porte en outre une lame 
flexible I, réglée par un ressort D, et agissant comme 
l'interrupteur automatique d'une sonnerie. 

Lorsque l'intensité augmente dans la dérivation, 
l'armature A, attirée, s'abaisse et laisse descendre 
d'unepetite quantité la tige T, entraînée par son poids; 
en même temps, la dérivation se trouve coupée au 
• contact de I avec la pointe 3 et l'armature remonte 
aussitôt, sans ramener la tige T. Il se produit ainsi 
une série d'oscillations de l'armature, accompagnées 



LAMPES A ARC OU RÉGULATEURS. 139 

d'un petit bruit sec et régulier, jusqu'à ce que les 
charbons aient repris leur distance normale. Les vi- 
brations de l'armature sont limitées par le butoir B. 




Fig. H. —Mécanisme régulateur delà lampe Wilbrant. 

L'appareil fonctionne aussi bien avec 2 ampères 
qu'avec 10. 

Régulateur Surdon. — Le régulateur Bardon, ima- 
giné en 1888 (1), a subi depuis des modifications im- 
portantes. Le modèle 1891 (fig. 75) a pour organe 
essentiel un solénoïdeB, dans l'axe duquel se trouvent 
deux noyaux de fer doux, l'un fixe N, l'autre mo- 
bile N'. Lorsque le solénoïde devient actif, le noyau N', 
attiré, fait basculer, par l'intermédiaire de la tige 

(1) Voy. Dictionnaire d'Électricité, page H4. 







140 LAMPES A ARC OU RÉGULATEURS. 

N'o', le levier mn,qui tourne autour du point o et vient 
faire frein en calant un volant V. Une cordelette de 
soie, dont les extrémités sont fixées en m et n, passe 
sur la gorge d'un petit moyeu soli- 
daire du volant et soutient, à l'aide 
de galets de mouflage, les deux porte- 
charbons pp'. 

Le porte-charbon supérieur est le 
plus lourd et sert de moteur. Sollici- 
tés par son poids, les deux charbons, 
au repos, se rapprochent et restent 
en contact. Si l'on ferme le circuit, le 
noyau N' est attiré et le levier m n 
vient, en se soulevant, caler le vo- 
lant V. Ce déplacement de m n sou- 
// \ lève le charbon supérieur en p, abaisse 

le charbon inférieur en p' et produit 
l'allumage. 

Ces lampes peuvent être disposées 
de deux façons. Elles peuvent d'abord 
fonctionner seules, en dérivation sur 
un circuit spécial de 65 à 70 volts. 
L'enroulement du solénoïde se com- 
pose alors uniquement d'un gros fil 
monté en tension avec l'arc et tra- 
versé par le même courant. 

La lampe étant allumée, l'intensité 
diminue à mesure que les charbons 
s'usent ; la pression du frein devient plus faible et 
le volant glisse d'une manière continue, permettant 
aux charbons de se rapprocher sans cesse et insensi- 
blement, pour maintenir l'arc à sa grandeur normale. 
Ce montage en dérivation est celui qui se prête le 




Fig. 15. — Régu 
lateur Bardon 
modèle 1891. 



LAMPES A ARC OU RÉGULATEUR?. 



141 



s,-<0 



mieux au réglage; mais il est plus économique de 
placer un certain nombre de régulateurs, 2, 5, 10,.... 
en série. Il est à craindre alors que, les lampes les 
plus sensibles se réglant d'abord, leurs charbons se 
rapprochent jusqu'au collage, 
tandis que l'arc des autres régu- 
lateurs deviendrait de plus en 
plus grand. 

Pour éviter cet inconvénient, 
on dispose sur le solénoïde un 
second enroulement différentiel 
en fil fin, branché en dérivation 
aux bornes de l'arc et agissant 
sur les noyaux en sens inverse 
de l'enroulement principal. 

Plus l'arc d'une lampe tend à 
s'allonger, plus l'intensité croit 
dans l'enroulement différentiel, 
qui neutralise de plus en plus 
Faction du gros 'fil et facilite le 
décalage du volant. Si la lampe 
tend à coller, le fil fin ne reçoit 
qu'une faible intensité et, le gros 
fil gardant toute sa puissance, le 
volant est immobilisé. 

Le modèle 1892 (fig. 76) est 
destiné au montage en série par 
grand nombre (30, 40 ou 50 par 
exemple). Le rapprochement des charbons est la con- 
séquence d'une augmentation de voltage aux bornes; 
il s'effectue pour une différence de potentiel de 40 ou 
42 volts, suivant la valeur adoptée; on peut ainsi intro- 
duire une de ces lampes, réglée séparément, dans le 




Fi 



g, 7(j. — Régulateur 
Bardon à potentiel 

constant, mod. 189*2. 



142 LAMPES A ARC OU RÉGULATEURS. 

circuit des autres sans avoir besoin préalablement de 
les équilibrer en série. La bobine à gros fil est suppri- 
mée, de sorte que la lampe peut fonctionner à toutes 
les intensités. 

Les organes sont disposés à peu près comme dans 
le modèle précédent; mais le volant est porté par 
une boîte mobile autour du point 0, qui représente 
aussi l'axe de rotation du levier m n. La boîte à volant 
porte deux goupilles gg' servant de butées à ce levier. 
Le frein est fixe; le grand bras du levier n soutient 
le porte-charbon inférieur. 

Le solénoïde porte un seul enroulement en fil fin, 
monté en dérivation aux bornes de l'arc. Au repos, 
la boîte à volant s'abaisse, sollicitée par son poids et 
par celui du porte-charbon inférieur, qui vient s'ap- 
puyer sur elle par l'intermédiaire de la goupille g' ; le 
volant se trouve calé sur le frein et les charbons restent 
écartés. Si on ferme le circuit, le noyau mobile soulève 
l'extrémité n du levier, ce qui élève d'abord le charbon 
inférieur; puis le levier atteint la goupille g et soulève 
la boîte à volant. Le volant n'étant plus calé, les 
charbons viennent au contact. A ce moment, le courant 
passe entièrement par les charbons, et, la bobine 
n'étant plus actionnée, tout le système redescend : le 
volant vient d'abord reposer sur le frein et immobi- 
lise les charbons; puis le levier On, continuant à 
s'abaisser, produit l'allumage par le recul du charbon 
inférieur. 

Les charbons s'usant, le voltage aux bornes croît. 
L'attraction de la bobine augmente; l'extrémité n d>u 
levier se soulève et vient toucher la goupille g; le 
volant commence alors à glisser d'une manière con- 
tinue. D'ailleurs, il reste toujours un recul disponible, 



LAMPES A ARC OU RÉGULATEURS. 143 

car le levier n peut à tout instant descendre jusqu'à 
la goupille g' en abaissant le charbon inférieur. 
Régulateur E. Thomson. — La lampe Thomson, 




Fif,'. 1G bis. — Mécanisme de la lampe E. Thomson 93. 



modèleî)3, pour circuits à potentiel constant, comprend 
un mécanisme robuste, dont toutes les pièces sont fa- 
ciles à inspecter, à nettoyer et à changer. Un cadre mé- 
tallique (fig. 7(3 bis), pouvant osciller légèrement autour 



Mi 



144 



LAMPES A ABC OU RÉGULATEURS. 



de l'axe A 3 , situé en son milieu, porte deux autres axes 
A, et A 2 . Sur le premier de ces deux axes sont calés un 
pignon P, engrenant avec une lige à crémaillère C, 
parfaitement guidée, qui porte le charbon supérieur, 
et une roue dentée Recommandant un second pignon, 
fixé à l'axe A a , ainsi qu'une roue R,, munie d'une 
line denture en argent. Le cadre est également relié 
avec un noyau de fer N, qui pénètre dans un solé- 
noïde S, à gros fil ; l'action de cet organe provoque 
le mouvement d'oscillation. 

Le cadre porte encore un ressort à tension régla- 
ble r, accroché d'autre part à l'armature de fer doux a 
d'un électro-aimant à fil fin S 2 ; à cette armature est 
fixé un cliquet d'arrêt en argent c, engrenant avec la 
roue R 2 et servant d'interrupteur, car il est monté en 
circuit avec cette roue et l'électro à fil fin. 

L'une des bornes étant à la masse, le courant est 
amené au porte-charbon supérieur par un balai fixé 
au bâti en pressant contre la crémaillère. Les char- 
bons étant en contact, au moment de l'allumage, le 
Courant principal traverse le solénoïde S,, qui attire 
le noyau N et élève la partie antérieure du cadre. Ce 
mouvement détermine l'écart des charbons et la for- 
mation de l'arc. En même temps, l'autre partie du 
cadre s'abaisse, tend le ressort r et attire l'armature a, 
dont le cliquet enclenche la roue R 2 et empêche le 
mouvement de descente du charbon supérieur. 

Quand la différence de potentiel aux bornes de l'arc 
devient assez grande pour que l'action du solénoïde à 
fil fin soit prédominante, l'armature a se soulève lé- 
gèrement, laissant tourner le train de minuterie et des- 
cendre le porte-charbon; mais, la dérivation se trou- 
vant interrompue en c, l'armatureustramenéeaussitôt 





Fig. 77. — Types divers de la lampe Thomson 93. 
J. Lefèvre. — Nouv. élect. 9 



m 



I 



146 



LAMPE A ARC INCANDESCENT. 



par le ressort r et ce mouvement s'arrête. La descente 
se produit ainsi par une série de petites impulsions 
jusqu'à ce que l'équilibre soit obtenu. 

Au repos, le cadre soulève l'armature a au moyen 
d'un doigt d en laiton; le cliquet c est alors dégagé 
et l'on peut faire mouvoir à volonté le porte-charbon 
supérieur. 

Cette lampe (fig. 77) se construit en quatre types: 
lampe étalon et lampe courte pour circuits à HO volts ; 
lampe à point lumineux fixe; lampe pour circuits de 
tramways ou de transmission d'énergie. Tous les mo- 
dèles sont réglés pour 9 ampères et 43 à 45 volts; on 
emploie des charbons positifs à àme et des charbons 
négatifs pleins. 

Les lampes étalons sont munies d'une résistance 
additionnelle, disposée autour de la cheminée, et se 
montent par deux en tension sur un circuit de 110 volts; 
en faisant varier la résistance, elles peuvent suppor- 
ter un courant très différent de 9 ampères. Les lampes 
courtes et les lampes à point lumineux fixe ne portent 
pas de résistance; elles nécessitentremploi d'un rhéos- 
tat. Les lampes pour circuits de tramways se montent 
par 4 en tension sur 220 volts ou par 10 sur 500 volts; 
elles portent une résistance qui n'est mise en circuit 
par un électro-aimant qu'au moment où le circuit de 
l'arc se trouve interrompu ; un rhéostat auxiliaire per- 
met d'ajuster l'intensité exactement à 9 ampères. 

Lampe à arc incandescent. — M. L.-B. Marks a 
présenté au Congrès de Chicago une lampe à arc qu'il 
désigne improprement sous le nom de lampe à arc in- 
candescent, dans laquelle les charbons sont enfermés 
dans une enveloppe hermétique en verre réfractaire. 
A la partie supérieure se trouve seulement une petite 



LAMPE A ARC INCANDESCENT A HAUT POTENTIEL. 147 

soupape, qui laisse échapper une partie de l'air inté- 
rieur, lorsque sa pression devient trop forte par suite 
de l'élévation de température, mais ne laisse jamais 
rentrer l'air extérieur. Les charbons sont maintenus 
par des garnitures métalliques, isolées du verre par 
des bouchons d'amiante. 

Dans ces conditions, la chaleur, qui est ordinaire- 
ment dissipée dans l'air, échauffe les gaz intérieurs : 
l'arc est à peine visible, mais tout le contenu de l'en- 
veloppe parait lumineux. L'usure des charbons est no- 
tablement diminuée; l'arc est plus long que dans les 
lampes ordinaires, pour la même différence de poten- 
tiel, et il ne présente pas la flamme qu'on observe tou- 
jours dans les lampes avec les arcs de grande lon- 
gueur. Avec les courants alternatifs, le ronflement est 
moins accentué, ce qui peut s'expliquer en partie par 
la présence du récipient hermétique. Il convient 
d'ajouter que la dépense d'énergie est plus grande 
qu'avec les lampes à arc nu : elle s'élève à 1,17 watt 
par bougie au lieu de 0,84. 

Lampe à arc incandescent à haut potentiel. — 
MM. Marks et Itansom ont donné ce nom compliqué 
à un foyer dont les charbons sont enfermés dans un 
très petit globe rempli d'oxyde de carbone, ce qui 
permet de réduire l'intensité du courant et d'augmen- 
ter la différence de potentiel ; ainsi, au lieu de 9 am- 
pères et 50 volts, on peut employer 100 volts et 4,8 
ampères, ce qui serait impossible à l'air libre. Un 
dispositif spécial permet de régler la pression du gaz 
intérieur. L'arc est très fixe; il a 12 mm ,îi de longueur 
et n'offre pas la couleur des arcs longs à l'air libre. 

Ce système offre divers avantages. D'abord il devient 
inutile de monter les arcs par deux en série. Les char- 



■ 

: 






148 



LAMPE BERNSTEIN. 



bons s'usent très lentement, de sorte que la différence 
de potentiel n'augmente que de quelques volts par 
heure. En outre, la perte d'énergie est beaucoup plus 

faible. La dépense du 
charbon est notablement 
diminuée; la division 
des foyers peut être aug- 
mentée; les étincelles 
sont supprimées et l'ab- 
sence de cendres et de 
suie rend l'appareil très 
propre. 

Lampe Bernstein. — 
Nous avons décrit cette 





Fig. 78. —Lampe Bernstein de 10 ampères et son support. 

lampe, peu employée en France, mais très répandue en 
Amérique (1). Elle est destinée aux installations à in- 
tensité constante, et présente par suite une faible ré- 
sistance. Elle doit donc être montée en tension et per- 
met alors d'obtenir une meilleure division del'éclairage 



(1) Voy. Dictionnaire d'Électricité, p. 437 



DÉRIVEUR-RÉALLUMEUR. 149 

que les lampes à arc de faible puissance lumineuse. 

Le modèle actuel (flg. 78) se compose d'un filament 
gros et court, replié en D et fixé à deux tiges qui 
servent à assujettir la lampe sur sa douille. Celle-ci 
porte une clef qui oblige à mettre la lampe en court 
circuit avant de la retirer, ainsi qu'un ferme-circuit 
automatique, qui assure la continuité du circuit 
lorsque le filament vient à se briser. Cet appareil se 
compose de deux ressorts, séparés par une substance 
médiocrement isolante et placés en dérivation sur la 
lampe. Quand le filament casse, cette matière est tra- 
versée par le courant entier, qui l'échauffé et la ra- 
mollit assez pour permettre aux deux ressorts de venir 
en contact. La douille et la clef sont en matière iso- 
lante, afin d'éviter les accidents dus au potentiel élevé 
du courant. 

La lampe Bernstein peut servir à l'éclairage des rues 
comme à celui des édifices. Dans le premier cas, la 
douille se trouve enfermée dans une boite formée 
par le réflecteur et l'abat-jour, ce qui la met à l'abri 
de la poussière et de l'humidité ; on peut cependant 
changer la lampe facilement, même pendant la 
marche. 

Lampe Waring. — M. John Waring a imaginé de 
placer le filament des lampes à incandescence dans 
une atmosphère de vapeur de brome, qui parait dimi- 
nuer l'usure du filament et le noircissement de l'am- 
poule, sans cependant augmenter le rendement lumi- 
neux. Ces résultats sont d'ailleurs encore contestés. 

Dériveur-réallumeur. — Cet appareil, construit 
par M. Bardon, se place en dérivation aux bornes de 
lampes montées en série et sert à remplacer automa- 
tiquement le régulateur par une résistance équivalente 



I 



150 GLOBE DIFFUSEUR TRANSPARENT. 

à celle de l'arc, lorsque le courant se trouve rompu à 
l'intérieur de la lampe. 11 se compose d'un solénoïde 
enroulé en fil fin et placé en dérivation sur les bornes 
du régulateur. Quand le voltage augmente d'une 
façon anormale, ce solénoïde attire un levier dont 
l'extrémité vient toucher une butée fixe : les con- 
nexions sont telles que la lampe se trouve alors 
remplacée par le rhéostat. Si le régulateur se retrouve 
ensuite à son état normal, les charbons revenant au 
contact, le solénoïde n'a plus d'action ; le levier, solli- 
cité par un ressort antagoniste, quitte le contact, et la 
lampe est réallumée. 

Globe diffuseur transparent. — Sous ce nom, 
M. Frédureau a présenté à l'Académie des sciences 
des globes destinés à éviter les inconvénients de l'arc 
électrique. Cet arc, en effet, « éblouit les yeux et 
donne des oppositions violentes d'ombre et de lu- 
mière. Les points de l'espace situés au-dessous du 
foyer, c'est-à-dire précisément là où il y a besoin de 
lumière, sont obscurcis par les ombres des supports, 
des cendriers et des charbons eux-mêmes. » Ces globes 
se composent d'enveloppes en verre ou en cristal trans- 
parent, munies à l'extérieur d'anneaux prismatiques 
horizontaux, dont la forme est calculée pour produire : 

« 1° La concentration de la lumière vers la zone de 
l'espace située au-dessous du foyer, par la réllexion 
des rayons du foyer intérieur sur la face supérieure 
transparente des anneaux ; 

« 2° La diffusion, par les réflexions et réfractions 
diverses produites par l'action réciproque des anneaux 
les uns sur les autres. 

« Ces anneaux sont établis notamment d'après les 
deux systèmes suivants : 



GLOBE DIFFUSEUR TRANSPARENT. 



loi 



« 1° Faces supérieures en paraboloïde de révolution, 
les paraboloïdes successifs ayant un même foyer, qui 
est le centre du globe. Faces inférieures planes, per- 
pendiculaires à l'axe. Les rayons sont réfléchis par 
la face supérieure sur la face inférieure et sortent sans 
dispersion. 

« 2° Faces supérieures coniques, formant, avec les 




*cF. 



Pie. "9. — Globe Krédurcau. 



rayons issus du foyer, un angle au moins égal à 
l'angle limite. Les faces inférieures devraient, pour 
éviter toute dispersion, être taillées suivant des por- 
tions de tore; mais il suffit, dans la pratique, de les 
tailler suivant des surfaces coniques ayant le foyer 
lumineux comme sommet. » 

Ces globes (fig. 79) transforment la lumière en un 
large faisceau, supportable à la vue, et évitent l'oppo- 
sition excessive des ombres ; ils rendent la lumière 



i52 



BOBINE A RÉACTION. 



de l'arc non seulement supportable, mais agréable 
dans les appartements. Des enveloppes analogues 
peuvent être appliquées aux lampes à incandescence. 
Bobine à réaction. — Cet appareil, employé parla 
Compagnie Thomson-Houston, se compose d'un noyau 




Via. su. 



Bobine à réaction Tli. Houston. 



en fer laminé (fig. 80), ayant la forme d'un anneau et 
recouvert de fil isolé sur le tiers environ de sa circon- 
férence. Ce fil aboutit à des bornes placées sur le socle 
et doit être placé en série sur le circuit. Concentrique- 
ment à l'anneau est placé un tambour en fer laminé, 
auquel est fixé un chapeau en cuivre de large section, 
formant une bobine fermée qui entoure l'anneau à 
une très petite distance. Lorsque le chapeau recouvre 
l'enroulement, il établit une communication directe 
entre les deux bornes et la bobine se trouve mise en 



BOBINE A RÉACTION. 1S3 

court-circuit. A mesure qu'on éloigne le chapeau, la 
self-induction et la force contre-électromotrice aug- 
mentent dans de notables proportions. On peut ainsi 
diminuer l'intensité lumineuse des lampes placées sur 
le circuit et les amener jusqu'au rouge sombre. 

La bobine à réaction est ainsi employée dans les 
théâtres pour graduer l'éclairage ; elle s'applique aussi 
à l'éclairage des rues par courants alternatifs. 

Si l'on veut éclairer un lieu situé près d'une station 
centrale avec la même machine qui sert à éclairer 
une ville située beaucoup plus loin, il n'est pas tou- 
jours possible de calculer les fils de manière que le 
potentiel, aux centres de distribution, soit réglé par 
la dynamo suivant la charge. L'emploi d'une bobine 
à réaction, en série avec le circuit le plus court, per- 
met de réduire la force électromotriee et de maintenir 
les lampes à leur potentiel normal, tandis que celai 
de la machine s'élève pour compenser les pertes sur 
le circuit le plus long. 









CHAPITRE VII 



ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE 







Éclairage de l'Olympia : de l' Auditorium, à Chicago ; de 
Clerniont-Ferrand : d'Anvers ; des trains de chemins de fer. — 
Éclairage intermittent de tramways. — Éclairage des rues par 
l'incandescence. — Éclairage électrique et chauffage à vapeur 
combinés. 

Éclairage de l'Olympia. — La magnifique salle de 
spectacle, connue sous le nom d'Olympia et construite 
sur l'emplacement occupé autrefois par les Montagnes 
Russes, est pourvue d'une station électrique remar- 
quable à tous les points de vue. 

Cette installation comprend trois générateurs à va- 
peur, système Babcok et Wilcox et trois dynamos à 
vapeur de 13a chevaux chacune. Chaque ensemble de 
dynamo à vapeur comporte une dynamo Rechniewski 
à huit pôles, de 80 kilowatts, et un moteur à vapeur 
Willans à simple effet et à distribution centrale, auquel 
elle est accouplée directement. 

Cette usine alimente actuellement 1750 lampes à in- 
candescence de 10 bougies, 14 lampes à arc de 8 am- 
pères et o moteurs électriques d'une puissance totale 
d'environ 8 chevaux. La figure 81 montre un candélabre 
garni de lampes à incandescence. 

La salle des machines est placée derrière la scène 







Fiff. 81. — Candélabre électrique de l'Olympia. 



156 ÉCLAIRAGE DE L'AUDITORIUM, A CHICAGO. 

et est divisée en deux parties séparées par une cloison. 
La partie postérieure est réservée à la chaufferie et 
n'est pas accessible au public; au contraire, la salle 
des machines est d'un accès facile pour les spectateurs, 
grâce à une galerie vitrée placée derrière la scène. 
Cette galerie forme le prolongement du promenoir 
qui règne autour de la salle, constituant ainsi un 
espace continu bien plus commode pour la circulation 
que les promenoirs en fer achevai. 

Éclairage de l'Auditorium, à Chicago. — On sait 
que l'esprit pratique des Américains ne recule devant 
aucune nouveauté. C'est ainsi qu'une importante com- 
pagnie financière n'a pas craint d'associer ensemble 
les deux établissements qui présentent le plus de 
dangers d'incendie, un théâtre et un hôtel. Cet édifice 
à double destination a été commencé en 1883 et termi- 
né en 1888, après trente-cinq mois de construction, les 
travaux ayant été poussés avec toute l'activité possible; 
il constituait encore en 1893 une des principales attra- 
pons de Chicago. 

C'est un immense bloc de maçonnerie, qui occupe 
une longueur de 120 mètres et présente en outre deux 
façades de 00 mètres sur deux avenues latérales. En 
réunissant ainsi dans un immeuble deux établissements 
dont la juxtaposition serait considérée en Europe 
comme extrêmementdangereuseJacompagniedel'Aw- 
ditorium a pris toutes les précautions imaginables. On 
est du reste habitué à Chicago, où l'on construit des 
maisons à 22 étages, à proscrire soigneusement les ma- 
tériaux inflammables. La suppression absolue du gaz 
et l'emploi de l'électricité, combinés avec une excellente 
installation hydraulique, achèvent de garantir une 
parfaite sécurité. 



ECLAIRAGE DE L'AUDITORIUM, A CHICAGO. 



157 



L'électricité ayant été adoptée dès l'origine, les ar- 
chitectes ont pu disposer les foyers de la manière la 
plus avantageuse pour la décoration, et l'on n'a pas 
eu à s'inquiéter, pour les peintures, de l'influence des 
émanations que donne le gaz d'éclairage; c'est un 
avantage précieux qui ne s'est guère encore rencontré 
dans les théâtres d'Europe, construits, pour la plupart, 
avant l'adoption de l'éclairage électrique. 

LecourantestproduitparlOdynamosde 1000 lampes 
chacune, commandées par 10 moteurs qu'alimentent 
un nombre égal de chaudières. L'usine, qui contient, 
en outre, une machine de secours, est installée dans 
des sous-sols spacieux disposés spécialement pour cet 
usage. Le parcours des conducteurs a été étudié 
d'avance avec soin, de manière à éviter tout contact 
avec des matières susceptibles de s'enflammer. 

Le nombre total des lampes est de 10000, dont 3500 
pour la salle de théâtre et 1500 pour la scène. Le ta- 
bleau de distribution, dirigé par le chef des jeux de 
lumière, comporte donc 5000 lampes, dont on peut 
faire varier l'éclat à l'aide de rhéostats; pour les 
450 foyers de la rampe et les 150 lampes de chacun des 
six portants, ils sont munis d'écrans en verres co- 
lorés donnant les teintes rouges, vertes ou blafardes. 

Le foyer des musiciens, situé derrière l'orchestre, et 
les trente vestiaires des figurants sont également 
éclairés à l'électricité, mais les lampes destinées à cet 
usage sont indépendantes du tableau de distribution 
du théâtre. 

Pour tout l'édifice, qui comporte dix étages et 
occupe une superficie de 0000 mètres carrés sans au- 
cune cour intérieure, les câbles et les fils électriques 
ont un développement total de 40 kilomètres. 






158 ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DE CLERMONT-FERRAND. 

Éclairage électrique de Clermont-Ferrand. — Cette 
ville, qui a possédé la première en France des tram- 
ways électriques, est dotée également d'une station 
centrale d'éclairage inaugurée le 24 juillet 1892, et qui 
dessert également la ville de Royat, située à 5 kilo- 
mètres. Cette station est située à l'usine à gaz, dans 
la partie basse de la ville, ce qui a permis d'utiliser 
l'eau des gazomètres pour la condensation ; elle com- 
prend 3 groupes de S0 000 watts chacun. On a réservé 
la possibilité d'ajouter deux nouvelles chaudières. 

Les chaudières sont cylindriques, à foyer intérieur 
et faisceau tubulaire dans le prolongement; chacune 
à 100 m 2 de surface de chauffe et pourrait, en marche 
forcée, alimenter deux moteurs. Ces chaudières pos- 
sèdent deux injecteurs et deux pompes alimentaires, 
qui puisent l'eau sous pression, venant d'un réchauffeur 
placé dans les traînasses des fours à gaz. Cette eau 
arrive à 80°, ce qui donne une économie notable sur 
le combustible. Le réchauffeur doit être arrêté une 
grande partie de la journée pour éviter une surpro- 
duction de vapeur. Chaque chaudière communique 
avec la machine correspondante par un tuyautage in- 
dépendant ; mais un collecteur muni de soupapes d'iso- 
lement permet de réaliser tous les couplages néces- 
saires. La grande quantité de vapeur produite rend 
la conduite des chaudières très facile. 

Les moteurs sont horizontaux, du système Corliss, 
à enveloppe de vapeur ; ils actionnent les dynamos 
par courroies. 

Le condenseur est placé à l'arrière du cylindre et 
commandé directement par la tige du piston. Les cla- 
pets, du système Corliss, sont entièrement métalliques. 
Un purgeur automatique enlève sans cesse l'eau de 



ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DE CLERMONT-FERRAND. 150 

condensation qui s'accumule dans l'enveloppe du cy- 
lindre. 

L'eau d'alimentation des condenseurs est puisée au 
fond des cloches à gaz et déversée à la partie supé- 
rieure ; à cause de sa grande masse, 5000 m. envi- 



Il 




Fig. si. — Tableau de distribution de Ctermont-Ferrand. 

ron, elle ne s'échauffe pas sensiblement en plusieurs 
heures. 

Les machines peuvent aussi fonctionner avec échap- 
pement à l'air libre. 

Les dynamos, du système Zipernowsky, Déri et Bla- 
thy, sont à courants alternatifs ; elles actionnent des 
excitatrices à courant continu; elles font 500 tours et 
les excitatrices 900. Leur puissance nominale est de 
50 kilowatts, mais peut être poussée sans inconvé- 
nient jusqu'à (10. Les excitatrices donnent 30 ampères 
et 110 volts; une seule peut suffire à la rigueur pour 
deux dynamos. 

Les dynamos sont montées sur glissières, pour faci- 
liter le réglage des courroies; elles peuvent se coupler 
facilement en quantité. 






MÊÊÊTa 



160 ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DE CLERMONT-FERRAND. 

La distribution se fait au potentiel de 2000 volts : 
les communications s'établissent par l'intermédiaire 
du tableau de distribution, placé près des machines 
(fig. 82). Ce tableau est divisé en deux parties : le pan- 
neau de gauche se rapporte aux excitatrices et con- 
tient les appareils qu'on trouve ordinairement dans les 
installations à courant continu : il donne naissance 
à deux conducteurs qui se rendent aux inducteurs des 
alternateurs en traversant des rhéostats et des commu- 
tateurs doubles placés au bas du panneau principal ; 
la partie supérieure de celui-ci renferme les commu- 
tateurs bipolaires, les ampèremètres et les fils de con- 
nexion des dynamos avec la ligne et avec le rhéostat 
de mise en charge. Chaque alternateur a du reste deux 
commutateurs principaux, l'un pour ce rhéostat, 
l'autre pour la ligne, ce qui facilite les manœuvres. 

La ligne part du côté gauche du panneau principal, 
par l'intermédiaire d'un commutateur double et de 
deux parafoudres à peignes. Un ampèremètre totali- 
sateur indique le débit et vérifie les indications des 
ampèremètres individuels. Le rhéostat de mise en 
charge se trouve à droite du panneau principal ; il est 
en ferro-nickelet formé d'éléments facilement démon- 
tables. Le tableau comprend encore un indicateur de 
phases et un égalisateur de potentiel, qui agit toutes 
les fois que la perte de tension dans la ligne dépasse 
2 0/0. Toutes les communications de ce tableau sont 
apparentes et les câbles des divers circuits sont peints 
de couleurs différentes. 

La ligne primaire est aérienne ; elle repose sur le 
faîtage des maisons et en dehors de la ville sur des 
poteaux. Les transformateurs placés chez les abonnés 
ont une puissance de 1000 à 10 000 watts. Leur faible 



ÉCLAIRAGE ELECTRIQUE D'ANVERS. 161 

dépense à vide permet de les laisser constamment en 
circuit ; on peutcependant les séparerpour les mesures 
d'isolement. 

Éclairage électrique d'Anvers. — L'éclairage de la 
ville d'Anvers a été modifié ; il est assuré actuellement, 
depuis l'année 1892, par une installation très originale, 
due à Van Rysselberghe, et qui emprunte la force mo- 
trice à une canalisation d'eau sous pression. D'après 
Van Rysselberghe, « la production industrielle de 
l'électricité est basée sur une transformation de l'éner- 
gie mécanique, mais cela exige du travail moteur, car 
il y a équivalence entre l'énergie électrique produite, 
d'une part, et l'énergie mécanique absorbée, d'autre 
part. 

« Un cheval-vapeur peut allumer 12 lampes à in- 
candescence de Kl bougies; et comme on obtient ai- 
sément, dans une bonne machine, un cheval-heure 
p;ir la combustion de 1 kilogramme de charbon, il 
s'ensuit que le prix de fabrication, de l'électricité pour 
une lampe de 16 bougies ne dépasse guère 1/8 de cen- 
time par heure, tandis qu'un bec de gaz consomme 
dans le même temps pour o centimes de gaz, au prix 
de 20 centimes le mètre cube, ce qui ferait 50 fois le 
prix de revient de l'électricité. Pourquoi donc les Com- 
pagnies électriques ne parviennent-elles pas à livrer 
aux consommateurs l'électricité à moins de 3 centimes 
par lampe et par heure? Précisément parce qu'il faut 
la livrer, parce que le transport en est très onéreux, 
exigeant soitdescàblesd'un coût énorme, soitdes mé- 
thodes de transformation compliquées, dangereuses 
et peu pratiques. » 

Quelle que soit la valeur réelle de ces assertions, 
Van Rysselberghe a cru pouvoir en conclure qu'il faut 



' 






162 ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE D'ANVERS. 

éviter de transporter l'électricité et autant que pos- 
sible la consommer sur place; il faut donc, pour la 
distribuer dans une grande ville, multiplier les points 
de production, créer un- certain nombre d'usines se- 
condaires ne desservant chacune qu'une surface res- 
treinte. Pour cela, il faut évidemment posséder une 
distribution d'énergie économique, qui puisse action- 
ner les dynamos tout en convenant aux besoins géné- 
raux de l'industrie. 

La Compagnie anversoise a demandé l'énergie néces- 
saire à l'hydraulique. Les usines primaires, de 300 che- 
vaux, actionnent chacune 5 générateurs hydro-élec- 
triques de .">0 kilowatts. Chaque machine hydraulique 
peut fouler par seconde 75 litres d'eau à 52,5 atmos- 
phères. La canalisation hydraulique se compose de 
tuyaux en acier pouvant supporter 300 atmosphères, 
qui présentent une grande élasticité et ne produisent 
pas, comme la fonte, desaffouillements dans le sol. 

L'eau arrive ainsi, à une pression de 45 atmosphères 
environ, dans les stations secondaires, qui com- 
prennent uniquement une turbine Van Rysselberghe 
reliée directement avec une dynamo. La turbine se 
compose d'une sorte de plateau de 80 cm. de diamètre, 
percé d'un grand nombre de petits alvéoles, sem- 
blables aux augets d'une roue Pelton; au sortir de la 
turbine, dont le rendement serait de 70 à 72 0/0, l'eau 
s'écoule directement à l'égout. Un mètre cube d'eau à 
50 atmosphères pourrait, dit-on, donner 800 watt- 
heures. 

Outre la turbine et la dynamo, chaque station se- 
condaire contient encore un tableau de distribution, 
qui est très peu chargé, toute la distribution se faisant 
en simple dérivation avec deux conducteurs. Ce ta- 



ÉCLAIRAGE DES TRAINS DES CHEMINS DE FER. 16ï 

bleau contient seulement une horloge, un mano- 
mètre hydraulique timbré à GO atmosphères, 10 am- 
pèremètres Richard et 2 voltmètres Hummel. 

La canalisation électrique est souterraine : elle est 
formée de gros câbles en fer placés dans une tranchée 
et soutenus par des isolateurs. 

Éclairage des trains des chemins de fer. — Cette 
question fait peu de progrès. Néanmoins quelques 
tentatives ont eu lieu en France dans ces dernières 
années. 

La Compagnie du Nord emploie les accumulateurs 
de la Société pour le travail électrique des métaux. 
Ces accumulateurs, au nombre de 10, sont disposés 
par 2 dans de petites boîtes et placés dans des coffres 
suspendus aux longerons des véhicules et accessibles 
du côté des marchepieds; une petite boîte renferme 
un commutateur. Deux des 16 éléments servent de 
réserve. Les lampes, de 28 à 30 volts, sont de 10 bou- 
gies pour la première classe, de 8 pour la seconde, de 
6 pour la troisième ; elles consomment environ 3 watts 
par bougie. La batterie chargée peut alimenter les 
4 lampes pendant 30 heures. Tous frais compris, cet 
éclairage revient à 2,89 centimes par lampe-heure de 
30 watts, tandis que la lampe à huile de 7 bougies 
coûte 3,8 centimes par heure. 

La Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée a mis en 
service 100 voitures de première classe à 4 comparti- 
ments, éclairées par des batteries de 12 accumulateurs 
multitubulaires Tommasi. Ces batteries sont placées 
dans des caisses mobiles interchangeables, contenant 
chacune 3 éléments, placés dans des compartiments 
distincts. 

Chaque caisse se loge dans un coffre de tôle garni 



i64 ÉCLAIRAGE DES TRAINS DES CHEMINS DE FER. 

de bois à l'intérieur; ces coffres sont fixés deux par 
deux, de chaque côté de la voiture, contre la partie 
extérieure du brancard du châssis ; ils sont munis 
d'une porte, à charnière horizontale, qui se rabat pour 
permettre l'introduction de la caisse contenant les 
3 accumulateurs. 

Chaque coffre porte, sur la face interne des parois 
latérales, des ressorts en laiton plombé qui communi- 
quent avec les lampes : deux pièces métalliques, en 
alliage de plomb et d'antimoine, reliées aux pôles 
du groupe de 3 éléments, viennent buter contre ces 
ressorts et mettent automatiquement le groupe en 
circuit. 

Des tubes de fer, contenant les fils de communica- 
tion, partent des ressorts de contact des coffres, 
passent contre les châssis et sous la caisse, se réunis- 
sent à l'un des bouts de la voiture pour traverser le 
commutateur d'allumage, le compteur horaire et le 
rhéostat, et arrivent sur le toit, qui porte les boîtes de 
dérivation, d'où partent les circuits dérivés alimentant 
les lanternes de chaque compartiment. 

Chaque lanterne renferme 2 lampes à incandescence 
de 20 volts et de 10 bougies, dont l'une sert de réserve 
et s'allume automatiquement lorsque le filament de 
l'autre vient à se rompre. Ces lampes sont montées 
en dérivation sur le circuit principal; les lanternes 
sont disposées de telle sorte que, si l'installation élec- 
trique cessait de bien fonctionner, on pût facilement, 
et sans aucun démontage, se servir de l'éclairage à 
l'huile. Pour cela, la partie de la lanterne qui porte 
les lampes à incandescence est mobile et reçoit le 
courant d'un levier à 2 conducteurs, rabattu norma- 
lement sous le chapiteau de la lanterne. En cas d'avarie 



ÉCLAIRAGE DES TRAINS DES CHEMINS DE FER. 165 

aux appareils électriques, on relève le levier, on enlève 
le porte-lampes électrique et on le remplace par une 
lampe à huile. 

La batterie d'accumulateurs peut alimenter l'éclai- 
rage pendant 3o heures : un compteur horaire, placé 
au même endroit que le manomètre dans les voitures 
éclairées au gaz d'huile, indique pendant combien 
d'heures elle peut encore fonctionner : il se compose 
d'une horloge qui ne marche que pendant le passage 
du courant; le cadran porte 33 divisions, et l'aiguille 
se meut de la division 33 à la division 0. 

Un rhéostat sert à compenser, pendant la première 
partie de la décharge, l'excès de voltage de la batterie 
sur celui qui est nécessaire au fonctionnement nor- 
mal des lampes; on le met hors circuit lorsque le 
compteur horaire marque à peu près 17. Un commu- 
tateur d'allumage est placé au même endroit que le 
robinet principal dans les voilures éclairées au gaz 
d'huile. 

Voici, d'après la Revue Générale des Chemins de fer, 
les principales données de cette installation : 

Poids d'une boite mobile contenant un 

groupe de 3 éléments 57 kilogr, 

Poids total des 4 boites mobiles 228 — 

— îles électrodes seules 150 — 

— du reste de l'installation (coffres 
des batteries, conducteurs, commuta- 
teurs, rhéostat, compteur horaire, lan- 
ternes) 270 — 

Poids total 498 kilogr. 

Nombre d'éléments d'accumulateurs 12 

Capacité totale de la batterie en watthenres. 5000 

N'ombre d'heures d'éclairage en admettant 
pour chaque lampe une consommation 

de 38 watts 36 heures. 



KM 



(66 ÉCLAIRAGE DES RUES PAR L'INCANDESCENCE. 

Éclairage intermittent de tramways. — Il existe à 
Chicago un tramway funiculaire, qui traverse un tunnel 
pratiqué sous la rivière et brillamment éclairé par des 
lampes à arc. Malgré cet éclairage, les voyageurs se 
trouvent plongés dans une obscurité relative, pendant 
la traversée du tunnel, à cause du plafond du véhicule. 
La Compagnie qui exploite cette ligne a employé un 
moyen ingénieux pour remédier à cet inconvénient. 
Des fils sont tendus au-dessus des deux voies, dans 
toute la longueur du tunnel, comme pour un tramway 
électrique à trolley. Sur le toit de chaque voiture se 
trouve un support muni d'une roulette pour prendre 
le courant. Ce support est maintenu habituellement 
dans une position horizontale : à l'entrée du tunnel 
au contraire, il est déclenché automatiquement et 
prend la position verticale, qu'il conserve jusqu'à la 
sortie; pendant ce temps, le courant est transmis par 
le trolley aux quatre lampes disposées à l'intérieur 
du véhicule. Le retour se fait par le grip du funiculaire. 
Grâce à ce dispositif, les voyageurs occupés ne sont 
pas condamnés à perdre leur temps et peuvent con- 
tinuer sans interruption la lecture commencée . 

Éclairage des rues par l'incandescence. — Les 
lampes incandescentes sont peu employées pour 
l'éclairage des rues; elles ont cependant plusieurs 
avantages. Elles donnent une lumière constante, ne 
sont influencées ni par le vent, ni par la tempête ; 
elles peuvent s'allumer simultanément et il est facile 
de les éteindre et de les rallumer plusieurs fois dans 
le courant d'une nuit, par exemple si le ciel se couvre 
et se découvre par intervalles; enfin, elles conviennent 
aux rues étroites et tortueuses mieux que les lampes 
à arc, qui laissent trop de parties dans l'ombre. 




Fig. 83. — Poteau pour l'éclairage des rues. 



WÊÊM 



168 ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE. 

La Compagnie Thomson-Houston emploie, pour 
l'éclairage des rues par l'incandescence, les alterna- 
teurs à champ magnétique composé décrits plus 
loin. 

Les lampes sont disposées en série sur des circuits 
généralement de 1000 volts et de 3,5 ou de 5,5 ampères. 
Les conducteurs principaux qui fournissent le courant 
à ces lampes peuvent servir aussi pour la distribution 
générale de l'éclairage au moyen des transformateurs. 
Ces appareils sont placés sur des branches séparées 
et réunis aux conduits principaux. 

Les lampes ont des intensités lumineuses comprises 
entre 20 et 50 bougies; les plus employées sont celles 
de 25 bougies. Elles sont montées sur des douilles 
renfermant un dispositif qui ferme le circuit automa- 
tiquement, soit lorsqu'on retire la lampe, soit lorsque 
le filament se brise. 

Ces lampes peuvent être supportées par divers sys- 
tèmes ; la figure 83 montre un poteau formé d'un tube 
très mince, renforcé par des haubans métalliques. 

Le système Thomson-Houston est appliqué à Saint- 
Brieuc, Bilbao, Avilès, Saint-Pétersbourg, Odessa, 
Moscou, Helsingfors, Stockholm, etc. 

Éclairage électrique et chauffage à vapeur com- 
binés. — Dans une bonne machine à vapeur, une 
grande partie de la chaleur fournie par la chaudière 
se retrouve dans la vapeur d'échappement et se perd 
dans l'atmosphère ou dans le condenseur. On peut 
éviter cette déperdition en combinant l'éclairage élec- 
trique et le chauffage à vapeur : la vapeur d'échap- 
pement de la machine qui actionne la dynamo est 
employée pour le chauffage: c'est ce qui a lieu dans 
le svstème Grouvelle. 



ET CHAUFFAGE A VAPEUR COMBINÉS. 



169 



Les moteurs destinés à cet usage doivent présenter 
certaines dispositions spéciales, caria vapeur d'échap- 
pement destinée au chauffage doit être complètement 
dépourvue d'huile, qui encrasserait les conduites de 
distribution et empêcherait d'employer la vapeur à 
chauffer par barbotage des bains de teinture ou d'autres 
liquides ; en outre, il convient d'alimenter les généra- 
teurs avec les eaux de condensation, qui sont chaudes 
et exemptes de matières incrustantes, et l'addition 
de matières grasses pourrait déterminer des explo- 
sions. 

Entin, comme les machines n'utilisent qu'une diffé- 
rence de pression, il peut être utile de les alimenter 
avec de la vapeur à très haute pression et par suite à 
une température dangereuse pour les huiles de grais- 
sage. De plus la vapeur d'échappement, employée au 
chauffage, doit présenter une pression variable sui- 
vant les cas, mais toujours sensiblement supérieure à 
la pression atmosphérique. 

Les machines du système Grouvelle-Douane, Jobin 
et C ic sont combinées pour cette application. Tous les 
organes en contact avec la vapeur sont équilibrés 
sans frottement sensible; l'étanchéité des pistons et 
des tiroirs est due aune série de rainures qui retardent 
la fuite et à un certain nombre de dispositions parti- 
culières. 

Il peut arriver, suivant l'heure et la saison, que 
l'éclairage exige une quantité de vapeur inférieure, 
supérieure ou égale à celle que nécessite le chauffage ; 
le premier cas est d'ailleurs le plus général. Pour sa- 
tisfaire à ces conditions diverses, le tuyau d'échappe- 
ment du moteur A (fig. 84), qui actionne la dynamo 
D, se rend d'abord à un récipient égalisa leur de pres- 
.1. Lefévre. — Nouv. électr. 10 






170 ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE 

sion B, et de là à la canalisation GH. Le récipient B 
communique en outre avec le générateur C par un 
tuyau spécial muni d'une soupape régulatrice de pres- 
sion E, et peut être mis en rapport avec l'atmosphère 




«sH'r 



Fig. 84. — Éclairage électrique et chauffage à vapeur combines, 
système Grouvelle. 



par la soupape de décharge F. Si le chauffage exige 
de la vapeur à la pression p, on règle la soupape E 
pour qu'elle laisse arriver la vapeur dans le récipient 
seulement jusqu'à une pression un peu inférieure àp, 
et la soupape F pour qu'elle la laisse sortir à partir 
d'une pression un peu plus grande que cette limite. 
On comprend facilement comment cette disposition 
règle les écarts de la machine et ramène toujours à 



ET CHAUFFAGE A VAPEUR COMBINÉS. 



.71 



la pression voulue la vapeur destinée au chauffage. 

On voit en G la prise de vapeur destinée au chauf- 
fage des locaux, en H une prise utilisée pour le chauf- 
fage d'un bain liquide N par barbotage, en I et .1 des 
lampes à arc et à incandescence ; K représente les 
surfaces de chauffe, L le récipient des retours et M la 
pompe alimentaire. 

Ce système ne peut pas s'appliquer uniformément 
dans tous les cas. Ainsi, lorsque le chauffage est beau- 
coup moins important que l'éclairage, il est bon d'em- 
ployer la machine, pendant la journée, à charger des 
accumulateurs qu'on emploie le soir pour l'éclai- 
rage. 

Lorsque l'éclairage présente la même importance 
pendant toute l'année, il est préférable de le produire, 
pendant l'été, au moyen d'une seconde machine à 
condensation, et de réserver la machine sans graissage 
pour le service d'hiver. 

Les usines qui emploient la vapeur pour le chauffage 
pendant toute l'année peuvent se servir de la machine 
pendant le jour pour actionner les outils de l'atelier. 

Ce système mixte a été installé notamment à la 
Caisse des dépôts et consignations, à Paris, et au lycée 
d'Aurillae. 

La première de ces installations, qui fonctionne 
depuis longtemps pour le chauffage, comprend .'i gé- 
nérateurs Field, timbrés à . v > kg. et donnant chacun 
300 kg. de vapeur par heure. Le chauffage fonctionne 
à une pression comprise entre 0,.*i et 1,5 kg. En 189:2, on 
a ajouté pour l'éclairage une machine de 20 chevaux, 
actionnant une dynamo Rechniewski, qui charge pen- 
dant le jour une batterie d'accumulateurs de la So- 
ciété pour le travail électrique des métaux. Pendant 






172 ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE ET CHAUFFAGE A VAPEUR. 

les heures de fort éclairage, la machine travaille avec 
les accumulateurs. 

Le lycée d'Aurillac possède deux machines sans 
graissage, l'une, de 20 chevaux, pour l'éclairage di- 
rect, l'autre, de 6 chevaux, pour la charge des accu- 
mulateurs. La vapeur est fournie par deux générateurs 
Collet, produisant 500 et 300 kilogrammes de vapeur 
par heure. La pression est de 15 kilogrammes à l'ad- 
mission et de 4 à l'échappement. Pendant l'été, la se- 
conde machine travaille seule un jour sur deux, pour 
charger les accumulateurs. Il y a deux dynamos ser- 
vant l'une pour l'éclairage direct, l'autre pour la 
charge des accumulateurs. L'installation comprend 
i05 lampes de 10 et de 16 bougies ; 200 environ peu- 
vent être alimentées simultanément par la machine 
de 20 chevaux; l'éclairage de l'administration et des 
dortoirs, pendant la nuit, est assuré par 56 accumula- 
teurs de 20 kilogrammes. 



CHAPITRE VIII 



APPLICATION DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIOUE 



Projecteur Bréfruet. — Polyscope. — Bijoux lumineux.— Danse 
serpentine. — Fontaines lumineuses. — Pêche électrique. 

Projecteur électrique. — La maison Bréguot cons- 
truit depuis peu un nouveau projecteur (fig, 85), qui 
donne d'excellents résultats. Le miroir, en cristal ar- 
genté, est taillé sur ses deux faces au moyen de ma- 
chines spéciales brevetées, qui assurent aux surfaces 
réfléchissantes une forme rigoureusement paraboloïde. 
Le cylindre, en tôle d'acier, est fermé à sa partie an- 
térieure par une glace plane, devant laquelle on peut 
appliquer une porte divergente pour étaler le faisceau. 
Le miroir, placé à la partie postérieure, est monté 
dans unecalotte métallique, qu'on met enplace à l'aide 
de quatre agrafes. 

Le cylindre est muni de deux tourillons, par l'in- 
termédiaire desquels il repose sur des bras fixés à un 
plateau circulaire. L'un des tourillons porte une roue 
dentée en contact avec une vis tangente, qu'un volant 
permet de faire tourner à la main pour donner toutes 
les inclinaisons que l'on désire au projecteur. La par- 
la. 




Fi". 85. — Projecteur électrique Bréguet. 



PROJECTEUR ÉLECTRIQUE. 1*75 

tie inférieure du cylindre est aménagée pour recevoir 
la lampe électrique. 

Un plateau mobile porte les deux bras sur lesquels 
repose le cylindre. Sous ce plateau sont fixés des ba- 
lais de prise de courant, en relation avec deux bornes, 
apparentes sur le plateau, et qui peuvent être mises 
en communication avec celles de la lampe. Le plateau 
repose sur des galets et peut prendre toutes les orien- 
tations désirées. 

Un plateau lixe porte: un chemin de roulement pour 
les galets précités, deux cercles verticaux isolés, surles- 
quels frottent les balais du plateau mobile, un inter- 
rupteur et deux bornes d'attache pour les câbles venant 
de la source. Ce système de prise de courant évite 
les chances d'extinctions anormales, si souvent signa- 
lées sur les projecteurs munis de prises de courant 
dites à pompes. L'aménagement sur deux plateaux, 
l'un fixe, l'autre mobile, de toutes les pièces servant 
à la conduite du courant, rend le projecteur complè- 
tement indépendant du socle et facilite les démontages 
et les visites. 

Enfin, un volant manœuvre une vis tangente engre- 
nant avec une roue hélicoïdale, qui fait corps avec le 
plateau mobile et permet de modifier l'orientation 
du faisceau par de très légers mouvements. 

Le plateau fixe est boulonné sur un socle en tôle 
mince, disposépourpouvoirêtre facilement transporté 
à bras à l'endroit convenable au moyen de deux barres 
en fer creux, placées sur le chariot qui sert à trans- 
porter l'appareil. Ce socle est formé de quatre parties, 
assemblées à charnière, qui peuvent se replier pour 
constituer le tablier du véhicule. 

Le projecteur est muni en outre : d'un prisme à 






wm 



■ 
■ 



176 PROJECTEUR ÉLECTRIQUE. 

réflexion totale avec écran dépoli, sur lequel vient 
constamment se dessiner l'image du foyer lumineux; 
d'un écran à main pour la production de signaux op- 
tiques ; d'un prisme à réflexion totale, aménagé dans 
l'un des tourillons du cylindre pour éclairer un volt- 
mètre installé sur le projecteur. 

Le projecteur Bréguet renferme une lampe automa- 




Fig. SG. — Lampe à charbons horizontaux. 

tique brevetée, à charbons horizontaux, dont la fixité 
facilite beaucoup les recherches à opérer (fig. 86). Indis- 
position horizontale accroît en outre la puissance lu- 
mineuse ; c'est pourquoi de récents décrets viennent de 
la rendre réglementaire dans la marine. 

Cette lampe ne comprend que des éléments simples 
et robustes, de sorte que le démontage et le remontage 
n'exigent aucune précaution spéciale. Elle se compose 
des organes suivants : 

1° Un porte-charbon positif monté sur un chariot à 



PROJECTEUR ÉLECTRIQUE. 177 

quatre galets, muni de trotteurs prenant le courant 
sur des rails isolés, et complété par une pince porte- 
charbon à laquelle un petit volant, à axe excentré, 
permet de donner une légère inclinaison pour le ré- 
glage du charbon ; 

:2° Un porte-charbon négatif disposé d'une manière 
analogue au précédent et en communication avec le 
pûle négatif de la source par des frotteurs et des rails 
isolés. 

Les chariots des deux porte-charbons sont munis 
de crémaillères engrenant de part et d'autre avec une 
roue dentée montée sur l'arbre d'un petit moteur 
électrique ; 

3° Un moteur électrique monté en dérivation sur 
les bornes de la lampe, et qui tend à rapprocher les 
charbons dès qu'un courant est lancé dans l'induit; 

4° Un barillet portant une denture engrenée dans la 
crémaillère de l'un des porte-charbons et qui tend à 
écarter les charbons ; 

o° Un relais dont le but est d'envoyer un courant 
dans le moteur ou de mettre ce moteur en court-cir- 
cuit, suivant les circonstances. 

Lorsque la lampe est reliée aux bornes de la source 
et que les charbons sont en contact, le courant passe. 
Dans le cas contraire, le relaisattire son armature, qui 
établit le courant dans le petit moteur. Celui-ci rap- 
proche les charbons jusqu'au contact : le courant 
passe ; la force électromotrice baisse aux bornes du 
relais, qui interrompt le courant dans le moteur et 
permet au barillet d'agir pour écarter les charbons et 
donner naissance à l'arc. 

La force électromotrice remonte alors aux bornes 
du relais, et l'on comprend qu'an réglage convenable 






178 PROJECTEUR ÉLECTRIQUE. 

du ressort antagoniste permette de fixer à l'avance le 
voltage définitif auquel la lampe pourra être réglée. 
On choisit d'ordinaire 48 volts pour des lampes de 75 
à 80 ampères (3000 becs). 

Lorsque la lampe est en marche, il s'établit un équi- 
libre entre l'action du ressort du barillet, qui tend à 
écarter les charbons, et celle du moteur, qui agit pour 
les rapprocher. Aussi peut-on constater, pendant toute 
la durée du fonctionnement, un mouvement de va-et- 
vient des charbons, tout à fait insensible au voltmètre, 
mais très utile pour s'assurer du bon état de la lampe 
et de son aptitude à se régler automatiquement. 

On peut aussi régler l'écart des charbons à la main ; 
il suffit de relever une petite poignée, qui fait engrener 
avec le barillet une vis tangente portée par un arbre, 
dont l'extrémité sort de la lampe et peut être manœu- 
vrée à la main. Le même mouvement met le petit mo- 
teur hors du circuit. 

Ce projecteur peut être placé sur un chariot entiè- 
rement métallique, monté, par l'intermédiaire de res- 
sorts, sur un essieu muni de deux roues en fer ; la 
même voiture reçoit les accessoires : pieds de fixation 
du véhicule, courroies pour attacher le projecteur, 
voltmètre, boites d'outillage et de charbons, etc. 

Un second chariot porte l'usine électrique, qui com- 
prend : 

1° Un générateur de vapeur, du système Trépar- 
doux, avec tuyauterie, pompe alimentaire, injecteur 
d'alimentation, etc.; 2° une turbine à vapeur de Laval 
associée directement avec une dynamo à anneau 
Gramme (Voy. Turbo-Générateur); 3° tous les acces- 
soires nécessaires au fonctionnement de cet en- 
semble. Les deux chariots peuvent se réunir pour for- 



PROJECTEUR ELECTRIQUE. 



179 



mer un seul véhicule à quatre roues, qu'on fait traîner 
par deux chevaux. 

Lorsque le projecteur doit être installé dans un 
poste dangereux, on peut lui adapter un système de 
commande à distance, qui comprend essentiellement : 

1° Un mécanisme logé dans le socle du projecteur 
et basé sur l'emploi de deux petits moteurs électriques, 
servant, l'un pour les mouvements d'orientation, 
l'autre pour les mouvements d'inclinaison ; 

2° Un manipulateur de commande à distance, trans- 
portable à bras et permettant d'effectuer toutes les 
manœuvres en appuyant simplement la main sur des 
boutons poussoirs ; 

3° Un câble à sept conducteurs pour relier le pro- 
jecteur au manipulateur. 

Ces additions, si elles sont demandées, augmentent 
le poids du projecteur et du chariot correspondant, 
mais ne modifient en rien le chariot porteur du 
groupe électrogène. 

Le miroir parabolique a l'avantage de donner des 
rayons bien parallèles; la distance focale est plus 
courte qu'avec les ménisques divergents des appareils 
Mangin, à égalité d'ouverture. En outre, dans ces der- 
niers, l'épaisseur du miroir devient très forte sur les 
bords, ce qui augmente beaucoup le poids et donne 
desirisationsnuisibles. Ces deux défauts n'existentpas 
dans le projecteur Bréguet :1e faisceau est entièrement 
blanc et le miroir, ayant ses deux faces bien parallèles, 
peut être amené à une très faible épaisseur, par 
exemple 10 millimètres. On peut ainsi diminuer le 
poids du miroir et par suite celui du projecteur en- 
tier, car, l'appareil devant être équilibré autour de ses 
tourillons, le poids du cylindre augmente nécessaire- 



180 



POLYSCOPE. 



ment avec celui du miroir. Ainsi le projecteur Bréguet 
de 60 millimètres, complet, pèse 170 kg., tandis que 
le même modèle, avec miroir Mangin, pèse envi- 
ron 273 kg. 

Polyscope. — Le polyscope de M. Trouvé, modifié, 
est employé par la Compagnie des forges et chan- 
tiers de la Méditerranée pour examiner l'intérieur des 
canons de tous calibres. La lampe à incandescence A 




Fig. 87. — Nouveau polyscope Trouvé. 

(fig. 87) est placée à la partie supérieure d'un tube 
cylindrique, garni d'un réflecteur épousant la forme 
de l'ouverture. A l'aide d'une lentille C, portée par un 
tube qui glisse à frottement doux dans le premier, on 
examine l'image donnée par le miroir plan B, monté 
à 45°; cette image est très nette, même vue à 12 mètres 
de distance; elle peut d'ailleurs être regardée avec 
une jumelle ou une petite longue-vue. 

Pour pouvoir inspecter commodément les canons 
de tous calibres avec le même appareil, on fixe, à 
l'aide des boutons moletés 1 J, des disques G H, corres- 
pondant à ces calibres. 

La lamp-e, de 15 bougies, avec filament en boudin, 
peut être alimentée à 7 heures par une batterie au- 
tomatique de 12 éléments. La tige qui porte l'appa- 



l'OLYSCOPE. 



181 



reil se compose de quatre tubes métalliques gradués, 
de 2,50 m. chacun, qui peuvent se visser au bout l'un 




de l'autre; on peut ainsi examiner dans toute leur 
longueur des canons de 12 mètres sans être obligé de 
changer de côté. Vn volet F, demi-cylindrique, ferme 
l'ouverture et protège la lampe et le miroir pendant 
le transport. 



J. Lefèyre. — Nouv. électr. 



11 






182 DANSE SERPENTINE. 

Bijoux lumineux. — Les bijoux lumineux ont été 
fréquemment utilisés au théâtre dans ces dernières 
années. Parmi les applications les plus récentes, nous 
citerons celles qui ont été faites à Bruxelles, au théâtre 
des Galeries Saint-Hubert, et à Monte-Carlo, pour la 
Damnation de Faust. A Bruxelles, au moment de 
l'apothéose, on voyait sortir lentement du plancher 
un arbre de Noël, de 12 mètres de hauteur, garni de 
250 fleurs lumineuses, de toutes les teintes, tandis 
que jaillissaient deux fontaines lumineuses. 

A Monte-Carlo, on a mis à la scène, le 18 fé- 
vrier 1893, la Damnation de Faust, de Berlioz, qui 
n'avait été jusqu'alors exécutée qu'en habit noir. La 
mise en scène était des plus brillantes ; les trucs les 
plus nouveaux avaient été mis en œuvre. Les bijoux 
lumineux figuraient dans deux ballets; l'un d'eux, le 
plus important, se trouve à la scène VII, qui repré- 
sente les bosquets au bord de l'Elbe (fig. 88); on a 
disposé sur le théâtre 70 roses lumineuses, formées 
de pétales en papier de couleur, au milieu desquels 
se dissimule une petite lampe à incandescence, qui 
les éclaire par transparence. 

Les fleurs lumineuses ont contribué aussi à la dé- 
coration de la salle de l'Opéra, dans la grande fête 
russe du 22 octobre 1893. On devait d'abord enguir- 
lander de fleurs lumineuses les trois rangées de loges 
et la frise; mais, faute de temps, on dut se contenter 
de deux fleurs par loge. 

Danse serpentine. — On a donné ce nom à une 
danse inaugurée en 1893 par la Loïe Fuller, et dans 
laquelle le vêtement de la danseuse est éclairé par 
des lampes électriques, munies de verres de différentes 
couleurs. Ces danses ont été exhibées successivement 



DANSE SERPENTINE. 183 

aux Folies-Bergère, au Petit Casino et sur un grand 
nombre de scènes de Paris et de la province. La dan- 
seuse, vêtue d'une robe blanche très ample, évolue 
généralement devant un fond noir ou très sombre. 
L'éclairage est obtenu, le plus souvent, par des lampes 
à incandescence munies de réflecteurs paraboliques : 
chaque réflecteur est monté sur une planche noircie 
qu'une personne tient facilement de la main gauche, 
tandis que, de la droite, elle fait tourner devant la 
source un disque de verre divisé en secteurs de cou- 
leurs variées. L'appareil est très portatif, ce qui per- 
met de suivre facilement les mouvements de la dan- 
seuse avec le faisceau lumineux. Aux Folies-Bergère, 
on employait huit lampes; au Petit Casino, l'on se 
contentait de deux. Dans d'autres théâtres, on s'est 
servi de lampes à arc, devant lesquelles on faisait 
passer des verres de couleur. Quelle que soit la dis- 
position employée, la robe de la danseuse parait teinte 
à la fois de toutes les nuances de l'arc-en-ciel, et l'on 
obtient les effets les plus variés, soit par la rotation 
des verres de couleur, soit par les ondulations com- 
muniquées aux plis de la robe ; celle-ci renferme ordi- 
nairement deux baguettes soigneusement dissimulées, 
que la danseuse saisit et relève de temps en temps 
pour agiter à la fois toute la masse de la jupe. 

Un autre dispositif consiste à placer sur la dan- 
seuse elle-même les sources de lumière. Ainsi Miss 
Sita, au Casino de Paris, accompagnait son chant ex- 
centrique de pirouettes vertigineuses exécutées au 
milieu d'un tourbillon de lumière se déplaçant en tous 
sens. Cet éclairage est produit par 13U foyers lumi- 
neux habilement dissimulés et alimentés par une puis- 
sance de plus de 7 kilowatts. 






ISi FONTAINES LUMINEUSES. 

L'été dernier, au concert des Ambassadeurs, on 
voyait apparaître la chanteuse Frou-Frou, sautant à 
la corde; tout à coup, la corde se mettait à lancer 
des feux de toutes couleurs, faisant comme une au- 
réole autour de l'artiste. 

Diamantine, qui représentait au même concert la 
baronne de Rahden, exécutait avec grâce la haute 
école sur un coursier de carton qui suait pour ainsi 
dire l'électricité par tous les pores, se cabrant, roulant 
des yeux entlammés du rouge le plus vif, tandis que 
la bouche et les naseaux s'éclairaient vivement. Pour 
terminer cette exhibition, le fringant coursier faisait 
un salut de la tète en fléchissant les jarrets et, se 
retournant brusquement, montrait au public qu'il 
n'avait pas que la tête d'éclairée. Ces effets intéres- 
sants sont dus à M. Trouvé. 

Fontaines lumineuses. — Le succès des fontaines 
lumineuses, consacré par l'Exposition de 1889, ne 
s'est pas affaibli depuis cette époque ; aussi ont-elles 
contribué encore à la décoration de l'Exposition co- 
lombienne. 

M. Trouvé a construit une fontaine monumentale 
(flg. 89) pour Craig-y-Nos Castle, résidence, au pays 
de Galles, de la célèbre cantatrice, M mc Patti-Nicolini. 
Cette fontaine, placée au milieu du jardin d'hiver, 
pèse environ 10 000 kilogrammes et son bassin me- 
sure G mètres de diamètre. L'eau sous pression est 
fournie par le grand réservoir qui alimente la serre; 
elle arrive dans un certain nombre de chambres, 
fermées par des glaces horizontales, et munies d'aju- 
tages à la partie supérieure ; au-dessous de chaque 
chambre se trouve une lampe à incandescence, 
placée au foyer d'un réflecteur parabolique à axe ver- 



FONTAINES LUMINEUSES. 183 

tical. Les changements de couleurs sont produits au- 
tomatiquement: l'eau, en retombant, fait mouvoir une 
petite roue à augets, qui fait tourner en sens contraire 




deux disques de verres colorés placés entre les cham- 
bres à eau et les lampes. 

Les lampes, de 110 volts, sont au nombre de 4 et 
consomment chacune 6 ampères ; la puissance dé- 



186 PÈCHE ÉLECTRIQUE, 

pensée est de 2640 watts, ce qui fait, à raison de 
3 watts par bougie, une intensité lumineuse de plus de 
800 bougies. 

On construit sur le même principe de petites fon- 
taines d'appartement. 

Pèche électrique. — M. Trouvé a proposé récem- 
ment un procédé de pèche dans lequel la lumière 
électrique peut jouer un rôle utile, et qui permettrait, 
d'après l'auteur, de prendre plus de poisson et de ne 
pas détruire les œufs. La ralingue supérieure du filet 
est constituée par un conduit en caoutchouc vulcanisé 
et aplati, relié par un tuyau souple avec un réservoir 
d'air comprimé ou avec une pompe. On laisse tomber 
le filet, on attire le poisson par divers appâts ou par 
des lampes électriques et on insuffle l'air comprimé 
dans la ralingue, qui s'élève en ramenant le filet. 



CHAPITRE IX 

L ÉLECTRICITÉ SOURCE DE CIIALEI R 



Creuset électrique. - Fabrication industrielle du phosphore. - 
Appareils de chauffage et de cuisine. - Allume-cigares. - 
Forgeage. — Soudure électro-hydrothermique. 

Creuset électrique. — M. Moissan s'est servi en 
1893 d'un creuset électrique pour obtenir la haute 
température nécessaire à la production artificielle 
du diamant. Ce four, modifié ensuite avec la colla- 
boration de M. Violle, se compose sous celte der- 
nière forme d'une enceinte cylindrique en charbon 
aggloméré, logée à l'intérieur d'un bloc de pierre de 
Courson et séparée de la pierre par une couche d'air. 
Cette disposition est nécessitée par la haute tempé- 
rature obtenue, qui fondrait la chaux; elle soustrait 
autant que possible l'arc au refroidissement extérieur. 
Les deux cylindres de charbon aggloméré servant 
d'électrodes sont disposés horizontalement; ils tra- 
versent deux trous opposés pratiqués dans le creuset 
et reçoivent le courant par de forts manchons en 
cuivré rouge, armés de mâchoires entre lesquelles on 
écrase les extrémités du câble dynamo-électrique. 

Il résulterait des recherches de M. Violle que, dans 
l'arc électrique, le charbon est porté à sa température 



■ 









•88 CREUSET ÉLECTRIQUE, 

d'ébullition et distille ainsi de l'électrode positive à la 
négative. Ce phénomène est attesté par la constance 
de l'éclat et de la température, ainsi que par toutes 
les circonstances qui caractérisent l'ébullition normale. 
Cet éclat est indépendant de la puissance du courant. 
On a donc « entre les deux charbons un flux de vapeur 
semblable au flux qui se produit au-dessus d'un 
vase dans lequel on fait bouillir de l'eau, avec cette 
différence toutefois que, tandis que l'eau bout à 100°, 
le charbon bout à 3300°. La condensation de la vapeur 
de charbon sous l'influence des causes de refroidis- 
sement extérieur se produisant à faible distance, l'arc 
est limité brusquement par une surface nette, qui lui 
donne la forme d'un œuf, à l'intérieur duquel la tem- 
pérature diffère peu de celle du charbon positif. » 

M, Violle a mesuré la température obtenue en lais- 
sant tomber dans un calorimètre un petit morceau 
du charbon formant l'extrémité de l'électrode posi- 
tive. Il a trouvé environ 3300°. 

Ce four électrique a été utilisé par M. Moissan 
pour la reproduction du diamant; il peut servir aussi 
à préparer un certain nombre de métaux réfractaires 
et à obtenir la cristallisation des différents oxydes. 
Le platine y entre en ébullition et distille. Les oxydes de 
manganèse et de chrome sont réduits en quelques mi- 
nutes par le charbon. Les oxydes d'uranium, qui étaient 
jusqu'ici irréductibles par le charbon, produisent 
un carbure métallique, qu'il est possible d'affiner 
ensuite par une nouvelle fusion en présence d'un excès 
d'oxyde. Du cristal de roche, placé au milieu du creuset, 
est complètement réduit en vapeurs, qu'on peut laisser 
échapper par une ouverture placée à la partie supé- 
rieure et condenser dans une cloche de verre. 



CREUSET ÉLECTRIQUE. 189 

La figure 90 représente un creuset destiné aux 
recherches et aux essais de laboratoire. Les charbons 
sont obliques et mobiles dans leurs montures métal- 




Fig. 90. — Creuset électrique avec aimant directeur. 



liques GG', de sorte qu'on peut facilement les amener 
au contact ou les séparer. Le creuset CR est mobile et 
enfermé dans un espace clos à parois réfractaires. Des 
conduits sont ménagés pour l'introduction des 
matières à traiter et pour la circulation des gaz. Des 

11. 



190 CREUSET ÉLECTRIQUE. 

ouvertures garnies de mica permettent d'observer les 
phénomènes de fusion et de réduction, ainsi que l'a 
fait M. Troost pour le zirconium et le thorium. 

Le creuset mobile CR se déplace de l'extérieur, la 
sole sur laquelle il est posé étant commandée par la 
tige RE; ce creuset est en charbon ou en chaux, etc., 
suivant les matières à traiter. Un aimant directeur Ai, 
placé près de l'appareil, transforme l'arc en une 
flamme allongée, formant un véritable chalumeau élec- 
trique, qu'on peut ainsi diriger au-dessus de la matière 
contenue dans le creuset. 

Un courant de 12 ampères et 55 volts permet d'ob- 
tenir la réduction d'oxydes et la fusion des métaux 
les plus réfractaires en quantité suffisante pour leur 
analyse chimique ouspectrale. Le tungstène, le titane, 
le chrome, le manganèse, l'uranium, etc., peuvent être 
obtenus dans ce creuset. MM. Joly et Vèzes ont pu 
amener ainsi à l'état métallique, sans oxydation, le 
ruthénium et l'osmium, enles soumettant en vase clos, 
en présence de gaz convenables, à la température 
élevée de l'arc. 

Fabrication électrique du phosphore. — MM. Read- 
man et Parker ont essayé de préparer le phosphore 
par l'électricité dans une usine située près de Milton. 
On éprouva d'abord une certaine difficulté à répartir 
uniformément la température, et le fer, l'aluminium, 
le calcium se combinaient avec le phosphore et le sili- 
cium. On a obtenu de meilleurs résultats dans une 
nouvelle installation, faite à Wolverhampton. Le four 
électrique employé a 0,75 m 2 de surface; les matières 
à traiter, mélangées dans les proportions convenables, 
sont introduites par la partie supérieure, au moyen 
d'une vis d'alimentation. Le courant alternatif, fourni 



CHAUFFAGE ET CUISINE ÉLECTRIQUES. 



191 



par une machine Elwell-Parker, de 400 kilowatts, est 
amené par des tubes de fonte. Les gaz produits tra- 
versent deux grands condenseurs en cuivre, renfer- 
mant le premier de l'eau chaude, le second de l'eau 
froide; ils y laissent le phosphore et s'échappent en- 
suite dans l'atmosphère. 

Le rendement en phosphore serait de 86 p. 100, le 




Fig. 91. — Radiateur électrique. 

reste passant presque entièrement à l'état de phos- 
phure de fer. Le produit est presque pur et n'exige 
qu'un raftinage facile. Chaque fourneau donne 63 kilog. 
de phosphore par jour. La Compagnie aurait l'intention 
d'élever sa production annuelle jusqu'à 1000 tonnes, 
soit la moitié de la consommation totale du globe. 
Chauffage et cuisine électriques. — Les nouveaux 







Fig. 92. — Four électrique. 









CHAUFFAGE ET CUISINE ÉLECTRIQUES. 193 

appareils de chauffage et de cuisine Crompton and C° 
présentent des dispositions intéressantes. Une couche 
d'un émail très dur est appliquée sur la plaque de 
tôle qui doit former la surface chauffante et les fils 
conducteurs sont étendus sur cette couche; on ajoute 
ensuite une couche d'un second émail moins dur, puis 
une autre couche du premier. Les fils sont en ferro- 
nickel; ils sont placés mécaniquement, de sorte que 
l'application des dernières couches d'émail ne risque 
pas de les déranger. 

La ligure 91 représente un radiateur, en forme 
d'écran, destiné au chauffage des appartements el 
donnant une température de 240°. Il peut être placé en 
un point quelconque d'une chambre et servir en même 
temps à protéger contre les courants d'air. 

Le four électrique (fig. 92) est une caisse dont les 
six faces sont formées par des tôles de fer portant 
toutes, sauf la porte, un réseau de fils conducteurs. 
Cinq commutateurs, placés à l'extérieur, permettent 
de régler la chaleur et de la répartir aux points voulus. 
La température peut atteindre 180°. Lorsque le four 
est chaud, ce qui demande seulement quelques mi- 
nutes, il peut être abandonné à lui-même pendant 
plus de deux heures sans se refroidir notablement. 

Le gril est divisé en sections, qui peuvent être 
chauffées isolément, suivant les besoins de la cuisine. 

L'un des deux appareils (fig. 93) est une bouillotte 
très commode ; elle se place sur un réchaud qui peut 
aussi, lorsqu'on l'enlève, servir pour d'autres usages. 
L'autre est un fera repasser qui peut être utilisé après 
avoir été soumis à l'action du courant pendant deux 
minutes. Ce fer est généralement muni d'un petit bou- 
ton à l'arrière, de sorte qu'en le posant sur la face 






194 CHAUFFAGE ET CUISINE ÉLECTRIQUES, 

arrière, comme il est d'usage, le courant soit en grande 





Fig. 93. Bouillotte et fer â repasser électriques. 

partie supprimé, et ne garde qu'une intensité suffi- 
sante pour maintenir l'appareil chaud. Ce fer prend 



CHAUFFAGE ET CUISINE ÉLECTRIQUES. 195 

de 2,5 à 3 ampères, ce qui coûte généralement un peu 
plus de 15 centimes par heure. 

Pour porter à l'ébullition l'eau d'une théière, la dé- 
pense n'atteint pas 5 centimes; mais l'opération ne 
serait pas avantageuse avec une grande quantité de 
liquide. Les fers à souder prennent 1,5 ampère et 
coûtent environ 7 centimes l'heure. Les chauffe-fers 
àfriseretlesautresappareilsanaloguesne consomment 
presque rien, car ils s'échauffent très vite et ne servent 
que quelques minutes. 

Dans les fourneaux à charbon ou à gaz, on perd 
une partie notable de la chaleur produite ; dans les 
fourneaux électriques, il n'y a aucune perle, l'appa- 
reil pouvant être complètement clos. C'est ce qui per- 
met à l'électricité, malgré son prix de revient plus 
élevé, de lutter avec les autres modes de chauffage. 
Les autres avantages sont : facilité de réglage, sup- 
pression des odeurs, des cendres, de la fumée; pro- 
preté irréprochable, économie de temps et de place, 
suppression de la chaleur dans la cuisine, etc. 

Le propriétaire d'une grande lingerie de Lauter, en 
Saxe, a appliqué dans son établissement l'électricité au 
chauffage d'une soixantaine de fers à repasser. 

Une dynamo de 40 chevaux fournit le courant à ces 
fers, aux lampes à incandescence, aux moteurs des 
turbines, des lessiveuses, des calandres, etc. Chaque 
repasseuse peut arrêter et rétablir le courant à vo- 
lonté. 

Le noyau des fers à repasser est formé d'une se- 
melle d'amiante entourée de fil de platine rendu in- 
candescent par le courant. L'avantage est qu'on ne 
dépense pas de combustible pour les fers hors de ser- 
vice. 









196 ALLUME-CIGARES ÉLECTRIQUE. 

Le chauffage électrique a été encore appliqué ré- 
cemment à d'autres usages. M. Samuel Natting a songé 
à utiliser la chaleur développée par le courant pour 
maintenir un matelas à une douce température (ma- 
telas électro-thermogénique). L'appareil se compose 
d'un matelas ordinaire renfermant à l'intérieur, entre 
deux toiles d'amiante, une série de fils de maillechort 
repliés en zigzag et fixés par des cordes d'amiante. 
Un conducteur flexible sert à relier ce matelas avec la 
prise de courant. Le même système pourrait s'appli- 
quer à une couverture. 

Enfin, dans une séance assez récente de la Royal 
Society, de Londres, un autre inventeur aurait mon- 
tré un cataplasme électrique, chauffé par un procédé 
analogue. Dans ce cas, le malade est nécessairement 
condamné à l'immobilité. 

Allume-cigares électrique. — Cet appareil em- 
prunte le courant à une distribution d'énergie élec- 
trique. Il se compose essentiellement d'un fil de pla- 
tine, de platine iridié ou de platinoïde, disposé sur 
une lame de mica ou sur une couche d'amiante : ce 
dispositif est placé à l'extrémité d'une poignée cylin- 
drique qu'on suspend à un crochet, comme un télé- 
phone, ou au sommet d'un support en forme de flam- 
beau, qu'on pose sur un piédestal. Il suffit de décrocher 
la poignée ou de soulever le support pour établir le 
courant. 

Cet appareil consomme environ 100 watts et, comme 
l'allumage ne dure pas plus de 10 secondes, un hecto- 
wattheure, qui coûte généralement 10 centimes, peut 
fournir au moins 400 allumages; une boîte de 50 allu- 
mettes coûtant le même prix, chaque allumage revient 
au moins 8 fois plus cher, en supposant que toutes 






FORGEAGE ÉLECTRIQUE. 197 

les allumettes de la boîte soient bonnes, hypothèse 
peu vraisemblable. 

Forgeage électrique. — Cette application se rap- 
proche de la soudure électrique. Le procédé de 
M. Burton consiste à soumettre les pièces à un courant 
puissant, qui les porte à une température telle qu'on 
puisse facilement les forger et leur faire subir une 
série de transformations au moyen d'outils spéciaux. 

VElecirical Forging C", de Boston, emploie pour 
cet usage des courants alternatifs de grande intensité 
et de faillie tension; ces courants sont obtenus à l'aide 
de transformateurs de 50 kilowatts; clans l'un des 
modèles, la différence de potentiel aux bornes de la 
bobine secondaire ne dépasse pas 5 volts et l'intensité 
peut atteindre 8000 ampères; dans un autre, on peut 
avoir jusqu'à 12000 ampères. 

On relie le transformateur par de grosses barres de 
cuivre avec les mâchoires isolées qui soutiennent la 
pièce à forger. 

Une barre d'acier carrée, de 25 centimètres de côté 
et 30 centimètres de longueur, est portée au rouge 
blanc en deux minutes et demie, en absorbant 27 kilo- 
watts. Une barre ronde, en acier à outils, de 22 centi- 
mètres de longueur, peut être amenée à une tempé- 
rature convenable en une minute, avec une dépense 
de 2ï kilowatts. On peut admettre que, avec toutes les 
transformations, le kilowattheure exige 2,7 kilo- 
grammes de charbon; avec cette évaluation, il faut, 
dans ce dernier exemple, dépenser 1 kilogramme de 
charbon. 

Le forgeage électrique se recommande par la rapi- 
dité du chauffage, l'absence de gaz surchauffés pouvant 
attaquer le métal, la régularité de la température et 



198 SOUDURE ÉLECTRO-HYDROTHERMIQUE. 

la facilité avec laquelle on peut la maintenir fixe. 

Soudure électro-hydrothermique. — La Société 
belge Y Électrique a présenté à l'exposition d'Anvers 
un procédé très original de soudure et de forgeage 
électrique, imaginé par MM. Lagrange et Hoho. La 
barre métallique qu'on veut forger est placée comme 
cathode dans un liquide éleclrolytique. Il se forme 
autour de cette barre une gaine gazeuse ordinairement 
constituée par de l'hydrogène, qui présente une grande 
résistance et acquiert bientôt une température élevée : 
la chaleur ainsi développée se transmet à la barre et 
la porte à l'incandescence. Si l'on veut ensuite tremper 
le métal, il suffit d'interrompre le courant : l'élec- 
trolyse s'arrête et la barre se trouve en contact avec 
le liquide froid. 

L'anode doit être de grandes dimensions; elle peut 
être faite en plomb de 2 ou 3 millimètres d'épaisseur. 
La composition du bain peut varier, car il doit être 
d'autant plus conducteur qu'on emploie une force 
électromotrice plus faible. Pour des potentiels peu 
élevés (100 à 200 volts), on peut employer une solu- 
tion de carbonate de potassium dans 5 fois environ 
son poids d'eau ordinaire. Au-dessus de 250 volts, il 
faut rendre le bain moins conducteur. Il est bon de 
porter le bain à 50 ou 70° centigrades, à moins qu'on 
ne se propose de tremper le métal. Cet appareil ne 
nécessite aucun matériel spécial : il suffit d'avoir quel- 
ques pinces ou tenailles pour saisir les pièces portatives 
et y amener le courant. 



CHAPITRE X 



L ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE 






Exploseur électrique Manet. — Ozonateurs ; fabrication 
industrielle. 

Exploseur électrique. — Les appareils de MM. Ma- 
net frères pour l'explosion des mines, fabriqués par 
la maison Gaupillat et C ie , comprennent un exploseur 
et une amorce électrique de quantité, c'est-à-dire pro- 
duisant l'inflammation par l'incandescence d'un fil 
métallique ; le dispositif de ces appareils paraît cons- 
tituer un progrès très sensible. 

L'exploseur (fig. 94) se compose d'un petit alterna- 
teur tétrapolaire, à excitation indépendante. On tourne 
la manivelle qu'on voit en avant avec une vitesse 
croissante; lorsqu'on a atteint la valeur voulue, les 
deux circuits se ferment pendant un instant et 
l'amorce est portée au rouge. 

Les pièces destinées à la fermeture des circuits et 
à la distribution des courants se trouvent sur le pla- 
teau supérieur de l'appareil. La roue G, qu'on voit 
en arrière de la figure 94, porte deux masses à râ- 
teaux À et A' (fig. 95) qui commandent un pignon B, 
calé à l'extrémité de la tige D ; celle-ci porte, sur une 
partie de sa longueur, une rainure hélicoïdale, dans 






200 EXPLOSEUR ÉLECTRIQUE. 

laquelle s'engage la pointe de la vis I, fixée au man- 
chon E, qui est mobile sur l'arbre H. 
L'axe de la machine porte deux anneaux de même 




Fig. 94. — Exploseur Manet. 



diamètre, qui tournent entre les quatre pièces polaires 
communes. L'un de ces anneaux A (fig. 96) fournit le 
courant inducteur, qui est continu ; il est muni d'un 
collecteur L, genre Gramme, à 60 sections. Le second 
anneau, que nous appellerons A', porte un collecteur 
donnant des courants alternatifs, qui servent à l'in- 
flammation des amorces. 

Lorsqu'on tourne la manivelle motrice (fig. 94) avec 
une vitesse croissante, on n'éprouve d'abord qu'une 



EXPLOSEUR ÉLECTRIQUE. 201 

faible résistance, car, les circuits étant ouverts, la 
machine ne produit aucun courant. Quand la vitesse 
devient suffisante, les masses A et A' (fig. 95) s'écar- 
tent de leur position sous l'influence de la force cen- 
trifuge, malgré le ressort antagoniste C, et mettent en 
rotation le pignon B et l'arbre intérieur D; la vis I se 




Fis 



.Mécanisme produisant la fermeture automatique et 
simultanée des deux circuits. 



meut dans le sillon hélicoïdal ; le manchon E se déplace 
en ligne droite, vient toucher le galet du levier-pen- 
dule F et l'entraîne avec lui. Lorsque l'appareil a at- 
teint la vitesse voulue, qu'on a réglée d'avance au 
moyen du ressort antagoniste C, le levier F vient tou- 
cher le contact N (fig. 90), placé sur l'un des ponts B" 
du plateau supérieur, et ce contact ferme le circuit de 
l'induit sur les inducteurs ec. 

Par suite de la résistance due à la fermeture du cir- 
cuit, la vitesse de rotation est fortement diminuée, 



202 



EXPLOSEUR ÉLECTRIQUE. 



les masses A et A' se rapprochent de leur position de 
repos, etje contact des pièces F et N est rompu. Pour 
éviter qu'il se produise à ce moment une étincelle d'ex- 
tra-courant, la pièce polaire supérieure nord G (fig. 96) 




Schéma du circuit inducteur. 



porte une saillie m, qui s'aimante avec elle, attire la 
petite armature F', et établit ainsi le contact du res- 
sort J avec la vis ï ; ce second contact, qui ferme en 
double le circuit inducteur, reste établi jusqu'à l'ar- 
rêt complet de la machine. 

Le circuit induit se ferme par un dispositif identi- 
que à celui que nous venons de décrire, et qui est ins- 
tallé sur la pièce polaire sud; les courants alternatifs. 



OZONATEURS. 203 

sont recueillis par deux bagues et deux frotteurs. 
Malgré la complication apparente de cet exploseur, un 
petit nombre seulement de pièces mécaniques servent 
à obtenir les effets voulus ; en outre, le fonctionnement 
est automatique ; ce sont là de précieuses qualités. 

Avec cet exploseur, on doit employer nécessairement 
les amorces des mêmes inventeurs. Ces amorces sont 
robustes et ne craignent pas les dérangements pendant 
le transport; elles se composent d'un fil rectiligne en 
platine, de 9 mm. de longueur et de 1/20 mm. de dia- 
mètre. Ce fil est monté sur un petit support en bois 
et maintenu aux extrémités par deux petites vis, qui 
reçoivent en outre les conducteurs amenant le courant ; 
ce système est enfermé dans un petit tube de 6 mm. 
de diamètre rempli de poudre d'inflammation, main- 
tenue par un petit bouchon garni de baudruche. 

Pour enflammer plusieurs amorces, on les monte 
en tension ; on peut en enflammer 20 à la fois, avec 
une résistance de 20 à 30 ohms dans le circuit. En 
supposant que le rendement ne dépasse pas 33 p. 100, 
on peut estimer la puissance utile de l'exploseur pen- 
dant l'inflammation à 90 watts. 

Ozonateurs. — Nous signalerons plusieurs appareils 
de M. Seguy pour la préparation de l'ozone. Le premier 
est alimenté par une simple machine électrostatique de 
laboratoire. Une boite A (fig. 97) renferme une olive 
en verre B, munie de deux bras fermés par deux bou- 
chons. Ces bouchons sont traversés par les électrodes, 
que terminent des boutons sphériques inégaux CD. 
On fait passer par les tubulures HI le courant de gaz 
à ozoniser, et l'on place les tiges de l'excitateur à un 
centimètre environ des boutons extérieurs EF ; enfin 
on règle, en regardant par l'embouchure G dans la 



204 



OZONATEURS. 



chambre noire, l'écart des boutons CD pour avoir 
une production continue d'effluves. Il convient de 
relier le bouton C, qui est le plus gros, au pôle né- 
gatif, pour obtenir tout l'effet de l'appareil. 




Fig. 97. — Ozonateur Seguy. 



La machine électrostatique qu'on voit en arrière est 
du genre Wimshurst, mais dépourvue de secteurs en 
étain. 

La figure 98 montre un appareil beaucoup plus im- 
portant, destiné aux applications cliniques ou aux 



OZONATEURS. 205 

recherches de laboratoires, et qui est employé dans 
plusieurs grands établissements. Le courant d'une 








Fig. 98. — Générateur tubulaire sursaturateur à ozone Seguy. 

dynamo J, à enroulements spéciaux, alimente trois 
bobines d'induction E, munies de marteaux oscil- 
lants F, à platine renforcé. Trois roues commutatrices G 
J. Lefèvre. — Nouv. électr. 12 









^^r 
















■ 




















206 OZONATEURS. 

mettent les bobines en communication avec les 
barres HI, qui représentent les deux pôles de la 
machine. 

Le courant secondaire des bobines est conduit, par 
les barres CD, munies de bornes, aux trois tubes BB 2 , 
renfermant chacune sept tubes, dans lesquels jaillit 
l'effluve électrique. Le courant d'air ou d'oxygène 




Fig. 9'J. — Petit appareil ozoûûgéne Seguy. 

entre par M et sort, chargé d'ozone, par A. Tout l'ap- 
pareil est fixé sur un grand panneau de bois, qu'on 
peut transporter par les poignées N. 

L'appareil (fig. 99) est spécialement destiné à la 
thérapeutique et à la désinfection. Il se compose, 
d'une boîte d'acajou contenant deux éléments au bi- 
chromate; à l'extérieur se trouvent une bobine de 
Ruhmkorff et un tube ozogène à effluve. 

Fabrication industrielle. — L'ozone commence à 



OZONATEURS. 207 

devenir l'objet d'une véritable fabrication industrielle ; 
c'est ainsi qu'une usine destinée à cette préparation a 
été installée à Marseilles (Illinois), comme annexe de 
YAmerkan Ozone Water C ; le gaz qu'elle produit sert 
à ozoniser des eaux de table et des eaux minérales 
gazeuses. Les deux usines sont cependant complè- 
tement distinctes et réunies seulement par un tuyau 
destiné au passage de l'ozone. 

Le procédé employé est celui de M. Fahrig, qui 
consiste à fabriquer l'oxygène par le bioxyde de man- 
ganèse et l'hydrate de soude et de chaux et à le sou- 
mettre ensuite à l'action des décharges électriques. 
Un fourneau en briques renferme 8 tubes couplés en 
série et dont le premier est relié avec un ventilateur 
faisant 4000 tours par minute et insufflant de l'air à 
la pression initiale de 23 centimètres d'eau ; ces tubes 
reçoivent le mélange de peroxyde de manganèse et 
d'hydrate de soude et de chaux, qu'on porte ainsi 
à 250°. On fait alors, au moyen du ventilateur, arriver 
un courant d'air qui transforme le bioxyde en man- 
ganate, tandis que l'azote s'échappe par un tube laissé 
ouvert. Après 10 ou 15 minutes d'oxydation, on arrête 
le courant d'air, on porte la température à -400° et 
l'on fait arriver un courant de vapeur d'eau, en reliant 
le système de tubes avec une chaudière. 

Le manganate se décompose et l'oxygène, entraîné par 
la vapeur, traverse deux laveurs, où celle-ci se condense, 
et arrive refroidi dans un réservoir où il s'accumule. 
Les laveurs se composent de deux tonneaux, tra- 
versés par un courant d'eau froide sous pression, qui 
les maintient touj ours à moitié remplis. Le réservoir est 
un cylindre également parcouru par un courant d'eau ; 
il est muni d'un tube de niveau et d'un manomètre. 






208 



OZONATECRS. 



Lorsqu'on a ainsi obtenu 300 à 400 litres d'oxygène 
pur, le mélange primitif d'oxyde de manganèse et 
d'hydrate de soude et de chaux est régénéré ; on peut 
recommencer une série d'opérations analogues, jus- 
qu'à ce que le réservoir renferme une masse de gaz 
suffisante. On produit alors une pression convenable 
dans le réservoir en augmentant le volume de l'eau, 
de façon à chasser le gaz à travers les ozonateurs. 

Ces appareils sont alimentés par des transformateurs 
qui forment, avec eux, la partie la plus intéressante 
de l'installation. Chaque transformateur comprend un 
noyau de fils de fer fins, entouré par un circuit pri- 
maire composé d'une seule couche de gros fil; le 
circuit secondaire se compose de 50 bobines de fil 
fin montées en tension ; il contient kg. de fil. Cet 
appareil est placé dans une boîte en bois, garnie de 
verre à l'intérieur et fermée hermétiquement. Ces 
transformateurs produisent une force électromotrice 
de 40000 volts : ils sont actionnés par un alternateur 
donnant 50 volts et 112 ampères, avec excitation se-, 
parée. Un tableau de distribution sert à établir les 
contacts et à régler la force électromotrice. Au sortir 
des transformateurs, les fils secondaires sont ren- 
fermés dans des tubes de verre garnis de caoutchouc ; 
ils se rendent ainsi à l'ozonateur, dans lequel ils pé- 
nètrent aussi par des tubes de verre. 

L'ozonateur se compose de morceaux de verre de 
6 millimètres d'épaisseur et de tubes de 6 millimètres 
de diamètre, alternativement superposés. Les tubes 
sont fermés à un bout et renferment un fil d'alumi- 
nium ; il y a en outre deux plaques de verre recou- 
vertes également d'aluminium. La distance entre les 
feuilles et les fils d'aluminium doit être bien cons- 






OZONATEUBS. 209 

tante ; le métal doit être très pur. Les tubes de verre 
doivent être bien uniformes et de bonne qualité. 
Avant de mettre un ozonateur en service, on lave 
soigneusement les fils et les feuilles à l'acide nitrique, 
à l'eau froide, puis à l'alcool méthylique, et on les 
vernit enfin à la gomme laque. 

L'usine de Marseilles comprend trois ozonateurs, 
dont les deux premiers sont reliés en quantité entre 
eux et en tension avec le troisième. Ils sont suivis 
d'un appareil pour l'ozonisation des liqueurs alcoo- 
liques et de récipients destinés aux expériences sur 
d'autres liquides. 

L'ozone semble appelé en outre à jouer un rôle 
important dans le blanchiment. 



12. 



■ 
■ 

I 






CHAPITRE XI 



LES .INDUSTRIES ÉLECTROCHIMIQUES. 






Voltamètre à grand débit.— Fabrication électrolytique du chlore, 
de la céruse. — Epuration de l'eau. — Traitement du vin. — 
Blanchiment. — Désinfection : des navires, des villes et des 
maisons (procédé Hermite) ; procédé Webster. Extraction 
et blanchiment de la fécule. — Électrométallurgie : extraction 
de l'aluminium, du chrome, des métaux précieux. — Électro- 
chimie: dépôt de cobalt, de palladium, d'aluminium. 

Voltamètre à grand débit. — Cet appareil, cons- 
truit d'après les indications du commandant Renard, 
sert à préparer les gaz oxygène et hydrogène en 
grande quantité. Il est formé d'un vase V en fonte de 
fer (fig. 100), servant d'électrode négative ; l'électrode 
positive est un cylindre en tùle de fer ou de nickel 
perforée ; elle est séparée de la première par un vase 
poreux, muni d'un siphon S. Le liquide employé est 
une solution alcaline au maximum de conductibilité, 
formée de 



Eau distillée 

Soude à la chaux. 



1000 grammes. 
150 — 



Avant de se rendre aux deux gazomètres, les gaz 
traversent un compensateur hydraulique, formé des deux 
llacons HO. 

Avec un courant de 25 à 30 ampères sous 3 volts, 






VOLTAMÈTRE A GRAND DÉBIT. 211 

on [obtient 6 litres d'oxygène et 12 d'hydrogène à 
l'heure. 
Pour préparer de grandes quantités de gaz, le com- 




Fig. 100. — Voltamètre à grand débit. 

mandant Renard s'est servi d'un tube en tôle de 3 mètres 
de longueur sur 30 centimètres de diamètre. Les deux 
électrodes sont séparées par une toile d'amiante. Cet 
appareil nécessite un courant de 365 ampères et donne 



fi 






212 FABRICATION ÉLECTROLYTIQUE DU CHLORE, 
par heure 158 litres d'hydrogène et 79 d'oxygène. 
En comptant l'amortissement des appareils, chaque 
gaz revient ainsi à 30 ou 35 centimes le mètre 
cube. 

Fabrication électrolytique du chlore. — Nous 
indiquons plus loin(l) des méthodes permettant d'ob- 
tenir des liquides désinfectants et décolorants. On peut 
préparer d'une manière analogue du chlore gazeux, 
susceptible d'être employé soit pour la fabrication du 
chlorure de chaux, soit pour l'extraction du brome et 
de l'iode. 

Quand on électrolyse une solution concentrée de 
sel marin, le chlorure est seul décomposé, tandis que 
l'eau l'est en même temps si le liquide est étendu. Le 
chlore se rend à l'électrode positive ; le sodium va à 
l'autre pôle et décompose l'eau avec dégagement 
d'hydrogène. 

Pour recueillir le chlore, il faut empêcher la soude 
ainsi produite d'arriver par diffusion jusqu'au voisi- 
nage de l'anode, car il se produirait de l'hypochlorite 
de sodium. Dans ce but, on sépare les deux électrodes 
par une cloison poreuse et l'on élimine la soude, à 
mesure qu'elle se forme, en faisant arriver près de la 
cathode un courant d'anhydrMe carbonique qui pro- 
duit du bicarbonate de sodium : ce sel, qui est pres- 
que insoluble dans la dissolution concentrée de sel 
marin, se précipite. 

M. Fogh emploie une cuve fermée par un couvercle 
et divisée en deux parties par une cloison d'amiante. 
L'anode est en charbon de cornue, la cathode en fer ; 
la dissolution de sel marin est maintenue saturée. 



(1) Voy. Désinfection. 



FABRICATION ÉLECTROLYTIQUE DU CHLORE. 213 
L'opération est continue. Le chlore, presque pur, 
s'échappe par un tube fixé sur le couvercle. 

L'électrolyse du sel marin est aussi employée depuis 
peu de temps à Londres, au Phœnix Warf, Church 
Road, Baltersea, pour préparer à la fois le chlore et 
la soude. Ce procédé, dû à M. Greenwood, se dis- 
tingue de ceux qui avaient été essayés inutilement 
jusqu'à présent par l'emploi de cloisons poreuses 
séparant les deux électrodes et formées de pièces 
d'ardoise en forme de V, empilées les unes sur les 
autres et séparées par de l'amiante tassée. Les cathodes 
sont en fer, les anodes en métal recouvert de plaques 
de charbon rendues imperméables et inattaquables 
par le chlore naissant. 

La Compagnie Phœnix se sert d"une batterie de 
5 grands récipients, montés en tension et renfermant 
chacun 5 anodes et li cathodes groupées en quantité: 
les 50 compartiments formés par les anodes sont reliés 
en série par des tubes en vulcanite ou en fer émaillé, 
permettant au liquide de circuler dans toute lalongueur 

de l'appareil. A l'extrémité du récipient, ce liquide 
est puisé par une pompe et refoulé dans des bacs pour 
être traité de nouveau. 

Les compartiments des cathodes sont réunis de 
même, et le liquide est refoulé dans des bacs où la 
soude est concentrée et débarrassée du sel dissous par 
refroidissement. 

Le chlore dégagé traverse 4 absorbeurs, remplis 
d'un lait de chaux qu'on agite constamment. L'inten- 
sité nécessaire est de 200 ampères et la différence 
de potentiel de 4,4 volts par élément. D'après 
M. Preece, la décomposition d'une tonne de sel marin 
coûterait 83 francs, ce qui donnerait pour la soude et 









21 i ÉPURATION ÉLECTROLYTIQUE DE L'EAU, 

le chlorure de chaux un prix de revient égal au tiers 
environ du prix de fabrication parles procédés chimi- 
ques ordinaires. 

Préparation électrolytique de la céruse. — M. Bot- 
tome, d'Hoosick (New- York), a imaginé un procédé 
électrolytique pour la préparation de la céruse, qui est 
appliqué industriellement. Le produit obtenu paraît 
couvrir aussi bien que la céruse ordinaire, et la fabri- 
cation aurait l'avantage de n'être pas insalubre comme 
les procédés chimiques. 

On fait dissoudre -225 grammes d'azotate de soude et 
une égale quantité d'azotate d'ammoniaque dans 
4,5 litres d'eau. On fait passer ensuite dans la solution 
un courant d'acide carbonique, obtenu par la calcina- 
tion du calcaire, et l'on soumet en même temps le bain 
à l'électrolyse au moyen d'électrodes en plomb. Le 
blanc de céruse se précipite rapidement; on l'enlève 
de temps en temps et on le sèche. 

Épuration électrolytique de l'eau. — Au contact 
de l'air et de l'oxyde de fer, les matières organiques 
contenues en petite quantité dans l'eau sont rapide- 
ment détruites. Le procédé Anderson, basé sur cette 
réaction, est employé à Anvers depuis plusieurs 
années pour la purification des eaux de la Grande 
Nèthe, destinées à la consommation. L'eau passe dans 
des cylindres tournants remplis de rognures de fer, 
où circule un violent courant d'air. Il se forme du 
carbonate ferreux, qui se dissout dans l'eau et se dé- 
compose ensuite à l'air en anhydride carbonique et 
hydrate ferreux, que l'oxygène transforme bientôt en 
hydrate ferrique ; en même temps, les matières orga- 
niques sont brûlées ou entraînées dans ce dépôt, 
qu'un filtre de sable suffit à retenir. D'après M. Van 




BLANCHIMENT ELECTRIQUE. 



213 



Ermengen, l'eau soumise à ce procédé peut être re- 
gardée comme à peu près stérilisée. 

Il semble, d'après une série d'expériences faites en 
grand en Amérique, que l'efficacité du procédé soit 
encore accrue lorsqu'on remplace l'oxygène de l'air 
par celui qui provient de l'électrolyse de l'eau. L'opé- 
ration se fait alors dans des cuves allongées renfer- 
mant une série d'anodes en fer et de cathodes en 
charbon. L'eau circule très lentement. Il se forme.de 
l'oxyde de fer, qui vient flotter à la surface, soutenu 
par les bulles d'hydrogène, et s'écoule en grande 
partie par un trop-plein. En même temps, les matières 
organiques sont détruites. L'eau sort presque limpide 
et se rend dans un réservoir où elle laisse les dernières 
parcelles d'oxyde de fer : elle est ensuite filtrée. 

Traitement électrique du vin. — L'électricité per- 
met de détruire les germes sans échauffer les liquides. 
Le courant continu est peu efficace et a en outre 
l'inconvénient de décomposer les sels en dissolution, 
ce qui altère le vin, diminue son titre alcoolique et 
augmente son acidité. M. de Méritens propose d'em- 
ployer à cet usage les courants alternatifs de sa ma- 
chine magnéto-électrique, qui donne des résultats 
très supérieurs. Des essais, poursuivis pendant 
plusieurs mois sur des vins de toute provenance, ont 
donné, dit-on, d'excellents résultats. Le même procédé 
peut servir à purifier les alcools d'industrie. 

Blanchiment électrique. — Afin d'éviter l'action 
du chlore et de ses composés, qui pourraient altérer 
la solidité du papier, M. Villon emploie l'ozone. Le 
bas prix auquel on obtient aujourd'hui l'oxygène 
(0,50 fr. le m. c.) rend ce procédé très pratique. 
M. Villon emploie un appareil ozoniseur à grand 












216 DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE. 

débit formé d'une caisse en bois dur, revêtue inté- 
rieurement de dalles en verre fixées par des tenons et 
des mortaises. Un vernis à la gomme laque et à la 
paraffine rend les joints complètement étanches. Cette 
caisse, hermétiquement close, renferme des cellules 
en verre contenant des grains de plomb ou de petits 
morceaux de charbon de cornue, et communiquant 
alternativement, par des toiles métalliques qui 
plongent dans toute leur longueur, avec les deux pôles 
d'une puissante bobine de Ruhmkorff, alimentée par 
une dynamo. L'oxygène circule dans les espaces mé- 
nagés entre les cellules et traversés sans cesse par les 
effluves électriques. Avant de pénétrer dans l'appareil 
ii/.oiiiscur, l'oxygène traverse d'abord un réfrigérant, 
qui abaisse sa température à 5°, afin d'augmenter la 
proportion d'ozone. 

A la sortie de la caisse, l'oxygène ozonisé arrive, 
par la partie inférieure, dans des chambres en bois 
contenant la pâte et disposées comme celles qui 
servent pour le blanchiment au chlore gazeux. Le 
gaz traverse toute la masse, qu'il décolore rapidement : 
il est ensuite desséché par l'acide sulfurique et re- 
tourne au gazomètre, pour être de nouveau employé. 
L'opération est très rapide et n'attaque pas la cellu- 
lose. L'économie est de 40 p. 100 sur le procédé élec- 
trolytique et de 70 p. 100 sur le blanchiment au 
chlorure de chaux. 

Désinfection électrolytique. — On sait que 
M. Hermite a imaginé une méthode ayant pour but 
d'appliquer l'électrolyse des chlorures au blanchi- 
ment et à la désinfection. 

Cette méthode ayant reçu dans ces dernières 
années une nouvelle extension, nous croyons utile 



DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE. 



217 



de donner à ce sujet quelques nouveaux détails. 
Désinfection des navires. — L'emploi des désinfec- 
tants chimiques à bord des navires a l'inconvénient 
d'exiger des produits chimiques coûteux, encombrants, 
d'un maniement difficile et même dangereux ; en re- 
courant à l'électrolyse de l'eau de mer, on peut sim- 
plifier beaucoup cette opération. 

On sait que le procédé Hermite est basé sur le prin- 
cipe suivant : Quand on fait passer un courant 
électrique dans une dissolution aqueuse d'un chlorure, 
de préférence le chlorure de magnésium ou un 
mélange de chlorure de magnésium et de chlorure de 
sodium, comme l'eau de mer, par exemple, ce chlo- 
rure est décomposé en même temps que l'eau ; il 
se forme au pôle positif un composé oxygéné du chlore 
très instable et doué d'un grand pouvoir d'oxydation, 
et partant de désinfection. Au pôle négatif, il se 
forme un oxyde qui a le pouvoir de précipiter cer- 
taines matières organiques. Par l'électrolyse on obtient 
donc, dans ces conditions, un liquide qui a les pro- 
priétés suivantes : 

1° De détruire complètement les matières organiques 
résultant de la putréfaction, et aussi les gaz, tels 
que l'hydrogène sulfuré, le sulfhydrate d'ammo- 
niaque, les carbures d'hydrogène, et les germes ou 
microbes; 

2° De précipiter certaines substances, telles que les 
matières albuminoïdes, etc., et par conséquent de cla- 
rifier les eaux. 

A bord des navires, la dissolution de chlorure 

dont on a besoin pour l'application du procédé 

Hermite est toute trouvée et ne coûte rien : c'est l'eau 

de mer. Le seul passage de cette eau de mer dans un 

J. Lefèvre. — Nouv. électr. 13 



218 DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE. 

électrolyseur (Dict. d'électricité, page 86) suffit pour 
lui communiquer des propriétés désinfectantes de 
premier ordre. Une simple machine, sous la surveil- 
lance du mécanicien, permet de faire circuler sans 
cesse, jour et nuit, un liquide pur et désinfectant dans 
toutes les parties du navire. Comme ce liquide est 
employé très abondamment, il n'est pas nécessaire de 
le charger beaucoup du principe désinfectant; il en 
résulte que l'odeur est pour ainsi dire nulle et le ren- 
dement électrique maximum. 

Les électrolyseurs qui servent à cette opération sont 
bien connus; ce sont ceux qu'on emploie dans le pro- 
cédé de blanchiment du même inventeur. On fait 
généralement passer dans ces appareils un courant de 
1000 à 1200 ampères. Des instruments de mesure 
simples et robustes sont placés dans le circuit et per- 
mettent de se rendre compte à chaque instant de la 
puissance absorbée et de la bonne marche de l'ins- 
tallation. 

La figure 101 représente un dispositif complet et 
très compact pour navires. Une machine à vapeur A 
commande directement une dynamo B, qui fournit le 
courant à l'électrolyseur C. L'eau de mer est puisée 
par la pompe à vapeur D dans la cale ou dans le réser- 
voir F et amenée dans l'électrolyseur, d'où elle retourne 
à la cale E. On peut aussi la recueillir dans un réser- 
voir spécial G, ou la distribuer par une canalisation/^ 
en tous les points du navire. Enfin le tuyau h conduit 
ce liquide dans la cuve J, où l'on peut faire descendre 
un wagonnet K en treillis de fer galvanisé, contenant 
du linge sale ou d'autres objets à purifier. 

Désinfection des villes et des maisons. — Le liquide 
désinfectant produit par la méthode Hermite convient 



DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE. 219 

à tous les usages, car il possède un pouvoir anti- 
septique considérable ; ladissolutioncontenantogram- 
mes de chlore par litre agit comme la solution de 
sublimé corrosif au millième, cpui est employée comme 

n\ 




Fig. 101. — Appareil pour la désinfection des navires, système 
Hermite. 

antiseptique dans les hôpitaux. « L'eau de mer ainsi 
électrolysée est un désodorisant parfait et un excellent 
antiseptique, qui détruit très rapidement les micro- 
organismes les plus résistants, à la condition expresse 
d'assurer un contact intime du microorganisme et de 
l'eau électrolysée (1). » 

(1) Rapport du D r A. Piton au Conseil municipal de Brest, 
21 février 1894. 






220 DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE. 

10 grammes de matières fécales sont stérilisés en 
moins d'une heure par 500 centimètres cubes d'eau 
électrolysée, renfermant 5 grammes de chlore (1). 

Partant de ces propriétés, M. Hermite propose 
d'établir dans chaque ville une usine centrale," pro- 
duisant le liquide antiseptique par le simple passage 
dans une batterie d'électrolyseurs d'eau de mer natu- 
relle ou artificielle (eau ordinaire contenant 30 kg. de 
sel marin et 6 kg. de chlorure de magnésium pour 
1000 litres). Ce désinfectant est refoulé comme de 
l'eau ordinaire dans une canalisation placée dans 
toutes les rues, et amené par des branchements dans 
les maisons, où il alimente les plombs, les éviers, les 
réservoirs de chasse des cabinets d'aisances, etc. 

Un appareil fort simple, appelé siphon dilueur, est 
intercalé entre le tuyau de chute des cabinets d'aisances 
et l'égout ; la dimension de cet appareil est calculée 
de telle sorte que les matières fécales y séjournent un 
temps suffisant pour se trouver complètement stéri- 
lisées. 

Le liquide, absolument inodore et inoffensif, se rend 
directement à l'égout, contenant encore un léger 
excès de désinfectant, ce qui assure la parfaite désin- 
fection des égouts. 

Le tout à l'égout par ce système est donc bien résolu, 
puisque les habitants contribuent à l'assainissement 
de l'égout au lieu de l'infecter ; toutes les eaux qui en 
sortent peuvent, sans inconvénient, être jetées à la 
mer ou dans les ûeuves ou rivières. Les eaux ména- 
gères venant des plombs et éviers passent dans un 
autre siphon dilueur avant de se rendre à l'égout. 



(I) Expériences du D r J. de Christuias, 



1894. 



DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE. 



221 



Ce siphon dilueur est alimenté par un réservoir de 
chasse automatique, calculé de façon à y envoyer de 
temps en temps une certaine proportion de désin- 
fectant. 

Des bouches de lavage, établies au bord des 
trottoirs, permettent de nettoyer complètement tous 
les ruisseaux et les égouts avec le désinfectant, au 
moyen de chasses faites à certaines heures; ceci 
constitue le service municipal. 

On peut arroser la chaussée avec le désinfectant au 
moyen de lances ou de tonneaux d'arrosage absolu- 
ment comme pour l'eau ordinaire, ce qui assure la 
destruction des microbes ou germes contenus dans la 
poussière des rues. 

Moyennant une dépense très faible, les habitants 
peuvent avoir dans les cuisines, à côté du robinet 
d'eau potable, un robinet de jauge leur donnant le 
liquide désinfectant, dont ils apprécieront bien vite 
l'utilité pour le lavage des parquets, du linge des 
malades, etc. 

Le liquide antiseptique pourrait encore servir au 
blanchissage du linge, préalablement lessivé. 

L'adoption de ce système entraînerait en outre une 
grande économie d'eau potable. 

La canalisation peut être formée de tuyaux en 
fonte goudronnés à chaud, comme pour l'eau ordi- 
naire, ou de tuyaux en fonte non goudronnés, qu'on 
recouvre d'une couche protectrice d'oxyde de fer et 
de magnésie par l'électrolyse du liquide chloruré. 

En attendant l'installation d'usines centrales, les 
habitants des villes qui possèdent déjà des stations 
électriques peuvent à peu de frais produire eux- 
mêmes le liquide désinfectant pour leurs usages 



H 












222 DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE. 

domestiques. Il suffit de faire passer le courant de la 
station centrale dans un réservoir constamment rempli 
d'eau de mer naturelle ou artiGcielle. L'appareil 
fabriqué pour cet usage se compose d'une série de 
tubes en fonte galvanisée d'une forme spéciale, 
constituant le pôle négatif, et dans lesquels passe le 
liquide ; ces tubes renferment les électrodes positives 
en platine. Le nombre des tubes ou éléments varie 
avec la force électromotrice du courant. 

La figure 102 montre l'application d'un de ces 
électrolyseurs domestiques à des cabinets d'aisances. 
L'électrolyseur b reçoit l'eau de mer, naturelle ou 
artificielle, du réservoir a; le liquide électrolysé ou 
kermiline se rend au réservoir de chasse e et de là à 
la cuvette d. Un robinet m permet de régler le débit de 
l'eau de mer et par suite le titre del'hermitine, qu'on 
peut d'ailleurs ramener au degré voulu en amenant 
de l'eau douce parle robinet n. 

En tirant la chaîne q, on produit la chasse désin- 
fectante ; mais, en même temps, on fait arriver une 
nouvelle quantité d'eau de mer dans l'électrolyseur et 
l'on déclenche automatiquement le commutateur o, 
qui lance le courant. Dès que le réservoir dédiasse est 
de nouveau rempli, le flotteur p, agissant par l'inter- 
médiaire de leviers sur les robinets un' et sur le com- 
mutateur o, interrompt à la fois le courant et le 
passage du liquide. 

Procédé Webster. — Nous ajouterons aussi quelques 
détails sur le procédé Webster, qui est employé en 
Angleterre depuis quelques années. 

On sait que M. Webster a également proposé de 
soumettre les eaux d'égout à l'électrolyse pour les 
purifier et pour précipiter les matières en suspension. 




I 
I 



Fig. 102. — Désinfection des cabinets d'aisances par le procédé 
Hennite. 









1 



224 DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE. 

Il emploie comme anodes des lames d'un charbon 
spécial, et comme cathodes des plaques de fer. Grâce 
aux chlorures que contiennent toujours les eaux 
vannes, il se forme dans ces conditions des composés 
oxygénés du chlore, qui produisent une combustion 
presque immédiate des matières organiques en sus- 
pension, et de l'oxyde ferrique, qui rend la désin- 
fection plus efficace. 

Les électrodes, réunies en série ou en dérivation 
avec une dynamo, sont placées dans des canaux où 
l'eau d'égout passe pendant quelques minutes; elle 
reste ensuite environ une heure dans un bassin de 
décantation, puis elle est rejetée. 

Cette méthode a été expérimentée à Crosness, où 
l'on traite 4 000 à 5000 mètres cubes d'eau par jour : 
on a constaté que 31 grammes de chlore naissant 
suffisent pour désinfecter 4,5 litres des eaux vannes 
de Londres, après élimination des matières en sus- 
pension. En général, on peut purifier environ 5 litres 
d'eau vanne par ampère et par dix minutes, lorsque 
cette eau ne renferme pas de résidus d'usines. La 
proportion des matières en suspension est seule 
diminuée ; les quantités d'azote et de chlorures restent 
à peu près invariables. 

Il faudrait, d'après The Electrical Engineer, une 
puissance de 27 chevaux pour désinfecter 4500 mètres 
cubes d'eau par jour ; l'usure des électrodes de fonte 
s'élèverait à 1 300 tonnes par an pour une ville de 
1 million d'habitants. 

Le même procédé, appliqué en 1889 aux matières 
du dépotoir de la Villette, a permis de concentrer les 
substances solides, en donnant à la surface un liquide 
relativement inodore et désinfecté. 



EXTRACTION ET BLANCHIMENT DE LA FÉCULE. 225 
Extraction et blanchiment de la fécule. — 
M. Hermite a appliqué l'électrolyse à la préparation de 
la fécule, dans le but de supprimer les inconvénients 
inhérents soit au procédé par râpage, soit à la mé- 
thode chimique, c'est-à-dire : 

1° De supprimer l'inconvénient des eaux calcaires 
en y précipitant la chaux ; 

2° De séparer facilement la fécule du parenchyme 
et des matières albuminoïdes ; 

3° D'empêcher les fermentations pectique et lactique, 
aussi bien dans le gras que dans la fécule verte, et de 
faciliter le travail du gras en rendant facile l'extraction 
de ces résidus, sans l'emploi de l'acide sulfurique, 
d'une fécule aussi pure que la fécule première ; 

4° De détruire les huiles essentielles sans porter at- 
teinte à la matière amylacée et de supprimer ainsi 
l'odeur caractéristique de la fécule de l'Oise ; 

5° De donner à la fécule une blancheur semblable 
à celle des fécules hollandaises ou allemandes de la 
marque BKMF, et cela sans courir les risques que pré- 
sente l'emploi du chlorure de chaux liquide; 

6° De donner comme excréta : 1° des pulpes conte- 
nant la plus grande quantité possible de principes 
azotés; 2° des eaux non susceptibles de fermentation. 
Le principe de ce procédé est le même que celui 
des autres méthodes de M. Hermite; nous en emprun- 
tons la description à l'auteur : 

« Si on fait passer un courant électrique dans une 
dissolution aqueuse d'un sel, de préférence un chlo- 
rure, ce sel est décomposé en même temps que l'eau : 
il se forme au pôle positif un composé oxygéné du 
chlore très instable, doué d'un grand pouvoir d'oxyda- 
tion et partant de désinfection. Au pôle négatif, il se 

13. 



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I 

r 



226 EXTRACTION ET BLANCHIMENT DE LA FÉCULE. 

forme un oxyde qui a le pouvoir de précipiter les ma- 
tières organiques. 

» Ce principe posé, supposons que nous ayons à 
traiter une eau très calcaire : ajoutons-y une faible 
quantité de chlorure de sodium (sel marin) et sou- 
mettons-la à l'électrolyse. Au pôle positif, il y aura 
formation d'un composé oxygéné du chlore, tandis 
qu'au pôle négatif il y aura formation de soude caus- 
tique. Cette soude caustique, réagissant sur les sels 
calcaires de l'eau, précipitera la chaux en transfor- 
mant le carbonate de chaux en chaux et carbonate de 
soude, le sulfate de chaux en chaux et sulfate de soude, 
les sels de fer en oxyde ferreux et en sels de soude. 
Par repos, la chaux insoluble se précipitera. Si au 
chlorure de sodium on a ajouté quelques traces de 
chlorure d'aluminium, on aura formation d'alumine 
gélatineuse, l'un des meilleurs clarifiants connus, qui 
précipitera la chaux restée en suspension. 

« En dehors des sels calcaires, l'eau contient souvent 
des matières organiques, des germes, des ferments, 
de l'hydrogène sulfuré, des sulfures et des carbures 
d'hydrogène. Le composé oxygéné du chlore obtenu 
au pôle positif agira puissamment sur ces divers com- 
posés et, en leur abandonnant son oxygène, les trans- 
formera soit en acide sulfureux, soit en sulfates. 

«Ainsi donc, en ajoutant à l'eau destinée à l'extrac- 
tion de la fécule une faible quantité de sel marin et 
en l'électrolysant, on peut la débarrasser des sels cal- 
caires dont on a vu les fâcheux effets, et la charger 
d'un principe antiseptique très puissant, le composé 
oxygéné du chlore. Un appareil peut purifier ainsi 
environ 500 litres d'eau à la minute. Le premier point 
du programme, supprimer l'inconvénient des eaux 



EXTRACTION ET BLANCHIMENT DE LA FÉCULE. 227 

calcaires en y précipitant la chaux, se trouve donc 
rempli. 

« Si l'on examine les matières albuminoïdes con- 
tenues dans le parenchyme et dans l'eau de végétation, 
on voit que l'albumine végétale, lalégumine, la glo- 
buline,. la fibrine végétale, la mucidine, la gélatine 
végétale, lamyosine, sont toutes très solubles dans les 
bases alcalines. Il résulte alors de cette propriété que 
ces matières, se trouvant en présence d'une eau élec- 
trolysée comme nous l'avons indiqué, et à laquelle 
on aura ajouté du carbonate de soude, se dissoudront 
avec facilité. Le pectate de chaux, la pectine, les 
corps azotés, seront, sous cette même influence, trans- 
formés en sels solubles ; enfin la vasculose, oxydée 
par l'oxygène provenant du composé chloré, se chan- 
gera en acide résineux, soluble, lui aussi, dans le car- 
bonate de soude, ainsi que l'a démontré Frémy. 

« La séparation du parenchyme et des matières al- 
buminoïdes de la fécule sera donc grandement faci- 
litée, et le second point du programme rempli. En 
raison même de sa puissance d'oxydation, le composé 
oxygéné du chlore constitue un antiseptique puissant. 
Les expériences de Nocard à Alfort. de Puech à Tou- 
louse, ont démontré que l'oxygène naissant, et c'est 
précisément dans cet état qu'il se trouve dans le com- 
posé oxygéné du chlore, avait sur les ferments une 
action destructive des plus nettes. Les anaérobies ne 
peuvent vivre dans ce milieu oxygéné et les aérobies 
sont attaqués dans leur constitution même et détruits 
par l'oxygène d'une façon identique à l'action de l'a- 
cide sulfurique sur le corps humain. 

« Les fermentations pectique et lactique ne peuvent 
donc pas plus se produire dans une fécule verte ayant 



* I 



I 

H 



228 EXTRACTION ET BLANCHIMENT DE LA FÉCULE. 

été traitée par l'eau électrolysée que ne se produit la 
fermentation putride dans les eaux vannes également 
électrolysées. Ces fermentations se trouvent empêchées 
aussi bien dans les gras que dans la fécule verte par 
l'emploi d'eau électrolysée ; le procédé Hermite répond 
donc bien au troisième point du programme et son 
emploi empêchera la formation des pectates et des lac- 
tates de chaux, qui gênent si souvent les fabricants de 
glucose. 

« En présence des carbonates alcalins, les huiles 
essentielles se transforment en corps solubles et ino- 
dores ; or, la liqueur éléctrolytique contient, comme 
on l'a vu, ces carbonates : ils saponifieront donc ces 
huiles et en débarrasseront la fécule. Ce procédé de 
purification des fécules de l'Oise a été depuis long- 
temps indiqué, mais nous ne savons pas que, dans la 
pratique, on en ait jamais fait usage. Si l'extraction 
par les alcalis se trouvait incomplète, l'oxygène pro- 
venant du composé oxygéné du chlore agirait sur les 
huiles en les transformant facilement par oxydation 
en produits gazeux. La destruction des huiles essen- 
tielles et la désodorisation de la fécule, qui consti- 
tuent le quatrième point du programme, se trouveront 
donc encore résolues par l'emploi du procédé 
Hermite. 

« Le sixième consiste à rendre infermentescibles 
les eaux résiduaires et à fixer dans la pulpe le plus de 
matières azotées possible. Le composé oxygéné du 
chlore ayant, ainsi qu'on l'a démontré tout à l'heure, 
détruit les ferments, les eaux résiduaires ne seront plus 
susceptibles de fermenter et elles pourront, sans 
crainte aucune, être utilisées pour l'irrigation ; d'autre 
part, les composés azotés ayant été transformés en 



TANNAGE ÉLECTROLYTIQUE. 229 

sels fixes, les chances de perte d'azote seront de beau- 
coup diminuées. 

« Reste encore un point que nous avons négligé, 
celui du blanchiment de la fécule. Ce blanchiment, le 
composé oxygéné du chlore permettra de l'obtenir 
facilement, car son pouvoir oxydant est en même 
temps un pouvoir blanchissant très énergique. C'est, 
non point au chlore, en effet, mais bien à L'oxygène 
que sont dus les effets blanchissants des divers 
chlorures; le composé oxygéné du chlore qui se trouve 
dans le liquide électrolytique, abandonnant avec une 
très grande facilité son oxygène, blanchira donc la 
fécule sans présenter aucun des dangers du chlorure 
de chaux, qui dissout la granulose. » 

Les électrolyseurs employés pour cette méthode 
sont semblables à ceux qui servent pour le blanchi- 
ment électrolytique. 

Tannage électrolytique. — De nouveaux procédés 
de tannage électrique ont été misen essai dans ces der- 
nières années. La méthode imaginée par MM. Worms 
et Balé, en 1889, a été adoptée par The Britisk 
Company limited : l'opération se fait dans un vaste 
tambour, de plus de 2,30 m. de diamètre, mobile 
autour d'un axe horizontal, et rempli jusqu'au tiers 
du liquide tannant, additionné d'essence de téré- 
benthine. Les peaux sont suspendues à l'intérieur de la 
partie périphérique du tambour et les électrodes sont 
disposées à l'extérieur. Le procédé est d'ailleurs tenu 
secret. 

La méthode de M. Groth, appliquée dans son usine 
The Grange, à Bermondsey, a été également installée 
par M. Hauenstein dans l'usine de M. E. Pollet, à 
Verviers. L'appareil Groth se compose soit d'une cuve 






I 

I 



230 EXTRACTION DE L'ALUMINIUM, 

circulaire, portant en son centre un cadre tournant qui 
supporte les peaux, soit d'une cuve rectangulaire, 
munie également d'un cadre qui porte les peaux et 
qui est animé d'un mouvement de va-et-vient, pro- 
duit par une bielle et un système de roues ; c'est ce 
dernier dispositif qui a été adopté à l'usine de 
Verviers. 

Le courant est fourni par une dynamo en série de 
75 volts et 15 ampères, capable d'alimenter six cuves 
rectangulaires. L'intensité employée ne doit pas 
dépasser sensiblement 2 ampères. Pour 40 peaux de 
bœufs et vaches, pesant 1 380 kg., sans les cornes, on 
emploie 1365 kg. de matières tannantes, se composant 
de: 

880 kg. d'écorce de chêne, à fr. 111 les 
100kg 132 fr. 

85 kg. d'écorce de mimosa, à fr. 40 les 
100 kg 3* » 

400 kg. extrait de tannin d'écorce de chêne, 

à lï. 40 les 100 kg J£0_ » 

Total 326 fr. 

La quantité de cuir obtenue étant de 723 kg., la 
dépense en matières tannantes s'élève à 0, 451 fr. 
par kg. de cuir. 



ÉLECTROMETALLURGIE. 

Les méthodes appliquées à l'électrométallurgie, 
étant encore dans la période d'essai, se transforment 
sans cesse. Nous indiquons ici les plus récentes. 

Extraction de l'aluminium. — La préparation 
électrique de l'aluminium est une des plus intéres- 
santes, car, l'extraction chimique étant fort coûteuse, 



EXTRACTION DE L'ALUMINIUM. 



231 



c'est à l'électricité qu'on a eu recours pour abaisser le 
prix d'un métal susceptible de rendre de nombreux 
services. Ce prix est déjà descendu de 100 francs à 
8 francs le kilogramme. La Aluminium Industrie 
Actien Gesellschaft de Neuhausen (Suisse) se propose 
actuellement de livrer ce métal à 5 francs le kilo- 
gramme, prix comparable à ceux des métaux usuels, 
si l'on tient compte de la faible densité de ce corps. 

Les procédés actuellement à l'essai sont nombreux; 
il est à croire que, d'ici quelques années, l'expérience 
aura fait connaître ceux qui doivent être adoptés défi- 
nitivement. 

Nous avons décrit ailleurs (1) le procédé Cowles, qui 
a été le premier appliqué en Amérique, et qui consiste 
à réduire l'alumine par le charbon, sous l'influence 
de la chaleur dégagée par l'arc voltaïque. L'opération 
se fait dans un fourneau en briques réfractaires, garni 
de brasque faite avec du charbon et de la chaux. Les 
électrodes, placées dans le sens de la longueur, sont 
constituées par des faisceaux de crayons en charbon, 
encastrés dans une monture métallique. Elles sont in- 
clinées et se déplacent du dehors au moyen de crémail- 
lères ; on modifie leur distance pour régler le courant. 

Le procédé Cowles est employé actuellement à 
l'usine de Lockport et à celle de Milton; il ne con- 
vient guère qu'à la fabrication des alliages. 

Le procédé Héroult se rapproche beaucoup du pré- 
cédent, mais, au lieu d'opérer sur un mélange d'alu- 
mine et de charbon, on se sert d'alumine fondue par 
la chaleur même du courant; le charbon nécessaire à 
la réduction paraît emprunté aux électrodes. Sous 



0) Dictionnaire d'électricité, page 26 i 



232 



EXTRACTION DE L'ALUMINIUM. 



cette forme, le procédé Héroult ne peut donner que des 
alliages. 

D'autres méthodes n'emploient que des courants à 
basse tension; la réaction est due alors à l'électrolyse 
et non à la chaleur de l'arc. 

Tel est le procédé Héroult-Kiliani, qui donne le mé- 
tal pur. On ajoute pour cela à l'alumine de la cryolilhe 
(fluorure double d'aluminium et de sodium), pourfaci- 
liter la fusion. On soumet d'abord au courant la cryo- 
lithe seule, placée dans un four spécial. Cette sub- 
stance étant fondue, on ajoute, dans le voisinage de 
l'anode, de l'alumine hydratée préalablement calcinée 
et pulvérisée. Cet oxyde, réduit par le courant, donne 
de l'aluminium, qui tombe au fond du creuset. L'opé- 
ration marche d'une façon continue, si l'on ajoute 
constamment de l'aluminium. L'oxygène se porte sur 
l'anode, qui est en charbon, et la brûle peu à peu. On 
enlève l'aluminium toutes les vingt-quatre heures par 
un trou de coulée. 

L'appareil se compose (fig. 103) d'un creuset en 
tôle garni de charbon à l'intérieur et porté sur des 
supports isolants. 

L'électrode négative traverse le fond du creuset, 
dont elle est isolée électriquement. L'anode est sou- 
tenue par une potence, qui permet de l'élever ou de 
l'abaisser au moyen d'une vis. La première électrode 
est en métal, la seconde en charbon aggloméré. 

Dans les appareils les plus récents, on ne garnit 
plus de charbon les parois latérales de la cuve, mais 
seulement le fond; l'action refroidissante de l'air 
suffit à protéger ces parois, sur lesquelles se dispose 
une couche de cryolithe. 

Cette méthode est employée à Froges (Isère) et à 



EXTRACTION DE L'ALUMINIUM. 233 

Neuhausen (Suisse) (1). La production moyenne est de 
20 gr. par cheval-heure. Une force électromotrice de 
10 volts est suffisante. 

Le procédé Minet est utilisé à Calypso, près de 




^B^^»«ii^^^»à,. . • 



Fig. I()3. — Appareil Héroult. 

Saint-Michel (Savoie); le bain est alimenté avec un 
mélange d'aluminium, de cryolilhe et d'oxyfluorure 
d'aluminium. L'électrolyse du fluorure donne au 

(l)Voy., pour plus de détails, Lejf.al, L'aluminium, lemanga- 
nèse, le baryum, etc. Paris, 1894, p. 139. 






■ 



234 



EXTRACTION DE L'ALUMINIUM. 







pôle positif du fluor, qui régénère ce composé en 
attaquant l'aluminium. L'oxyfluorure compense les 
pertes de fluor, qui sont inévitables. On doit vérifier 
fréquemment la composition du bain et modifier en 
conséquence les proportions du mélange. 

L'opération se fait dans une cuve rectangulaire en 
fonte (flg. 104), chauffée par un foyer extérieur. Les 
parois sont reliées à l'électrode négative et reçoivent 
ainsi un léger dépôt d'aluminium, qui les protège 
contre l'oxydation. Les électrodes sont en charbon 
aggloméré. Le métal fondu se rassemble dans une 
cuve de même substance, placée au-dessous de l'élec- 
trode négative. 

Cette opération n'exige qu'une force électromotrice 
de 4 à 6 volts, avec une intensité de 1 ampère par 
centimètre carré d'anode. On obtient environ 30 gram- 
mes de métal par cheval-heure. 

Nous citerons encore le procédé de M. Camille 
Faure, qui, d'après l'auteur, devrait abaisser le prix 
de l'aluminium à 0,35 franc, soit au-dessous de celui 
du cuivre. Ce procédé consiste à électrolyser le chlo- 
rure d'aluminium, additionné de sel marin à cause de 
sa trop grande volatilité. On obtient ainsi un bain qui 
fond à 240° et ne se volatilise qu'au rouge sombre. On 
chauffe doucement par un foyer extérieur et l'on fait 
passer un courant de 3000 ampères sous 4 volts, qui 
précipite 1 kilogramme de métal par heure. On donne 
au bain une grande section pour diminuer la résis- 
tance. 

Le chlorure d'aluminium est seul décomposé. Le 
chlore, dégagé à l'électrode positive, est employé à 
préparer du chlorure de chaux, ce qui couvre une 
partie notable des frais. Il suffit de renouveler cons- 



EXTRACTION DE L'ALUMINIUM. 



233 



tamment le chlorure d'aluminium pour rendre l'opé- 
ration continue. 

Le chlorure d'aluminium employé n'est pas un pro- 
duit naturel; M. Faure le prépare par l'action de 
l'acide chlorhydrique sur un mélange de bauxite et 
de charbon, dans un haut-fourneau. 

« Il est assez difficile de se prononcer maintenant 




Fig. 101. — Appareil Minet. 

sur l'avenir réservé à ces différents procédés. Je pense 
que les méthodes électriques sont destinées à l'empor- 
ter; car si, dans les méthodes chimiques, on est 
amené à préparer le sodium par l'électrolyse, il semble 
rationnel de supprimer cet intermédiaire : il ne pour- 
rait conserver d'utilité que pour la préparation de 
l'aluminium extra-pur, où jusqu'à présent les mé- 
thodes chimiques semblent mieux réussir que les 
autres. 






236 EXTRACTION DES MÉTAUX PRÉCIEUX. 

« Aucune de ces méthodes, du reste, ne résout le 
problème d'extraire l'aluminium de ses composés 
très répandus dans la nature, comme les argiles. Tou- 
tes sont encore obligées d'employer des matières 
pures, c'est-à-dire, soit des minerais rares comme le 
corindon, soit des produits artificiels. 

« La réduction du silicium, dont la présence est 
nuisible même dans les alliages, empêche de recourir 
aux substances non exemptes de silice. Malgré ces 
circonstances, le prix des matières premières ne cons- 
titue que le tiers ou le quart des frais : la main-d'œuvre, 
les opérations accessoires dans les méthodes chimi- 
ques, dans les autres cas, l'amortissement des grandes 
installations électriques se reportant sur une produc- 
tion assez faible, sont les causes principales de l'éléva- 
tion du prix de revient (1). » 

Extraction du chrome. — M. Placeta pu obtenir le 
chrome par l'électrolyse d'une solution aqueuse d'alun 
de chrome, additionnée d'un sulfate alcalin et d'une 
petite quantité d'acide sulfurique ou d'autres acides. 
Le dépôt obtenu à l'électrode négative présente un 
beau brillant et est constitué par du chrome pur, 
d'une belle couleur blanc bleuâtre. Dans certaines 
conditions, on peut avoir des groupements de cris- 
taux de chrome rappelant la forme des branches de 
sapin. 

On peut obtenir aussi, dans des bains analogues au 
précédent, un dépôt adhérent de chrome sur le laiton, 
le bronze, le cuivre, le fer. Ce dépôt présente un bel 
aspect métallique rappelant celui de l'argent oxydé. 

Extraction des métaux précieux. — On sait qu'il 

(I) U. Le Verrier, Note sur les progrès récents de la métal- 
lurgie. 



EXTRACTION DES MÉTAUX PRECIEUX. 



237 



est très difficile d'extraire l'or et l'argent des minerais 
complexes dans lesquels ils sont unis avec l'arsenic, 
l'antimoine, le soufre, parce que ces composés ne se 
laissent pas en général griller complètement, et résis- 
tent dans ce cas à l'amalgamation comme à la plu- 
part des réactifs. Ainsi les pyrites aurifères, qui se 
rencontrent assez fréquemment, restent souvent inu- 
tilisées lorsqu'elles ne sont pas très riches. 

Beaucoup de procédés ont été essayés inutilement 
pour utiliser ces minerais : la meilleure méthode paraît 
consister à traiter les résidus de grillage par le chlore 
gazeux, qui dissout l'or. 

L'électrolyse, qui produit facilement du chlore nais- 
sant, semble fournir une excellente solution. On 
fait passer les minerais dans une dissolution de sel 
marin ou d'autres chlorures, décomposée par un 
courant à haute tension. Le chlore dégagé au pôle 
positif attaque tous les composés de l'or et de l'argent, 
et ces deux mélaux se dissolvent à l'état de chlorure 
double. 

Un certain nombre de méthodes récentes utilisent 
la réaction qui précède. La plus pratique paraît être 
celle de M. Cassel, qui permet de dissoudre l'or et de le 
précipiter en une seule opération. 

L'opération se fait dans une auge de bois, dont les 
parois sont garnies de plaques de cuivre formant l'élec- 
trode négative. Dans cette auge tourne un tambour en 
matière poreuse telle que l'amiante, dont l'axe com- 
munique avec le pôle positif et porte des baguettes 
de charbon, qui viennent aboutir près de la cloi- 
son d'amiante. L'anode ainsi constituée est donc tou- 
jours séparée de la cathode par le diaphragme po- 
reux. 












238 



EXTRACTION DES MÉTAUX PRÉCIEUX. 



On remplit l'appareil d'une solution de sel marin, 
on fait passer le courant, puis on verse le minerai 
dans le tambour, qui tourne avec une vitesse de 
10 tours par minute. L'or se dissout, et le chlorure, 
traversant librement la cloison poreuse, va s'électroly- 
ser dans l'auge, de sorte que le métal se dépose, sous 
forme de poudre, sur les plaques de cuivre qui consti- 
tuent la cathode. Cette poudre est ensuite lavée, séchée, 
puis fondue et raffinée. 

Si le minerai est formé de blendes ou de pyrites 
cuivreuses, le zinc et le cuivre se dissolvent aussi et 
se déposent avec l'or. 

Dans cette méthode, on doit éviter que le bain 
devienne acide, car le fer qui se trouve toujours dans 
le minerai précipiterait l'or. Pour écarter cet incon- 
vénient, on bocarde le minerai avec du sel marin, et 
l'on ajoute une certaine quantité de chaux, qui pré- 
cipite le fer. 

Dans le procédé Body, on électrolyse une dissolu- 
tion de chlorure alcalin et de perchlorure de fer. 
L'opération se fait dans un cylindre tournant, conte- 
nant des boulets en fer. Le minerai est attaqué. L'or 
et l'argent se dissolvent, puis se précipitent de nou- 
veau par l'action du fer; ils restent donc mélangés au 
minerai, mais sous un état différent, qui les rend fa- 
ciles à amalgamer. On arrête alors la rotation et l'on 
ajoute du mercure. 

M. U. Le Verrier examine dans son livre les avan- 
tages et les inconvénients que présente l'application 
de l'électricité à la métallurgie (1). Il cherche en par- 
ticulier si la production de chaleur par l'électricité, 



(1) Le Verrier 
temporaine). 



la Métallurgie (Bibliothèque scientifique con- 



EXTRACTION DES MÉTAUX PRÉCIEUX. 239 

c'est-à-dire l'emploi du four électrique, peut être éco- 
nomique. 

« 11 est très difficile, dit M. Le Verrier, de calculer 
a priori quelle portion de l'intensité d'un courant on 
pourrait utiliser sous forme de chaleur. Mais, au 
point de vue pratique, le traitement de l'aluminium 
fournit une donnée réelle. On obtient couramment 
15 grammes de ce métal par cheval-heure, et, dans 
des essais soignés, on est arrivé à une production 
de 40 grammes. En tenant compte du poids des ma- 
tières qu'il faut fondre et admettant une tempé- 
rature de 1500°, il y aurait environ 60 calories uti- 
lisées (je ne tiens pas compte de la réduction de 
l'alumine, compensée par la combustion du char- 
bon des électrodes ou de celui qu'on ajoute dans 
la charge). 

« Prenons ce chiffre comme représentant l'utilisa- 
tion pratique qu'on peut espérer en général. Suppo- 
sons que le cheval-heure, produit par une force hy- 
draulique, revienne seulement à 1 centime, et que la 
tonne de houille vaille 20 francs : l'électricité donnera 
GO calories, pour le prix de 500 grammes de charbon, 
qui peuvent en dégager 3000. D'autre part, dans un 
four à bonne marche, comme dans les fours Siemens, 
l'utilisation peut atteindre 20 p. 100. C'est donc 
600 calories qu'on aurait pour lu même prix en chauf- 
fant avec de la houille. 

« Ainsi le chauffage par l'électricité serait 10 fois 
plus coûteux, et, dans la pratique, ce rapport pour- 
rait s'élever à 20. 

« Cet écart diminuerait pour les températures très 
élevées, et surtout pour les opérations où il faut 
chauffer en vase clos; car alors, comme dans la fusion 



240 



DÉPÔT DE COBALT. 






de l'acier en creuset, l'utilisation du charbon peut 
descendre au-dessous de 5 p. 100. 

« L'électricité offrira des avantages sérieux pour cer- 
taines opérations spéciales; elle permet de chauffer 
seulement un point déterminé, elle n'expose pas la 
matière au contact parfois dangereux du combustible 
ou des flammes; elle sera d'un maniement très com- 
mode dans les cas où le charbon serait à peu près 
impossible à employer. C'est ce qui arrive pour les 
soudures autogènes, qu'on ne pourrait guère faire au- 
trement (sauf avec le chalumeau à oxygène). Elle peut 
développer des températures irréalisables avec d'au- 
tres procédés et elle a seule permis jusqu'à présent 
d'une manière courante la réduction directe de l'alu- 
mine. 

« Il y a donc des cas où les combustibles ordinaires 
ne peuvent pas remplacer l'électricité. Mais, dans 
l'état actuel de la science, ce sont les seuls où l'emploi 
de cet agent comme producteur de la chaleur soit ra- 
tionnel. C'est un chauffage de luxe, auquel l'industrie 
ne peut recourir que contrainte et forcée, toutes les 
fois du moins qu'il s'agit d'opérations en grand, où le 
prix de revient de la chaleur joue un rôle assez im- 
portant pour être pris en considération. » (Le Verrier.) 



ÉLECTROCH1MIE. 



V 



Dépôt de cobalt. — Les dépôts électrolytiques 
de cobalt s'obtiennent facilement, même sous une 
grande épaisseur, de sorte qu'on peut même préparer 
par électrolyse des plaques, des cylindres ou 
des barres de métal massif. On emploie comme bain 



DÉPÔT D'ALUMINIUM. 241 

une dissolution concentrée de chlorure de cobalt pur 
ou additionné de sulfate ou de chlorure de magnésium, 
ou bien une solution de sulfate double de cobalt et 
d'ammoniaque. On prend pour anodes des plaques de 
cobalt laminé. Il suffit d'une force électromotrice 
de 2 volts avec une intensité suffisante pour que la 
première couche se dépose rapidement ; on diminue 
ensuite cette intensité. 

Le détail des opérations est le même que pour 
le nickelage. 

Les dépôts de cobalt paraissent appelés à prendre 
une certaine importance. Ce métal est analogue au 
nickel, qu'il peut remplacer fréquemment; cependant 
il est moins dur; en outre, il est attaqué par le vi- 
naigre, les acides, les corps gras, de sorte qu'il ne 
peut s'appliquer aux ustensiles de cuisine. 

Dépôt de palladium. — Ce dépôt peut se produire 
par simple immersion, mais il est préférable d'avoir 
recours àl'électrolyse. 

On peut se servir du bain suivant (Bouamt, la Gal- 
vanoplastie) : 

£?? ; 1000 grammes. 

Chlorure de palladium 5 _ 

Phosphate de sodium 100 — 

Sel ammoniac 20 

Borax 10 __ 

On emploie une anode de palladium et l'on chauffe 
légèrement. 

Ce métal est d'unbeau blanc et se conserve parfaite- 
ment à l'air. Il est surtout employé pour recouvrir le 
mouvement des montres ; il serait souvent préférable 
au nickel pour protéger le fer et l'acier. 

Dépôt d'aluminium. — La Tacony Iron and Plating 
J. Lbfèvre. — Nouv. électr. 14 









242 DÉPÔT D'AIUMINIUM. 

C de Tacony, Philadelphie, a entrepris de recouvrir 
d'un dépôt électrolytique d'aluminium un monument 
tout entier. Il s'agit d'une tour monumentale qui fait 
partie du nouvel hôtel de ville de Philadelphie. Cette 
tour est en marbre blanc sur une hauteur de 101 mètres, 
et en fonte sur le reste de la hauteur, 03 mètres ; elle 
est surmontée d'une statue en bronze de "VV. Penn. 
C'est la partie en fonte qu'on a voulu recouvrir d'alu- 
minium pour lui donner un aspect gris mat, s'harmo- 
nisant avec les tons du reste de la construction. 

Les objets à recouvrir sont amenés par un pont 
roulant dans un atelier renfermant 6 bacs en bois de 
7,5 m. de longueur, disposés en séries parallèles. 
Chaque pièce séjourne vingt-quatre heures dans le 
premier bac, qui contient une solution de soude 
caustique pour dissoudre les matières grasses ; elle 
reste ensuite pendant un temps égal dans le second 
bain, qui est légèrement acide et doit enlever les 
écailles d'oxyde, puis elle est rincée, passée au gratte- 
bosse d'acier et recouverte de deux couches de cuivre 
électrolytique, qui exigent un séjour de vingt-quatre 
et de soixante-deux heures dans les deux bacs suivants. 
Le cinquième récipient contient le bain d'aluminium ; 
00 anodes de 1,2 m. de longueur, 0,30 m. de largeur 
et 0,018 d'épaisseur, pesant 16 kilogrammes, sont 
suspendues autour de la pièce. L'épaisseur du dépôt 
est del,5G m. et correspond à 22,3 kilogrammes pour 
chaque colonne de 6 mètres de longueur; ce dépôt 
s'obtient en soixante-deux heures. Le dernier bac 
renferme de l'eau chaude pourrincer la pièce. L'opé- 
ration entière dure neuf jours, mais, comme elle se 
fait d'une manière continue, les objets terminés se 
succèdent à trois jours d'intervalle. 



CHAPITRE XII 



ACTIONS PHYSIOLOGIQUES; APPLICATIONS 
MÉDICALES. 



Autoconduction. — Action physiologique des courants d haute 
fréquence. — Production de ces courants par les machines 
statiques. — Secours à donner aux personnes foudroyées par 
les couranls. 



Autoconduction. — M. d'Arsonval a essayé un nou- 
veau mode d'électrisation des êtres vivants, auquel il 
donne le nom à' autoconduction, et qui consiste à isoler 
complètement le sujet de la source électrique et à le 
soumettre aux courants induits qui prennent naissance 
dans ses propres tissus. Ces courants peuvent acquérir 
une puissance considérable, et bien qu'ils ne pro- 
duisent aucune douleur ni aucun phénomène conscient 
chez l'individu qui en est le siège, ils agissent cepen- 
dant avec énergie sur la vitalité des tissus. 

M. d'Arsonval emploie pour cela un champ magné- 
tique oscillant de très haute fréquence, produit de la 
manière suivante : Le sujet est placé dans l'intérieur 
d'un solénoïde, formé d'un câble à lumière bien isolé, 
enroulé en une ou plusieurs couches sur un cylindre 
en matière isolante. Ce solénoïde est traversé par la 
décharge oscillatoire d'un condensateur, formé de 2 
à 12 bouteilles de Leyde cylindriques, disposées en 
deux batteries reliées en cascade, et chargé périodi- 



I 



L 






:' 



244 ACTION DES COURANTS A HAUTE FRÉQUENCE. 

quement par un transformateur donnant environ 
15 000 volts, qui est lui-même animé par un alternateur 
Siemens, sans fer, donnant au maximum 12 ampères 
et 350 volts, avec une fréquence de 60 périodes par 
seconde. 

On obtient ainsi des courants induits d'une grande 
puissance, qui peuvent porter à l'incandescence des 
lampes de 0,1 ampère, sans que la personne qui les 
tient éprouve la moindre sensation. Ces courants exer- 
cent une action énergique sur les phénomènes intimes 
de la nutrition. 

Action physiologique des courants à haute fré- 
quence. — M. d'Arsonval a étudié vers 1890 les effets 
physiologiques des courants alternatifs à grande fré- 
quence, tels que ceux de M. Tesla. Il avait constaté, 
dans des expériences antérieures, que, pour les cou- 
rants de basse fréquence, le nombre des secousses 
subies par le sujet augmente d'abord avec celui des 
inversions, et les diverses contractions vont en se 
fusionnant de plus en plus jusqu'à ce que le muscle 
reste en contraction permanente : il est alors tétanisé, 
ce qui exige pour les muscles de l'homme 20 à 30 exci- 
tations par seconde. Si l'on augmente encore le 
nombre des ondes, on accroît aussi l'intensité des phé- 
nomènes d'excitation, mais seulement jusqu'à un 
certain maximum, qui a lieu entre 2 500 et 5000 exci- 
tations par seconde. A partir de cette limite, les phé- 
nomènes vont en décroissant indéfiniment. Ainsi, 
avec des oscillations suffisamment rapides, on peut 
faire passer à travers l'organisme, sans qu'il soit 
perçu, un courant qui serait foudroyant si l'on abais- 
sait la fréquence. 

M. d'Arsonval a montré ce résultat par plusieurs dis- 






PRODUCTION DE COURANTS ALTERNATIFS. 



245 



positifs ; on peut employer celui de la fig. 2, p. 1G, mais 
on augmente l'étincelle en e par l'action d'un électro- 
aimant dont les pôles sont placés à angle droit avec 
elle. Dans ces conditions, quelles que soient la lon- 
gueur de l'étincelle en E et la bobine employée, on 
peut sans inconvénient tenir avec les mains les deux 
boules de l'excitateur, pourvu qu'on les saisisse 
lorsqu'elles sont encore au contact et qu'on les y 
ramène avant de les abandonner. 

D'après M. d'Arsonval, on peut expliquer cette inno- 
cuité par l'absence d'excitation ou mieux encore en 
admettant que ces courants exercent sur les centres 
nerveux et sur les muscles cette action si remarquable 
étudiée par Brown-Séquard sous le nom d'inhibition. 

Production de courants alternatifs à haute fré- 
quence par les machines statiques. — Le D r S. Leduc 
a obtenu avec ces machines des courants alternatifs à 
haute tension et à grande fréquence qui présentent 
des propriétés analogues à celles des courants de 
M. Tesla, et qui permettent de répéter le plupart de 
ses expériences. Il suffit de réunir les armatures ex- 
ternes des deux bouteilles de Leyde par un circuit très 
résistant. En écartant les boules de l'excitateur, on 
produit une série de décharges oscillatoires, et le 
circuit est parcouru par des courants alternatifs à 
haute tension et à grande fréquence. 

Ces courants peuvent être employés en médecine, 
soit en plaçant le sujet dans le champ magnétique 
oscillant, soit enl'électrisant à distance par étincelles, 
soit en mettant une électrode en contact avec la peau. 

«Lorsque l'étincelle entre les excitateurs se produit 
d'une façon continue, on peut tenir les deux électrodes 
à pleines mains sans percevoir aucune sensation ; mais, 

14. 










246 SECOURS A DONNER AUX PERSONNES FOUDROYÉES 

si on localise l'action du courant en promenant une 
pointe métallique mousse à la surface de la peau, le 
phénomène change complètement. L'action se fait à 
peine sentir tant que la pointe ne passe pas sur un 
nerf; mais aussitôt qu'elle rencontre un nerf sensitif 
ou moteur, les fonctions de celui-ci sont excitées dans 
toute sa distribution au-dessous de l'électrode ; la 
sensation dans les branches des nerfs sensitifs est 
tellement nette qu'elle permet de déterminer avec une 
grande précision les limites de la région innervée par 
le nerf excité. Un déplacement de l'électrode de moins 
d'un millimètre suffit pour faire disparaître entière- 
ment toute sensation. Ces courants constituent donc 
un moyen de localiser l'excitation nerveuse mieux 
qu'on n'a pu le faire jusqu'ici, et cette propriété fait 
espérer qu'ils seront utiles aux physiologistes pour 
déterminer les localisations fonctionnelles du système 
nerveux périphérique ou central. » 

Secours à donner aux personnes foudroyées par suite 
d'un contact accidentel avec des conducteurs électriques 
à courant continu (li. 

Article premier. — Toute personne foudroyée par 
suite d'un contact accidentel avec des conducteurs 
électriques devra toujours, même dans le cas où elle 
présenterait les apparences de la mort, recevoir avec 
la plus grande rapidité les soins indiqués ci-après. 

Premier cas. — Tout contact a cessé entre le corps de ta 
rietime et les conducteurs électriques. 

Art. 2. — On appliquera immédiatement le traite- 
ment suivant : 

(1) Ministère des travaux publics. (Circulaire du 19 août 1895.) 



PAR DES CONDUCTEURS A COURANT CONTINU. 247 

Instruction sur les premiers soins à donner aux fou- 
droyés, victimes des accidents électriques^ rédigée par 
l'Académie de Médecine. 



On transportera d'abord la victime dans un local 
aéré où on ne conservera qu'un petit nombre d'aides, 
trois ou quatre, toutes les autres personnes étant 
écartées. On desserrera les vêtementset on s'efforcera, 
le plus rapidement possible, de rétablir la respiration 
et la circulation. Pour rétablir la respiration, on peut 
avoir recours principalement aux deux moyens 
suivants : la traction rythmée de la langue et la res- 
piration artificielle. 

1° Méthode de la traction rythmée de la langue. — 
Ouvrir la bouche de la victime, et, si les dents sont 
serrées, les écarter, en forçant avec les doigts ou avec 
un corps résistant quelconque : morceau de bois, 
manche de couteau, dos de cuiller ou de fourchette, 
extrémité d'une canne, etc. 

Saisir solidement la partie antérieure de la langue 
entre le pouce et l'index de la main droite, nus ou 
revêtus d'un linge quelconque, d'un mouchoir de 
poche par exemple (pour empêcher le glissement), et 
exercer sur elle de fortes tractions répétées, successives, 
cadencées ou rythmées, suivies de relâchement ; en 
imitant les mouvements rythmés de la respiration 
elle-même au nombre d'au moins vingt par mi- 
nute. 

Les tractions linguales doivent être pratiquées sans 
retard et avec persistance durant une demi-heure, 
une heure et plus. 

2° Méthode de la respiration artificielle. — Coucher 






248 SECOURS A DONNER AUX PERSONNES FOUDROYÉES 

la victime sur le dos, les épaules légèrement soulevées, 
la bouche ouverte, la langue bien dégagée. 

Saisir les bras à la hauteur des coudes, les appuyer 
assez fortement sur les parois de la poitrine, puis les 
écarter et les porter au-dessus de la tête, en décrivant 
un arc de cercle ; les ramener ensuite à leur posi- 
tion primitive, en pressant sur les parois de la poi- 
trine. 

Répéter ces mouvements environ vingt fois par 
minute, en continuant jusqu'au rétablissement de la 
respiration naturelle. 

Il conviendra de commencer toujours par la mé- 
thode de la traction de la langue, en appliquant en 
même temps, s'il est possible, la méthode de la res- 
piration artificielle. 

D'autre part, il conviendra concurremment de cher- 
chera ramener la circulation en frictionnant la surface 
du corps, en flagellant le tronc avec les mains ou avec 
des serviettes mouillées, en jetant de temps en temps 
de l'eau froide sur la figure, en faisant respirer de 
l'ammoniaque ou du vinaigre. 

MESURES D'ORDRE TECHNIQUE. 



Deuxième cas. — La victime est encore en contact arec 
des conducteurs électriques. 

Art. 3. — Avant d'appliquer le traitement indiqué 
par l'Académie de Médecine, le sauveteur doit chercher 
à séparer le plus rapidement possible la victime des 
fils électriques, en évitant d'une manière absolue de 
toucher soit les fils, soit la victime avec les mains nues. 

L'accident peut se produire avec l'une des circons- 
tances suivantes : 



PAR DES CONDUCTEURS A COURANT CONTINU. 249 

A. Un fil est tombé sur le sol et louche la victime. 

B. La victime est suspendue. 

Selon l'une ou l'autre de ces circonstances, on 
opérera comme il esl dit ci-après : 
_ A. Un fil est tombé sur le sol et. touche la victime. — 
Ecartement des fils. — Si le sauveteur peut, sans 
toucher la victime, écarter le fil à l'aide d'un bâton, 
d'une canne ou d'un outil quelconque muni d'un 
manche en bois (a), il le fera en ayant soin : 

1° De ne toucher le fil qu'avec le bâton, la canne ou 
l'outil muni d'un manche en bois {a). 

2° De faire en sorte que le fil, dans cette manœuvre, 
ne vienne pas toucher le visage ou d'autres parties 
nues du corps de la victime. 

Si le sauveteur ne dispose pas immédiatement d'un 
bâton, d'une canne ou d'un outil muni d'un manche 
en bois (a), il devra, avant tout, commencer par se 
recouvrir les deux mains (b) soit de gants épais (c) 
soit d'étoffes sèches (d) d'une épaisseur suffisante {b-d). 
Cela fait il écartera le fil. 



(a) Le bois est conseillé parce qu'il est mauvais conducteur 
de l'électricité et intervient comme corps isolant. Si le manche 
en bois renferme une tige centrale métallique, il est nécessaire 
que cette tige soit complètement enveloppée de bois et n'apparaisse 
sur aucun point. 

[b) Souvent il suffira de retirer sa veste, son paletot, etc., 
de les mettre sens devant derrière, les mains restant à l'intérieur 
des manches, qui devront être tamponnées pour former une 
forte épaisseur entre la peau et le contact à faire. Si on a une 
blouse, on se l'enroulera autour de la main droite, et autour de 
la main gauche on enroulera un mouchoir, un gilet, etc. 

(c) Gants en laine compacte, de préférence genre dit moufles, au 
besoin plusieurs paires de gants. 

[d) Renseignements sur la valeur isolante des étoffes et des 
vêtements : 

Étoffes. Les étoffes à employer doivent être bien sèches ; 




250 SECOURS A DONNER AUX PERSONNES FOUDROYÉES 

Si, pour écarter le fil, il est nécessaire de toucher 
la victime, le sauveteur devra également, avant de rien 
faire, commencer par se recouvrir les deux mains 
comme il est dit au paragraphe précédent. 

Pendant cette opération il devra : 

1° Avoir soin que le fil ne revienne pas toucher le 
visage ou d'autres parties nues du corps de la victime. 

2° Toucher, autant que possible, la victime par des 
parties qui ne soient pas humides ou en état de 
moiteur, telles que les aisselles, les pieds, etc. 

Après avoir délivré la victime, on s'empressera de 
débarrasser des fils la voie publique afin d'éviter de 
nouveaux accidents. 

Déplacement de la victime. — S'il est plus facile de 
déplacer la victime que d'écarter le fil, on le fera en 
opérant avec les précautions qui viennent d'être 
indiquées tant pour le sauveteur (se recouvrir les deux 
mains (d), ne pas prendre la victime par des parties 
humides) que pour la victime (éviter le contact du fil 
avec le visage, etc.). 

Si la victime a les doigts crispés sur le fil, le 
sauveteur ouvrira de force la ou les mains de la 
victime, en écartant les doigts les uns après les autres 
et en opérant avec les mêmes précautions que ci- 
dessus. 



les plus convenables sont celles en laine; la flanelle et les cou- 
vertures en laine sont particulièrement convenables. 

Les étoffes en fil et en coton sont moins convenables, surtout 
en raison de leur faible épaisseur; avec une épaisseur minimum 
de 5 millimètres on a toute garantie, même avec les étoffes les 
moins convenables. 

Vêlements. Par analogie avec ce qui vient d'être dit, il faut 
prendre les draps en laine compacte de préférence et, dans le 
cas d'emploi de blouses en coton ou en toile, s'arranger pour 
avoir largement l'épaisseur minimum indiquée. 



PAR DES CONDUCTEURS A COURANT CONTINU. 2S1 
B. La victime est suspendue. — Prévoir sa chute et 
prendre A cet effet les précautions convenables. — A 
l'aide d'une échelle ou de tout autre moyen, on 
tâchera de s'élever jusqu'à la victime et de la délivrer 
en prenant pour la toucher ou pour toucher les fils les 
précautions indiquées ci-dessus. 

Cette opération est surtout urgente et doit être 
tentée par les moyens les plus rapides, si la victime est 
en contact avec deux fils différents. 

Si elle est suspendue A un seul fil, le danger immé- 
diat qu'elle court est moindre et l'on a un peu plus de 
temps, ce qui permet d'opérer d'une façon plus sûre. 
Quand on aura atteint la victime, on la suspendra 
par des cordes ou on l'accrochera par ses vêtements, 
et on la descendra en évitant qu'elle soit mise de 
nouveau en contact avec les fils. 

Si on ne peut éviter la chute, on prendra les pré- 
cautions nécessaires pour l'amortir et la rendre aussi 
inoffensive que possible au moyen de matelas, de 
bottes de paille, etc., étendus sur le sol. 

Si on ne peut atteindre la victime et la dégager, 
prévenir l'usine le plus vite possible. 

Art. 4. — Dans aucun cas, le sauveteur ne doit 
toucher un fil sans s'être recouvert les deux mains 
comme il est expliqué à l'article 3. 

Si des rails sont placés sur le sol, il doit éviter de 
les toucher même avec ses chaussures. 

Alors même que les deux mains sont recouvertes, 
conformément aux prescriptions, le sauveteur ne 
doit, en aucun cas, toucher simultanément deux lils 
différents et il s'abstiendra de toute manœuvre qui 
mettrait la victime en contact avec deux fils différents. 
Les personnes étrangères au service, à moins d'être 



252 SECOURS A DONNER AUX PERSONNES FOUDROYÉES 

très exercées au maniement des fils et appareils 
électriques et d'en connaître parfaitement toutes les 
causes de danger, ne doivent en aucun cas : 

1° Couperunou plusieurs conducteurs électriques; 

2° Chercher à établir un court circuit. 

Ces opérations ne peuvent être faites utilement et 
sans danger que par les personnes compétentes. 

En se conformant exactement aux précautions 
indiquées ci-dessus, le sauveteur ne court aucun 
risque, quand bien même il ressentirait accidentelle- 
ment quelques secousses. 

Secours à donner aux personnes foudroyées par suite 
d'un contact accidentel avec des conducteurs électriques 
à courants alternatifs ou redressés. 

Article premier. — Toute personne foudroyée par 
suite d'un contact accidentel avec des conducteurs 
électriques, devra toujours, même dans le cas où elle 
présenterait les apparences de la mort, recevoir avec la 
plus grande rapidité les soins indiqués ci-après : 

Premier cas. — Tout contact a cessé entre te corps de la 
rictinte et les conducteurs électriques. 




Art. 2.- 
suivant: 



-Onappliqueraimmédiatementletraitement 



Instruction sur les premiers soins à donner aux fou- 
droyés, victimes des accidents électriques, rédigée par 
V Académie de Médecine, 



On transportera d'abord la victime dans un local 
aéré où on ne conservera qu'un petit nombre d'aides, 






PAR DES CONDUCTEURS A COURANTS ALTERNATIFS. 233 

trois ou quatre, toutes les autres personnes étant 
écartées. 

On desserrera les vêtements et on s'efforcera, le plus 
rapidement possible, de rétablir la respiration et la 
circulation. 

Pour rétablir la respiration, on peut avoir recours 
principalement aux deux moyens suivants : la traction 
rythmée de la langue et la respiration artificielle. 

1° Méthode de la traction rythmée de la langue. — 
Ouvrir la bouche de la victime et, si les dents sont 
serrées, les écarter en forçant avec les doigts ou avec 
un corps résistant quelconque : morceau de bois, 
manche de couteau, dos de cuiller ou de fourchette! 
extrémité d'une canne, etc. 

Saisir solidement la partie antérieure de la langue 
entre le pouce et l'index de la main droite, nus^u 
revêtus d'un linge quelconque, d'un mouchoir de 
poche par exemple (pour empêcher le glissement), 
et exercer sur elle de fortes tractions répétées, suc- 
cessives, cadencées ou rythmées, suivies de relâche- 
ments, en imitant les mouvements rythmés de la 
respiration elle-même au nombre d'au moins vingt 
par minute. 

Les tractions linguales doivent être pratiquées sans 
retard et avec persistance durant une demi-heure, 
une heure et plus. 

2° Méthode de la respiration artificielle. — Coucher 
la victime sur le dos, les épaules légèrement soulevées, 
la bouche ouverte, la langue bien dégagée. 

Saisir les bras à la hauteur des coudes, les appuyer 

assez fortement sur les parois de la poitrine, puis'les 

écarter et les porter au-dessus de la tète, en décrivant 

un arc de cercle, les ramener ensuite à leur position 

J. Lei'èvre. — Nouv. électr. 13 






254 SECOURS A DONNER AUX PERSONNES FOUDROYÉES 

primitive, en pressant sur les parois de la poitrine. 

Répéter ces mouvements environ vingt fois par 
minute, en continuant jusqu'au rétablissement de la 
respiration naturelle. 

Il conviendra de commencer toujours par la 
méthode de la traction de la langue, en appliquant 
en même temps, s'il est possible, la méthode de la 
respiration artificielle. 

D'autre part, il conviendra concurremment de 
chercher à ramener la circulation en frictionnant la 
surface du corps, en flagellant le tronc avec les mains 
ou avec des serviettes mouillées, en jetant de temps 
en temps de l'eau froide sur la figure, en faisant 
respirer de l'ammoniaque ou du vinaigre. 



MESURES D'ORDRE TECHNIQUE. 

Deuxième cas. — La ricltme est encore en contact avec 
tes conducteurs électriques. 

Art. 3. — Avant d'appliquer le traitement indiqué 
par l'Académie de Médecine, le sauveteur doit chercher 
à séparer le plus rapidement possible la victime des 
fils électriques, en évitant d'une manière absolue de 
toucher soit les fils soit la victime avec les mains nues. 

L'accident peut se produire avec l'une des cir- 
constances suivantes : 

A. Un fil est tombé sur le sol et touche la victime ; 

B. La victime est suspendue. 

Selon l'une ou l'autre de ces circonstances, on 
opérera comme il est dit ci-après. 

A. Un fil est tombé sur le sol et touche la victime. — 
Ëcartement des fils. — Si le sauveteur peut, sans 
avoir à toucher la victime, écarter le fil à l'aide d'un 






PAR DES CONDUCTEURS A COURANTS ALTERNATIFS. 255 

bâton, d'une canne ou d'un outil quelconque muni 
d'un manche en bois (a), il le fera en ayant soin : 

1° De ne toucher le fil qu'avec le bâton, la canne 
ou l'outil muni d'un manche en bois (a); 

2° Défaire en sorte que le fil, dans cette manœuvre, 
ne vienne pas toucher le visage ou d'autres parties 
nues du corps de la victime. 

Si le sauveteur ne dispose pas immédiatement 
d'un bâton, d'une canne ou d'un outil muni d'un 
manche en bois (a), il devra, avant tout, commencer 
par se recouvrir les deux mains (b) soit de gants 
épais (c), soit d'étoffes sèches (d) d'une épaisseur suf- 
fisante (b-d). Cela fait, il écartera le fil. 



(a) — Le bois est conseillé parce qu'il est mauvais con- 
ducteur de l'électricité et intervient comme corps isolant. Si le 
manche en bois renferme une tige centrale métallique, il est 
nécessaire que cette tige soit complètement enveloppée de bois 
et n'apparaisse sui' aucun point. 

(b) — Il suffira souvent de retirer sa veste, son paletot, etc., 
et de les mettre sens devant derrière, les mains restant à l'in- 
térieur des manches, qui devront être tamponnées pour former 
une forte épaisseur entre la peau et le contact à faire. Si on a 
une blouse, on se l'enroulera autour de la main droite et, autour 
de la main gauche, on enroulera un mouchoir, un gilet, etc. 

(c) — Gants en laine compacte, de préférence genre moufles ; 
au besoin plusieurs paires de gants. 

(d) — Renseigneynenls sur la valeur isolante des étoffes et des 
vêlements : 

Étoffes. Les étoffes à employer doivent être bien sèches ; les 
plus convenables sont celles en laine; la flanelle et les couver- 
turcs en laine sont particulièrement convenables. 

Les étoffes en fil et en coton sont moins convenables, surtout 
en raison de leur faible épaisseur; avec une épaisseur minimum 
de 5 millimètres on a toute garantie, même avec les étoffes les 
moins convenables. 

Vêlements. Par analogie avec ce qui vient d'être dit, il faut 
prendre les draps en laine compacte de préférence et, dans le 
cas d'emploi de blouses en coton ou en toile, s'arranger pour 
avoir largement l'épaisseur minimum indiquée. 



w 



256 SECOURS A DONNER AUX PERSONNES FOUDROYÉES 

Après avoir délivré la victime, on s'empressera de 
débarrasser des fils la voie publique afin d'éviter de 
nouveaux accidents. 

Coupure du fil. — Si le sauveteur ne peut écarter 
le fil, il devra le couper à l'aide d'un outil tranchant 
à manche non métallique, comme une hache à manche 
de bois sec. 

Il fera successivement deux coupures en deux points 
situés de part et d'autre de la victime. 

Il n'est pas nécessaire de couper le fil près de la 
victime; il est préférable de le couper près des poteaux 
de suspension, de façon que les parties restant adhé- 
rentes à ces poteaux ne touchent pas le sol ou ne le 
touchent que sur la plus petite longueur possible. 

Pendant que l'on coupe le fil, il faut veiller à ce 
qu'il ne rebondisse pas et n'aille toucher ni la victime 
ni le sauveteur. On pourra dans ce but maintenir le 
fil sous le pied par l'intermédiaire de matières 
isolantes, telles que bois sec, planches, fagots, bottes 
de paille, vêtements secs, cordes sèches, etc. 

Dégagement de la victime. — Si on ne peut effectuer 
les coupures des fils électriques dans les conditions 
qui viennent d'être indiquées, si le sauveteur est 
obligé de toucher la victime et s'il y a crispation des 
membres de la victime, des doigts par exemple, 
l'opérateur, avant de rien faire, devra commencer par 
se recouvrir les deux mains soit de gants (note c), soit 
d'étoffes sèches d'une épaisseur suffisante (notes b et d). 

Puis il ouvrira de force la ou les mains de la victime, 
en écartant les doigts les uns après les autres. 

Pendant cette opération : 1° Avoir soin que le fil ne 
revienne pas toucher le visage ou d'autres parties 
nues du corps de la victime. 2° Toucher autant que 



PAR DES CONDUCTEURS A COURANTS ALTERNATIFS. 237 

possible la victime par des parties qui ne soient pas 
en état de moiteur, telles que les aisselles, les 
pieds, etc. 

B. La victime est suspendue. — Prévoir sa chute et 
prendre à cet effet les précautions convenables. 

A l'aide d'une échelle ou de tout autre moyen, on 
tachera de s'élever jusqu'à la victime et de la délivrer 
en coupant le fil. 

Le seul instrument convenable dans ce cas pour 
couper un iil estime cisaille; mais, comme le manche 
est généralement métallique, il faudra, avant d'em- 
ployer cet outil, ou bien se couvrir les deux mains, 
comme il est expliqué à l'article 3, ou bien entourer 
le manche de l'instrument d'une épaisseur suffisante 
d'étoffes sèches (note d). 

Quand on aura atteint la victime, on la suspendra 
par des cordes ou on l'accrochera par ses vêtements 
et on la descendra, en évitant qu'elle soit mise de 
nouveau en contact avec les fils. 

Si on ne dispose d'aucun moyen pour arriver à la 
victime, ou si, disposant d'une échelle, on ne possède 
pas un instrument convenable pour couper le fil et 
opérer comme il vient d'être expliqué, on devra 
prévenir l'usine le plus vite possible. 

Art. A. — Dans aucun cas, le sauveteur ne doit 
toucher un fil sans s'être recouvert les deux mains, 
soit de gants épais (note c), soit d'étoffes sèches d'une 
épaisseur suffisante (notes b et d). 

Si des rails sont placés sur la voie publique, il doit 
éviter de les loucher même avec ses chaussures. 

Même les deux mains étant recouvertes conformé- 
ment aux prescriptions, le sauveteur ne doit, dans aucun 
cas, toucher simultanément deux fils différents et il doit 



238 SECOURS A DONNER AUX PERSONNES FOUDROYÉES. 

s'abstenir de toute manœuvre qui mettrait la victime en 
contact avec deux fils différents. 

Les personnes étrangères au service, à moins d'être 
très exercées au maniement des fds et appareils 
électriques et d'en connaître parfaitement toutes les 
causes de danger, ne doivent, en aucun cas, chercher 
à établir un court-circuit , 

Cette opération ne peut être faite utilement et sans 
danger que par des personnes compétentes. 

En se conformant exactement aux précautions 
indiquées ci-dessus, le sauveteur ne court aucun 
risque, quand bien même il ressentirait accidentelle- 
ment quelques secousses. 



CHAPITRE XIII 



MOTEURS ÉLECTRIQUES 



Moteurs à courant continu : Fives-Lille, Lundell, Thomson- 
Ilouston W. P. — Moteurs à courants alternatifs : 1° à champ 
magnétique constant : Zipernowsky ; 2° à champ alternatif; 
3» à champ tournant : Ilutin et Leblanc, Creusot, Brown, 
Testa, Allgemeine Elektricitâts Gesellschaft. 



MOTEURS A COURANT CONTINU. 



Moteur de la Compagnie de Fives-Lille. — La 

Compagnie de Fives-Fille fabrique des moteurs mul- 
tipolaires, à courant continu, dont les inducteurs sont 
venus de fonte avec le bâti et les supports de paliers. 
Une particularité de la carcasse polaire consiste en 
un cylindre creux en fonte ou anneau polaire, reliant 
magnétiquement tous les pôles de l'inducteur : ce 
système a l'avantage de permettre au changement de 
polarité de l'induit de se faire graduellement, sans 
aucune étincelle au collecteur. 

L'enroulement de ces machines est du type à 
tambour. Il consiste en une seule couche de barres 
de cuivre rectangulaires, soudées à leurs extrémités 
et avec le collecteur, et disposées de manière à former 
à chaque bout deux couches superposées offrant l'aspect 




260 MOTEUR DE FIVES-LILLE. 

d'un grillage. On crée ainsi des interstices qui permet- 
tent à l'air de circuler et facilitent, le cas échéant, le 
remplacement des barres. 

Pour éviter réchauffement pendant les longues 
marches, les bras portant le noyau feuilleté sont en 
hélice, ce qui produit une ventilation énergique dans 
l'intérieur de l'induit tournant. 

Deux modèles de ces moteurs figuraient à l'Expo- 
sition de Lyon : l'un, d'une puissance de 45 chevaux 
disponibles, sous une tension de 120 volts, à la vitesse 
de 630 tours par minute, actionnait par courroie une 
dynamo à courants triphasés; l'autre avait une puis- 
sance de 22 chevaux, sous une tension de 120 volts, à 
la vitesse de 70 tours par minute. 

L'exposition de cette Société comprenait en outre 
dix autres moteurs bipolaires. L'un, de 6 chevaux, 
commandait la transmission fixée sur le pont militaire 
exposé par la Compagnie; un autre, de 10 chevaux, 
actionnait un treuil électrique roulant placé sur le 
même pont. 

Le reste se composait d'une série de petits moteurs 
à courant continu, de 1/16, 1/8, 1/4, 1/2, 1, 1,5, 2,5 et 
4 chevaux. 

Les noyaux des électros des moteurs bipolaires sont 
en acier, d'une seule pièce avec la culasse. Le grand 
nombre de segments du collecteur, ainsi que les bon- 
nes proportions de toutes les parties, font que ces 
moteurs peuvent fonctionner sans étincelles à une 
charge quelconque jusqu'à leur puissance normale, 
sans qu'il soit nécessaire de décaler les balais. 

Les deux moteurs de 45 et de 22 chevaux, cités plus 
haut, sont démarrés au moyen d'un rhéostat liquide. 
Les autres, à l'exception des deux plus petits, possèdent 




Fie. 105. — Moteur Lundell (inducteurs démontés) 






262 MOTEUR LUNDELL. 

un rhéostat métallique de démarrage combiné dans le 

mêmeappareilaveclerégulateurdechampmagnétique. 




Fig. I0G. — Induit du moteur Lundell. 
Moteur Lundell. -Ce moteur, construit par Ylnte- 




Fig. 107. - Moteur Lundell. 



rior Conduit and Imulation Company, New- York, se dis- 
tingue par la simplicité de sa construction et la facilité 



MOTEUR LUNDELL. ~ 63 

avec laquelle on peut démonter toutes les pièces pour 
les réparer. Les inducteurs sont formés d'une boite de 
fonte en deux parties présentant un évidement central 
et des saillies intérieures destinées à former les pièces 
polaires (6g. 105). Dans cette boîte se place unebobme 
circulaire, rendue rigide par un ruban enduit de 
gomme-laque, et qui se trouve ainsi complètement 
entourée par les flasques en fonte ; on évite donc les 




Fit 



,08. — Moteur Lundell pour pianos automatiques. 



dérivations magnétiques extérieures et Ion réduit 
beaucoup la résistance magnétique, ce qui rend très 
faible la dépense d'énergie nécessaire pour l'exci- 
tation. 

L'induit (Bg. 106) est formé d'un tambour en 
feuilles de tôle minces, muni de rainures longitudinales 
dans lesquelles sont encastrés les fils, ce qui donne 
une grande solidité et une faible résistance magné- 
tique ; cet organe peut être enlevé sans démonter les 

inducteurs. 

Le courant est recueilli au moyen de deux prismes 
de charbon guidés dans une pièce en bronze et presses 



264 






MOTEUR LUNDELL. 
sur le collecteur par une lame élastique en forme d'U 
La figure 107 montre l'aspect extérieur de cZLl 

nti S eXtérieU ^ ° nt été «PPO* traSj . 
rems, atm de laisser voir l'induit 

Les divers modèles de ce moteur présentent une puis- 
sance de jg de cheval à S chevaux . Celui qui est repré- 




Hg. 109. - Coupe du moteur sphérique Lundell. 

«enté (iig.108) est de ± de cheval et possède une 

faible vitesse angulaire. Il est fixé sur une plaque de 
fonte m de deux échancru ce P ^PJ de 

S ro I cf H? P ° Ur fEire Vari6r k ^ de 
courroie. Ce modèle est exclusivement employé en 

les pianos mécaniques. Il peut servir aussi p 0ur leB 






MOTEUR LUNDELL. 20o 

machines à coudre, les ventilateurs et tous les travaux 

légers. L'enveloppe extérieure est peinte d'un vernis 

noir du Japon, avec filets rouge et or. 

Dans ce modèle, l'induit est encore à tambour, 




mais l'inducteur est sphérique ; ce dernier possède une 
seule bobine, disposée à 45», très facile à examiner et 
à changer (fig. 109;. On a ainsi un circuit magnétique 
très court, comme dans le modèle précédent. 







266 MOTEUR THOMSON-HOUSTON. 

L'induit reçoit le courant par deux crayons de 
charbon placés normalement aux lames du collecteur 
et exerçant sur lui une pression constante ; pour cela 
ces crayons sont logés dans un tube contenant un 
ressort à boudin. 

Nouveau moteur Thomson-Houston pour tram- 
ways. _ Dans la construction des tramways élec- 
triques, on tend aujourd'hui à diminuer considérable- 
ment la vitesse angulaire des moteurs et par conséquent 
à supprimer une des deux paires de roues employées 
jusqu'ici. La Compagnie Thomson-Houston construit 
un nouveau modèle de moteur qui satisfait à ces condi- 
tions, et dans lequel le circuit magnétique est très bien 
disposé et les pièces mobiles parfaitement protégées.- 
La figure 110 montre ce moteur monté sur l'essieu, 
avec l'inducteur supérieur soulevé pour laisser voir 
les détails de construction. Les inducteurs, à deux 
pôles, ne possèdent qu'une seule bobine, placée à la 
partie supérieure : une boîte en fonte d'acier entoure 
l'induit et prolonge le circuit magnétique jusqu'au 
pôle inférieur. Cette boîte protège en même temps les 
parties délicates de l'appareil contre l'eau, la boue et 
les avaries mécaniques : d'où le nom de water-proof 
(W. P.) donné à ce moteur. 



MOTEURS A COURANTS ALTERNATIFS. 




Ces moteurs peuvent se diviser en trois classes, 
suivant la nature du champ magnétique, qui peut être 
constant, alternatif ou tournant (1). 



(1) Hospitalier, Bull, de la Soc. française de Phys., 



1891. 



MOTEURS A CHAMP MAGNÉTIQUE CONSTANT. 267 
Moteurs à champ magnétique constant. — Les 
premiers, qui sont les plus anciens, sont fondés sur 
la réversibilité des machines à courants alternatifs : 
le champ magnétique constant peut être produit par 
un aimant ou par un électro-aimant; ce dernier peut 
être excité, soit par le courant continu d'une source 
spéciale, soit par une dérivation, préalablement re- 
dressée, du courant de ligne. Dans ces appareils, 
l'induit doit être lancé tout d'abord avec une vitesse 
angulaire correspondant à la fréquence du courant 
alternatif de la ligne; il continue alors à se mouvoir 
synchroniquement et suit toutes les variations de vi- 
tesse de la génératrice. Si le couple résistant devient 
trop fort, le synchronisme cesse et la rotation s'arrête 
assez rapidement. 

Les moteurs à aimant ou à électro-aimant excités 
par un courant continu sont peu répandus, à cause 
de la difficulté d'amener le synchronisme et d'exciter 
l'inducteur par une source étrangère dans le cas de 
grandes puissances, ainsi que de l'obligation de mar- 
cher à vitesse rigoureusement constante. 

Moteur Zvpernowsky. — MM. Zipernowsky, Déri et 
Blathy excitent l'inducteur par une dérivation du 
courant de ligne, contenant un redresseur de courants ; 
l'appareil devient ainsi auto-excitateur et démarre 
instantanément, pourvu que ce soit à vide; on évite 
donc à peu près complètement les défauts que nous 
venons de signaler. 

La disposition de ce moteur est semblable à celle de 
la dynamo type A, sauf pour le type de faible puis- 
sance (fig. 111), qui en diffère légèrement. 

Dans ces moteurs, le nombre des tours est par- 
faitement constant, quelle que soit la charge, et ne 



268 MOTEURS A CHAMP MAGNÉTIQUE CONSTANT. 

dépend que des alternances du courant, dont le 
nombre reste fixe (5 000 par minute). La communi- 
cation du courant est proportionnelle au débit, sans 
aucun réglage mécanique, et le rendement atteint 
toujours 80 p. 100, même avec les petits moteurs. 

Cet appareil n'exige d'autres accessoires que des 
commutateurs et un rhéostat à main pour la mise en 
marche. La manœuvre est extrêmement simple. 

Les petits moteurs se disposent, comme des lampes, 








r 



3 



Fie 111. — -Moteur h courants alternatifs de MAI. Zipernowsky, 
Déri et Blathy. 

sur le réseau secondaire alimenté par les transforma- 
teurs, tandis que les moteurs plus importants, pouvant 
recevoir sans danger des courants de haute tension, 
se placent directement sur la canalisation des dynamos 
à courants alternatifs. Ces moteurs peuvent donc être 
utilisés sur toute installation de courants alternatifs 
déjà existante, sans lui faire subir le moindre chan- 
gement, d'où résulte une grande économie. 

Des expériences faites à Francfort par une Commis- 
sion nommée par la municipalité, expériences renou- 
velées en France, ont montré qu'en faisant brusquement 



MOTEURS A CHAMP ALTERNATIF. 269 

passer l'appareil de la marche à vide à une charge de 
1 iO p. 100 de la charge normale, l'électromoteur ne 
subissait aucun ralentissement, non plus qu'aucune 
accélération lorsqu'on le décharge brusquement. 

Lorsque la résistance opposée à l'électromoteur 
dépasse fortuitement celle qu'il est capable de vaincre, 
l'appareil s'arrête purement et simplement et n'est 
exposé à aucun désordre, alors qu'un moteur à cou- 
rant continu serait mis hors de service. 

D'ailleurs ces appareils conviennent surtout pour 
les faibles puissances et lorsque le démarrage peut 
être fait à vide. 

Moteurs à champ alternatif. — Une dynamo à 
courant continu, montée soit en série, soit en déri- 
vation, peut fonctionner comme moteur, si on lance 
dans l'inducteur et dans l'induit un même courant 
alternatif. Mais, dans un tel système, l'inducteur doit 
être feuilleté, afin de diminuer les courants de 
Foucault, et la self-induction est toujours considérable. 
Aussi ce dispositif n'est guère employé que pour de 
petits moteurs, servant par exemple à actionner des 
ventilateurs domestiques, et absorbant 1 ou 2 ampères 
avec une différence de potentiel efficace de 50 volts. 
Ces petits appareils sont très employés en Amérique. 

Si l'on supprime le fer dans l'inducteur et dans 
l'induit, le couple moteur est proportionnel au pro- 
duit des intensités dans ces deux organes (compteur 
E. Thomson). 

M. Mordey a amélioré le rendement en plaçant sur 
l'axe même du moteur un redresseur de courants. 
Dans cette classe rentrent aussi les moteurs à induit 
fermé, fondés sur les expériences de répulsions élec- 
trodynamiques de M. E. Thomson. 



270 



MOTEURS A CHAMP TOURNANT. 




Moteurs à champ tournant. — Nous avons indi- 
qué plus haut (1) le principe de ces moteurs : ils peu- 
vent être alimentés, soit par des courants alternatifs 
simples, entre lesquels on produit la différence de 
phase nécessaire, soit par des courants polyphasés, 
fournis sous cette forme par la génératrice. Vu l'im- 
portance prise par ces appareils, encore tout récents, 
nous citerons quelques exemples. 

Moteur à courants diphasés de MM. Butin et Leblanc. 
■ — MM. Hutin et Leblanc alimentent leur moteur pai- 
lle- courants alternatifs simples, ce qui permet de ré- 
duire à deux le nombre des (ils de ligne, et produisent 
le décalage à l'arrivée au moyen d'un ou de plusieurs 
condensateurs, de capacité convenable. La figure 112 
montre les deux dispositions employées : dans l'une, 
l'inducteur comprend deux séries de bobines montées 
en dérivation, et dont l'une est placée en tension avec 
le condensateur. Dans l'autre montage, les deux cir- 
cuits inducteurs sont placés en tension sur la ligne et 
le condensateur est mis en dérivation sur l'un des cir- 
cuits. 

Les moteurs à champ tournant de MM. Hutin et Le- 
blanc présentent en outre une disposition spéciale 
pour empêcher que l'induit soit parcouru par un cou- 
rant d'intensité trop considérable, ce qui pourrait 
mettre rapidement la machine hors de service et pro- 
voquerait des baisses de potentiel considérables dans 
la ligne au moment du démarrage du moteur. Des 
rhéostats en nombre égal à celui des circuits mobiles 
de la machine peuvent être insérés dans ces circuits. 
Ces rhéostats sont assujettis à être manœuvres simul- 

(l)Voy. Champ tournant et Courant polyphasé. 



MOTEURS A CHAMP TOURNANT. 271 

tanément. Dans ces conditions, il est possible d'éviter 



rhéoshi 







:k 



è 



rhéostat 



condensateur 



rhéostat i 



rhéostat l 



condensateur 



Fi£-. 112. — Schéma du moteur à champ tournant Hutin et 
Leblanc. 



un courant trop considérable tout en laissant le couple 



272 MOTEURS A CHAMP TOURNANT. 

moteur, développé sur l'axe de la machine, indépen- 
dant de sa vitesse de rotation. 

Moteur à courants diphasés duCreusot. — MM. Schnei- 
der et C ic construisent des moteurs à courants dipha- 
sés qu'ils actionnent au moyen des alternateurs Ziper- 
nowsky, décrits p. 69. Dans ces électromoteurs, la 
partie fixe est semblable à celle des génératrices de 
même puissance, mais avec un nombre double de 
pôles. L'armature mobile se compose d'un cylindre 
creux portant des rainures à l'extérieur. Cette arma- 
ture est feuilletée, afin d'éviter l'influence des courants 
de Foucault dans le démarrage ; elle est évidée dans 
la partie centrale, à la manière d'un anneau, afin de 
l'alléger. 

Le fil est placé uniquement à la surface extérieure 
de ce cylindre, et passe d'une rainure à l'autre de 
manière à former des bobines plates en forme de spi- 
rale. 

Le modèle représenté (fig. 113) a une puissance de 
30 chevaux et porte 16 pôles, soit pour chaque cou- 
rant 8 pôles montés en série et enroulés alternative- 
ment dans les deux sens. La vitesse angulaire du 
champ tournant est d'environ 630 tours par minute. 
L'armature porte 96 rainures, soit 6 pour chaque inter- 
valle de pôles. Chaque bobine induite contient deux 
intervalles de pôles entre ses spires les plus écartées. 
L'ensemble comprend deux bobinages superposés, 
formés chacun de 8 bobines, montées en série et en- 
roulées alternativement dans les deux sens. Le second 
bobinage chevauche sur le premier d'un demi-inter- 
valle de bobines ou d'un intervalle entier des pôles 
de la partie fixe. 
Chacune des deux couches de bobines pourrait être 



MOTEURS A CHAMP TOURNANT. 273- 

fermée sur elle-même, s'il n'était indispensable d'in- 



gg bnirJ— /. 




Fig. 113. — Moteur a courants diphasés du Creusot. 

tercaler une résistance variable dans chacun de ces 
deux circuits au moment du démarrage, afin d'éviter 



j 






274 



MOTEURS A CHAMP TOURNANT. 



à cet instant la production de courants trop intenses 
par rapport à ceux de la ligne. Pour cela, deux des 
quatre extrémités libres des bobinages sont réunies 
en une seule, ce qui donne trois fils libres, dont un 
commun. Ces trois fils communiquent avec trois ba- 
gues, munies de frotteurs qui sont reliés eux-mêmes 
avec deux rhéostats liquides, formés de cuves à sul- 
fate de cuivre. Pour la mise en marche, on éloigne 
le plus possible les électrodes ; on les rapproche en- 
suite progressivement jusqu'au contact. 

Ces moteurs sont employés aux mines de Decize 
pour actionner des ventilateurs. 

Moteur à courants diphasés de Brown. — La figure 114 
montre un moteur à courants biphasés de 4,5 kilo- 
watts construit par la maison Brown Boveri et C ie , de 
Baden (Suisse), qui fonctionne avec une différence de 
potentiel efficace de 100 volts et une fréquence de 
40 périodes par seconde. Les circuits inducteurs sont 
placés dans 40 cannelures contenant chacune 9 fils 
de 3,8 millimètres de diamètre. L'induit, en forme de 
cage d'écureuil, est constitué par 37 barres de cuivre 
de 9 millimètres de diamètre, soudées à leurs extré- 
mités sur deux couronnes en cuivre. L'épaisseur de 
l'entrefer ne dépasse pas 0,5 millimètre. Grâce à cette 
faible épaisseur, le circuit magnétique est très court et 
il faut moins de spires pour amener l'induction 
magnétique efficace à sa valeur normale, ce qui réduit 
la self-induction du moteur et le glissement à pleine 
charge normale. 

Le graissage est produit par des bagues. 

Moteur à courants diphasés de la Westinghouse C°. 
— Les moteurs construits actuellement par la Wes- 
tinghouse Electric and Manu facturing C°, à Pittsburg, 



276 MOTEURS A CHAMP TOURNANT, 

ont l'inducteur mobile et l'induit fixe . L'inducteur porte 
un enroulement tout à fait analogue à celui d'un an- 
neau Gramme multipolaire; ce circuit communique 
avec trois bagues, sur lesquelles frottent des balais re- 
liés aux deux circuits diphasés. 

L'induit fixe se compose d'anneaux en tôle mainte- 




Fig. 115. — Moteur à courants diphasés de 5 chevaux. 

nus par une couronne de fonte ; l'enroulement, réparti 
sur toute la circonférence, forme deux circuits dis- 
tincts, dans lesquels on peut introduire des résistan- 
ces convenables pour faciliter le démarrage ; ces résis- 
tances sont mises en court circuit dès que le moteur a 
pris sa vitesse. 

Dans les types inférieurs à 4 kilowatts (fig. 148), il 
n'y a pas de rhéostat de démarrage. 

L'enroulement est établi pour une différence de po- 



MOTEURS A. CHAMP TOURNANT. 



277 



tentiel efficace de 200 ou de 400 volts et des fréquences 
de io ou de 00 périodes par seconde. 

Moteurs biphasés de Tesla. — Ces moteurs sont cons- 
truits par les usines du Creusot; ils présentent deux 
types différents, l'un pour les puissances inférieures 
à 10 chevaux, l'autre pour les puissances supérieures 
à cette limite. 

Le système inducteur fixe est alimenté directement 
par le circuit extérieur à haute tension pour les mo- 
teurs du second type ; pour ceux du premier, il est 
excité soit directement par le circuit extérieur à ten- 
sion relativement basse, soit par le circuit secondaire 
d'un transformateur. 

Pour le premier modèle, le noyau inducteur est formé 
de tôles d'une seule pièce, assemblées par des flasques 
en bronze. Pour le second, la carcasse du système 
inducteur est identique à celle des alternateurs Ziper- 
nowsky, Déri et Blatby, sauf pour ce qui concerne le 
nombre des pôles, qui a dû être doublé afin de pou- 
voir maintenir les mêmes vitesses angulaires que 
celles adoptées pour les alternateurs. Les avantages 
inhérents à la construction des alternateurs Ziper- 
nowslcy, Déri et Blathy sont ainsi entièrement conser- 
vés dans les moteurs asynchrones, ce qui permet, 
entre autres applications, de faire fonctionner ces 
appareils directement sur le courant primaire d'une 
distribution et de supprimer de ce fait les transfor- 
mateurs réducteurs de tension. 

Le système inducteur des moteurs Tesla se com- 
pose de deux séries de paires de pôles alternativement 
de noms contraires, chaque série étant alimentée par 
l'un des deux courants de la distribution (fig. 110 
et 117). 

J. Lefévre. — Nouv. éleotr. 16 






278 MOTEURS A CHAMP TOURNANT. 

L'induit est toujours en forme de tambour; il se 




Fig. 116. — Moteur Tesla de 6 chevaux, 
compose de tôles assemblées sur l'arbre et portant des 






MOTEURS A CHAMP TOURNANT. 



27!) 



rainures, dans lesquelles vienl se loger le bobinage, 
qui comprend deux circuits. Dans les petits modèles, 




Fig. 117. — Moteur Tesla de 20 chevaux. 

ces circuits sont fermés sur eux-mêmes directement; 
dans les gros modèles, ils communiquent par trois ba- 
gues"et trois trotteurs métalliques avec des rhéostats 



280 



MOTEURS A CHAMP TOURNANT. 



de démarrage, permettant de mettre l'appareil en 
marche et de l'arrêter graduellement et sans à-coup, 
de sorte que ces opérations n'influent pas sur le fonc- 
tionnement des lampes branchées sur le même réseau. 

Les électromoteurs biphasés du système Tesla dé- 
marrent à pleine charge et même avec surcharge, 
avec une intensité de courant ne dépassant pas celle 
de la marche normale pour les types munis de trot- 
teurs, et peu supérieure à celle-ci pour les petits mo- 
dèles qui n'ont pas de trotteurs. 

L'écart de vitesse entre la marche à blanc et la 
marche en charge est de 10 p. 100 environ pour les 
petits modèles et n'atteint pas o p. 100 pour les 
puissances supérieures à 10 chevaux. 

Les petits modèles étant dépourvus de tout contact 
mobile, et le graissage s'effectuant au moyen de ba- 
gues noyées dans l'huile, on peut les abandonner à 
eux-mêmes pendant très longtemps sans avoir aucun 
accident à redouter. 

Enfin ces moteurs peuvent également être dans 
certains cas employés d'une façon avantageuse comme 
moteurs synchrones pour la marche normale. Il suffit 
pour cela, une fois le démarrage en charge effectué, 
l'appareil fonctionnant d'abord comme moteur asyn- 
chrone, de lancer dans l'induit un courant continu 
provenant d'une source extérieure quelconque. Cette 
disposition, quoiqu'un peu plus compliquée que celle 
d'un moteur à courants alternatifs simples, est 
néanmoins tout indiquée lorsque l'on désire à la fois 
pouvoir démarrer en charge et obtenir la marche 
synchrone de la réceptrice avec la génératrice, ce qui 
a pour conséquence d'élever le rendement et de faire 
travailler le moteur à une charge de 25 p. 100 supé- 



MOTEURS A CHAMP TOURNANT. 281 

rieure à celle des moteurs synchrones ordinaires de 
même puissance. 

Moteurs triphasés de l'Allgemeinr E lektricitàts 
Gesellschaft. — Cette Société construit des moteurs à 
courants triphasés, qui ont figuré à l'Exposition de 
Chicago. Dans tous les modèles, on a adopté la plus 
basse fréquence compatible avec un bon fonctionne- 
ment des lampes à arc, pour permettre d'associer les 
lampes et les moteurs dans une même distribution ; 
on a choisi pour cela 50 périodes par seconde, avec 
une différence de potentiel efficace de GO volts par 
enroulement et de 100 volts entre deux quelconques 
des trois fils. 

La construction de l'induit a été notablement sim- 
plifiée, en supprimant les dispositions qui permettent 
d'introduire des résistances dans le circuit induit au 
moment du démarrage. Le rendement industriel à 
charge normale est compris entre 71 et 91 p. 100; 
réchauffement n'est pas exagéré, même après une 
longue marche : le type de 50 chevaux ne s'échauffe 
que de 40 à 50° C, après une marche continue de 
8 heures. 



16. 



CHAPITRE XIV 

APPAREILS DE LEVAGE ET AUTRES MUS 
PAR L'ÉLECTRICITÉ 



Grue électrique. — Treuil. — Pont roulant. — Ascenseur. — 
Ilaveuse. —Ventilateurs. 

Grue électrique. — La figure 118 montre une grue 
roulante légère, destinée à l'arrimage des sacs de sucre 
et autres petits colis, et qui est en service dans les 
magasins et entrepôts de Paris, le Havre, Roubaix, etc. ; 
sa largeur totale n'excède pas Go centimètres, de sorte 
qu'elle peut circuler facilement dans des passages 
étroits. Cette machine est portée par quatre roues 
pivotantes, à jantes larges, montées sur bases tour- 
nantes C, de sorte qu'elle peut se déplacer dans tous 
les sens et tourner sur elle-même comme une plaque 
tournante. Elle est formée essentiellement d'unchâssis 
et d'un pylône en tôle et cornières À; un pivot B, en 
fer à I, porte la volée, la contre-volée et le contrepoids 
qui assure la stabilité. Ces pièces sont articulées par 
l'intermédiaire d'un levier unique et peuvent s'abaisser 
lorsque la machine passe sous les poutres principales 
du plafond. La réceptrice D est placée à l'une des 
extrémités du bâti ; elle actionne un arbre intermé- 
diaire, qui transmet le mouvement, par poulies et 




-sssssMi ...__ 



TbL ENCUtfetB 



Fig. 118. — fivue électrique Guyenet. 






284 [TREUIL ÉLECTRIQUE. 

courroies, au treuil élévatoire à tendeur F, sur lequel 
s'enroule la corde de levage. En tirant plus ou moins 
fortement sur la corde de manœuvre H, on fait monter 
ou descendre le fardeau. Dès qu'on abandonne la 
corde, le frein à coin G se serre automatiquement 
sous l'effet du contrepoids et le mouvement s'arrête. 

Cette grue est légère, peu encombrante et d'une 
manœuvre très douce ; comme tous les appareils de 
levage mus par l'électricité, elle supprime les moteurs 
et générateurs spéciaux. La dynamo fait 1 200 tours ; 
la puissance est de 2 chevaux et la vitesse d'ascension 
de 60 centimètres par seconde. L'appareil pèse une 
tonne et possède une force de 100 kilogrammes. 

Un modèle analogue, d'une force de 000 kilogram- 
mes, se construit pour les fardeaux plus lourds, 
comme les balles de laine et de coton. 

Treuil électrique. — Le treuil électrique de 
M. Guyenet est monté sur un châssis de fer que sup- 
portent quatre galets pouvant rouler sur des rails. 
La réceptrice est une dynamo Gramme, type supé- 
rieur, qui tourne dans un seul sens avec une vitesse 
de 1 200 tours par minute. Aux deux extrémités de 
l'arbre de l'induit sont calés deux galets de friction, 
qui entraînent le treuil. Celui-ci porte sur son tambour 
deux cordes de levage enroulées en sens contraire, 
de sorte que l'une se déroule pendant que l'autre 
s'enroule. Ce tambour porte en outre deux roues 
dont les jantes, de forme spéciale, se composent de 
deux couronnes d'embrayage, l'une intérieure, l'autre 
extérieure. Les galets se placent dans l'intérieur de 
ces roues et font tourner le treuil dans un sens ou 
dans l'autre, suivant qu'ils sont mis en contact avec la 
couronne intérieure ou avec la couronne extérieure. 



TREUIL ÉLECTRIQUE. 285 

Pour cela, la réceptrice est articulée à la partie 
inférieure et peut s'incliner légèrement en avant ou en 
arrière. Cette manœuvre est commandée par un levier. 
Dès qu'on cesse d'agir sur ce levier, le frein F se 
serre automatiquement, par son propre poids, et le 



1 




Fig. 119. — Treuil électrique pour mines (Guyenet). 



treuil est immobilisé. La force de l'appareil est de 
1C>0 kilogrammes et la vitesse d'ascension de 1 m. par 
seconde. 

Les treuils électriques ont l'avantage de supprimer 
les foyers, les générateurs, les moteurs et les trans- 
missions; la mobilité des fils qui amènent le courant 
permet de déplacer rapidement l'appareil, qui peut 
ainsi desservir plusieurs postes. 



286 PONT ROULANT ÉLECTRIQUE. 

La figure 119 montre un nouveau treuil électrique, 
employé en Amérique dans les mines: le tambour est 
d'un diamètre exceptionnel, ce qui permet d'accélérer 
à volonté la vitesse des aménages à la surface, tout en 
laissant la faculté de fonctionner aussi lentement qu'on 
le désire. Ce tambour est relié, par des engrenages 
intermédiaires, à un moteur électrique d'une puissance 
de 25 kilowatts ou 30 chevaux. Le mécanisme de 
commande, qui n'est pas figuré, est semblable à celui 
des tramways électriques; l'opérateur agit de la main 
gauche sur les leviers et de la droite manœuvre le 
commutateur. Cet appareil n'exige qu'un emplacement 
assez faible et peut donner une vitesse de 218 mètres 
par minute, avec une charge de plus de 500 kilo- 
grammes. 

Pont roulant électrique. — Les ateliers d'OErlikon 
(Suisse) emploient un pont roulant manœuvré par des 
courants triphasés. Trois moteurs de puissance conve- 
nable, disposés pour ces courants, commandentlestrois 
mouvements du pont : levage ou abaissement de la 
charge, déplacement latéral du treuil et déplacement 
longitudinal du pont. Ces moteurs peuvent fonctionner 
ensemble ou séparément et dans les deux sens. 

Le courant est amené par trois fils de cuivre, que 
supportent des isolateurs placés sur l'un des côtés du 
chemin du pont, et transmis par des galets, qui frottent 
BUT la partie inférieure des fils, pour éviterlapoussière. 
Ces galets communiquent par des cables bien isolés 
avec le tableau de commande, placé sur le pont, et 
qui porte les trois régulateurs inverseurs servant à 
commander les trois mouvements de l'appareil. Les 
moteurs sont reliés à ce tableau par des galets dispo- 
sés de la même façon. 



ASCENSEURS ÉLECTRIQUES. 287 

Les moteurs sont simples et robustes et fonctionnent 
sans balais ni collecteur ; le démarrage est très doux. 
Le moteur destiné au levage de la charge porte un 
frein qu'on peut manœuvrer de la galerie ou du sol, 
de sorte qu'on peut déposer la charge doucement et 
exactement à l'endroit voulu. Tous les mouvements 
peuvent aussi être effectués à la main. 

Ascenseurs électriques. — Les ascenseurs électri- 
ques semblent appelés depuis peu à se multiplier 
rapidement à Paris, grâce à ce que la Ville de Paris a 
élevé, au mois d'avril 1895, de 0, 32 à 0, 60fr. par mètre 
cube le prix de l'eau employée pour le service hydrau- 
lique. Cette circonstance a conduit les constructeurs et 
1rs propriétaires à rechercher une force motrice plus 
économique : or, aux prix actuels, le kilogrammètre 
revient, par l'emploi de l'électricité, environ 10 fois 
moins cher. 

Deux systèmes peuvent être employés : dans l'un 
la cabine est suspendue à un treuil mû par un câble 
électrique; dans l'autre, on fournit à un ascenseur 
hydraulique la pression nécessaire au moyen d'appa- 
reils hydro-électriques convenables. 

Le premier système est le plus simple; c'est celui 
auquel appartient l'ascenseur de M. Guyenet. 

Cet ascenseur est facile à installer; il fonctionne 
sans bruit et donne toute sécurité: enfin la dépense 
est généralement moindre qu'avec les appareils hy- 
drauliques. 

La cabine A (fig. 120), munie d'un parachute, 
s'élève entre les guides BB ; elle est soutenue par des 
câbles, qui passent sur des poulies de renvoi fixées au 
beffroi supérieur C et qui vont s'enrouler sur le double 
tambour d'un treuil E à vis sans fin. Ces câbles 









288 ASCENSEURS ÉLECTRIQUES. 

sont assez nombreux pour que la rupture de l'un deux 

ne puisse produire aucun accident. 

Lavis sans fin du treuil est commandée directement 
par la dynamo réceptrice F. Les câbles H, passant 
dans la cabine, servent à actionner le rhéostat de 
manœuvre ; G est un frein automoteur. Les chariots 



.-. ^j;^ 




Fig. 120. — Ascenseur électrique Guyenet. 

directeurs II assurent l'enroulement régulier des 
câbles de suspension sur les tambours du treuil.' La 
cabine est équilibrée par un contrepoids, qui glisse 
entre les guides D et qui est soutenu par des* câbles 
passant sur des poulies fixées au beffroi C. 

Le système à treuil électrique est très répandu en 
Amérique; les immenses maisons de certaines villes 
du nouveau continent en renferment jusqu'à 10, 
transportant chacun 10 ou 15 personnes avec une 
vitesse de 3 m. par seconde. 

Le système hydro-électrique paraît devoir mieux 



• VENTILATEUR ÉLECTRIQUE. 289 

réussira Paris, où le problème actuel consiste surtout 
à appliquer l'électricité à 
un ascenseur hydraulique : 
la transformation est beau- 
coup moins coûteuse que 
si l'on veut employer un 
treuil. M. Hospitalier estime 
en outre que l'ascenseur à 
treuil n'inspire pas con- 
fiance au public parisien, 
habitué à se servir des as- 
censeurs à piston. On pour- 
rait cependant relever, à 
l'actif de ces derniers appa- 
reils, un nombre respecta- 
ble d'accidents, qui justi- 
fient peu cette confiance. 
Ventilateur électrique. 
— Le moteur Lundell, que 
nous avons décrit page 262, 
convient très bien, par son 
petit volume, à la ma- 
nœuvre des ventilateurs : 
on emploie alors le mo- 
dèle de forme sphériqne 
et les ailettes se fixent à 
l'extrémité de l'arbre. Plu- 
sieurs moteurs-ventilateurs 
de ce genre figuraient à 
l'exposition de Chicago. 
L'un se suspend au pla- 
fond par une chaîne uni- 

que ou par trois chaînes ^ I %S£ to « 
J. Lefèvre. — Nouv. électr. j7 




dit 






290 VENTILATEUR ÉLECTRIQUE. 

(fig. 121). L'enveloppe sphérique du moteur porte 
généralement plusieurs œilletons, ce qui permet 
de placer l'axe vertical, horizontal ou incliné, et de 
faire varier la direction du courant d'air. Ce ventilateur 






Fig. 122. — Ventilateur de plafond. 



fait 1100 tours à la minute: il fonctionne à 110 ou 

I 
120 volts et absorbe g- de cheval ; il en est de même 

des modèles suivants. 



VENTILATEUR ÉLECTRIQUE. 291 

Le moteur peut aussi être muni de grandes ailes 
(fig. 122), fixées sur un tube creux en laiton : ce tube 
porte un anneau sur des croisillons demi-circulaires : 
cet anneau repose sur une pe- 
tite poulie garnie de caoutchouc 
et placée à l'extrémité de l'arbre 
du moteur. Le grand rapport des 
développements de l'anneau et 
de la poulie réduit beaucoup la 

vitesse de rotation des ailettes, 

qui ne font que 163 tours par 

minute, tandis que le moteur en 

fait 1 500. 
Le modèle portatif (fig. 123) 

est monté sur un pied en fonte 

renfermant un commutateur-rhéostat, qui permet 

d'obtenir trois vitesses différentes : 800, 1200 et 

1 300 tours. 
Ce moteur-ventilateur peut encore se fixer au mur 

par un bras horizontal; ce modèle s'oriente dans une 

direction et se fixe par une vis de serrage ; comme le- 

précédent, il peut donner trois vitesses. 




. 123. — Ventila- 
teur portatif. 






CHAPITRE XV 



DISTRIBUTION DE L ÉXERGIE ÉLECTRIQUE 



Distribution à trois fils avec une seule dynamo. — Distribution 
avec double transformation. — Distribution par courants 
polyphasés. —Circuit amortisseur. 



Distribution à trois fils avec une seule dynamo. — 

Les systèmes de distribution à fils multiples, et en 
particulier à trois fils, procurent une grande économie 
dans l'établissement des conducteurs, et donnent à la 
fois les avantages d'une distribution en dérivation 
sur deux fils et ceux d'une distribution à potentiel 
élevé, les lampes se trouvant montées par deux en 
tension sur les conducteurs extrêmes, tout en conser- 
vant complètement leur autonomie. D'un autre côté, 
ces systèmes ont l'inconvénient d'exiger, au moins 
en principe, l'emploi de deux génératrices. La Com- 
pagnie de Fives-Lille emploie un dispositif qui sup- 
prime cette nécessité et permet d'alimenter un réseau 
à trois fils avec une seule dynamo, sans qu'il se 
produise d'étincelles au point d'attache du fil neutre. 
La figure 124 montre le schéma de ce dispositif : 
R représente l'induit d'une dynamo à courant continu 
et ns les pôles de l'inducteur. Pour simplifier, on a 
supprimé le collecteur et placé les balais B,B 2 en 




Fig. 124. - Distribution à trois fils avec une seule dynamo. 



294 DISTRIBUTION A TROIS FILS AVEC UNE DYNAMO. 

contact direct avec l'enroulement. Ces balais commu- 
niquent avec les deux conducteurs extrêmes L[L 2 du 
réseau à trois fils. Le fil neutre N s'attache au milieu 
d'une bobine D, douée d'une faible résistance et d'une 
self-induction considérable, et fixée elle-même en 
deux points ab diamétralement opposés de l'induit. 
Pendant la rotation, il se produit entre les points a et 
b une différence de potentiel alternative, mais le 
courant qui parcourt la bobine D est d'autant plus 
faible que le coefficient de self-induction L est plus 
élevé. On sait en effet que l'intensité maxima est 



1 = 



y/R 2 + O) 2 L 2 



E étant la force électromotrice maxima, R la résis- 
tance, u= ^- le chemin parcouru dans l'unité de 

temps. 

Le point possède constamment la moyenne des 
potentiels non seulement entre a et b, mais encore 
entre B; et B 2 . Il résulte de là que, si les groupes 1 et 
2 du réseau contiennent le même nombre d'appareils 
en marche, le fil N reste à l'état neutre ; si le groupe 
1 par exemple est plus chargé que le groupe 2, l'excès 
de courant du premier retourne à la machine par le 
fil N, se partage enOet, comme il est continu, traverse 
sans difficulté la bobine D pour pénétrer dans l'induit. 

On est donc, avec ce dispositif, dans les mêmes 
conditions qu'avec deux génératrices montées en 
série : l'indépendance des groupes 1 et 2 est complète, 
et, si l'un consomme plus de courant, les différences 
de potentiel ne sont pas altérées, puisque l'excédent 




DISTRIBUTION A TROIS FILS AVEC UNE DYNAMO. 295 

de courant retourne à l'induit presque sans perte par 
le fil N et la bobine D. 

Au lieu de fixer la bobine D sur l'armature elle- 
même, on peut la séparer de la machine. On relie 
alors deux lames diamétralement opposées du collec- 
teur à deux bagues calées sur l'arbre, et munies de 
deux trotteurs qui communiquent avec les extrémités 
de la bobine à grande self-induction, disposée dans 
une caisse à côté de la dynamo, et dontle point neutre 
communique avec le fil compensateur. 

Les dynamos munies de telles bobines peuvent être 
employées comme régulatrices de tension, notamment 
dans le cas où la station centrale est éloignée et fournit, 
bien entendu, le courant sous une tension égale à la 
tension totale des deux groupes de lampes. Dans ce 
cas, on intercale, tout prés des lieux d'utilisation, 
une ou plusieurs de ces dynamos munies de bobines 
de self-induction, qui reçoivent le courant des con- 
ducteurs principaux dans leurs balais, en marchant 
comme moteurs. Le fil neutre n'a pas alors besoin d'être 
relié à la station centrale située à une grande distance. 
Ce système peut s'appliquer aux dynamos comme 
aux moteurs, aux machines bipolaires ainsi qu'aux 
machines multipolaires ; il permet le groupement 
des machines en quantité, et présente un moyen très 
pratique de distribuer, avec une seule dynamo, le 
courant pour des lampes de 110 volts dans un rayon 
pouvant atteindre 800 mètres, sans qu'il en résulte une 
grande perte dans les conducteurs. 

On réalise, de ce fait, une sérieuse économie dans 
le prix des câbles et dans les frais d'installation. 

Ce dispositif a déjà reçu plusieurs applications qui 
toutes fonctionnent d'une façon parfaite. 



296 DISTRIBUTION AVEC DOUBLE TRANSFORMATION. 



Appliqué à une dynamo actionnée par une machine 
Willans de 60 chevaux, il servait à l'éclairage de 
l'Exposition coloniale à Lyon. 

Distribution avec double transformation. — La 
Compagnie de Fives-Lille a construit un transfor- 
mateur triphasé de 10 kilowatts, destiné à transformer 
une tension de 100 volts en une tension de 2 000 volts 
(et réciproquement), comptée entre deux conducteurs 
du système triphasé. 

Quoique la Compagnie de Fives-Lille construise 
également des génératrices triphasées à haute tension, 
elle préconise généralement l'emploi de génératrices 
à basse tension, avec double transformation pour le 
transport du courant. De cette façon, les manœuvres 
de la dynamo sont absolument sans danger, et comme 
les transformateurs ont un rendement très élevé, la 
perte qui résulte de cette double transformation est 
très faible. 

Les transformateurs se composent de trois bobines, 
dontles noyaux en fer sont réunis, à chaque extrémité, 
par une culasse. Cette disposition, ne prenant guère 
de place qu'en hauteur, permet d'installer les appareils 
dans un endroit quelconque de l'usine, le long d'un 
mur par exemple. 

Comme, dans le système triphasé, chaque courant 
est égal à la somme des deux autres et de signe 
contraire, le noyau de chaque bobine sert alternati- 
vement de retour aux lignes magnétiques des deux 
autres, ce qui fait qu'un transformateur triphasé, tout 
en ayant qu'une bobine droite par courant, est à circuit 
magnétique fermé. 

Les transformateurs de la Compagnie de Fives-Lille 
sont, pour les petits modèles, avec enroulements 



DISTRIBUTION PAR COURANTS POLYPHASÉS. 



29" 



superposés, tandis que, pour les grands types (GO, 
100, etc. kilowatts), les enroulements primaires ou 
secondaires sont composés des mêmes bobines par- 
tielles, couplées en quantité pour la basse tension et 
en série pour la haute tension. Les bobines des deux 
enroulements différents alternent, c'est-à-dire qu'une 
bobine de haute tension est intercalée entre deux- 
bobines de basse tension. L'isolement est soigneu- 
sement assuré par des feuilles de mica. Avec cette 
disposition, la dispersion magnétique est tout à fait 
insignifiante. 

Distribution parcourants polyphasés. — On trou- 
vera plus haut (1) les propriétés de ces courants et la 
disposition des appareils générateurs et récepteurs. 
Ce mode de distribution a pris en trois ans un très 
grand développement, ainsi que le montre la liste 
suivante, que nous empruntons à l'Industrie électrique, 
et qui renferme les installations par courants alternatifs 
diphasés ou triphasés existant à la fin de l'année 1893. 
On comptait alors en France trois installations de 
courants triphasés : l°Saint-Victor-sur-Loir, à Saint- 
Ëtienne, trois unités de 200 kilowatts, dont une 
actuellement en service; 2° Pont-Lignon, une unité de 
200 kilowatts ; 3° Florensac (Hérault), une unité de 
200 kilowatts. Ces trois installations sont faites sur le 
type de celle de LaufFen-Heilbronn. 

L'Allemagne possède plusieurs installations par 
courants triphasés : Lauffen-Heibronn, Bockenheim- 
Francfort, Erding et Wangen en Allgau (Wur- 
temberg). 

En Autriche se trouvent deux installations, l'une 



(1) Voy. Couvant polyphasé, page 19. 



17. 



298 



CIRCUIT AMORTISSEUR. 



par courants triphasés, à Pergine, l'autre par courants 
diphasés, à Budapest. 

L'Amérique ne renferme qu'une seule installation, 
toute récente, à Redlands (Californie). 

Il convient de rappeler que la Compagnie Westing- 
house avait installé à l'Exposition de Chicago 12 grands 
alternateurs diphasés de 750 kilowatts chacun, du 
système Tesla, qui trouveront sans doute bientôt leur 
place dans l'industrie américaine. En outre, l'utilisation 
des chutes du Niagara comprendra également des 
unités de 3 000 chevaux, à courants diphasés. 

Circuit amortisseur. — Il est souvent nécessaire 
d'obtenir la marche synchrone de plusieurs alter- 
nateurs ou de moteurs actionnés par des alternateurs. 
Le premier cas se présente quand on veut mettre 
en parallèle un certain nombre d'alternateurs 
faisant partie par exemple d'une même station 
centrale génératrice. Le deuxième cas se rencontre 
dans certains transports de force; il peut se présenter 
également lors de la transformation de courants alter- 
natifs en courants continus (1). 



(I) Voy. Transformateur de fréquence et de tension. 



CHAPITRE XVI 



STATIONS CENTRALES ; TRANSMISSION DE L'ÉNERGIE. 



Usine du secteur des Champs-Elysées — Transmissions par 
courants polyphasés : Decize, Erding, Redlands. — État ac- 
tuel de la distribution de l'énergie électrique à Paris. 



Usine du secteur des Champs-Elysées. — Cette 
usine, inaugurée le 7 mars 1893, est située sur les 
bords de la Seine, entre le pont d'Asnières et celui de 
la Jatte, à 1700 mètres des fortifications. Cette posi- 
tion est très favorable pour l'arrivée des charbons et 
l'alimentation des chaudières et des condenseurs et 
évite les inconvénients des usines situées à l'intérieur 
des villes. 

La vapeur est fournie par 3 chaudières, du type 
Galloway, timbrées à 7 kg., et pouvant donner 3 000 kg. 
de vapeur par heure. Ces appareils sont groupés sur 
des collecteurs de vapeur de 50 cm. de diamètre, que 
l'on peut relier ou isoler à volonté. Avant de se rendre 
à la cheminée, les gaz chauds peuvent traverser un 
économiseur Green, ce qui permet, sans augmentation 
de dépense, de porter l'eau d'alimentation à une tem- 
pérature voisine de 100°. Cette eau, ainsi que celle 
des condenseurs, est puisée à la Seine par des pompes 
centrifuges actionnées par des moteurs Farcot, et 
déversée dans un vaste égout formant relais. 






300 TRANSMISSION D'ÉNERGIE 

L'usine renferme en outre 4 moteurs Corliss, savoir : 
2 moteurs de 65 cm. de diamètre et de 1,3 m. de 
course, deux autres de 82,7 cm. de diamètre et 1,4 m. 
de course. Ces quatre machines sont à condensation, 
avec échappement à l'air libre facultatif, et font 
soixante tours par minute. 

Les deux premières machines actionnent un alter- 
nateur de 450 kilowatts et une excitatrice de 25 kilo- 
watts; chacun des deux autres moteurs commande 
un autre groupe semblable. 

Dans les trois alternateurs, qui ont été construits 
par MM. Hillairet et Huguet, l'inducteur, qui est mobile, 
porte 80 pôles et tourne à l'intérieur de l'induit' 
formé d'une couronne de 80 bobines. Ces machines 
donnent normalement 133 ampères et 3 000 volts, avec 
une fréquence de 40 périodes par seconde; elles 
tournent avec une vitesse de 60 tours. 
. Les excitatrices sont des machines à anneau, à 
8 pôles, commandées par courroies et faisant 300 tours 
par minute. 

Le tableau de distribution est remarquable par sa 
simplicité; tous les conducteurs reliés à la haute 
tension sont peints en rouge. 

Transmission d'énergie par courants diphasés 
à Decize. — MM. Schneider et C ic ont installé récem- 
ment une distribution d'énergie intéressante à leurs 
houillères de Decize. L'installation complète, donnant 
à la fois la lumière et la force motrice, doit développer 
une puissance totale de 200 chevaux. 

L'usine centrale (fîg. 125), placée respectivement à 
3 et 5 kilomètres des points extrêmes desservis, ren- 
ferme actuellement une batterie de 6 chaudières et 
2 unités (machines à vapeur et dynamos), de 100 ki- 



PAR COURANTS DIPHASÉS A DECIZE. 301 

lowatts chacune ; une troisième unité sera installée 
ultérieurement pour compléter la puissance et pour 
servir de rechange. Les deux premières peuvent être 
employées isolément ou accouplées en parallèle. 

Les chaudières sont à foyer intérieur, avec faisceau 
tabulaire dans le prolongement, à retour de flamme 
et a grand réservoir de vapeur. La chambre de chauffe 
placée en contre-bas du sol, reçoit le charbon par des 
wagonnets à bascule. Les cendres sont enlevées par 
un monte-charge et versées directement dans les 
wagonnets qui ont amené le combustible. La conduite 
des chaudières se trouve ainsi très simplifiée. 

Les moteurs (fig. 125) sont horizontaux et sans con- 
densation, munis de tiroirs cylindriques pour l'ad- 
mission de la vapeur et d'obturateurs genre Corliss 
pour l'émission ; la disposition est telle que les orifices 
s'ouvrent et se ferment très rapidement. Un puissant 
régulateur de vitesse, placé dans l'un des volants, 
agit sur les tiroirs d'admission. Ces machines font 
200 tours par minute et actionnent les dynamos par 
courroies. 

Les génératrices produisent des courants alternatifs 
diphasés. Ce résultat est obtenu d'une manière très 
simple. Chaque unité comprend deux alternateurs 
identiques, du système Zipernowsky, dont les induc- 
teurs, mobiles, sont calés sur le même arbre avec un 
écart angulaire d'un demi-intervalle de pôles. 

Pour mettre en parallèle les deux groupes d'alter- 
nateurs, on emploie deux paires de transformateurs, 
dont chacune reçoit des courants primaires pris en 
dérivation respectivement sur chacun de ces groupes 
Lorsqu'on a réalisé pour chacun des deux groupes 
1 égalité des potentiels et des intensités, le premier 




Fig. 125. — Usine génératrice de Decize. 






TRANSMISSION D'ÉNERGIE PAR COURANTS DIPHASÉS. 303 
groupe étant relié à la ligne, il faut, pour relier le 
second, saisir le moment où il y a concordance des 
phases. Pour cela, on réunit les secondaires des deux 
paires de transformateurs en opposition, à travers les 
lampes à incandescence, dont l'extinction indique la 
concordance des phases. 

La ligne est en grande partie aérienne ; elle est 
alors formée d'un fil de bronze silicieux, supporté, à 
l'aide de doubles cloches en porcelaine, par des po- 
teaux protégés à la base par une spirale de ronces 
métalliques. Les fils sont croisés tous les 500 mètres, 
afin d'éviter les effets d'induction sur les fils télépho- 
niques, placés à mi-hauteur des mêmes poteaux. Une 
petite partie de la ligne souterraine est formée de 
câbles sous plomb, disposés dans un caniveau en bois 
goudronné. De puissants parafoudres sont placés en 
divers points de la ligne, ainsi qu'à toutes les stations. 
Les électromoteurs actionnés par les courants di- 
phasés sont du type décrit plus haut; ils servent 
presque tous à commander, par courroies, des venti- 
lateurs de mines ; ils fonctionnent jour et nuit, avec 
deux arrêts de 15 minutes pour le graissage et le 
nettoyage. La plupart de ces appareils sont aban- 
donnés à eux-mêmes, dans une cabane située en 
pleine forêt ; un gardien de ronde les visite seulement 
toutes les six ou huit heures. La transmission élec- 
trique a donc permis d'employer ces stations récep- 
trices très simples au lieu de construire, pour chaque 
ventilateur, une usine avec chaudière et machine à 
vapeur exigeant un personnel beaucoup plus nombreux, 
et rendant en outre le transport du charbon, l'amenée 
de l'eau et l'enlèvement des cendres beaucoup plus 
coûteux. 






30 i 



STATION A COURANTS TRIPHASÉS D'ERDING. 



Station à courants triphasés d'Erding. — La 

station d'Erding (Autriche) a été installée récemment 
par la maison Siemens et Halske, de Berlin ; elle pro- 
duit des courants triphasés à haute tension. La force 
motrice est fournie par la Sempt, petit cours d'eau 
qui se jette dans l'Isaar à Moosburg ; une turbine ho- 
rizontale, de la Société Augsburger Maschinen Fabrik 
produit, avec une hauteur de chute de 1,70 mètre, une 
puissance de 60 chevaux, à la vitesse de 33 tours par 
minute ; un arbre de transmission commande, à l'aide 
de poulies et de courroies, deux dynamos à courants 
triphasés Siemens et Halske, donnant chacune 
40 kilowatts à 7S0 tours ; une seule machine absorbe 
toute la puissance de la turbine : ces machines sont 
décrites plus haut (page 73). 

La figure 126 montre le schéma général de la dis- 
tribution. On voit en ED le collecteur de la dynamo 
excitatrice, en RW le rhéostat de cette machine et en 
DM l'induit de l'alternateur à courants triphasés ; 
l'installation est identique pour les deux machines. De 
chacune d'elles partent trois câbles qui se rendent au 
tableau de distribution, figuré au-dessus ; chacun des 
deux circuits renferme un interrupteur MS à trois 
lames, avec coupe-circuit fusibles, des indicateurs 
d'intensité AA et un voltmètre V. Ce dernier appareil 
n'est pas placé directement sur le circuit à haute 
tension ; mais il est disposé sur un indicateur de 
phases PV, qui se compose de deux transformateurs 
de faible puissance, dont les fils primaires sont inter- 
calés sur les circuits à haute tension et les fils secon- 
daires disposés de façon que les différences de potentiel 
s'ajoutent pour le synchronisme des deux machines. 
Trois lampes à incandescence, placées au-dessus 




Fig. 12G. — Schéma de la distribution 



courants triphasés d'Erding 



306 



STATION A COURANTS TRIPHASÉS D'ERDING. 



de cet indicateur, servent pour le contrôle ; le volt- 
mètre V est situé sur le fil secondaire et peut être 
intercalé sur les divers circuits au moyen d'un com- 
mutateur. On voit à la partie inférieure de l'appareil 
des plombs fusibles placés sur les circuits à haute 
tension. 

Trois fils partant de l'usine se rendent à la ville 
d'Erding, située à 3 ou 4 kilomètres. Cette canali- 
sation est formée de câbles en cuivre nu, de 16 mm 2 , 
portés par des isolateurs à huile, placés eux-mêmes 
sur des poteaux de 12 à 13 mètres de hauteur ; la dis- 
tance des fils est de 70 centimètres, celle des poteaux 
d'environ 40 mètres. Pour éviter l'influence des phé- 
nomènes atmosphériques, on a fixé au sommet des 
mâts, de cinq en cinq, une pointe métallique en com- 
munication avec la terre. 

En arrivant à Erding, la canalisation se divise en 
deux parties; le courant à haute tension alimente 
cinq transformateurs, dont 3 de 10 kilowatts et 2 de 
3 kilowatts, placés en des points différents. Les fils 
secondaires de ces appareils sont réunis en quantité 
et forment le circuit de distribution, qui comprend 
les appareils d'utilisation des abonnés. La plupart 
des rues possèdent trois lignes ; celles qui ont moins 
de huit lampes n'en contiennent que deux. 

Les transformateurs se composent de trois noyaux 
verticaux formés de lamelles de fer réunies aux deux 
bouts : sur ces noyaux s'enroulent directement les 
circuits secondaires, que recouvrent les fils primaires. 
Chaque appareil est porté par un socle en fonte placé 
sur un pilier en maçonnerie et protégé par une enve- 
loppe cylindrique en tôle : des ouvertures livrent 
passage aux câbles et permettent la libre circulation 



STATION A COURANTS TRIPHASÉS D'ERDING. 307 
de l'air. Une plaque, située près de la porte, est munie 
des plombs fusibles des deux circuits. Le rendement 
électrique est de 96 p. 100 ; la température intérieure 
ne dépasse pas 50 à 60° C. 

La canalisation secondaire est fixée en partie sur la 
façade des maisons, à une hauteur de 6 mètres environ ; 
elle porte quinze paratonnerres, formés chacun de 
deux plaques de charbon parallèles et peu écartées : 
la plaque supérieure porte un noyau de fer mobile 
dans un solénoïde, qui est relié d'une part avec ce 
noyau, d'autre part avec la terre; la plaque inférieure 
communique avec la canalisation. En cas de décharge 
atmosphérique, un arc jaillit entre les deux plaques 
et le circuit se ferme par le sol : le noyau est 
alors attiré par le solénoïde et l'arc se rompt brus- 
quement. 

Le circuit secondaire alimente des lampes et des 
moteurs. L'éclairage des rues utilise 97 lampes à 
incandescence de 16 bougies et 6 régulateurs de 
12 ampères ; le montage de ces derniers est représenté 
au centre du schéma (fig. 126). Le nombre total des 
lampes actuellement en service est d'environ (.00. 
L'usine et les habitations des mécaniciens emploient 
12 lampes de 16 bougies, alimentées par un transfor- 
mateur spécial. Un rhéostat placé sur le circuit secon- 
daire de cet appareil permet de maintenir la différence 
de potentiel constante, nécessaire pour les lampes, 
quel que soit d'ailleurs le voltage nécessité à l'usine 
par les pertes sur la ligne. 

Les moteurs électriques ne sont utilisés que pendant 
le jour, l'énergie totale étant employée le soir pour 
l'éclairage. 

L'énergie électrique est fournie à forfait, au prix de 






308 TRANSMISSION PAR COURANTS TRIPHASÉS. 

20 francs par an pour une lampe de 16 bougies, 
11,25 francs pour une lampe de 8 bougies et 7,50 pour 
une lampe de 5 bougies. Le prix de remplacement des 
lampes est de 1,25 franc. La force motrice coûte 
62,50 francs pour un moteur de 1/3 de cheval, 
162,50 francs pour un cheval, 300 francs pour 2 che- 
vaux et 600 francs pour 5 chevaux. 

Transmission par courants triphasés de Redlands. 
— C'est à Redlands (Californie) qu'a été faite récemment 
la première transmission par courants triphasés en 
Amérique; elle a été installée par la Gênerai Electric C". 
Le prix élevé du charbon dans le sud de la Californie 
rend très précieux l'emploi des forces naturelles. 
Pour cette application, on a légèrement détourné une 
grande partie de la chute de Mill Creek Canon, située 
à 15 kilomètres de la ville. L'eau, amenée par un 
tunnel, traverse un filtre de sable destiné à retenir 
toutes les impuretés. A la sortie de la conduite, la 
chute est de 118 mètres; elle donne 72 mètres cubes 
par minute, ce qui correspond à une puissance maxima 
de 1 900 chevaux. Aux plus basses eaux, la puissance 
est encore de 800 chevaux. 

La station centrale (fîg. 127) se compose de 2 cham- 
bres, l'une pour les roues hydrauliques Pelton, l'autre 
pour les dynamos. 

La salle des dynamos contient 2 génératrices à 
courants alternatifs triphasés de 250 kilowatts, sous 
une différence de potentiel de 2 500 volts entre les 
conducteurs, deux dynamos D 10, suffisant chacune 
pour exciter les deux alternateurs, et une dynamo à 
arc Thomson-Houston de 50 lampes. Les fondations 
pour une seconde machine à arc et un troisième alter- 
nateur triphasé ont été établies en même temps. 







■ fc.*..*' I m. s- ... *p» I ' V 



310 



TRANSMISSION PAR COURANTS TRIPHASÉS. 



Ces alternateurs donnent, à la vitesse angulaire de 
600 tours par minute, 100 ampères et 2 500 volts. La 
fréquence est de 50 périodes par seconde. Chacune de 
ces machines est commandée directement par un 
ensemble de 2 roues Pelton de 200 chevaux chacune, 
à double ajutage. Le réglage de la puissance hydrau- 
lique est effectué par le système ordinaire différentiel 
Pelton, actionné par l'arbre d'une des excitatrices. Un 
second petit régulateur différentiel, actionné par 
l'arbre de l'autre excitatrice, contrôle l'action du pre- 
mier en réglantles roues hydrauliques des excitatrices. 

Un tableau de distribution très complet permet de 
mettre chaque machine séparément sur un circuit ou 
de réunir les deux circuits et les deux machines en 
parallèle. Pour le couplage en parallèle, on fait usage 
d'un synchroniseur acoustique, dont l'action est beau- 
coup plus précise que le système des lampes de phase 
généralement employé. Quand les machines sont près 
d'être en phase, on entend très nettement les batte- 
ments, et, quand les alternateurs sont rigoureusement 
en phase, le son rendu par l'appareil est très pur. 

L'aménagement intérieur de la station a été fait 
avec le plus grand soin, et la maison du chef de la 
station, à proximité de l'usine, a été pourvue de tous 
les appareils de chauffage électrique pour les appar- 
tements et pour la cuisine. 

Deux circuits de 9,3 mm. de diamètre, à trois 
conducteurs, partent de la station centrale. Un de ces 
circuits aboutit aux bureaux de la Compagnie, à 
Redlands, distants de 12,2 kilomètres, et, de ce point, 
se divise dans la ville pour la distribution de l'éclairage 
et de la force motrice. L'autre circuit se dirige sur 
Mentone, à 7 kilomètres, où se trouve la fabrique de 



TRANSMISSION PAR COURANTS TRIPHASES. 



311 



glace artificielle de la Union Ice C°. Dans cette usine 
on a installé un alternateur triphasé synchrone, à 
mise en route automatique, d'une puissance de 
150 kilowatts, à 750 tours par minute, commandant 
par courroie et par une transmission intermédiaire 
deux grands compresseurs à ammoniaque et différentes 
autres machines accessoires pour la fabrication de la 
glace. Le moteur marche nuit et jour sans arrêt, à 
pleine charge, et a toujours fonctionné sans le moindre 
accident. A Redlands, il y avait, à la fin du mois de 
décembre 1893, 30 lampes à arc et plus de 1 000 lampes 
à incandescence de l(i bougies, distribuées sur les 
trois branches du réseau, et un certain nombre de 
petits moteurs de puissance variable. 

Les transformateurs sont analogues à ceux du type F 
construit par la General Electric C" pour l'éclairage 
par courants alternatifs simples, sauf qu'ils sont 
étudiés spécialement pour 50 cycles par seconde et 
2 200-110 volts. Autant que possible, on a employé de 
gros transformateurs et de grands réseaux secondaires. 

On n'a éprouvé aucun ennui pour le non-équilibrage 
des lignes. Peu de temps après la mise en route de la 
station, la plus grande partie des lampes étaient bran- 
chées sur deux lignes seulement du circuit triphasé, 
et, quoique des lampes de ces deux lignes fussent 
disposées dans les mêmes pièces, on ne pouvait 
constater aucune différence dans leur éclat. 

Le premier alternateur arriva le 1 er septembre 1893 
à Redlands et fut mis en service régulier le 8 septembre. 
Le moteur à glace fut mis en marche le 13 septembre. 
Depuis cette date, les générateurs et moteurs ont 
fonctionné sans arrêt. 

État actuel de la distribution de l'énergie élec- 






312 ÉTAT ACTUEL DE LA DISTRIBUTION 

trique à Paris (1). — Les distributions d'énergie 
électrique existent depuis longtemps à Paris, depuis 
1877 par les installations privées, et depuis 1889 par 
stations centrales. 

I. Les stations centrales. — En ce qui concerne les 
stations centrales, l'auteur rappelle d'abord un court 
historique. Il mentionne les essais d'éclairage effectués 
en 1878, 1879, 1882, 1884, et arrive à l'inauguration 
de la première station centrale de Paris, l'usine dite de 
la Cité Bergère, le 21 juin 1887. L'incendie de l'Opéra- 
Comique le 27 mai 1887 a réveillé l'attention, et en 1888 
les théâtres commencent à s'installer. Mais ce n'est que 
le 29 décembre 1888 que le cahier des charges relatif 
aux concessions de canalisation électrique dans Paris 
est voté par le Conseil municipal. La surface de Paris 
est divisée en un certain nombre de secteurs. A cette 
époque, en 1889, sont constituées et acceptent le 
cahier des charges: la Compagnie continentale Edison, 
la Société d'Éclairage et de Force par l'électricité et la 
Compagnie V. Popp, actuellement Compagnie pari- 
sienne de l'Air comprimé et d'Électricité; le réseau muni- 
cipal entreprend également ses travaux pour l'éclairage 
électrique des Halles centrales et des abords. Par des 
efforts considérables, les grands boulevards peuvent 
bientôt être éclairés électriquement par les Sociétés. 
En 1890, la Société du secteur de Clichy obtient une 
concession et, en 1893, sont définitivement cons- 
tituées la Société du Secteur des Champs-Elysées et la 
Société du Secteur de la Rive gauche. 

L'utilisation la plus grande de l'énergie électrique 
est actuellement faite pour l'éclairage. Mais depuis 

(1) D'après une communication de M. J. Laffargue à la Société 
internationale des Électriciens, novembre 1895. 



DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE A PARIS. 313 

quelque temps, les moteurs électriques commencent 
à être employés surtout pour les manœuvres des 
ascenseurs, en raison du prix de l'eau, porté à 
60 centimes le mètre cube. 

Les moteurs à courants continus fonctionnent dans 
de très bonnes conditions; les moteurs à courants 
alternatifs exigent encore à la mise en marche des 
précautions qui rendent jusqu'ici leur emploi peu 
pratique; mais la question est à l'étude. 

Le point faible dans la marche actuelle des stations 
centrales est toujours une consommation nulle dans la 
journée et maxiina à la tombée de la nuit. On a re- 
médié en partie à ces inconvénients par un emploi 
rationnel et bien combiné des accumulateurs élec- 
triques. 

Etude dé taillée des secteurs. — La Compagnie conti- 
nentale Edison possède actuellement trois usines : la 
station Drouol, dite Cité Bergère, la station Trudaine 
et la station du Palais-Royal, d'une puissance totale 
actuelle de 2 WO k\v. Il existe aussi une sous-station 
rue Saint-Georges. On installe en ce moment à la sta- 
tion Trudaine un groupe électrogène de 000 chevaux 
avec dynamos Brown. Ces trois usines peuvent être 
montées en quantité suivant les besoins du service ; 
la marche de jour peut également être assurée par 
l'une d'elles. 

Le nombre des foyers installés est de 88 000 lampes 
de 10 bougies, et le nombre total de moteurs est de 
30, d'une puissance totale de 30,8 kw, variable de 
250 watts, à 4,5 kw pour chaque moteur. 

La Société d'Eclairage et de Force par l'électricité 
effectue la distribution dans son secteur à l'aide de 
l'usine primaire de Saint-Ouen, à haute tension, de 
J. Lefèvbe. — Nouv, électr. 18 



M 









314 



ÉTAT ACTUEL DE LA DISTRIBUTION 



600 kw, et à l'aide des usines réceptrices dans Paris, 
Barbes (360 kw), gare du Nord (463 kw) en partie 
réceptrice, et à l'aide des usines Bond y (400 kw), Filles- 
Dieu (400 kw), la Villette (200 kw), et Abattoirs 
(192 kw). La puissance totale est donc de 2025 kw. 
Mais à l'usine de Bondy on enlève 2 moteurs dynamos 
Weyher-Desroziers de 100 kw chacun, et on ajoute un 
Corliss-Farcol-Desroziers de 441 kw, et une dynamo- 
turbine Laval-Desroziers de 220 kw. La puissance 
totale sera donc très prochainement de 2 552 kw. 

Le nombre des lampes installées est de 70 000 de 
10 bougies ; le nombre des moteurs est de 35 d'une 
puissance totale de 90 kw. 

La consommation maxima de l'année n'est atteinte 
qu'au mois de décembre. 

La Société du Secteur de la place Clichy a considéra- 
blement augmenté sa puissance depuis son établisse- 
ment. Elle possède actuellement 3 moteurs-dynamos 
horizontaux de 350 kw, 3 moteurs verticaux de 330 kw 
également, ainsi que 3 machines à vapeur Armington 
et Sims actionnant des dynamos shunt de 50 kw pour 
la charge des accumulateurs, et 1 machine à vapeur 
verticale de 100 chevaux actionnant des survolteurs. 
La puissance totale est de 2 470 kw. Le réseau de cette 
Société s'est considérablement développé. Il est vrai 
de dire que tous les soins et toute la perfection 
désirables ont été apportés dans l'installation et dans 
l'exploitation. Certains feeders sont actuellement très 
chargés, et la Société étudie un moyen de réglage à 
l'aide de survolteurs. 

Le nombre des lampes installées est de 95 000 de 
10 bougies. Les moteurs électriques sont au nombre 
de 67 , d'une puissance totale de 1 76 kw. Dans la station 



DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE A PARIS. 315 

centrale, 10 moteurs sont employés pour divers usages, 
mise en marche d'outils, pompe, etc.; nous signalons 
en particulier l'emploi d'un moteur électrique, avec 
appareil automatique de démarrage, pour la mise au 
point des machines à vapeur. Le rapport de l'assemblée 
générale ordinaire du 21 octobre 1895 insiste beaucoup 
sur le développement que peuvent prendre les ascen- 
seurs électriques. La Société a actuellement signé 
des polices pour 31 ascenseurs et elle espère que dans 
l'année ce chiffre montera à 100. 

La Compagnie parisienne d'Air comprimé et d'Electri- 
cité avait installé en 1889, au début, une série de 
petites usines à air comprimé d'une puissance totale 
de 600 chevaux, et d'autres plus importantes telles que 
la Bourse du Commerce, la Cité du Retiro, la rue des 
Jeûneurs. Ces usines ont rendu à cette époque de 
grands services pour entreprendre rapidement la 
distribution de l'énergie électrique sans attendre la 
pose des canalisations extérieures. On a ensuite 
installé l'usine du boulevard Richard-Lenoir, et on a 
transformé l'usine du lac Saint-Fargeau. Ces 2 usines 
produisent aujourd'hui des courants continus à haute 
tension, 2 ou 3 000 volts, et chargent à l'aide de lignes 
distinctes des batteries d'accumulateurs réparties dans 
25 sous-stations. Les lignes sont distinctes, mais elles 
passent toutes deux dans toutes les stations, et peuvent 
être alimentées chacune séparément par une des 
stations ou les deux en quantité par les deux usines 
en tension, suivant les régimes de marche adoptés. 
Les batteries d'accumulateurs, dans un nombre aussi 
grand de sous-stations, exigeaient un grand entretien, 
et n'ont pas donné toute satisfaction. On les a rem- 
placées en grande partie par des transformateurs 






316 ÉTAT ACTUEL DE LA DISTRIBUTION 

rotatifs à courant continu, formés de deux dynamos 
Thury, montées sur le même arbre, d'une puissance de 
40 ou 80 kw suivant les cas. 

La Compagnie parisienne semble aujourd'hui ne pas 
apprécier beaucoup l'emploi de sous-stations multiples, 
et elle a l'intention de les remplacer par 2 ou 
3 grandes sous-stations. La sous-station Saint-Roch, 
en particulier, renferme 3 groupes de 4 transforma- 
teurs en tension alimentant un réseau à 5 fds pour 
desservir le quartier Vendôme. Deux groupes de 
transformateurs ont une puissance de 80 kw, et le 
troisième une puissance de 40 kw. Il y a également 
16 batteries d'accumulateurs de 50 kw. 

Pour assurer encore une plus forte alimentation dans 
son réseau si étendu, la Compagnie parisienne fait 
installer sur le quai Jemmapes une station centrale 
(distribution à 5 fils) qui aura, comme première ins- 
tallation, une puissance totale de 2400 kw(3 dynamos 
de 800 kw). Celle-ci alimentera, à l'aide de feeders en 
câbles sous plomb et armés de 1000 mm 2 de section, 
le réseau secondaire de la sous-station Saint-Roch, et 
assurera la charge de batteries établies dans une nou- 
velle sous-station en construction rue Mauconseil. Le 
réseau secondaire de la sous-station Saint-Roch sera 
donc monté en quantité avec les feeders de la station 
Jemmapes. Quand toutes ces installations seront ter- 
minées, la puissance totale des usines du secteur 
atteindra 4600kw. 

Le nombre des lampes desservies est actuellement 
de 80000 ; il n'y a pas de moteurs. 

La Société du Secteur des Champs-Elysées fait la dis- 
tribution à courants alternatifs à l'aide d'une station 
centrale établie à Levallois -Perret, sur les bords de la 



DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE A PARIS. 



3n 



Seine. L'usine, comprenant 3 alternateurs Hillairet, a 
une puissance de 1 200 kw; elle installe actuellement 
un autre groupe moteur avec 1 alternateur Farcot. Des 
feeders aboutissent à la place de l'Étoile et alimentent 
eusuite divers sous-feeders. On compte actuellement 
80 000 lampes de 10 bougies, dont 7o 000 à incandes- 
cence et 160 lampes à arc. Les moteurs sont au nombre 
de 15, d'une puissance totale de 25,7 kw. 

La Société du Secteur de la rive gauche avait, dès le 
mois d'octobre 1893, commencé son exploitation en 
utilisant la petite usine du Panthéon, d'une puissance 
de 100 kw. Elle a pu ainsi desservir quelques abonnés 
dans le quartier de la Sorbonne, et notamment les 
laboratoires de la nouvelle Sorbonne. 

L'usine définitive est sur les bords de la Seine, à 
Issy: elle a une puissance de 4 000 kw, fournie par 
10 alternateurs Ganz de 400 kw à 3 000 volts et à 
42 périodes par seconde. La canalisation est faite avec 
des câbles concentriques Felten et Guillaume sous 
plomb et armés, isolés au jute et au papier. Ces cables 
sont fabriqués par la Société industrielle des Télé- 
phones dans ses usines de Bezons. L'inauguration de 
cette usine doit avoir lieu en mars 1890, 

La Station mimicipale des Halles centrales n'a pas 
subi de grands changements depuis l'origine. Sa puis- 
sance totale est toujours de 570 kw, dont 240 kw poul- 
ies courants continus et 330 kw pour les courants 
alternatifs. On a seulement ajouté 4 dynamos Des- 



roziers 



poi 



la 



charge 



d'une batterie 



d'accumulateurs, et 1 alternateur-volant Patin de 
38 kw. Le nombre des lampes de 10 bongies ins- 
tallées est de 32 498 en courants continus et 9009 en 
courants alternatifs. Il y a également 7 moteurs, 

18. 




318 ÉTAT ACTUEL DE LA DISTRIBUTION 

dont 4 sur les courants continus et 3 sur les cou- 
rants alternatifs. 

Puissance utile des stations centrales. — Il y avait 
à Paris : 

En 1890 3 900 kilowatts. 

1892 8 700 — 

1894 11 300 — 

1895 (fin d'année) 21305 — 

Le tableau général suivant fixe complètement les idées 
sur les états, actuel et prévu, des stations centrales de 
Paris à la fin de l'année 1893. 



ÉTAT DES STATIONS CENTRALES DE PARIS AU 31 DÉCEMBRE 1895 





PriSSAKE TOTALE 


ÉCLAIRAGE 


MOTEURS 




DISPONIBLE 


y -~-~ 




— ~-~— ^ 




AUX U51NE5 










NOMS 


EN RW 


S 


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13 


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COMPAGNIES CUNCES&IO.NNAIRES. 


3 


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ê e 


|§ 




o 


& 


§■8 
2; 


3 


13 








- 








Compagnie continentale Edison 
Société d'Eclairage et de Force 


2 400 


680 


88 000 


3 080 


30 


36,8 
















2 025 


500 


70 000 


2 45U 


35 


90 


Société du secteur de Clichy. . 


2 470 


» 


95 900 


3 500 


67 


176,6 


Compagnie parisienne de 1 Air 














comprimé et d'Electricité... 


2 200 


2400 


80 000 


2 800 








Société du Secteur des Champs- 
















1 200 


400 


80 000 


2 800 


15 


25,7 


Société du Secteur de la Kive 
















100 


4000 


„ 


„ 


II 







570 





41 567 


1 455 


7 


2 




10 965 


7980 


454 567 


16 085 


150 


331 






DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE A PARIS. :119 

TABLEAU DE LA COHBOMMÀTIOH TOTALE D'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 
rAR ANNÉE 

1889 480 784 kw-h. 

1890 2 284 485 — 

1891 4 671 70G — 

189 2 5 987 538 - 

1893 G 986 027 — 

189i 7 883 434 — 

Les stations centrales, malgré des difficultés de 
toutes sortes, se sont suffisamment étendues à Paris. 
L'éclairage publie par lampes à arc est peu développé, 
et le nombre de moteurs électriques installés très 
faible, peu en rapport avec le nombre de ceux en 
service en Allemagne et en Amérique. 

II. Les installations privées : 

STATISTIQUE DES INSTALLATIONS PAP.TICUUÈRES A PARIS. 
Puissance des installations à diverses époques. 
1873... E-^ais divers (ateliers Gramme). 

1*77... 230 chevaux. 

1883... :iyo — 

1889... 12 100 — dont 11 000 à vapeur. 
Ivl - • l6 '■'"" — (vapeur) et 1450 chevaux (gaz) 
1883... 20 000 — _ n«0 - 

1895... 23 000 — (environ) (vapeur) et ÏÏ60 chevaux (gaz). 

Nature et puissance des Installations électriques particulières. 

Installations municipale, : en cbe^nx. 

A vapeur. — Hôtel de Ville, Chaïup-de-Mars, Bercy, 

l'are Monceau, Buttes Chaumont 1 220 

Installations privées : 
A vapeur. — Théâtres (Opéra, Châtelet, Opéra- 
Comique, Odéon, Gymnase, Olympia, 

Gaité, Casino de l'aris, Parisianaj" 3 000 

Gares (Saint-Lazare, Est, Orléans, Montpar- \ 

nasse, Sceaux, Lyon) 2 0(t() I 

Hutels (Grand Hoteî, Continental) ~ SOo / 

Grands magasins (Bon-Marché, Louvre, ( 21 780 

Printemps, Ville de Saint-Denis, Gagne- ( 

Tetit, Ville de Londres, Place Clichv).. .3 000 \ 

Cafés, restaurants, cercles 200 

Diverses (usines, fabriques, etr ) . '. ) 3 ooû / 

A ^porter " 23 080 



320 ÉTAT ACTUEL DE LA DISTRIBUTION 

Report 23 080 

A gaz. — Hôtel moderne, Palais du Sénat, École Boule, 
Palais de glace, brasseries, cafés, bazars), 730 mo- 
teurs • 2 260 

A air comprimé. — Société d'Encouragement, Samari- 
taine, etc. (grand maximum) 500 

Total général 25 760 

Il y a donc actuellement à Paris une puissance mé- 
canique de plus de 36000 kilowatts, exclusivement con- 
sacrée à l'éclairage électrique, et près de 8 000 kilo- 
watts en installation. 

Conclusion. — Les stations centrales d'énergie élec- 
trique à Paris se sont suffisamment développées jusqu'à 
ce jour, malgré de grandes difficultés d'installation et 
d'exploitation, et malgré une durée très réduite et trop 
courte des concessions. Dans ces conditions, il n'est pas 
possible d'engager un capital important, qui serait 
nécessaire pour assurer une bonne installation et une 
exploitationsoignée. Cependant, on compte pour l'élec- 
tricité à Paris une puissance totale de 51 500 chevaux, 
dont 48 700 à vapeur. Si l'on considère qu'il y a à 
Paris, à la fin de 1895, environ 80 000 chevaux, on 
voit les résultats remarquables atteints par les distri- 
butions d'énergie électrique centrales ou privées. 

Les installations particulières sont encore trop 
nombreuses. En dehors des considérations qui font 
qu'une maison importante désire disposer de son 
éclairage à volonté et l'assurer comme elle l'entend, 
la question de prix est également sérieuse. Les secteurs 
n'ont pu fournir jusqu'ici, même pour de grandes 
installations, l'énergie électrique à un prix inférieur à 
8 et 9 centimes l'kw-h Dans une installation, des cons- 
tructeurs ont offert de construire l'usine et de four- 
nir l'énergie au prix de 6 centimes l'kw-h, en aban- 



DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE A PARIS. 321 

donnant l'usine à l'abonné après 10 ans de service. 
C'est une erreur, au point de vue des stations cen- 
trales, de laisser installer ainsi une série de petites 
usines; il serait préférable de s'adresser aux secteurs; 
il faudrait que les Compagnies pussent, à leur tour, 
faire des conditions moins onéreuses. Il serait pour 
cela nécessaire que les concessions soient prolongées 
et que les usines productrices soient transportées en 
dehors de Paris, pour éviter tous les ennuis de l'inté- 
rieur des villes. 



CHAPITRE XVII 

TRACTION ÉLECTRIQUE 



Locomotives : Heiimann, Compagnie du Nord, Siemens, Thomson- 
Houston. — Tramways : I» à accumulateurs (Saint-Denis) ; 
2° a conducteurs aériens (Marseille, Bordeaux); 3» à rails con- 
ducteurs (Lyon) ; 4» à câble souterrain. — Voiture élec- 
trique. 

Quelques tentatives ont été faites dans ces derniers 
temps pour appliquer la traction électrique aux che- 
mins de fer. 

Locomotive Heiimann. — La locomotive électrique 
de M. J.-J. Heiimann a été expérimentée le 2 février 1894 
entre le Havre et Beuzeville et, depuis cette époque, 
entre Paris et Mantes. 

Nous ne pouvons mieux faire comprendre les avan- 
tages de cette nouvelle machine qu'en empruntant à 
Fauteur lui-même le résumé suivant : 

« La stabilité, l'adhérence, la puissance et la sou- 
plesse se trouvent, par le seul effet du mode de trans- 
mission de puissance inhérent à la locomotive de Ste- 
phenson, en conflit réciproque et constant, et, si l'on . 
en développe une, c'est au détriment des autres. On 
semble arrivé aujourd'hui au maximum de ce qu'il 
est, dans cette voie, possible de réaliser sans troubler 
l'harmonie nécessaire entre des nécessités divergentes. 



LOCOMOTIVE HEILMANN. 323 

« Si l'on substitue la transmission électrique à la 
transmission mécanique, toutes ces difficultés s'éva- 
nouissent. 

« La stabilité n'est plus mise en danger, ni par le 
diamètre des roues, qui prennent le diamètre des roues 
de wagons, ni par les mouvements perturbateurs des 
organes de transmission, car le mouvement est trans- 
mis par des organes souples et fixes, tels que des 
câbles, et non par des masses pesantes en conti- 
nuelle oscillation, telles que des bielles. 

« L'adhérence est complète. Chaque essieu devient 
un essieu moteur, sans qu'il en rejaillisse la moindre 
sujétion par ailleurs ni sur la souplesse du véhicule 
ni sur autre chose. 

« La puissance comporte un développement consi- 
dérable. Grâce au système des bogies, la plate-forme 
de la locomotive peut recevoir un accroissement no- 
table, qui permet de réaliser sur un même véhicule 
des puissances deux fois plus grandes qu'autrefois. Les 
plus puissantes locomotives ont donné 1 000 chevaux 
pendant quelques instants. On peut aborder avec sécu- 
rité des locomotives donnant 2000 chevaux en travail 
prolongé. 

« Enfin la souplesse est parfaite, puisqu'elle résulte 
de la construction naturelle de la locomotive. 

« La locomotive n'est plus qu'un wagon comme un 
autre, du type des plus souples wagons, le wagon à 
bogie. 

« Le changement dans le mode de distribution de 
la puissance motrice bouleverse les limites assignées 
par la théorie et l'expérience aux qualités fondamen- 
tales des locomotives de grande et de petite vitesse, 
les données actuelles relatives à la vitesse et à la 






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m 

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■ 







324 LOCOMOTIVE HEILMANN. 

charge des trains, ainsi que les données qui se rappor- 
tent aux limites de rampes et de rayons des lignes 
nouvelles. » 

Il semble cependant qu'on puisse reprocher à la lo- 
comotive Heilmann les pertes dues à la double trans- 
formation subie par la puissance mécanique, mais, 
comme la machine à vapeur fonctionne dans de meil- 
leures conditions de rendement que sur les locomo- 
tives ordinaires, la perte serait plus que compensée, 
et l'on obtiendrait même une économie de charbon 
dans des conditions identiques. 

La locomotive Heilmann se ,'compose d'un véhicule 
portant une chaudière, une machine à vapeur, une 
dynamo génératrice et des moteurs actionnant les 
essieux; elle forme donc un ensemble indépendant, 
pouvant remorquer des wagons ordinaires, et dévelop- 
pant, comme les locomotives de puissance moyenne, 
une puissance utile d'environ 500 chevaux, disponible 
sur les essieux. 

La chaudière, du type Lentz, possède un foyer en 
tôle ondulée, prolongé par une chambre de combus- 
tion, où s'arrêtent les escarbilles entraînées, qu'on 
extrait périodiquement par un jet de vapeur. Les gaz 
chauds passent ensuite dans les tubes, qui sont relati- 
vement courts, et sont entraînés dans la boîte à fumée 
par l'échappement du moteur. Cette chaudière est 
alimentée par deux injecteurs; elle est disposée à 
l'arrière du véhicule, avec la cheminée en arrière, 
entre les réservoirs d'eau et les soutes à charbon. 

Le moteur et la dynamo se trouvent à l'avant, lais- 
sant au milieu une place vide pour le chauffeur. 

La dynamo génératrice, commandée directement 
par la machine à vapeur, est à courant continu, à 



LOCOMOTIVE HEILMANN. 32b 

6 pôles, et possède un induit en anneau, de 1,24 m. de 
diamètre ; elle donne normalement 400 volts et 
1 000 ampères. Les inducteurs sont en acier doux 
fondu : les bobines ont des noyaux cylindriques, mu- 
nis de pièces polaires rapportées. Trois paires de ba- 
lais en charbon recueillent normalement le courant; 
mais la machine peut aussi fonctionner avec une 
seule paire. 

Le courant d'excitation est fourni par une petite 
machine compound à 4 pôles, donnant 30 volts et 
2C0 ampères, et qui sert en outre à l'éclairage du train. 
Cette excitatrice, qui fait 300 tours par minute, est 
commandée directement par un petit moteur pilon, à 
deux cylindres, dont les pistons agissent sur deux 
manivelles à 180°. 

Le châssis de la locomotive est porté par deux 
bogies à quatre essieux; une disposition simple ré- 
partit la charge sur les essieux d'une manière toujours 
égale, sans balanciers ni aucun organe intermédiaire. 
Chaque bogie porte quatre moteurs à quatre pôles, 
avec deux bobines inductrices; tous ces moteurs sont 
logés sous la machine; ils absorbent chacun 400 volts 
et 125 ampères, soit 50 kilowatts. 

Les inducteurs sont en acier coulé; les enveloppes 
sont fondues d'une seule pièce; les noyaux des bobi- 
nes, cylindriques, sont rapportés. L'induit, qui a 
60 centimètres de diamètre, est un anneau; il est 
muni d'une denture, qui sert surtout à l'entraîne- 
ment mécanique du fil ; il est monté sur un tube 
d'acier, qui porte tout le moteur et qui entre sur 
l'essieu, dont il est séparé par une matière isolante 
et élastique, appelée ivoodite, qui a sur le caoutchouc 
l'avantage d'être inattaquable par l'huile. Ce tube 
J. Lefèvre. — N'ouv. électr. 19 









^^B 






326 



LOCOMOTIVE HE1LMANN. 



porte à l'une de ses extrémités un plateau muni 
d'un certain nombre d'encoches, garnies de woodite, 
dans lesquelles s'engagent des pièces fixées aux bras 
de la roue. Le moteur repose donc sur une substance 
élastique et entraîne la roue par accouplement élas- 
tique, disposition qui évite les chocs au démarrage et 
diminue le martelage de la voie. Les inducteurs repo- 
sent sur le tube d'acier par deux coussinets à grais- 
sage automatique. Les balais sont en charbon. L'une 
des roues peut s'enlever facilement pour permettre 
l'accès du moteur. 

Les huit moteurs sont reliés directement à la dy- 
namo, sans l'interposition d'aucune résistance : ils 
sont divisés en deux groupes, qui peuvent se monter 
en tension ou en quantité, suivant la puissance et la 
vitesse qu'on veut obtenir. Chaque moteur est muni 
d'un interrupteur, qui permet de le supprimer du cir- 
cuit. 

Le changement de marche est produit par un inver- 
seur, qui change le sens des connexions des induc- 
teurs dans tous les appareils simultanément. 

Les freins sont commandés par des cylindres à air 
comprimé, qui permettent d'accoupler la locomotive 
avec des wagons munis du frein de Wenger ou de 
Westinghouse. 

Le levier de commande de la machine à vapeur 
principale, le rhéostat, les commutateurs, la com- 
mande des freins, les appareils de mesure et de con- 
trôle, sont placés à l'avant, auprès du pilote. Un 
avant-bec taille-vent supporte tous ces appareils et 
abrite le pilote et la machinerie. La figure 128 montre 
la machine dépourvue de cette enveloppe; on aper- 
çoit en arrière la chaudière, en avant la machinerie ; 




Fig. 128. — Vue d'ensemble de la Fusée électrique. 



^•F* 









w 



328 



LOCOMOTIVE HE1LMANN. 



m 



au milieu est la place du chauffeur, et tout à fait à 
l'avant celle du pilote. Devant la grande dynamo se voit 
la machine excitatrice avec son petit moteur spécial. 

Après avoir été inaugurée entre le Havre et Beu- 
zeville, la Fusée électrique fut soumise à un service 
régulier, entre Paris et Mantes. Pour l'amener d'abord 
à Paris, il fallut, étant donné son poids considérable 
(Ho tonnes), la décharger notablement, pour lui per- 
mettre de traverser certains des viaducs sur lesquels 
la ligne du Havre franchit la Seine aux environs de 
Rouen, et qui étaient alors en cours de réfection. 

Pour la même raison, la locomotive Heilmann ne 
pouvait circuler sur l'ancienne ligne de Mantes, dont 
on reconstruisait les viaducs de Maisons et de Ga- 
renne-Bezons ; elle fut donc placée sur la ligne de la 
rive droite, après qu'on eut examiné les effets produits 
par son passage sur le vieux pont d'Argenteuil. On a 
trouvé que, si la flèche donnée par la poutre était 
environ d'un tiers plus grande qu'avec les machines 
ordinaires, qui pèsent 65 tonnes, le travail des pièces 
du pont n'était pas sensiblement plus grand, ce qui 
montre bien l'influence des mouvements perturba- 
teurs de ces machines. Les expériences durèrent du 
1 er au 9 mai. 

Le dernier jour, la Fusée électrique remorqua un 
train pesant 75 tonnes environ de Paris à Mantes en 
52 minutes. La vitesse a varié de 55 à 105 kilomètres, 
sans que l'allure ait cessé d'être parfaitement régu- 
lière ; c'est là la caractéristique de cette machine. 

Malgré les qualités incontestables que présente cette 
locomotive, elle paraît avoir encore besoin de quel- 
ques perfectionnements, tels que diminution de poids 
et augmentation de puissance. 



LOCOMOTIVE HEILMANN. 32» 

La fîgui'e 129 montre l'aspect extérieur de la Fusée 
électrique; c'est la reproduction d'une photographie 










prise le jour même où cette machine est sortie des 
ateliers de la Compagnie des forges et chantiers de la 
Méditerranée. L'appareil photographique était placé 



r 






330 



LOCOMOTIVE DE LA. COMPAGNIE DU NORD. 



près de la voie, latéralement et un peu en avant du 
taille-vent. 

Locomotive de la Compagnie du Nord. — De son 
côté, la Compagnie du Nord a été conduite à étudier 
une locomotive électrique, non dans le but d'aug- 
menter la vitesse, mais pour l'établissement du Métro- 
politain. Cette Compagnie avait accepté de faire à ses 
frais deux prolongements de ses lignes vers l'Opéra 
et vers les Halles centrales, et, pour éviter à la Compa- 
gnie du Métropolitain des constructions coûteuses 
d'ateliers, de dépôt de machines, de voitures, etc., 
elle avait consenti à se charger au prix de revient de 
la traction des trains. Elle eut à s'expliquer alors de- 
vant la commission d'enquête et devant la commis- 
sion du Conseil municipal sur les moyens qu'elle 
employerait pour assurer la ventilation des souter- 
rains et la traction des trains. 

Pour ces' dernières questions, on s'arrêta à la so- 
lution la plus simple, c'est-à-dire qu'on résolut de 
rendre la ventilation inutile en employant pour la 
traction des machines spéciales, évitant l'introduction 
de vapeur ou de fumée dans les galeries souterraines. 
Dans ce but, on a combiné et réalisé, avec le concours 
de MM. Francq et Mesnard, une locomotive ordinaire 
permettant de marcher en souterrain, sans dégager 
devapeurou de fumée, surunparcoursdeSkilomètres 
(gare du Nord aux Halles) ; cette machine pèse près de 
60 tonnes et possède une puissance de traction 
de 10600 kilogrammes, tandis que les locomotives du 
Métropolitain de Londres, qui pèsent 47 tonnes, n'ont 
qu'une puissance de 5820 kg. 

En même temps, la Compagnie du Nord a mis à 
l'étude une locomotive électrique, destinée à marcher 







LOCOMOTIVE DE LA COMPAGNIE DU NORD. 



331 



avec une vitesse toujours égale, dans les montées 
comme dans les descentes. Il fallait pour cela emma- 
gasiner une partie de la puissance produite dans le 
premier cas pour l'utiliser dans le second ; on s'est 
servi dans ce but d'accumulateurs. Le moteur électri- 
que fonctionne donc en palier avec sa puissance nor- 
male ; à la descente, le long des déclivités, l'excès de 
courant va charger les accumulateurs ; aux montées, 
les accumulateurs restituent ce qu'ils ont pris, et leur 
courant s'ajoute à celui du générateur. C'est, comme 
on voit, ingénieux, et l'on peut réduire ainsi la 
puissance effective du générateur et réaliser finalement 
des économies. 

En outre, comme il s'agit seulement d'une machine 
d'études, les accumulateurs constituent l'unique 
source d'électricité, tandis que, pour une locomotive 
destinée à un service courant, il faudrait évidemment 
employer une dynamo actionnée par une machine à 
vapeur, et les accumulateurs ne serviraient plus que 
de régulateurs de vitesse. 

Les accumulateurs employés sont au nombre de 
80, du type de la Société pour le travail électrique des 
métaux. Quatre accumulateurs étant réservés pour 
l'excitation des inducteurs, les soixante-seize autres 
sont répartis en quatre batteries de dix- neuf. Une de 
ces batteries a encore un usage spécial : elle fournit 
le courant à une petite dynamo qui commande le 
compresseur d"air du sifflet de la locomotive et du 
frein. 

Le poids total de ces accumulateurs est de 
14000 kilogr. et la capacité totale de la batterie 
atteint 148 400 ampèreheures. A la vitesse de 40 kilo- 
mètres à l'heure, la batterie serait par conséquent 









332 LOCOMOTIVE SIEMENS. 

déchargée en quatre ou cinq heures. Toutefois, cette 
durée peut être plus considérable, car, dans les pentes, 
les accumulateurs sont partiellement rechargés par 
les dynamos. 

Le courant des accumulateurs actionne 4 moteurs, 
montés sur le prolongement des essieux extrêmes de 
la machine, qui est à trois essieux. 

Les inducteurs de ces appareils sont à 4 pôles et 
permettent d'obtenir, avec une vitesse régulière faible, 
une grande vitesse de déplacement des fils des anneaux 
dans les champs magnétiques, conditions nécessaires 
pour obtenir un bon rendement. Ils sont portés par 
des ressorts fixés au châssis de la locomotive et 
alimentés chacun par quatre accumulateurs spéciaux 
qui, par des accouplements variés, permettent une 
excitation plus ou moins énergique des inducteurs. On 
peut obtenir ainsi des vitesses qui croissent de 1 à 4, 
la plus grande réservée naturellement pour franchir 
les rampes. 

Les anneaux de ces moteurs sont calés directement 
sur les essieux. Ce procédé de montage est nouveau et 
donne le moyen de visiter aisément les balais du col- 
lecteur, en même temps qu'il facilite l'enlèvement ra- 
pide de l'induit en cas d'avarie. 

Ces moteurs développent normalement 30 chevaux 
chacun, mais ils sont susceptibles de fournir une 
puissance double et même 100 chevaux pendant la 
période très courte du démarrage. 

Locomotive Siemens. — A Londres, MM. Siemens 
ont fourni deux locomotives à la City and South 
London Electric Raihoay C°. La vitesse de ces machi- 
nes oscille, dans la traversée du souterrain, entre 
20 et 50 kilomètres à l'heure, avec des puissances 



LOCOMOTIVE THOMSON-HOUSTON. 



333 



variables de 40 à 60 chevaux ; le rendement serait 
excellent, 92 p. 100. 

Locomotive Thomson-Houston. — La Compagnie 
Thomson-Houston exposait à Chicago une locomotive 
de 30 tonnes, qui a été, pendant près de six mois, en 
service sur le Boston and Maine R. R. C°. Cette loco- 
motive a été construite pour la traction à grande vi- 
tesse sur les lignes de banlieue ou les chemins de fer 
métropolitains ; elle peut atteindre une vitesse maxi- 
mum de 80 kilom. à l'heure, mais ne dépasse pas nor- 
malement 50 kilomètres. 

Cette machine porte deux moteurs à 4 pôles, dont 
2 saillants et 2 conséquents : leur induit se compose 
de tôles laminées munies de dents, entre lesquelles 
se logent des conducteurs plats et nus, isolés par du 
mica moulé à la forme de la rainure. L'enroulement 
est du genre Gramme et l'excitation se fait en série. 

Le mécanisme (fig. 130) comprend deux essieux 
moteurs, sur lesquels les moteurs électriques agissent 
directement, et un châssis en fer dont les longerons 
sont constitués par de simples fers en T, sur lesquels 
sont rivées des pièces de fonte, boulonnées elles-mêmes 
à la partie inférieure des boîtes de graisse. Le poids 
des moteurs se transmet à ces longerons par l'inter- 
médiaire d'entretoises, maintenues entre deux ressorts 
à boudins fixés sur les longerons, qui amortissent les 
chocs et limitent la variation de position delà carcasse 
en fonte sur laquelle sont boulonnées les pièces 
polaires des moteurs. 

L'arbre de chaque induit est creux et traversé par 
l'essieu correspondant, auquel il est réuni par un 
couplage universel permettant le mouvement dans 
tous les sens. 

19. 









334 LOCOMOTIVE THOMSON-HOUSTON. 

La cabine qui surmonte le truck renf erme un appareil 
de contrôle, qui sert au réglage des moteurs. Au 
départ, la manivelle de ce contrôleur met les moteurs 
en série avec une résistance additionnelle, ce qui assure 
un démarrage très facile et très doux. On enlève 
ensuite la résistance progressivement, puis on groupe 
les moteurs en quantité. Enfin le contrôleur permet 
de réaliser pendant la marche diverses dispositions 
donnant des vitesses différentes. 

Le courant est fourni par une station centrale et 
pris au moyen d'un trolley. 

Voici, d'après l'Industrie électrique, à laquelle nous 
empruntons cette description, les principales données 
de cette locomotive : 

P£ ids 30 tonnes. 

Efforts de traction eu marche nor- 

male 3200 kilog. 

Effort de traction au démarrage 6500 — 

Longueur totale 5>53 nôtres. 

Largeur totale 35] _ 

Hauteur totale 551 __ 

Écartement des essieux 1,670 — 

Rendement des moteurs à la vitesse 

de 40 km. à l'heure 90 p. 100. 

Rendement des moteurs à la vitesse 

de 32 km. à l'heure 87 _ 

Rendement des moteurs à ia vitesse 

de 16 km. à l'heure 87 

Rendement des moteurs à la vitesse 

de 8 km. à l'heure 43 _ 

Les freins, à air comprimé, sont commandés par un 
compresseur d'air mû par un moteur indépendant, de 
fi à 7 chevaux, placé dans la cabine. L'air comprimé 
alimente également le sifflet. 

Un autre modèle, de 40 tonnes, est établi pour 
rendre les mêmes services qu'une locomotive à vapeur 




Fi". 130. — Mécanisme de la locomotive Thomson-Houston. 












336 TRAMWAYS A ACCUMULATEURS. 

d'un poids analogue, la vitesse ne dépassant pas 
50 kilomètres. 

Enfin, des locomotives de 90 tonnes vont être livrées 
prochainement à la Baltimore and Ohio Railroad C" 
pour servir à la traversée souterraine de la ville de 
Baltimore. Elles devront remorquer des trains pesant 
jusqu'à 1 200 tonnes dans un tunnel de 5 kilomètres de 
longueur, présentant une rampe continue de 8 p. 1 000 ; 
la vitesse doit être de 25 kilomètres. Dans ces conditions^ 
ces machines exerceront un effort de traction de 15 000 
kilogrammes et développeront une puissance de 1 600 
chevaux. Les trains de voyageurs ne pèseront que 500 
tonnes et circuleront avec une vitesse de 50 kilomètres. 

Ce modèle comporte trois trucks à 4 roues; chaque 
essieu est commandé par un moteur de 225 kilowatts, 
faisant 70 tours par minute. Les induits sont concen- 
triques aux essieux et reliés avec eux par un accouple- 
ment universel élastique. Les inducteurs sont à 6 pôles. 

Les données principales de ces machines sont les 
suivantes : 

l°j d \ ; • 900tonnes. 

fctiort maximum de traction 27 000 kilo"r 

Hauteur totale 434 jL" 

Longueur totale 15' 40 _ 

Largeur totale j'90 _ 

Empattemant des roues d'un truck . si 08 — 

Empattement total n' 8i _ 

Diamètre des roues 1574 — 

Largeur de la voie j '435 _ 

Nombre des roues motrices 12' 

TRAMWAYS ÉLECTRIQUES. 

Tramwaysàaccumulateurs.— On fait généralement 
remonter à 1883 les premiers essais de traction élec- 
trique de tramways par accumulateurs. En réalité, les 






■■I 



TRAMWAYS A ACCUMULATEURS. 337 

premières expériences furent faites à Paris, le 25 mai 
1881, par M. N.-J. Raffard, à l'aide d'une voiture à 
50 places de la Compagnie des Omnibus et d'accumu- 
lateurs Faure : la dynamo était placée à l'arrière, au- 
dessous du plancher. Malgré les conditions défec- 
tueuses dans lesquelles eut lieu cette tentative, on put 
constater la possibilité d'employer l'électricité à la 
traction de ces voitures. Le même véhicule fut remis 
en expérience le 24 juin 1883, avec une dynamo plus 
parfaite et plus légère, et put faire le trajet de Paris 
à Versailles, aller et retour. 

Tramivays de Saint-Denis. — La Compagnie des 
tramways de Paris et du département de le Seine, qui 
a son dépôt à Saint-Denis, applique la traction élec- 
trique sur ses trois lignes : Saint-Denis-Madeleine; 
Saint-Denis-Opéra; Saint-Denis-Neuilly. La traction 
électrique a été substituée à la traction animale en 
1892 sur les deux premières lignes et en 1893 sur la 
dernière. 

Les voitures employées sont automobiles, à impériale 
couverte, et comportent 50 places, dont 24 d'impériale, 
20 d'intérieur et 6 de plate-forme ; elles sont éclairées 
au moyen de A lampes àincandescence, alimentées par 
la batterie d'accumulateurs. 

La caisse de la voiture repose, par l'intermédiaire 
de galets, sur deux trucks à un essieu portant des 
chevilles ouvrières. Ces deux trucks sont reliés entre 
eux par un système articulé, à ressort, qui permet aux 
essieux de converger dans les courbes, et les ramène 
au parallélisme en alignement droit (fig. 131). 

Chaque essieu est actionné par une machine 
dynamo-électrique, au moyen de deux harnais d'en- 
grenages. Le rapport des vitesses angulaires du 









338 



TRAMWAYS A ACCUMULATEURS. 






moteur et de l'essieu est de 12 à 1. Les engrenages 
sont en fonte, à chevrons ; dans les premiers trucks 
construits, le premier harnais baigne complètement 
dans l'huile; dans les derniers, la même disposition a 
été appliquée également au second. Les moteurs 
électriques sont bipolaires, du type Manchester, à 
induits Gramme. Ils sont excités en série. Les balais 
sont constitués par quatre blocs de charbon placés 
normalement à la surface du collecteur. 

Chaque machine peut développer, à la vitesse de 
1 350 tours, une puissance de 10 000 watts, sous une 
différence de potentiel de 200 volts. Dans ces condi- 
tions, le rendement entre les bornes de la dynamo et 
l'essieu atteint 75 p. 100. 

Les trucks et leurs moteurs ont été construits par 
M. Averly, de Lyon. Ils sont munis d'un frein à en- 
roulement Lemoine. Les caisses ont été fournies par 
M. Morel Thibaut. 

Les accumulateurs sont du système Laurent-Cély, 
décrit plus haut. Sous les banquettes de chaque 
voiture sont disposées 12 caisses en bois, 6 de chaque 
côté, renfermant 108 éléments à 11 plaques. 

Les neuf éléments d'une caisse sont groupés en 
tension, et les pôles des petites batteries ainsi formées 
aboutissent chacun à une bande de cuivre fixée sur 
l'une des parois latérales de la caisse. 

Dans la voiture sont montées à ressort, sur des 
supports en bois, des lames de laiton. L'introduction 
des caisses entre ces lames, sur lesquelles glissent les 
bandes de cuivre, établit automatiquement les con- 
nexions entre tous les éléments de la batterie. 

La charge des batteries se fait sur des bancs 
formés de madriers goudronnés, supportés par des 



TRAMWAYS A ACCUMULATEURS. 339 

piles en briques, dont ils sontséparés par des isolateurs 
en verre. Ces bancs portent des contacts à ressort 
semblables à ceux dus voitures. La batterie placée 
sur le banc de charge a tous ses éléments groupés en 
tension. 

La salle des accumulateurs comporte vingt-quatre 
emplacements de batteries. Chacun d'eux est relié au 
tableau de distribution du courant de charge par un 
circuit spécial, contenant un ampèremètre, un indi- 
cateur de sens de courant et, sur chaque pôle, un 
coupe-circuit et un interrupteur. 

La manutention des batteries, entre les bancs de 
charge et les voitures, se fait au moyen de wagonnets 
roulant sur des voies Decauville, qui longent les 
bancs et les voies de garage des voitures. Quand une 
voiture rentre pour échanger sa batterie déchargée 
contre une autre, sept wagonnets sont rangés de 
chaque côté de la voie de garage. Six supportent les 
caisses d'accumulateurs fraîchement chargés ; le sep- 
tième est vide. On fait glisser la première caisse de la 
batterie contenue dans la voiture sur ce dernier 
wagonnet, et on l'emmène vers la place qu'elle occu- 
pera sur les bancs de charge. La première caisse de 
la nouvelle batterie passe de son wagonnet dans le 
compartiment libre de la voiture, et reçoit la 
seconde caisse de l'ancienne batterie, et ainsi de suite. 
La plateforme des wagonnets est mobile au moyen 
d'une vis et d'an volant, de façon à pouvoir être 
amenée exactement au niveau, soit de l'intérieur de 
la voiture, soit de la plate-forme du banc de charge. 
Toute la manœuvre du changement de batteries se 
fait en cinq minutes au maximum. L'emploi des 
wagonnets a été imposé par l'exiguité du local 




i .'.Tpj'ien.'e^ 



TRAMWAYS A ACCUMULATEURS. 



341 



disponible pour les bancs de charge des accumulateurs 
au moment de l'installation, qui s'est faite en cours 
d'exploitation. 

Le courant de charge des accumulateurs est fourni 
par trois machines dynamo-électriques Desroziers, 
construites par la maison Bréguet. 

Chacune d'elles est actionnée par une machine 
Corliss horizontale à condensation, de la force de 
125 chevaux. Deux de ces machines tournent à la 
vitesse de 75 tours, la troisième à celle de 160 tours. 
Cette dernière conduit sa machine dynamo au moyen 
d'un seul système de poulies, les deux autres à l'aide 
d'une transmission intermédiaire. Les machines sont 
alimentées par trois chaudières semi-tubulaires . 
L'installation mécanique est due à M. E. Garmer. 

Les machines dynamos génératrices engendrent, à 
la vitesse de 600 tours, un courant de 230 ampères, 
sous une force électromotrice de 2(50 volts. Elles sont 
groupées en quantité, ainsi que les circuits des 
batteries en charge. La charge des batteries se 
fait à potentiel constant sous 260 volts. Ce sys- 
tème a été préféré à cause de sa rapidité et de sa 
simplicité. _ 

11 pourrait arriver que le courant d'une batterie déjà 
complètement chargée vienne à se déverser dans 
d'autres batteries au début de leur charge. L'indica- 
teur de sens de courant intercalé dans le circuit de la 
batterie chargée met en mouvement dans ce cas une 
sonnerie d'avertissement, et on sépare immédiatement 
cette batterie du circuit des machines. 

On laisse les batteries se charger jusqu'au moment 
où elles ont absorbé un nombre d'ampèreheures égal à 
celui qu'elles ont débité en service, avec une augmen- 



n 



F 






.h 



312 



TRAMWAYS A ACCUMULATEURS. 

tation correspondant au rendement en quantité des 
accumulateurs, qui est de 85 p. 100. 

Le nombre des ampèreheures débités a été déter- 
miné expérimentalement pour chaque parcours, au 
moyen d un ampèremètre enregistreur placé sur une 
voiture d'essai. La durée de la charge est de six heures 
pour une batterie ayant fourni toute sa capacité, qui 
est de 230 ampèreheures, soit 52 chevaux-heure Le 
rendement en énergie des batteries s'élève à 70 p 100 

Deux machines fonctionnent pour la charge pendant 
23 heures par jour, la troisième machine n'est en 
marche que 6 heures. 

Les nécessités de l'exploitation exigent lapossibilité 
de marcher à des vitesses variées. On réalise ce desi- 
deratum en modifiant le couplage des éléments des 
batteries. 

Dans la voiture, la batterie se trouve divisée en 
quatre parties ou sous-batteries comportant chacune 
trois caisses, soit 27 éléments en tension, qui corres- 
pondent à une différence de potentiel à circuit fermé 
de o0 volts environ. Au moyen du commutateur-cou- 
pleur mis à la disposition du cocher de la voiture on 
a la faculté d'obtenir les trois couplages suivants : 

1° Les quatre sous-batteries groupées en quantité ■ 
force électromotrice 50 volts; 

2° Deux groupes de deux sôus-balteries en tension 
associés en quantité ; force électromotrice 100 volts ;' 
3° Les quatre sous-batteries en tension ; force élec- 
tromotrice 200 volts. 

La vitesse du véhicule varie en passant d'un cou- 
plage à l'autre, dans le rapport de 1 à 2. 

Les moteurs des voitures sont normalement associés 
en séné. Toutefois, on peut, aumoyen du commutateur, 



TRAMWAYS A CONDUCTEURS AÉRIENS. 343 

les coupler en quantité, de façon à obtenir une plus 
grande vitesse ou à développer un plus grand effort. 
Ce mode de marche n'est employé que dans des cas 
exceptionnels. 

Le commutateur permet encore : 1° de réaliser la 
marche avant et la marche arrière du véhicule, en 
renversant le sens du courant dans les circuits induc- 
teurs des moteurs; 2 "de supprimer, en cas d'avarie, 
l'un des moteurs, enfermant sur eux-mêmes les circuits 
de la machine avariée, dans la position correspondant 
au couplage des machines en série. Un seul moteur 
est suffisant pour continuer la marche et ramener la 
voiture au dépôt, avec une légère diminution de la 
vitesse. 

L'appareil renferme en outre quatre interrupteurs, 
commandant les circuits des lampes à incandescence 
qui servent à l'éclairage. Chacune d'elles se trouve 
branchée sur l'une des quatre sous-batteries. 

La substitution de la traction électrique par accumu- 
lateurs à la traction animale s'est traduite par une 
économie sur les frais de traction de 0,03 fr. par kilo- 
mètre-voiture, et il y a lieu de remarquer que cette 
diminution est en réalité plus élevée, car les voitures 
à traction animale employées sur la ligne de l'Opéra 
ne contenaient que 46 voyageurs et celles de la ligne 
de la Madeleine 32, tandis que les voitures automobiles 
en reçoivent 50. Les recettes ont aussi augmenté de 
0,03 fr. par kilomètre-voiture. 

Tramways à conducteurs aériens. — Tramways 
de Marseille. —La traction animale donnait à Marseille 
d'assez mauvais résultats, car le vent humide de la 
mer rend souvent le pavé glissant, surtout dans les 
rampes, qui sont assez fortes en certains points. 









344 TRAMWAYS A CONDUCTEURS AÉRIENS. 

tZVr fra ï dG traCti ° n ^^omètre, pour une voi- 
ture à deux chevaux, s'élevaient à 0,40 fr. tandis qu'Us 
sont seulement de 0,30 fr. à Toulouse, de 0,32 fr à 
Bordeaux et de 0,25 à Milan et à Florence 

Apres divers essais, on a remplacé ce mode de trac- 
tion par 1 emploi de l'électricité (1892). Le courant est 
amené par un trolley et le retour se fait par les rails 
L usine génératrice, située boulevard Mirabeau 
contient trois chaudières multitubulaires du syï 
teme de Naeyer, d'une surface de chauffe de 90m* 
chacune, et munies de réchauffeurs de TOm* Trois 
machines à vapeur compound, verticales, du système 
Hoffmann d'OErlikon, de 100 chevaux effectifs chacune 
à échappement libre, actionnent directement un 
nombre égal de dynamos bipolaires, du type OErlikon 
donnant 66 000 watts à la tension normale de m 
Aolts. Ces machines sont à enroulement compound 

La ligne aérienne, qui part du pôle positif des 
dynamos est formée de deux fils parallèles, ce qui a 
permis de leur donner UQ ^.^ ^^ q a 

rendre 1 aspect moins désagréable; elle est fixée à 
chaque poteau par deux isolateurs, de façon que la 
rupture de l'un d'eux n'entraîne m l a mise à ^ 

^ZV' fï? aU ret ° Ur ' l6S exlrémites *» rails 
adjacents on été réunies par des fils de cuivre, afin 
de diminuer la résistance. 

Pour éviter autant que possible les interruptions de 
service, on a divisé la ligne aérienne en un certain 
nombre de sections indépendantes recevant chacune 
séparément le courant de l'usine 

Le courant pénètre dans chaque voiture par un 
trolley, fixe au haut d'une perche verticale, traverse 
un interrupteur de sûreté fixé à la partie supérieure 






TRAMWAYS A CONDUCTEURS AÉRIENS. 345 

de la voiture, puis un plomb fusible; il passe ensuite 
dans les inducteurs des moteurs, qui sont excités en 
série, dans la résistance régulatrice qui sert à taire 
varier la vitesse, puis dans les deux induits, qui sont 
également disposés en série, et se rend aux rails par 
l'intermédiaire des roues, après avoir traverse le 
commutateur inverseur qui règle le sens de la marche. 
Chaque moteur peut développer sur l'axe des roues 
une puissance de 15 chevaux. Le service est assuré par 
8 voitures, effectuant chacune par jour un parcours 
maximum de 185 kilomètres, tandis que les voitures 
à chevaux ne faisaient que 80 à 100 kilomètres. 

Chaque voiture est éclairée par 5 lampes de 
110 volts montées en série, et porte deux régulateurs 
de vitesse, l'un à l'avant, l'autre à l'arrière, qui ser- 
vent suivant le sens de la marche; ce sont des 
rhéostats en ruban de nickeline, avec un certain 
nombre de touches permettant de régler la résistance 
du circuit. Le poids total d'une voiture vide est de 
6 550 kilogrammes. 

De nombreuses améliorations, apportées depuis 
quelque temps dans la disposition des moteurs et des 
engrenages, ont permis d'augmenter le rendement 
dans une proportion notable. 

Tramways de Bordeaux. — Outre le tramway de 
Marseille, dont nous venons de parler, il existe encore 
en France deux autres installations à ligne aérienne, 
à Clermont-Ferrand et à Bordeaux. Cette dernière, qui 
a été terminée le 20 novembre 1893, relie Bordeaux au 
Vigean, en passant par le Bouscat. 

La station centrale, située à peu près à égale 
distance des deux points extrêmes, comprend des 
machines à vapeur du type Mac Intosh et Seymour, 






346 TRAMWAYS A RAILS CONDUCTEURS. 

qui sont analogues aux moteurs Armington et Sims • 

ce sontdesmachinescompound, horizonSles,l"Zé 
vitesse, sans condensation, qui font 233 ^ MC , 

minute et ont chacune une puissance de 150 cnevaux 

wiiir/e itjt^ des chaudières Ba ^ * 

wucox de 132 m a de surface de chauffe chacune m.i 
peuvent vaporiser 1830 kg. d'eau à l'heure ; les de'ux 
dynamos, commandées par courroie, sont du système 
Thom s 0n Houston, a 4 pôles, de 100 kilowatts": eîl 
font 6o0 tours par minute et donnent aux bornes une 
différence de potentiel de 500 volts sans charge et d 

000 volts à pleine charge. ° 

48^0 mSi q « PréS6nte Me l0ngUeur totaIe de 
4820 mètres, estforméed'unfil de cuivre de 8«o mm 

Œ n 1? rax :- de ia voie ^ £2ïï£; 

spéciaux, que maintiennent des consoles fixées à des 
poteaux en bois dans la campagne, en acier dan 

1 intérieur de la ville. Le retour se fai pa £ rails 

S: in mm 18 " l6UrS 6Xtrémités P- dufil de cuiv ' 
Cette installation est à voie unique, avec sept garais' 
non compris ceux des extrémités « ai ^es, 

Le service est fait par 6 voitures munies chacune 
d un moteurde 13 chevaux, d'un rhéostat de col ZZ 
et de divers appareils accessoires, et éclairées par 
5 lampes à incandescence de 16 bougies. Le truckp 
sente des particularités intéressantes P 

z2 amW rr " raiIS COnducteur «- - Trannrays de 
Lyon. - Ln nouveau système de traction, très Lé- 
meux, va être incessamment mis à l'essai à Lyon sur 

Entre les deux rails ordinaires, constituant la voie 
sont enterres à fleur du sol, dans un pavage en bois 



TRAMWAYS A RAILS CONDUCTEURS. 347 

et du goudron, des coupons de rails à patin renversés, 
longs de 2,80 mètres, et séparés par des intervalles 
de 3 mètres. Ces pièces métalliques sont chargées de 
transmettre le courant et ne se trouvent elles-mêmes 
électrisées qu'au moment utile; c'est là la partie origi- 
nale de cette installation. Le courant, produit par une 
usine située à l'entrée du Parc, est amené, par un 
câble unique placé dans un conduit souterrain, à des 
commutateurs distributeurs distants de 110 mètres. 
Ces appareils se composent de trois couronnes concen- 
triques isolées, portant des bras ou manettes convena- 
blement calés, qui se meuvent sur un clavier circulaire 
de 18 plots en cuivre, reliés chacun par un fil isolé 
avec un des 18 rails de la section correspondante de 

la voie. 

Chaque voiture porte deux curseurs, l'un à l'avant, 
l'autre à l'arrière. Lorsque le curseur d'arrière se trouve 
par exemple sur le rail n° 5 d'une section, le courant 
passe de la couronne centrale du distributeur par sa 
manette sur le plot 5, se rend par le fil correspondant 
à ce rail isolé et au moteur du tramway, et revient à. 
la station par les rails de la voie. 

Dès que le curseur d'avant atteint le rail n° fi, une 
partie du courant, dérivée par le fil 0, revient a une 
autre couronne et à un électro-aimant du distributeur, 
qui agit sur un appareil de déclenchement pour faire 
avancer d'un cran les couronnes et les manettes : le 
courant principal passe alors instantanément du groupe 
o au groupe 6, et la manœuvre continue de même 
jusqu'à ce que le courant passe automatiquement du 
dernier groupe d'un distributeur au premier groupe 
du suivant. Le curseur d'avant de la voiture vient 
toucher le rail n° G avant que le curseur d'arrière ait 



il 












348 VOITURE ÉLECTRIQUE. 

abandonné le rail n° 5, de sorte que le courant n'est 
jamais interrompu. 

Chaque voyage exige 230 déclenchements. La tension 
du courantest de 500 volts. Ce système est absolument 
remarquable par son originalité; mais on peut se 
demander si les contacts s'établiront toujours régu- 
lièrement, malgré l'humidité et la poussière. 

Tramways à câble souterrain. - 11 existe actuel- 
lement en Europe deux lignes de tramways à câble 
souterrain : la plus ancienne, du système Holroyd 
Smith, est installée sur la plage de Blackpool; la 
seconde, du système Siemens et Halske, est à Buda- 
Pesth et comprend un réseau beaucoup plus étendu 
Le système Holroyd Smith a été aussi adopté par la 
Société des études françaises et étrangères, qui a 
obtenu au printemps dernier la concession de la ligne 
Place Cadet - Porte Montmartre, à Paris. Cette instal- 
lation présentera cependant des différences notables 
avec celle de Blackpool. Les feeders seront placés 
dans un grand égout situé entre les deux voies et 
suffisant pour la circulation des ouvriers ; les conduc- 
teurs de contact seront installés sous un rail de 
chaque voie et abordables de l'intérieur de l'égout 
ce qui permettra de les nettoyer sans obstruer la rue' 
Avec ce système, les rails ne transportent aucun cou- 
rant et l'on évite l'aspect désagréable des conducteurs 
aériens. Malgré la petite augmentation de dépenses 
provenant de la construction de l'égout, on pense que 
l'exploitation sera suffisamment rémunératrice. 

Voiture électrique. - La voiture ordinaire, 
pouvant circuler à volonté sur une route quelconque 
ou dans toutes les rues d'une ville, est évidemment le 
véhicule qui se prête le moins bien à l'emploi de 



VOITURE ÉLECTRIQUE: 349 

l'électricité ; devantêtre absolumentindépendante, elle 
ne peut être reliée à une station centrale par aucune 
canalisation et doit par conséquent porter avec elle 
son générateur d'électricité ; on est donc à peu près 
obligé dans ce cas de s'adresser aux accumulateurs. 
C'est ce qui a été fait dans la voiture combinée récem- 
ment par M. Jeantaud. Ce véhicule qui, extérieurement, 
ressemble beaucoup aux voitures à pétrole, renferme 
une batterie de 21 accumulateurs Fulrnen, système 
Tommasi, contenus dans 7 boites; chaque élément 
pèse 13,300 kg. Cette batterie, montée en tension, peut 
fournir 500 ampèreheuros ; elle actionne une petite 
dynamo, placée sous la voiture, et qui donne 2,6che- 
vaux à la vitesse de 1 200 tours, avec un rendement de 
74 p. 100, lorsque les bobines sont montées en série, 
et 4,4 chevaux à la vitesse de 1300 tours, avec un ren- 
dement de 70 p. 100, les bobines étant placées en pa- 
rallèle. Ce moteur est suspendu à la caisse de la voiture 
par un ressort à lames, qui adoucit les démarrages. 
La transmission, du système Gaillardet, se fait 
sans chaînes, par l'intermédiaire d'un arbre tournant 
dans deux paliers fixés à l'essieu; cet arbre porte un 
engrenage à chevrons monté sur joint à la Cardan, qui 
forme couronne sur le différentiel; c'est cet engrenage 
qui est attaqué directement par le pignon du moteur. 
L'arbre porte en outre, à ses deux extrémités, des 
pignons à denture droite, qui engrènent avec deux 
tambours dentés intérieurement et fixés sur les 
moyeux des roues. 

L'avant-train de la voiture est à pivot; on ferme ou 

on ouvre le circuit avec le bout du pied, tandis qu'avec 

le talon on agit sur un frein très puissant. Le véhicule 

à deux places pèse, sans voyageurs, environ 1 000 kg. 

J. Lefèvre. — Nouv. électr. 20 



1 



^^ 



■ 






CHAPITRE XVIII 



TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE 



Télégraphe imprimeur Higgins. 

Télégraphe imprimeur Higgins. — Pour satisfaire 
plus rapidement leurs abonnés, les agences de nou- 
velles emploient depuis quelque temps des appareils 
télégraphiques rapides, disposés de telle sorte qu'un 
seul transmetteur peut actionner à la fois un très 
grand nombre de récepteurs. La dépêche est reçue 
sur une feuille de papier ayant 20 centimètres environ 
de largeur et présente l'aspect des copies obtenues 
avec les machines à écrire. Dans ces appareils comme 
dans celui de Hughes, le courant ne sert qu'à com- 
mander le départ du mécanisme, qui est ensuite mû 
par un moteur auxiliaire ; mais le synchronisme, qui 
est si difficile à obtenir, n'a ici aucune importance. 

L'agence Dalziel emploie le télégraphe Higgins, 
déjà utilisé depuis un certain temps en Angleterre par 
Y Exchange Telegraph C°; l'agence Havas met à la 
disposition de sa clientèle le télégraphe Wright. Nous 
décrirons le premier de ces deux appareils. 

Le transmetteur comprend un clavier à 38 touches 
(fig. 132) et un cylindre horizontal A, mobile autour 
de son axe. Le clavier porte les chiffres et les lettres 



- . 



TÉLÉGRAPHE IMPRIMEUR HIGGINS. 3S1 

de l'alphabet, ainsi qu'un trait, un point et quelques 
indications supplémentaires; les chiffres 1 et sont 




Fig. 132. — Télégraphe Higgins, clavier du transmetteur. 



remplacés par les lettres I et 0. L'axe du cylindre porte 
à son extrémité un disque de cuivre isolé B (fig. 132 
et 133), muni de 19 dents, et qui est entraîné, ainsi 









■ 



352 TÉLÉGRAPHE IMPRIMEUR HIGGINS. 

que le cylindre, par un petit moteur électrique. Le 
cylindre porte à sa surface 38 pointes, disposées sur 
une hélice et situées dans des plans équidistants. 
Sur le cylindre B frottent deux ressorts CD, reliés 



Terre 




Mécanisme du transmetteur Higgins. 



aux deux pôles d'une pile ou d'une batterie d'accu- 
mulateurs, dont le milieu est à la terre. L'axe du 
cylindre communiquant avec la ligne, lorsqu'on met 
l'appareil en marche, chacune des dents du disque B 
rencontre successivement les deux ressorts CD, ce qui 
produit une série de courants alternatifs. 



TÉLÉGRAPHE IMPRIMEUR HIGGINS. 



353 



D'un autre côté, chaque touche du clavier porte un 
talon E, qui se soulève lorsqu'on appuie sur l'autre 
extrémité et vient se placer dans le plan de rotation 
de la touche correspondante, qu'il arrête au moment 
où elle vient buter contre lui. Le mécanisme est immo- 




Mécanisme du récepteur Higgius. 



bilisé dans une position qui est toujours la même pour 
une touche déterminée, mais qui varie d'une touche 
à l'autre. L'une des dents de B reste alors en contact 
avec l'un des ressorts CD, et un courant continu est 
lancé dans la ligne tant qu'on maintient le doigt sur 
la touche. 

Le clavier possède en outre une trente-neuvième 
touche, marquée « Répétition », qui est dépourvue de 
talon ; en l'abaissant, on ne produit aucun effet sur 
le mouvement du cylindre, mais on interrompt le 
courant de la ligne. 

20. 



354 TÉLÉGRAPHE IMPRIMEUR H1GGINS. 

Enfin un cadran porte une aiguille, qui avance d'une 
division chaque fois qu'on appuie sur une touche, 
et qui revient d'elle-même au zéro quand on abaisse 
la touche « A la ligne » ; on sait ainsi à chaque instant 
combien de lettres ont été imprimées sur la ligne 
commencée et à quel moment elle se trouve remplie. 

Chaque récepteur comprend une roue des types 
verticale H (fig. 134) ayant sur sa circonférence' des 
caractères en relief, qui tourne avec son axe G, de 
forme carrée, et qui peut coulisser sur lui. Un appareil 
imprimeur, mis en marche parl'arrêtdutransmetteur, 
vient chaque fois appuyer une feuille de papier contre 
la lettre qui se présente à la partie inférieure de la 
roue H ; dès que le cylindre recommence à tourner, le 
mécanisme se retire en arrière et fait avancer la roue H 
sur son axe d'un intervalle vers la droite. Si l'on 
appuie sur la touche « A la ligne », la roue se reporte 
à gauche, tout au commencement de la ligne, et le 
papier se déplace d'un interligne. 

L'axe G est entraîné dans le même sens que le 
cylindre transmetteur par un moteur quelconque, par 
exemple un poids P agissant par l'intermédiaire d'un 
mouvement d'horlogerie ; il porte à droite une roue à 
échappement I, munie de 38 dents qui correspondent 
aux types de la roue H ; chaque fois qu'une dent de I 
vient à échapper, une nouvelle lettre se présente 
devant la partie du papier portée par le rouleau 
imprimeur F. 

Le mouvement de l'échappement I est réglé par 
une ancre J, portée par une palette K, mobile autour 
d'un axe horizontal et servant d'armature à l'électro L, 
qui communique avec le fil de ligne. La palette K 
est polarisée par les deux aimants permanents M 



■ 



TÉLÉGRAPHE IMPRIMEUR HIGGINS. 355 

(flg. 135) et peut osciller rapidement sous l'influence 
des courants de ligne, laissant échapper une dent à 
chaque inversion de ces courants. Grâce à ce dispositif, 




Fig. 135. — Mécanisme du récepteur Higgins. 

l'axe G et le cylindre transmetteur A tournent avec la 
même vitesse et sont toujours dans des positions 
correspondantes. L'électro L n'ayant qu'un faible 
effort à accomplir, on est certain d'obtenir ce synchro- 
nisme avec beaucoup de sûreté. On règle généralement 



I 



356 TÉLÉGRAPHE IMPRIMEUR HIGGINS. 

l'appareil pour une vitesse de 130 tours par minute, ce 
qui permettrait d'imprimer environ 1 800 mots à 
l'heure. 

Lorsqu'on appuie sur une touche du clavier trans- 
metteur, un courant continu est lancé dans la ligne : 
la palette K est immobilisée; au contraire les deux 
électros NN' deviennent actifs, car leur armature 0, 
douée d'une trop grande inertie pour obéir aux 
courants alternatifs à courte période, se meut sous 
l'action du courant continu et vient appuyer lepapier 
supporté par le rouleau F contre la roue des types 
(fig. 134); celui des caractères qui se présente se 
trouve ainsi reproduit. 

Le mouvement de la roue H sur l'axe G est produit 
par le chariot Q, qui sert d'écrou à une vis R à pas 
allongé. Lorsque le rouleau F se retire après l'im- 
pression d'une lettre, le rochet S, qui se meut avec lui, 
entraîne une des dents d'une roue à rochet T, 
solidaire de la vis R. Le cliquet S' empêche la vis de 
revenir en arrière, malgré l'action d'un ressort 
contenu dans le barillet V et qui se bande un peu plus 
à chaque mouvement du mécanisme imprimeur. Grâce 
à cette disposition, chaque mouvement de ce méca- 
nisme fait avancer le chariot Q et la roue H d'une 
quantité constante, qui correspond à l'intervalle de 
deux lettres. Quand on appuie sur la touche « A la 
ligne », le rochet S et le cliquet S' se trouvent soulevés, 
et le ressort contenu dans le barillet V, entraînant la 
vis R en sens contraire, ramène la roue H à l'extrémité 
gauche. Cet effet est obtenu par l'électro-aimant X, 
placé comme les autres sur le fil de ligne, et dont 
l'armature U est maintenue immobile par le disque Y, 
calé à droite sur l'arbre G, pour toutes les positions 



TÉLÉGRAPHE IMPRIMEUR HIGGINS. 357 

sauf une. Ce disque porte en effet une éehancrure 
placée sur la même génératrice que la dent de la roue 
d'échappement qui correspond àla touche « A laligne ». 
Pour cette seule position, l'armature U devient libre; 
elle soulève SS' et fait en même temps remonter le 
papier d'un interligne. 

En résumé, lorsque le moteur électrique du poste 
transmetteur est mis en marche, le cylindre A tourne 
rapidement et les trotteurs CD envoient dans la ligne 
une série de courants alternatifs, qui font tourner les 
roues des types de tous les récepteurs avec un mou- 
vement synchrone. On presse d'abord la touche «A 
la ligne », afin d'amener toutes les roues à l'extrémité 
gauche ; chaque fois qu'on appuie sur une autre tou- 
che, ou rend le courant continu ; tous les récepteurs 
s'arrêtent dans une position correspondante et impri- 
ment la même lettre. La touche « Blanc » produit les 
mêmes effets; mais le papier rencontre une partie de 
la roue dépourvue de relief et qui ne donne aucune 
impression ; on a un blanc. 

Pour imprimer deux fois de suite la même lettre, on 
pourrait appuyer deux fois sur la même touche ; mais 
il est plus simple de maintenir la touche baissée et 
d'appuyer sur la touche « Répétition » qui interrompt 
un instant le courant. De cette manière, la roue H n'a 
fait qu'avancer vers la droite sans tourner, et imprime 
une seconde fois la même lettre. 

En pratique, on peut sans inconvénients mettre 12 à 
15 récepteurs en série sur la même ligne ; mais on peut 
augmenter beaucoup ce nombre en employant des 
circuits dérivés commandés par des relais polarisés 
sensibles. 



CHAPITRE XIX 

TÉLÉPHONIE 



Téléphones Ader, Massin, Aubry. - Bitéléphone Mercadier. - 

transmetteurs microphoniques Ader, d'Arsonval, Château 
Mercadier et Anizan, de Lalande. - Poste microtéléphonique 
Breguet. - Téléphonographie. - Théâtrophone. 

La construction des appareils téléphoniques admis 
sur les réseaux français doit être actuellement con- 
forme aux prescriptions de la circulaire suivante : 

Notification d'une décision imposant aux constructeurs certaines 
améliorations de détails. 



Paris, le 10 juin 1892. 



Monsieur, 



Sur le rapport de laComission chargée del'examen des appareils 
téléphoniques, et en vue d'assurer dans de meilleures conditions 
leur entretien, les prescriptions suivantes seront imposées aux 
constructeurs à partir du 1« janvier 1893. 

1" Toutes les vis entrant dans la construction des appareils 
téléphoniques devront être faites avec des tarauds fabriqués 
avec un jeu qui sera établi par les soins du Dépôt Central, et 
dont un exemplaire sera remis aux constructeurs qui en feront 
la demande; 

2" les contacts à buter seront absolument proscrits et remplacés 
par des contacts à frottement; 

3° il y aura lieu de supprimer les boudins qui sortent des 
joues des bobines d'induction. Noyer dans ces joues des plots 



TÉLÉPHONIE. 



339 



métalliques sur lesquels on prendra la communication avec les 
circuits de la bobine ; 

4° ne faire usage que de paillettes d'acier avec contacts platines 
pour les ressorts de communication; 

5» le ressort antagoniste du crochet mobile devra fonctionner 
d'une façon normale sous des poids attachés au crochet de 200 
à 600 grammes ; 

6» les vis à bois seront remplacés par des vis a métaux ou par 
des boulons. Les têtes des boulons seront munies d'un pied et 
les écrous refendus pour permettre le serrage au tournevis; 

70 toutes les communications seront établies en fil de cuivre 
recouvert d'un isolant avec tresse de coton ou de soie et ter- 
miné par des poulies en laiton. La tresse sera rouge pour le 
circuit primaire, bleue pour le circuit secondaire, jaune pour 
le circuit d'appel et des trois couleurs pour les fils communs aux 
trois circuits* 

8" les bornés auront la disposition et porteront les indications 

figurant ci-contre : 




Fif. 136. — Disposition des bornes. 



9» on n'emploiera, pour les joues des bobines d'induction, que 
du bois de buis bien sec et bien sain ; 

10» (es cordons souples seront attachés sur les récepteurs a 
des bornes extérieures ; 

11° les membranes des récepteurs seront vernies; 

Enfin l'Administration, sans en faire une obligation, conseille 
l'adoption des dispositons suivantes : 

1« fendre les têtes des boulons pour permettre le serrage au 
tournevis : __ . , 

•>» placer le crochet commutateur a gauche, ce qui permet a 
la personne qui se sert du téléphone d'avoir la main droite 

' 3°neplus faire usage, pour les bobines de récepteur, de bobines 
en bois qui se fendeut, et employer, au contraire, des joues 



360 



TÉLÉPHONE ADER. 



métalliques soudées sur les noyaux, en veillant à ce que cette 
carcasse métallique soit bien isolée du fil qu'elle supporte. 

J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien m'accuser 
réception de la présente communication. 

Le directeur, Baron. 

Le supplément au Dictionnaire d'Électricité contient, 
page 1130, le tableau des transmetteurs micropho- 
niques admis sur les réseaux téléphoniques et les noms 
des constructeurs qui se sont conformés aux pres- 
criptions de la circulaire ci-dessus. 





Fig. 137. — Nouveau récepteur Ader. 

Téléphone Ader. — Conformément au programme 
indiqué ci-dessus, la plupart des récepteurs télépho- 
niques admis par l'État ont été modifiés et notablement 
améliorés. Nous ne pouvons indiquer ici qu'un petit 
nombre de ces modifications. 

Pour le récepteur Ader, très employé sur les réseaux 
français, la forme seule du pavillon a été changée; 
un pavillon aplati et plus solide a remplacé l'ancien, 



TÉLÉPHONE ADER. 361 

qui était plus évasé et plus mince. La figure 137 montre 

cette nouvelle disposition. Les organes principauxn'ont 
pas été modiGés. 

La Société industrielle des téléphones a fait adopter, 




Fig. I3S. — Serre-tête à 2 récepteurs Ader. 

pour le service des abonnés, deux modèles de récepteurs 
serre-tête, analogues à ceux qu'on employait déjà dans 
certains bureaux centraux. 
L'un de ces modèles (fig. 138) comprend deux récep- 
J. Lefèvrb. — Nouv.électr. 21 



II 



362 TÉLÉPHONE AMPLIFICATEUR MASSIN. 

teurs Ader n° 3, à aimant plat circulaire, avec boîtier 
en ivoire ou en ébonite. Ces récepteurs sont assujettis, 
par deuxboutons BB, dans les glissières de deux ressorts 
en aluminium RB, garnis de soie. Ces ressorts se 
placent sur la tête et maintiennent, par une légère 
pression, les récepteurs appliqués sur les oreilles ; ce 
dispositif laisse les mains libres et permet d'écrire 
tout en écoutant. En desserrant un peu les boutons BB, 
on place les récepteurs exactement en face des conduits 
auditifs. Un cordon de soie à deux conducteurs, de la 
largeur voulue, établit les communications. 

Téléphone amplificateur Massin. — M. Massin s'est 
proposé d'améliorer la transmission à grande distance 
en éliminant du circuit les organes inutiles, soit les 
récepteurs au poste qui transmet et le circuit secon- 
daire de la bobine au poste qui reçoit. 

Dans ce but, les récepteurs et le fil secondaire de la 
bobine sont, dans chaque poste, « placés en dérivation 
sur l'un des deux fils, et une clef spéciale, communi- 
quant avec le second fil, ferme le circuit télépho- 
nique soit sur les récepteurs, soit sur la bobine, mais 
ne permet pas à ces deux organes de se trouver simul- 
tanément en ligne. 

« Les avantages théoriques de cette modification sont 

les suivants : 

« 1° Les récepteurs ne nuisent pas à la transmission 
et la présence du transmetteur n'affaiblit plus la récep- 
tion ; 2° l'opérateur n'a plus au départ, dans le cas de 
longues lignes, les oreilles assourdies par les courants 
qu'émet son transmetteur et qui traversent ses propres 
récepteurs ; 3° il est possible d'augmenter les courants 
circulant dans les circuits primaires sans avoir à 
craindre que les courants traversant le microphone de 






TÉLÉPHONE AMPLIFICATEUR MASSIN. 



363 



l'arrivée ne provoquent, dans les récepteurs de l'ar- 
rivée, des crépitements qui troubleraient l'audition. » 
[Annales télégraphiques, 1891.) 
Le téléphone construit d'après ces principes com- 




■^3 

Fip. 139 — Récepteur amplificateur .Massin. 

prend un récepteur ordinaire, fixé à l'extrémité d'un 
long manche en bois (fig. 139) ; ce manche est creux 
et renferme deux interrupteurs placés à des hauteurs 
différentes. L'interrupteur le plus voisin du téléphone 
est formé d'un ressort qui se déplace entre deux 






364 



TÉLÉPHONE AUBRY. 



contacts et sur lequel on peut agir par l'intermédiaire 
d'un bouton d'ivoire; l'autre se compose de deux 
ressorts courbes, qu'on peut faire communiquer par 
une petite tige de métal en tournant un bouton moleté, 
qui se déplace entre deux lettres et P. 

A la partie inférieure du manche s'insère un con- 
ducteur souple renfermant trois conducteurs de cou- 
leurs différentes. Le fil jaune se rend aux bobines, 
puis au contact de repos du premier interrupteur, et 
enfin au ressort de droite du second. Le fil rouge 
aboutit au ressort du premier interrupteur; le vert 
communique d'abord avec le ressort de gauche du 
second interrupteur, puis avec le contact de travail 
du premier. 

Lorsque l'index du second commutateur est devant 
la lettre 0, l'appareil fonctionne comme un téléphone 
ordinaire; quand il est placé devant la lettre P, 
l'appareil est disposé pour la transmission à longue 
distance (lignes interurbaines). Dans ce cas, on saisit 
le manche de bois à pleine main, puis on appuie le 
pouce sur le bouton supérieur ou on le relève, suivant 
qu'on parle ou qu'on écoute. 

11 est bon d'employer avec le récepteur Massin des 
piles très peu résistantes, comme la pile Lalande ou 
la pile bloc de M. Germain. 

Téléphone Aubry. — Dans cet appareil, l'aimant 
est monté sur une membrane non magnétique, de 
sorte que tout l'ensemble puisse vibrer facilement et 
que l'on perçoive à la fois les effets téléphoniques des 
vibrations de l'aimant et de celles de la membrane 
magnétique. 

Ce téléphone se compose donc d'un aimant plat, de 
forme annulaire, dont les pôles, diamétralement' 



fl 



BITÉLEPHONE. 



363 



opposés, s'épanouissent vers le centre (flg. 140), et qui 
est fixé à une membrane de maillechort au moyen de 
deux boulons en fer doux servant de noyaux à deux 
bobines de fil fin ; cette membrane est fortement 
serrée, à sa périphérie, entre le corps cylindrique de 
l'enveloppe et le fond évidé de la boîte métallique. La 
plaque de fer-blanc, disposée de l'autre côté des bobines, 




J*B 



Fig. 140. — Téléphone Aubry à membrane porte-aimant. 

en face des pôles, est fixée entre le corps cylindrique 
et le couvercle portant l'embouchure. 

La résistance des deux bobines est de 200 ohms. La 
membrane porte-aimant est percée de deux trous, pour 
laisser passer les fils de communication. Dans les 
modèles admis sur les réseaux français, le boîtier porte 
un anneau de suspension, qui sert en même temps de 
poignée. 

Bitéléphone. — M. Mercadier a donné ce nom à un 
récepteur téléphonique qu'il a construit, après de 
longues études sur le téléphone, et en particulier sur 
l'intensité et la qualité des effets téléphoniques. Malgré 
la réversibilité bien connue du téléphone, l'auteur 
remarque d'abord qu'il y a cependant avantage à 
donner une construction différente aux récepteurs et 
aux transmetteurs. 

« En effet, bien que le téléphone soit réversible et 
qu'il puisse servir à volonté de récepteur ou de trans- 
metteur, il ne faut pas oublier qu'il y a dans le mode 



I 



■ ' I 






366 



BITÉLÉPHONE. 



d'action, dans l'un et l'autre cas, une différence consi- 
dérable, car l'énergie des ondes aériennes qui agissent 
sur le champ magnétique du transmetteur peut être 
regardée comme énorme par rapport à celle des ondu- 
lations électriques qui agissent sur le champ du récep- 
teur. Si donc les deux téléphones récepteur et trans- 
metteur sont identiques, on a là comme deux machines 
identiques au point de vue géométrique, magnétique 
et électrique, mais dont le moteur de l'une serait des 
millions de fois plus énergique que celui de l'autre. 

« Il est évident que, dans ces conditions de fonc- 
tionnement, l'emploi de deux machines identiques est 
très mauvais. 

« Par conséquent, la construction d'un téléphone 
transmetteur doit être différente de celle d'un récepteur, 
et l'emploi simultané de ces instruments exige néces- 
sairement le sacrifice de la réversibilité pratique. » 

D'ailleurs, M. Mercadier résume ainsi les conditions 
que doit remplir un récepteur téléphonique pour don- 
ner le rendement maximum : 

« Dans un téléphone qui doit servir de récepteur, il 
est possible d'obtenir à la fois la netteté dans la repro- 
duction des inflexions variées de la parole articulée et 
Y intensité nécessaire pour tous les usages du téléphone. 
Pour cela, il suffit : 1° de donner au diaphragme du 
téléphone l'épaisseur juste suffisante pour absorber 
toutes les lignes de force du champ de son aimant ; 
2° de diminuer le diamètre jusqu'à ce que le son fon- 
damental et les harmoniques du diaphragme encastré 
soient plus aigus que ceux de la voix humaine, c'est- 
à-dire plus aigus que Yut 3 . » 

Cette étude a conduit M. Mercadier à construire un 
récepteur téléphonique de dimensions et de poids très 



BITÉLÉPHONE. 



367 



réduits, et donnant des effets comparables comme 
intensité et supérieurs comme netteté à ceux des appa- 
reils ordinairement employés : en particulier, les 
voyelles et diphtongues fermées <?, eu, i, u, ui seraient 
beaucoup mieux rendues. 

Le bitéléphone (fîg. 141) se compose de deux télé- 




Fig. 141. — Bitéléphone Mercadier. 



phones TT, à un ou deux pôles, réunis par un ressort 
en fil d'acier VV, de deux millimètres de diamètre, 
ayant la forme d'un V et entouré d'un tube de caout- 
chouc. On peut donner à ces téléphones plusieurs 
formes différentes. Chaque appareil est enfermé dans 
une petite boîte cylindrique en ébonite : le couvercle 
porte un ajutage recouvert d'un embout conique en 
caoutchouc, qu'on introduit dans le canal auditif. Ces 
embouts, qui amortissent le frottement des téléphones 
contre les oreilles et isolent l'opérateur des bruits 
extérieurs, peuvent s'enlever facilement, de sorte que 



368 



BITÉLÉPHONE. 



chaque personne peut en avoir une paire destinée 
exclusivement à son usage personnel. 
Ces récepteurs n'ont que 3 à 4 centimètres de 




Fig. 142. — Emploi du bitéléphone Mercadier. 

diamètre et ne pèsent pas plus de 50 gr. ; l'aimant, de 
petite taille, supporte deux noyaux de fer doux, 
recouverts de bobines^qui ont chacune une résistance 



NOUVEAU TRANSMETTEUR MICROPHONIQUE ADER. 369 
de 75 ohms. La membrane vibrante, en tôle, a 
3 centimètres de diamètre et 0,15 millimètres 
d'épaisseur. 

Le faible poids de ces appareils permet de les main- 
tenir un certain temps aux oreilles (fig. 142), automa- 
tiquement, sans le secours des mains, et cela sans 
éprouver ni gêne ni fatigue ; il suffit de régler la pres- 
sion du ressort en écartant plus ou moins les branches 
du V. 

L'opérateur conserve ainsi l'usage de ses deux mains 
et reste libre d'écrire, au fur et à mesure, les messages 
qu'il reçoit ou qu'il transmet. 

D'après l'auteur, les bitéléphones ont été essayés 
comme récepteurs, avec des transmetteurs micropho- 
niques ordinaires, sur une ligne souterraine de 
75 kilomètres, ainsi que sur une ligne téléphonique de 
800 kilomètres, et ont donné de très bons résultais. 

Nouveau transmetteur microphonique Ader. — 
Depuis le 1 er janvier 1893, l'Administration des Télé- 
phones a exigé, dans la construction des appareils 
téléphoniques admis sur les réseaux de l'État, des 
modifications destinées à diminuer les chances de 
dérangements, à perfectionner le fonctionnement, à 
faciliter l'entretien et à rendre uniforme le montage 
des postes. 

La construction d'un certain nombre de transmet- 
teurs microphoniques a donc été modifiée conformé- 
ment à la circulaire que nous avons donnée plus haut. 
La Société industrielle des Téléphones, qui construit 
les transmetteurs Ader, a simplifié en même temps le 
mécanisme de ces appareils. 

Les communications sont établies par un levier- 
commutateur (fig. 143), qui peut prendre deux 

21. 



Il 

■I 



H 

I 



370 NOUVEAU TRANSMETTEUR MICROPHONIQUE ADER. 

positions, suivant que le récepteur est ou n'est pas à 
son crochet. Dans la première position, il permet 
d'appeler par sonnerie le poste correspondant ou de 




Fig. 143. — Mécanisme du nouveau transmetteur Ader. 

recevoir son appel ; dans la seconde, il ferme les deux 
circuits, primaire et secondaire, de la bobine d'induc- 
tion, ce qui permet d'engager la conversation. 

Dans le premier cas, la ligne se ferme sur la son- 



NOUVEAU TRANSMETTEUR MICROPHONIQUE ADER. 371 

nerie par l'intermédiaire d'une clef d'appel A ; la dis- 
position des circuits est alors représentée schémati- 
quement par la figure 144 : un courant, arrivant par la 
ligne, traverse la clef A, le contact b et la sonnerie S; 
en appuyant sur la clef, on ferme le circuit de la pile 
sur la sonnerie de l'autre poste par l'intermédiaire du 
contact b. 
Le levier- commutateur C (fig. 143) se compose d'une 




Fig. 144. — Disposition schématique des circuits pour l'appel. 

barre métallique, mobile autour d'un axe horizontal 
et divisée en deux parties inégales par une rondelle 
d'ébonite qu'on voit à droite de cet axe. 

Il est complètement distinct du crochetde suspension, 
qui est monté sur un pivot indépendant, et qui lui 
communique son mouvement par l'intermédiaire d'une 
poulie d'ivoire I, que le poids du récepteur suspendu 
au crochet amène au contact du levier. On évite ainsi, 
pour les organes très sensibles du récepteur, les effets 
que pourrait produire la chute de la foudre sur les fils 
de ligne. 

La partie gauche du commutateur est la plus longue ; 
elle est traversée par l'axe de rotation et munie à droite 
d'un ressort, qui la relève dès qu'on saisit le récep- 
teur ; de plus, elle est en communication permanente 









372 NOUVEAU TRANSMETTEUR MICROPHONIQUE ADER. 

avec l'un des fils de ligne PL,. Quand le récepteur R 
est suspendu au crochet, comme le montre la figure, 




Fig. 145. —Transmetteur inicrophonique Ader. 

la barre métallique vient toucher la paillette a qui 
communique par A, D, S u la sonnerie, S 2 , L 2 , avec 
l'autre fil de ligne. Les communications indiquées 
figure 144 se trouvent ainsi réalisées et le poste cor- 
respondant peut appeler. 






TRANSMETTEUR MICROPHONIQUE D'ARSONVAL. 373 

Si l'on appuie sur la clef A, le circuit précédent se 
trouve rompu, mais on fait communiquer la pile 
totale avec la ligne et par suite avec la sonnerie du 
poste correspondant par CS, E, A, a, le levier, PL, ; 
le retour se l'ait par L 2 , S 2 , ZS. 

Quand on décroche le récepteur R, le commutateur 
entraîné par le ressort, abandonne la paillette a, et 
vient toucher les paillettes 6, c, d. Le premier contact 
ferme la ligne sur les récepteurs par L,, P, C, b, le 
circuit secondaire de la bobine B, R', R, L 2 . Les deux 
autres paillettes cd, qui se trouvent réunies par la plus 
petite portion de la barre métallique, ferment le 
circuit primaire par CM, le microphone M, rf, c, le fil 
primaire de B et ZM. 

La figure 143 montre l'aspect extérieur du poste 
mural que nous venons de décrire ; le microphone est 
placé sous la planchette d'un pupitre, qui renferme la 
bobine d'induction. 

Transmetteur microphonique d'Arsonval. — Le 
transmetteur d'Arsonval et Paul Bert a reçu aussi 
divers changements ; nous allons indiquer les modèles 
actuels, qui sont au nombre de deux, l'un se fixant 
contre un mur, l'autre monté sur un pied. 

Le transmetteur mural (fîg. 146) se compose d'un 
microphone en charbon, comprenant quatre crayons 
cylindriques maintenus par trois prismes fixes ; les 
cylindres sont réunis par deux en batterie, et les deux 
batteries sont assemblées en série. Les bornes S 1 S 2 L 1 
L' 2 , placées à la partie supérieure de l'enveloppe, re- 
çoivent les deux tîls de sonnerie et les deux fils de ligne, 
deux de ces quatre fils pouvant être remplacés par 
des fils de terre. Les bornes ZS, CS, ZM, CM, commu- 
niquent avec les pôles des deux fils de sonnerie et de 






374 TRANSMETTEUR MICROPHONIQUE D'ARSONVAL. 

ligne. Les circuits primaire et secondaire de la bo- 
bine d'induction sont figurés schématiquement en PP' 
et SS'; ils ont des résistances de 1 et de ISO ohms. 




Fig. 146. — Communications du transmetteur d'Arsonval 
(modèle mural). 

La clef d'appel C est au-dessus du transmetteur. 

Lorsque l'appareil est au repos, le récepteur est 

suspendu au crochet-commutateur L, qui occupe la 

position représentée en pointillé, et vient appuyer sur 



TRANSMETTEUR MICROPHONIQUE D'ARSONVAL. 37S 

le ressort r. Le circuit de sonnerie est interrompu en 
C à chaque poste et se ferme quand on appuie sur la 
clef. En effet, le courant passe alors par la borne CS, 
x, le plot d, le ressort r, le levier L (position poin- 
tillée), le fil l, la borne L 1 et la ligne. Arrivé à l'autre 
poste, il suit le chemin L', l, L, r, (/, x, S\ sonnerie, 
S 2 , q, m, n, b, >■', c, A, L 2 et revient au poste de départ 
par le second fil de ligne ou par la terre. Il retourne 
enfin à la pile par L 2 , c, r', b, n, m, t, ZS ; mais il faut 
pour cela qu'on appuie à ce poste sur la clef C, comme 
nous l'avons supposé. 

Lorsqu'on décroche les téléphones, le levier L obéit 
au ressort de rappel R et tourne autour de l'axe o; 
l'extrémité gauche s'abaisse, abandonne le ressort r ; 
la goupille e, fixée à cette extrémité, vient presser le 
ressort v, porté par le plot a, et la goupille d ebonite e' 
rencontre le ressort v', porté parle plot/", et l'appuie 
contre le plot e. Le ressort r se relève et le ressort ?•' 
cesse d'appuyer sur le plot b, n'étant plus pressé par 
la pièce isolante I. 

Les communications établies, examinons le circuit 
parcouru par les courants téléphoniques. Au poste 
transmetteur, le courant de la pile microphonique 
part de la borne CM, traverse le microphone, le fil 
primaire P'P, et revient par le plot e, le ressorti)', 
isolé de L par la goupille e, le plot f et la borne ZM. 

Les courants induits qui prennent naissance dans le 
fil secondaire SS' sortent par exemple par S', passent 
par la borne 1, le téléphone T', la borne 2, le plot a, le 
ressort v, la goupille e, le levier L, le fil /, la borne 
L 1 et s'engagent dans la ligne. Au poste d'arrivée, ils 
suivent le chemin inverse L 1 , l, L, e, v, a, 2, T', I,S'S, 
3, T, 4, c, L- et reviennent par le second fil ou par 



I 



376 TRANSMETTEUR MERCADIER ET AN1ZAN. 

la terre au poste de départ, où ils prennent la direction 
L 2 , c, 4, T, 3, et rentrent par S dans la bobine secon- 
daire. 

Transmetteur Mercadier et Anizan. — Le micro- 
phone de MM. Mercadier et Anizan se compose de 
8 charbons, inclinés d'environ 15° sur la membrane 
verticale. Ces charbons sont cylindriques vers leurs 
bases, qui pénètrent dans des douilles métalliques, et 
taillés en pyramide à leurs sommets, qui s'engagent 
librement dans des trous cylindro-coniques, pratiqués 
dans un double prisme de charbon B. Ils sont réunis 
par quatre en quantité, et les deux groupes ainsi for- 
més sont reliés en série. En tirant un bouton qui agit 
sur un fil de soie passant autour de tous les charbons, 
on communique à ceux-ci un mouvement de rotation 
autour de leur axe, qui chasse les poussières pouvant 
altérer les contacts et empêche un calage, d'ailleurs 
peu à craindre. 

Le levier- commutateur (fig. 148) est mobile autour 
de l'axe A et commandé par un ressort antagoniste i. 
Il se termine à droite par une pièce d'ébonite E, 
portant une goupille métallique g' , qui peutfermer le 
circuit primaire en réunissant les ressorts r 3 r'\ La 
goupille g, placée à l'autre extrémité, peut toucher 
l'un des ressorts r* r- ; dans le premier cas, elle met 
l'appareil sur sonnerie ; dans le second, elle ferme 
le circuit secondaire. 

Lorsque le téléphone est suspendu au crochet, le 
circuit d'appel est fermé par L 1 , k, g, >•', d, e, S 1 , 
sonnerie, S 2 , L ! . Si l'on appuie sur le bouton D, placé 
à la partie inférieure, entre les bornes des deux piles, 
le courant de la pile de sonnerie est envoyé à l'autre 
poste par CS, f, d,r\g, k, L 1 et revient par L 2 , S 2 ,ZS. 



TRANSMETTEUR MERCADIER ET ANIZAN. 



377 



Le téléphone étant décroché, le circuit primaire se 
ferme parCM,p,t),P,M,P',»',p',«,r*,5'',» , *,ZM. Une déri- 




vation du même courant passe en même temps dans 
la bobine h, d'une résistance de 100 ohms ; ce shun- 
tage permanent donne une netteté remarquable à la 



I 



378 TRANSMETTEUR MERCADIER ET ANIZAN. 

reproduction de la parole et remédie aux crachements 
pouvant provenir de la grande sensibilité qu'on est 
obligé de donner au microphone, pour les commu- 
nications à grande distance. 

En même temps, le circuit secondaire se ferme par 




Fig. 149. — Poste à pied Mercadier et Anizan. 

L\ A-, g, r î ,l\l*,s,C\t\ S 2 ,L 2 . C'est la disposition pour 
les petites distances. Lorsqu'on veut correspondre à 
une distance plus grande, par exemple sur une longue 
ligne interurbaine, on appuie sur le bouton F, placé 
à gauche de l'appareil ; on supprime ainsi le fil 
secondaire de la bobine et on diminue la résistance, 
ce qui augmente la netteté de l'audition. Le circuit 



TRANSMETTEUR MICROPHONIQUE DE LALANDE. 379 
se ferme alors, entre l 2 et t\ par le contact ac, la 
bobine s étant mise en court circuit. Quand on parle, 
on cesse d'appuyer sur F. 

Le transmetteur Mercadier et Anizan permet donc, 
par la simple manœuvre du bouton F, de communiquer 
à volonté à courte ou à longue distance. La figure 149 
montre le modèle à pied, dont les communications ne 
diffèrent pas sensiblement de celles du précédent; il 
porte à droite un récepteur des mêmes inventeurs, à 
gauche un bitéléphone Mercadier. 

Transmetteur microphonique de Lalande. — Afin 
d'éviter les vibrations parasites dues à l'élasticité 
de la membrane et à la mobilité des contacts, 
M. de Lalande a eu l'idée d'appliquer aux charbons 
des microphones le système employé dans les instru- 
ments de physique pour amortir les oscillations, et qui 
consiste à faire plonger dans un liquide les parties 
vibrantes ou des pièces qui leur sont reliées d'une 
manière fixe. Dans ce but, les charbons du nouveau 
microphone de Lalande sont munis de pièces d'ébonite 
plongeant dans un bain de mercure en contact égale- 
ment avec la plaque vibrante : le mercure amortit les 
vibrations parasites de la membrane et des charbons. 
La poussée de ce liquide sur les pièces d'ébonite sert 
en même temps à régler à volonté la pression entre les 
contacts, de façon à obtenir la plus grande sensibilité 
en même temps qu'une netteté parfaite. 

L'appareil se compose essentiellement d'une plaque 
vibrante circulaire en sapin AB (fig. 130), portant un 
certain nombre de charbons de section carrée C,C, 
C,C, mobiles autour d'une tige de nickel DE, fixée à 
un support en fer FG. Les extrémités supérieures 
H, H, H, H, de ces charbons entrent librement dans 



l 






380 TRANSMETTEUR MICROPHONIQUE DE LALANDE. 

des trous percés dans des blocs de charbon KL, 
fixés également sur la membrane. Les charbons 
portent les pièces d'ébonite M,M,M,M, plongeant dans 
du mercure. La plaque vibrante est maintenue, par 
un anneau métallique NO et des vis, sur le devant 




Fig. 150. — Coupe du microphonejde Lalande. 



d'une boîte en tôle de fer emboutie PQ, qu'elle ferme 
hermétiquement. Pour régler l'appareil, on verse 
peu à peu par l'ouverture R, fermée normalement 
par une vis, une certaine quantité de mercure S à l'in- 
térieur de cette boîte; le liquide, soulevant l'extrémité 

des pièces d'ébonite M, M , fait pivoter les charbons 

autour de l'axe DE et appuyer leur partie supérieure 
H contre la partie antérieure des trous où elle est 
logée. On arrête l'addition de mercure lorsque la 
parole est transmise avec toute ses qualités. Comme 
on le voit, le courant primaire parcourt les charbons 




POSTE MICROTÉLÉPHONIQUE BREGUET. 



381 



réunis par deux en série ; les fils conducteurs traver- 
s.entla boîte de fer à travers des isolateurs d'ébonite TT. 
Le reste du dispositif est analogue à celui d'un 
microphone ordinaire. Ce nouveau microphone, dont 
la figure loi montre la vue en perspective, possède 





Fig. 151. — Transmetteur niicrophonique de Lalande. 

une puissance et une netteté remarquables et ne donne 
pas de résonances sur les circuits les plus étendus ; 
il n'est pas exposé à se dérégler. 

Poste microtéléphonique Bréguet. — Ce poste 
(fig. 152) comprend d'abord un transmetteur en forme 
de pupitre. Derrière la planchette inclinée en sapin 
sont boulonnés les charbons, au nombre de quatre. 
Ce sont des charbons cylindriques, réunis par deux 
en quantité et mobiles entre trois blocs prismatiques. 

Les récepteurs se composent d'un aimant rectiligne, 
nickelé sur toute sa surface, et formant une sorte de 
manche par lequel on saisit l'instrument. A l'une des 
extrémités se trouve un anneau qui sert à suspendre 
le téléphone au crochet du transmetteur; à l'autre est 






3S2 POSTE MICROTÉLÉPHONIQUE BRÉGUET. 

vissé perpendiculairement un noyau cylindrique de 

fer doux, autour duquel s'enroule une bobine ayant 




152. — Poste microtéléphonique Bréguet. 



une résistance de 320 ohms. De l'autre côté de ce 
noyau se trouve la membrane vibrante, en tôle étamée, 
de 6 centimètres de diamètre. Cette membrane est 



POSTE MICROTÉLÉPHONIQUE BRÉGUET. 383 

maintenue par une boîte d'ébonite, qui enveloppe 
également la bobine. 

Ce poste renferme une bobine d'induction, dont le 
circuit primaire a une résistance de 1,50 ohm et le fil 
secondaire de 150 ohms. 

Le même dispositif est appliqué à un poste portatif, 
monté sur un socle cylindrique. 

Théâtrophone. — On sait que les premiers essais 
d'auditions théâtrales par téléphone eurent lieu à 
Paris, en 1881, à l'Exposition d'électricité. 

Des expériences analogues ont été répétées à Berlin, 
à Bordeaux et à Oldham, près de Manchester, en 1881, 
à Charleroi en 1884. La même année, le chalet royal 
d'Ostende, puis le château de Laèken, furent reliés 
par un téléphone au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles. 
Des auditions théâtrales eurent également lieu aux 
expositions de Munich, de Vienne, à l'Exposition 
universelle de 1889, et plus récemment à celle de 
Francfort. 

En 1888, des essais d'auditions théâtrales à longue 
distance eurent lieu entre Paris et Bruxelles. 

En Amérique, les auditions par téléphone sont déjà, 
d'après The Elecirical Engineer, entrées dans la pra- 
tique depuis plusieurs années, et cette nouvelle bran- 
che de la téléphonie est exploitée par une société 
spéciale, la Long distance Company. 

On se sert de transmetteurs presque aussi nombreux 
que les instruments et placés devant chaque musicien : 
ainsi, pour un quintette, on en emploie quatre. Ces 
appareils sont munis de pavillons plus ou moins 
grands, suivant les sons qu'ils doivent transmettre ; ils 
sont placés en dérivation sur une batterie d'accumu- 
lateurs, chacun d'eux ayant dans son circuit le fil pri- 












384 THÉAÀTROPHONE. 

maire d'une bobine d'induction spéciale. Les circuits 
secondaires de ces bobines sont montés en tension 
entre eux et avec la ligne, de sorte que les forces 
électromotrices d'induction développées dans chaque 
bobine s'ajoutent à chaque instant. 

A l'arrivée, on se sert de récepteurs spéciaux qui 
sont des loud-speaking Téléphones d'Edison, et qui sont 
disséminés en divers points de la salle, en nombre 
variable suivant son étendue. On a pu ainsi, avec 
quatre transmetteurs et six récepteurs en tension, 
munis de porte-voix bien proportionnés, transmettre 
des quintettes à 250 milles, de New- York à Newton, 
dans le Massachusetts, et les faire entendre à plus de 
1000 personnes à la fois. Dans d'autres cas, la distance 
a pu être portée à 460 milles (736 kilomètres). 

But du théàtrophone. — Les expériences du palais 
de l'Industrie, et celles qui ont été faites depuis dans 
diverses contrées, ont parfaitement mis en évidence la 
possibilité d'entendre, sans quitter son fauteuil, une 
représentation théâtrale quelconque, non seulement 
dans la même ville, mais aussi à une grande distance. 
On possédait, dès 1881, des appareils assez perfec- 
tionnés pour cet usage, et la question ne présentait 
évidemment aucune difficulté théorique; mais, en 
revanche, il y avait de nombreuses complications 
pratiques : il fallait s'entendre avec les directeurs 
de théâtres pour la pose des récepteurs, relier ceux-ci, 
par des lignes particulières, à un bureau central ins- 
tallé exprès, et établir ensuite les communications 
avec les abonnés. Tout cela explique pourquoi il a 
fallu dix ans avant d'arriver à une solution. 

La Compagnie du Théàtrophone a été créée spécia- 
lement pour les auditions théâtrales. Moyennant un 



THÉATROPHONE. 



385 



abonnement supplémentaire, fixé actuellement à 180 fr. 
par an, les abonnés au réseau téléphonique de Paris 
et de la banlieue peuvent entendre à domicile les 
représentations des divers théâtres de Paris, au moyen 
de leurs appareils téléphoniques ordinaires. Mais la 
Société perçoit, en outre, un droit de 15 francs pour 
chaque soirée d'audition, quel que soit le nombre des 
auditeurs ; ceux-ci peuvent, d'ailleurs, pendant le 
courant de la soirée, changer de théâtre aussi souvent 
qu'ils le désirent, ou rester en relation avec la même 
scène. Ces auditions ne peuvent avoir lieu que d'après 
une demande, qui peut, du reste, être faite d'avance 
ou dans le cours même de la soirée. 

Cette Société a également organisé des auditions 
dans un certain nombre d'établissements publics, 
hôtels, cafés, restaurants, cercles. Ces établissements 
sont réunis par petits groupes, au moyen d'un réseau 
particulier, avec le poste central, situé au siège de la 
Société, et qui communique lui-même avec les divers 
théâtres ; ils reçoivent, pour le fonctionnement et le 
contrôle de cette audition, des appareils spéciaux que 
nous décrirons plus loin. Dans ces établissements, les 
appareils sont prêts à fonctionner tous les soirs, sans 
qu'il soit nécessaire de faire une demande. 

Appareils employés dans les théâtres. — La Com- 
pagnie du Théâtrophone possède, à proximité, de la 
scène, dans tous les théâtres avec lesquels elle a un 
traité, un local contenant les piles, les commutateurs 
et les bobines d'induction. Les piles sont des éléments 
de Leclanché ou de Lalande et Chaperon, au nombre 
de 6 ou 8. Les transmetteurs microphoniques sont 
placés sur la scène, soit devant, soit derrière la rampe ; 
ils sont reliés aux piles et aux fils primaires des bobines 
J. LïFÈvnB. — Nouv. électr. 22 



M 

m 



I 






386 THÉÀTROPHONE. 

d'induction. Les fils secondaires de ces bobines sont 
reliés au bureau central par des lignes, dont le nom- 
bre varie avec l'importance du théâtre et le nombre 
probable des demandes d'audition, et qui aboutissent 
à la rosace décrite plus loin. 

Installation du poste central. — Le poste central est 
situé rue Louis-le-Grand, dans le sous-sol : il a pour 
parties essentielles une rosace et un tableau de distri- 




Fig. 153. — Rosace des lignes du théàtrophone. 

bution. La rosace (fig. 153) comprend : 1° les lignes 
qui relient le poste central aux différents théâtres; 
2° les lignes spécialement affectées au service du 
théàtrophone, c'est-à-dire destinées à mettre en com- 
munication le bureau central avec les établissements 
où ont lieu les auditions quotidiennes; 3° les lignes 
nombreuses qui vont du poste au bureau de l'avenue 
de l'Opéra, pour établir les communications avec les 
abonnés particuliers du théàtrophone ; i° enfin la 
ligne de mile, qui réunit le poste au bureau central de 



THÉATR0PI10NE. 387 

l'avenue de l'Opéra pour les communications de ser- 



vice. 



Ces différentes lignes se continuent ensuite par des 
fils paraffinés jusqu'à un tableau de distribution 
(fig. 154), comprenant des annonciateurs et des con- 
joncteurs analogues à ceux des bureaux centraux or- 




Fig. 154. — Tableau de distribution des lignes du théùtrophone. 

dinaires, et qui est complété par un commutateur à 
manivelle, communiquant avec des télégraphes répéti- 
teurs à aiguille en nombre égal à celui des lignes de 
théâtrophones. 

Le courant qui fait mouvoir ces répétiteurs, ainsi 
que les indicateurs à aiguille placés dans tous les éta- 
blissements abonnés au théàtropbone, est fourni par 
la canalisation générale du quartier et sert en outre à 
alimenter les lampes à incandescence qui éclairent le 



w 



388 



THÉATROPHONE. 



bureau ; aussi la face postérieure du tableau porte des 
coupe-circuit pour obvier aux accidents. 

Une seule téléphoniste suffit à desservir le bureau ; 
elle fait communiquer avec les théâtres les abonnés 
particuliers qui ont demandé une audition, contrôle 
à distance le service chez ces abonnés et dans les 
établissements publics, et enfin change périodiquement 
le programme d'audition de ces derniers en les reliant 
successivement aux divers théâtres. 

Auditions particulières. — Pour les abonnés parti- 
culiers, le service des auditions à domicile se fait par 
l'intermédiaire du bureau de l'avenue de l'Opéra et 
de la ligne de l'Administration des téléphones qui va 
chez cet abonné; il suffit donc que le poste de la rue 
Louis-le-Grand soit relié, comme nous l'avons vu, 
avec l'avenue de l'Opéra par un nombre suffisant de 
conducteurs. L'abonné est mis en communication, 
par le poste de cette avenue, avec la Compagnie du 
Théâtrophone, et celle-ci à son tour le relie au théâtre 
dont il désire entendre la représentation. Lorsqu'un 
abonné du réseau téléphonique est ainsi relié au théâ- 
trophone, il ne peut plus communiquer directement 
avec un autre abonné, car les annonciateurs des 
différents postes centraux restent en dehors du circuit, 
mais il peut toujours communiquer avec le bureau de 
la rue Louis-le-Grand, où un relais Ader, très sensible, 
permet d'entendre ses appels. 

Ce bureaupeut donc lui donner telle communication 
qui lui convient, par exemple lui permettre de causer, 
pendant l'entr'acte, avec un ami relié à un autre 
théâtre. Si la téléphoniste du théâtrophone a be- 
soin, pour cela, de se mettre en relation avec le bu- 
reau de l'avenue de l'Opéra, elle l'appelle par l'in- 



THÉATROPHONE. 



389 



termédiaire de la ligne de ville, destinée à cet usage. 

Auditions quotidiennes dans les établissement» 
publics. — Pour les établissements publics qui veulent 
avoir des auditions quotidiennes, le dispositif est plus 
compliqué : ils possèdent des appareils portatifs, à 
perception automatique, appelés théâtrophones, qui 
peuvent être installés en nombre quelconque dans les 
différentes salles et reliés à des prises de courant. 
Chacun de ces appareils peut être mis en circuit au 
moyen d'une fiche qui pénètre dans une mâchoire 
fixée à la muraille et munie de contacts métalliques, 
et qui est reliée avec lui par un cordon souple. Il porte 
deux récepteurs téléphoniques, qu'on fait commu- 
niquer automatiquement avec la ligne, en introduisant 
une pièce de monnaie dans l'une des deux fentes 
ménagées à cet effet à la partie supérieure du 
théâtrophone. Àuboutde cinq ou dix minutes, suivant 
la valeur delà pièce de monnaie, un nouveau déclen- 
chement la fait tomber au fonddelaboîte et interrompt 
l'audition. Un cadran, placé sur la face antérieure, 
indique le nombre de minutes écoulé, et prévient 
l'auditeur du moment où la communication va être 
coupée ; si celui-ci désire prolonger la séance, il n'a 
qu'à introduire dans la fente une nouvelle pièce de 
monnaie, avant que l'aiguille indique la fin de la 
•première période. L'appareil fait également connaître 
le théâtre avec lequel il est actuellement en commu- 
nication. 

Mécanisme des théâtrophones. — Le mécanisme qui 
actionne les théâtrophones est très ingénieux, mais 
très compliqué : nous en indiquerons seulement le 
principe. La pièce de monnaie introduite dans l'une 
des fentes suit un pian incliné, qui la conduit sur une 

22. 






I 

I 



390 THÉATROPHONE. ' 

petite plate-forme mobile autour d'un levier, et qu'elle 
fait basculer par son poids. Ce mouvement de bascule 
fait mouvoir une ancre, qui déclenche pour cinq ou 
dix minutes, suivant le chemin suivi par la pièce, un 
mécanisme d'horlogerie entraînant l'aiguille qui fait 
connaître à l'auditeur le nombre de minutes écoulé. 
En même temps, un petit cylindre réunit deux 
ressorts et ferme le circuit du téléphone. La pièce 
de monnaie tombe ensuite au fond de l'appareil, 
et la plate-forme se relève, prête à en recevoir une 
autre. 

Dans les premiers temps, on parvenait à obtenir des 
auditions en fraude : ainsi, en secouant l'appareil, on 
faisait basculer la plate-forme et déclencher le méca- 
nisme d'horlogerie. Pour éviter cet inconvénient, on 
a ajouté de petits contrepoids, qui viennent caler le 
volant du mécanisme ou couper le circuit, dès que 
l'appareil n'est plus horizontal. Les pièces trop petites 
ou les objets analogues introduits dans les fentes 
tombent au fond de l'appareil avant d'arriver au plan 
incliné. Enfin, lorsque le théâtrophone n'est pas prêt 
à fonctionner, la pièce, au moyen d'une petite trappe 
placée sur le plan incliné, tombe dans un tube qui la 
ramène au dehors. 

Outre les théâtrophones, chaque établissement 
public possède un récepteur à cadran, semblable à - 
ceux qui se trouvent sur le tableau de distribution, et 
qui doit être placé bien en évidence. Cet appareil 
indique, par la position de son aiguille, le nom du 
théâtre qui se trouve relié avec le théâtrophone de cet 
établissement. Le client sait donc toujours quel genre 
de spectacle il va entendre, et, comme les communi- 
cations sont fréquemment changées dans le cours 



THEATROPHONE. 



391 



d'une même soirée, il peut attendre que l'aiguille 
indique le spectacle de son choix. 

Le mécanisme de ces récepteurs est très simple et 
très ingénieux. L'électro-aimant E (fi g. 155), qui a 
une résistance de 600 ohms, est muni de pièces polai- 




Fig. 155. — Mécanisme du cadran indicateur. 

res PP\ largement épanouies et évidées en forme de 
cercle. Dans cette cavité tourne librement autour du 
centre, et avec très peu de jeu, une armature de fer 
doux'-, folle sur son axe a, et qui a la forme d'un double 
secteur. Lorsque le courant ne passe pas, cette arma- 
ture est maintenue appuyée contre la butée m, ainsi 
que le montre la figure, par l'action du ressort R. 
Quand l'électro devient actif, l'armature tourne en 
sens contraire des aiguilles d'une montre, entraînant 
avec elle, par l'intermédiaire du cliquet ci, la roue 
dentée 6, également folle sur son axe, et l'aiguille, non 
dessinée, qui est fixée a cette roue. L'amplitude de ce 



392 



THEATROPHONE. 



mouvement est réglée par la position de la butée f, qui 
arrête l'armature par le coincement du cliquet d. Dès 
que le courant est interrompu, l'armature est ramenée 
à sa position par le ressort R, mais le cliquet e 
empêche la roue b de revenir en arrière. A chaque 
émission de courant, l'aiguille fixée à cette roue avance 
d'un tour sur le cadran. Tous les récepteurs fonc- 
tionnent en dérivation avec une tension de 100 volts. 

Le manipulateur de ce petit télégraphe se voit à 
droite de la figure 154 ; il se compose d'un tambour en 
bois, dont la surface latérale est garnie de cuivre sur 
deux quarts de cercle diamétralement opposés. Quand 
le volant à manivelle qui commande ce tambour fait 
un tour entier, deux balais parallèles se trouvent deux- 
fois en contact avec les lames de cuivre et produisent 
deux émissions de courant. Quelle que soit la rapidité 
de la manipulation, on est certain que les périodes 
d'ouverture et de fermeture du circuit se succèdent 
régulièrement et à, intervalles égaux. 

Disposition pour les entractes. — Dans les établis- 
sements publics, il peut arriver que les cinq ou dix 
minutes d'audition, auxquelles a droit toute personne 
qui a mis une pièce de monnaie dans l'appareil, 
coïncident plus ou moins complètement avec les 
entr'actes des théâtres que la Société peut faire 
entendre. Pour éviter cet inconvénient, lorsqu'il 
arrive par hasard qu'il y a entr'acte simultanément 
dans tousles théâtres du réseau, la Société fait entendre 
un pianiste et un chanteur qu'elle a constamment à 
sa disposition dans ce but, aux heures des représen- 
tations. Pendant ce temps, toutes les lignes du théàtro- 
phone sont reliées à la salle où se trouvent ces deux 
artistes, et toutes les aiguilles des cadrans indicateurs 



THÉATROPHONE. 



393 



sont sur le mot entracte, le public est donc prévenu. 

Appareils accessoires du bureau central. — Nous 
avons dit que le tableau de distribution porte des 
répétiteurs à aiguille, qui reproduisent les indications 
des cadrans indicateurs placés dans les divers établis- 
sements publics du réseau. La téléphoniste n'a donc 
qu'à jeter un coup d'œil sur ces répétiteurs pour savoir 
quels sont les théâtres qui communiquent avec ces 
divers établissements: elle peut en outre contrôler lo 
fonctionnement des Théâtrophones en plaçant son 
appareil d'opérateur, du type Berthon-Ader, non pas 
directement dans le circuit, ce qui augmenterait sa 
résistance, mais à proximité, au moyen d'un levier à 
touche ; elle obtient par induction un son faible, mais 
très net, qui suffit pour le contrôle. 

Enfin le bureau central possède encore un dispositif 
qui permet, à chaque instant, de mesurer la résistance 
de la ligne d'un abonné qui écoute, assez vite pour 
qu'il ne puisse même pas s'en apercevoir. L'employé 
chargé de ces mesures possède un tableau qui indique 
la résistance normale de la ligne de chacun des 
abonnés, lorsqu'il est relié à l'un quelconque des 
théâtres : il suffit donc de vérifier si la ligne possède 
cette résistance pour s'assurer si elle est en bon état. 
On se sert pour cela d'un pont de Wheatstone avec 
galvanomètre à miroir et échelle, non figurés, et d'une 
série de commutateurs à double fil à deux directions 
A„ A,, A,..., B, C, D (fig. 156). 

Si, par exemple, l'employé veut vérifier l'état de la 
ligne de l'abonné qui écoute sur la ligne n° 2, il com- 
mence par régler la résistance variable du pont, de 
manière à obtenir l'équilibre pour la résistance nor- 
male que doit présenter la ligne considérée. 11 place 



1 









394 THÉÂTROPHONE. 

alors le commutateur A 2 sur l'indication « Ouvert» ; 
puis, fixant les yeux sur l'échelle du galvanomètre, il 
établit la communication avec le pont pendant un 
instant très court au moyen du commutateur D. Si la 
ligne est en bon état, l'image lumineuse ne bouge pas. 
Le commutateur C sert seulement à intercaler sur la 




Fig. 156. — Diagramme des communications servant à mesurer 
les résistance des lignes d'abonnés. 



ligne de l'abonné une paire de récepteurs; B permet 
de relier le pont de Wheatstone avec un cordon 
souple à deux brins, terminé par une fiche, qui sert à 
rattacher au pont l'un quelconque des câbles abou- 
tissant au tableau, afin d'effectuer aisément toutes les 
mesures locales de résistance dont on peut avoir 
besoin. 

Théâtrophone de Bordeaux. — Le théâtrophone a été 
installé à Bordeaux. Les fils provenant des divers 
théâtres de la ville se rendent au bureau central, 



TtlÉATROPHONE. 



39b 



situé rue de la Devise, et se distribuent ensuite chez 
les abonnés du téléphone, ainsi qu'aux salles d'audi- 
tion, rue Sainte-Catherine. Pour augmenter l'attrac- 
tion, on a adjoint à ces salles un hall où se tiendra, 
dit-on, une foire aux plaisirs. 



1 



I 



■ 

I 



CHAPITRE XX 

LES HAYONS ROENTGEN ; LA PHOTOGRAPHIE 
A TRAVERS LES CORPS OPAQUES. 






Nous souhaitions, en terminant notre préface, que 
de nouvelles inventions vinssent bientôt agrandir le 
domaine de la science électrique; avant que notre 
livre fût achevé d'imprimer, une découverte inattendue 
s'est produite, qui remplit notre souhait et ouvre un 
nouveau champ à l'activité intellectuelle de l'homme. 

On sait que, en faisant passer la décharge d'une 
bobine de Ruhmkorff dans des tubes où l'on avait fait 
un vide beaucoup plus complet (environ un millio- 
nième d'atmosphère) que dans les tubes de Geissler, 
M. Crookes a constaté que le résidu gazeux possède 
des propriétés tout à fait spéciales (1). Il a attribué 
ces propriétés à l'extrême raréfaction, qui permettrait 
aux molécules gazeuses de parcourir toute la longueur 
du tube sans se heurter assez souvent pour maintenir 
en tous lespoints l'égalité de pression. Sous l'influence 
de la décharge, ces molécules s'orienteraient à partir 
de l'électrode négative et viendraient frapper la 
paroi opposée, dont la fluorescence s'expliquerait par 



(0 Voy. 
page 516. 



Dictionnaire d'Électricité, art. Matière radiante, 



m t 



LA PHOTOGRAPHIE A TRAVERS LES CORPS OPAQUES. 397 

ces chocs répétés ; d'où le nom de rayons cathodiques. 
Une des propriétés les plus remarquables de ces 
rayons, c'est d'être déviés par un aimant. 

En 1893, M. Lenard a montré que les rayons catho- 
diques, s'ils ne se produisent que dans le milieu 
radiant, peuvent cependant se propager en dehors de 
ce milieu ; si l'on ferme en effet la partie du tube 
opposée à l'électrode négative par une plaque très 
mince d'aluminium, ces rayons la traversent et 
peuvent se propager ensuite, soit clans le vide, soit 
dans l'atmosphère. 

C'est en étudiant les rayons cathodiques que 
M. Ronlgen, de "VVurlzbourg, a réalisé les belles expé- 
riences qui, depuis quelque temps, occupent l'attention 
du monde savant. Ayant placé, dans une chambre 
obscure, un papier recouvert de platino-cyanure de 
baryum auprès d'un tube de Crookes bien enveloppé 
de papier noir, il vit ce papier devenir 'fluorescent. 
L'action se fait sentir jusqu'à une distance de deux 
mètres; elle est la même, quelle que soit la face du 
papier qui est tournée vers le tube. On voit donc que, 
si les rayons cathodiques ne peuvent traverser le tube 
de verre, la paroi de ce tube donne naissance à 
d'autres rayons invisibles, mais dont l'existence se 
trouve révélée par l'expérience qui précède. Ces 
rayons, auxquels l'auteur avait donné le nom de 
rayons X , sont appelés universellement rayons Rôntgen. 
Tous les corps, de même que le papier ou le carton 
noirci, se laissent traverser par ces rayons, mais dans 
des proportions variables. Un écran fluorescent s'illu- 
mine encore, malgré l'interposition de deux jeux de 
cartes, d'un livre imprimé de 1000 pages, de plusieurs 
lames d'étain superposées ou d'une planche de sapin 
J. Lefèvre. — Xouv. électr. 23 



r- :r . 









' 










m 



^^^^ 




Fig. 1 57. — Photographie cathodique d'une main dont l'un des doigts porte une bague (Photogravêe sans retouche aucune sur l'original 

allemand et communiquée par la Société d'encouragement). 



Il 







400 LES RAYONS RÔNTGEN. 

de 1 à 3 centimètres d'épaisseur. Des plaques d'alu- 
minium de 15 millimètres d'épaisseur diminuent 
beaucoup la fluorescence, mais ne la détruisent pas 
complètement. Le verre agit de même; toutefois, 
celui qui contient du plomb est plus opaque. Une lame 
d'ébonite de plusieurs centimètres est encore transpa- 
rente. L'eau et divers fluides sont très transparents. 

En général, la densité est le caractère qui influe le 
plus sur la transparence pour les rayons Rôntgen;un 
accroissement d'épaisseur la diminue. Cependant il 
est impossible de déduire la transparence d'un corps 
du produit de son épaisseur par sa densité ; la dimi- 
nution de ce produit est beaucoup plus lente que 
l'accroissement de la transparence. 

Le platino-cyanure debaryum n'est pas le seul corps 
qui permette de manifester la présence des rayons 
Ronlgen : on peut utiliser la fluorescence d'autres 
corps ou l'action exercée par ces rayons sur les 
Iliaques sèches et les pellicules photographiques. 

La photographie a l'avantage de fournir une preuve 
indiscutable; elle peut être effectuée sans le secours 
de la chambre noire, car il est inutile de relever le 
volet du châssis qui contient la plaque. 

L'auteur a pu photographier ainsi une série de poids 
dans sa boite, un fil enroulé sur une bobine de bois, 
un morceau de métal, le squelette d'une main à travers 
les chairs. 

Sur cette dernière photographie (fig. 157), on voit 
une tache noire formée par une bague, placée à l'an- 
nulaire. Sur le morceau de métal, la photographie 
décèle un manque d'homogénéité. 

^s. rayons Ronlgen n'agissent pas sur la rétine, 
bien qji'ils ne soient pas arrêtés par les milieux de 
» ' \ ■■ . 



LA PHOTOGRAPHIE A TRAVERS LES CORPS OPAQUES. 401 
l'œil ; on n'a pu constater jusqu'ici aucun effet calori- 
fique. Ces rayons ne subissent ni la réflexion, ni la ré- 
fraction ; ils ne sont pas déviés par l'aimant, ce qui les 
distingue des rayons cathodiques. Enfin, ils naissent 
au point où les rayons cathodiques viennent frapper le 
verre du tube ; si l'on dévie ces derniers par un aimant, 
l'origine des premiers se déplace en même temps. 

M. Rontgen a cherché en vain à produire des 
interférences. 

Diverses hypothèses ont été proposées quant à la 
nature de ces rayons ; il semble difficile d'admettre 
qu'ils puissent être des rayons ultra-violets, car leurs 
propriétés diffèrent beaucoup de celles des rayons 
ultra-violets déjà connus ; M. Rontgen croit préfé- 
rable de les attribuer, au moins actuellement, à des 
vibrations longitudinales de l'éther. 

Dès que la découverte de M. Rontgen a été connue, 
les chirurgiens ont pensé qu'elle " leur offrait un 
nouveau moyen d'investigation, capable de rendre les 
plus grands services. Diverses tentatives ont été 
faites en ce sens ; en particulier, le D 1 ' Lannelongue a 
obtenu de bons résultats en photographiant un fémur 
atteint d'ostéomyélite et un doigt d'enfant atteint 
d'une affection tuberculeuse. Il paraît donc certain 
que cette méthode peut être appliquée avec succès 
à quelques cas simples, mais elle est actuellement 
incapable, ainsi que le fait remarquer Je D r Gariel, de 
se prêter à l'exploration de la plupart des organes. 
En effet, les rayons Ronlgen ne subissant pas la ré- 
fraction, on n'obtient pas sur la plaque photographi- 
que une véritable image, mais seulement une sorte 
d'ombre, qui représente bien le contour des ol 
mais ne peut en montrer tous les détails. 










TABLE DES MATIERES 



CHAPITRE PREMIER 

Propriétés des courants 

Oscillations ou ondulations électriques, 9. — Courants 
à haute fréquence, 13. — Champs magnétiques tour- 
nants, 18. — Courants polyphasés, 20. 

CHAPITRE H 



Production de l'électricité : Piles et dynamos 

Pile de Lalande et Chaperon, 29. — Leclanché-Barbier, 
31. — Jeanty, 32. — Appareil Fulgur, 30. 

Dynamos à courant continu, 37. — Turbo-générateur 
électrique, 37. — Dynamo à gaz, 41. — Leeds, à courant 
constant, 44. — Scott et Mountain, 40. — Multipolaire 
Rechniewski, 48. — A inducteurs sectionnés, 61, — 
A collecteur séparé, 52. — A pédales, 54. 

Dynamos à courants alternatifs, 55 : Alternateur Labour, 
55. — Cail-Helmer, 50. — Volant 0. Patin, 02. — King- 
don, 03. — Pyke et Ilarris, 65. — Emilio Belloni, 07. 
— J. A. Ewing, C7. — Thomson-Houston, 08. 

Alternateurs à courants polyphasés, 09. — Ziperoowsky, 
09. — Westinghouse à courants diphasés, 72. — 
Siemens et Halske à courants triphasés, 73. — Dyuamo 
dimorphe, 74. 



29 



mm 



TABLE DES MATIERES. 



CHAPITRE III 



403 



lui 



Accumulateurs et transformateurs 

Accumulateurs : Accumulateurs à navettes, 75. — Epstein, 
80. — Tudor, 81. — Desjardins, de Khotinsky, 83. — 
De la Société suisse pour la construction des accumu- 
lateurs, 84.— Laurent-Cély, 86.— P. Gadotet.M. Pisca, 
88. — Crompton Ilowell, 80. — Waddell-Entz, 00. — 
Au cadmium, 03. — Thermo-électrique, 93. 

Transformateurs, 9't : Transformateur Ganz, 04. — Labour, 
0"). — Thomson-IIouston, 00. — De fréquence et de 
tension, 100. 

CHAPITRE IV 

Production <Ie l'électricité : appareils accessoires. 

Balais feuilletés, 104. — Rhéostat, 104. — Régulateurs 
de tension : Fabius Ilenrion, 106. — Blathy, 108. — 
Indicateur de la charge des accumulateurs, 110. — Li- 
mileur automatique de débit, 111. —Anneau isolateur, 
113. 

CHAPITRE V 

Appareils de mesures et de contrôle Il i 

Voltmètres : Voltmètre électrostatique pour faibles po- 
tentiels, 114. — Enregistreur, 118. — Avertisseur, 119. 
Enregistreurs pour courants alternatifs, 119. — Comp- 
teurs d'électricité, 122. — Aron et E. Thomson, l?.i. 
— Wattmètre portatif, 126. — Enregistreur Richard 



frères, 128 



CHAPITRE VI 



Ï- IM 



I 



Lampes électriques et appareils accessoires 1S0 

Lampes à arc ou régulateurs: Régulateur Cance, 130. — 
de Contades, 134. — Brianne, 135. — Wilbrant, 138. — 
Bardon, 130. — E. Thomson, 143. — A arc incandes- 
cent, 146. — A arc incandescent à haut potentiel, 147. 

Lampes à incandescence, 148 : Lampe Bernstein, 148. — 
— Waring, 119. — Dériveur-réallumeur, 149. —Globe 
diffuseur transparent, 150. — Bobine à réaction, 152. 









404 



TABLE DES MATIERES- 



CHAPITRE VU 

Éclairage électrique 1 54 

Éclairage de l'Olympia, 154. — de l'Auditorium à Chi- 
cago, 156. — électrique de Clermont-Ferrand, 158. — 
électrique d'Anvers, 161. — des trains des chemins de 
fer, 103. — intermittent de tramways, 166. —des rues 
par l'incandescence, luG. — électrique et chauffage à 
vapeur combinés, 168. 



CHAPITRE VIII 
Applications «le la lumière électrique 

Projecteur électrique, 173. — Polyscope, 180. — Bijoux 
lumineux, 182. — Danse serpentine, 182. — Fontaines 
lumineuses, 184. — Pèche électrique, 186. 

CHAPITRE IX 



173 



L Électricité source tle chaleur 18 

Creuset électrique, 187. — Fabrication électrique du 
phosphore, l'JO. — Chauffage et cuisine électrique, 
191. — Allume-cigares électrique, 19(j. — Forgeage 
électrique, 191. — Soudure électro-hydrothermique, 
138. 



CHAPITRE X 



L'Étincelle électrique 

Exploseur électrique Manet, 199. 
203. 



Ozonateurs Seguy, 



CHAPITRE XI 

Les industries électro-chimiques 

Voltamètre à grand débit, 210. — Fabrication électro- 
lytique du chlore, 212. — Préparation électrolytique 
de lacéruse, 214. —Epuration électrolytique de l'eau, 
214. — Traitement électrique du vin, 215. — Blan- 
chiment électrique, 215. — Désinfection électrolytique, 



109 



210 



TABLE DES MATIÈRES. 408 

216. — Extraction et blanchiment de la fécule, 225. 
— Tannage électrolytique, 229. 

ElectrométaUurr/ie : Extraction de l' aluminium, 230. — 
Du chrome, 23G. — Des métaux précieux, 230. 

Electrockimie : Dépôt de cobalt, 240. — Dépôt de palla- 
dium, 211. — Dépôt d'aluminium, 241. 

CHAPITRE XII 

Vêtions physiologiques ; applications médicales. 243 

Autoconduction, 243. — Action physiologique des cou- 
rants à haute fréquence, 244. — Production de cou- 
rants alternatifs à haute fréquence par les machines 
statiques, 245. — Secours à donner aux personnes 
foudroyées par suite d'un contact accidentel avec des 
conducteurs électriques à courant continu, 24C. — 
Secours à donner aux personnes foudroyées par suite 
d'un contact accidentel avec des conducteurs électri- 
ques à courants alternatifs ou redressés, 252. 

CHAPITRE XIII 

Moteurs électriejues 259 

Moteurs à courant continu, 259 : Moteur de la Compagnie 
de Fives-Lille, 259. — Lundell, 262. — Nouveau moteur 
Thomson-Houston pour tramways, 26G. 

Moteurs à courants alternatifs, 2(iG : Moteurs à champ ma- 
gnétique constant, 267 : Zipernowsky, 2ii7 ; — A champ 
alternatif, 269. — A champ tournant, 270. — A cou- 
rants diphasés de MM. Hutin et Leblanc, 270. — A cou- 
rants diphasés du Creusot, 272. — A courants dipha- 
sés de Brown, 274. — A courants diphasés de la 
Westinghouse C°, 274. — biphasés de Tesla, 277. — 
triphasés de l'Allgemeine Elektricitâts Gesellschaft, 281. 

CHAPITRE XIV 

Appareils de levage et autres mus par l'élec- 
tricité 282 

Grue électrique, 282. — Treuil électrique, 284. — Pont 



■r»*- 



406 TABLE DES MATIÈRES. 

roulant électrique, 286. — Ascenseurs électriques, 287. 
— Ventilateur électrique, 289. 



CHAPITRE XV 

Distribution de l'énergie électrique 

Distribution à trois fils avec une seule dynamo, 292. — 
Avec double transformation, 296. — Par courants 
polyphasés, 297. — Circuit amortisseur, 298. 



292 



CHAPITRE XVI 

Stations centrales ; transmission de l'énergie 

Usine du secteur des Champs-Elysées, 299. — Trans- 
mission d'énergie par courants diphasés à Decize, 
300. — Station à courants triphasés d'Erding, 304. — 
A courants triphasés de Redlands, 308. — Etat actuel 
de la distribution de l'énergie électrique à Paris, 311. 



299 



CHAPITRE XVII 
Traction électrique 322 

Locomotive Heilmann, 322. —Delà Compagnie du Nord, 
330. — Siemens, 332. — Thomson-Houston, 333. 

Tramways électriques : Tramways à accumulateurs, 336. 
— A conducteurs aériens, 343. — A rails conducteurs, 
346. — A câble souterrain, 348. — Voiture électrique, 
348. 

CHAPITRE XVIII 



Télégraphie électrique 

Télégraphe imprimeur Higgins, 350. 



350 



CHAPITRE XIX 

Téléphonie 358 

Améliorations de détails imposées aux constructeurs 
d'appareils téléphoniques, 358. — Téléphone Ader, 
360. — Amplificateur Massin, 362. — Aubry, 364. — 



TABLE DES MATIÈRES. 407 

Bitéléphone, 3C3. — Nouveau transmetteur niicrophoui- 
que Ader, 3G9. — Transmetteur microphonique d'Ar- 
sonval, 373. — Mercadier et Anizan, 37G. — Micro- 
phonique de Lalande, 37'J. — Poste microtéléphonique 
Bréguet, 381. — Théàtrophone, 3H3. 



CHAPITRE XX 

Les rayons Rontgcn ; la photographie à travers les corps 

opaques 39(1 



FIN DE LA TABLE DES MATIERES. 






■■ 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Accumulateur à navettes, "5; 

— Epstein, 80 ; — Tudor, 81 ; 

— Desjardins, 83; — de Kho- 
tinsky, 83; — de la Société 
suisse pour la construction 
des accumulateurs, 84 ; — 
Laurent-Cély, 86; — P. Gadot 
et M . Pisca, 88 ; — Crompton- 
Howell, 89; — Waddell-Entz, 
90; — au cadmium, 93; — 
thermo-électrique, 93. 

Adek. Téléphone, 3G0 ; — Nou- 
veau transmetteur micropho- 
nique, 309. 

Allume-cigares électrique, 190. 

Alternateur Labour, 55; — Cail- 
Ilelmer, 50; — volant O. Pa- 
tin, 02; — Kingdon, 03; — 
Pyke etHarris,65; — Emilio 
Belloni, 07 ; — J. A. Ewing, 
07; — Thomson - Houston , 
08. 

Alternateurs à courants poly- 
phasés, 69: — Zipernowsky, 
09. — Westinghouse à cou- 
rants diphasés, 72; — Sie- 
mens et Halske à courants 
triphasés, 73. 

Aluminium. Extraction de 1'— , 
230. 



Aluminium. Dépôt électroly- 
tique d' —, 241. 

Andiïbson. Épuration électroly- 
tique de l'eau, 214. 

Anneau isolateur, 113. 

Abon. Compteur, 124. 

A.H80NVAL (D'). Autoconduction, 
243; — Transmetteur micro- 
phonique, 373. 

Aubky. Téléphone, 361. 

Bardon. Régulateur, 139. 

Bijoux lumineux, 182. 

Bitéléphone, 305. 

Blanchiment électrique du pa- 
pier, 215. 

Blondlot. Expériences sur les 
oscillations électriques, 12. 

Blot (G. R.). Accumulateur à 
navettes, 75. 

Botto.me. Préparation électroly- 
tique de la céruse, 214. 

Bouillotte électrique, 194. 

Brégcet. Poste microtélépho- 
nique, 381. 

Brianne. Régulateur, 135. 

Brovvn. Moteur à courants di- 
phasés, 274. 

Burton. Forgeoge électrique, 
197. 

Cail-Helmer. Alternateurs, 56. 



TABLE ALPHABETIQUE. 



409 



CAtiCE. Régulateur, 130. 

Cassel. Extraction des métaux 
précieux, 237. 

Céruse. Préparation électroly- 
tique de la — , 214. 

Champs magnétiques tournants, 
1S. 

Chauffage et cuisine électri- 
ques, 191. 

Chlore. Fabrication électroly- 
tique du —, 212. 

Chrome. Extraction du — , 23C. 

Circuit amortisseur, 298. 

City and South London Electric 
Hailwoy. Locomotive Sie- 
mens, 332. 

Cobalt. Dépôt électrolytique 
de —, 240. 

Commelin et Finot. Accumula- 
teur au cadmium, 93. 

Compteurs d'électricité, 122; — 
Aron, 124 ; — E. Thomson, 
124. 

Contâmes (de). Lampe à arc, 143. 

Courants à haute fréquence, 13. 

Courants polyphasés, 20. 

Cowles. Extraction de l'alumi- 
nium, 231. 

Creuset électrique de Moissan, 
187. 

Creusot (Lej. .Moteur à courants 
diphasés, 272. 

Cbomptos. Appareils de chauf- 
fage et de cuisine, 193. 

Ci'.oui'tox-IIowei.l. Accumula- 
teur, 89. 

Cuisine électrique (Appareils 
de; Crompton, 192. 

Danse serpentine, 182. 

Decize (Houillères de —). Trans- 
mission d'énergie par cou- 
rants polyphasés, 300. 

1)f. la Rive. Production d'oscil- 
lations électriques, 10. 

Dépôt électrolytique de cobalt, 



240; — de palladium, 241 ; — 
d'aluminium, 241. 
Désinfection é lect roi ytique,216; 

— des navires, 217; — des 
villes et des maisons, 219; — 
des eaux d'égout, 222. 

Desjardins. Accumulateur, 83. 
Distribution de l'énergie élec- 
trique, 292; — à Paris, 311. 
Dynamo dimorphe. 7't. 

— à gaz, 41 ; — Leeds à cou- 
rant constant, 44; — Scott et 
Mountain à courant continu, 
40; — multipolaire Rech- 
niewski, 48; — à inducteurs 
sectionnés, 51 ; — machine 
d'induction à collecteur sé- 
paré, 52; dynamo à pédales ,51. 

Dynamos à courant continu, 37 . 

46; — à courants alternatifs, 

55. 
Eau. Épuration électrolytiqui 

de 1' —, 214. 
Egohoff. Production d'oscilla 

tions électriques, 10. 
Électrochimie, 2i0. 
Électro-chimiques (Industries , 

210. 
Électrogyroscope, 18. 
Électrométal lurgie, 230. 
Énergie électrique. Distribution 

de 1' — 292; — transmission 

de l'—, 29!). 
Ki'steix (Accumulateur), 80. 
Épuration électrolytique de 

l'eau, 21 i. 
Erding (Autriche". Station à 

courants triphasés, 301. 
Etincelle électrique, 1!):). 
Exploseur électrique Manet,199. 
Extraction de l'aluminium, 230. 
Faiihio. Fabrication industrielli' 

de l'ozone, 207. 
Fauhe (Camille). Extraction de 

l'aluminium, 235. 



410 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 




Ker à repasser électrique, 194. 

Ferraris, de Turin. Champs 
magnétiques tournants, 19. 

Fiévé. Indicateur de la charge 
des accumulateurs, 110. 

Fives-Lille (Moteur de), 259; — 
Transformateur triphasé, 29G 

Forgeage électrique, 197. 

Four électrique pour cuisine de 
Crompton and C°, 19:1. 

Fulgur (appareil), 30. 

Gadoï et Pisca. Accumulateur, 
88. 

Ganz. Transformateur, 9i. 

GKEENwoDetBATLEïde Leeds.Dy- 
namo à courant constant, 44. 

Greenwood. Fabrication élec- 
trolytique du chlore et de la 
soude, 213. 

Gnorii. Tannage électrolytique, 
229 

Hartmann et Braun. Voltmètre, 
120. 

IIeilmann (Locomotive), 322. 

Henrion (Fabius), de Nancy. 
Voltmètre enregistreur, 117. 

IIermite. Désinfection électroly- 
tique, 2IG; — Extraction et 
blanchiment delà fécule, 225. 

HénouLT. Extraction de l'alu- 
minium 231. 

Migoins. Télégraphe imprimeur, 
350. 

IIolroyd Ssiith. Tramways à 
câble souterrain, 348. 

IIutin et Leblanc. Machine d'in- 
duction à collecteur séparé, 
52; — Moteur à courants di- 
phasés, 270. 

Inducteurs sectionnés (Dyna- 
mo à), 52. 

Induction (machine d') à collec- 
teur séparé, 52. 

Jeantaud. Voiture électrique. 



Jeanty (Pile), 32. 

Joubert. Production d'oscilla- 
tions électriques, 10. 

Kelvin (Lord). Voltmètre élec- 
trostatique, 1 14. 

Khotinsky. Accumulateur, 83. 

Labour. Alternateur, 55; — 
Transformateur, 95. 

L4GRAXOE et Hoho. Soudure 
électro-hydrothermique, 198. 

Lalande (de). Transmetteur mi- 
crophonique de — , 379. 

Lalanue et Chaperon (Pile), 2!'. 

Lampes électriques, 130; — à 
arc ou régulateurs, 130; — 
Cance, 130; — régulateur de 
Conlades, 13i; — Brianne, 
135, — à incandescence, 
148. 

Laurent-Ckly. Accumulateur, 
8G, 3:18. 

Laval. Turbine, 38. 

Leclanché-Barbier (Pile), St. 

Le Verrier. Extraction de l'alu- 
minium, 23G; — des métaux 
précieux, 239. 

Limiteur automatique de débit, 
III. 

Locomotive Ileilmaon, 322; — 
de la Compagnie du Nord, 
330; — Siemens, 332. 

Lontin et de Fonvielle. Electro- 
gyroscope, 18. 

Lundell (Moteur), 2G2. 

Manet frères. Exploseur élec- 
trique, 199. 

Martin (G.). Limiteur automa- 
tique de débit, III. 

Massin. Téléphone amplifica- 
teur, 362. 

Mercadier. Bitéléphone, 3G5 ; 
— Transmetteur Mercadier 
et Anizan, 37G. 

Méritens (de). Traitement élec- 
trique du vin, 215. 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



,11 



Mesure. Appareils de — ,114. 
Minet. Procédé d'extraction de 

l'aluminium, 233. 
Moissan. Creuset électrique, 187. 
Moteurs à courants polyphasés 

(Principe des), 25. 

— à courant continu: de Fives- 
Lille, 259; — Lundell, 262; 

— Thomson- Houston pour 
tramways, 206. 

— à courants alternatifs, 20G; 

— à champ magnétique cons- 
tant, 207; — à champ alter- 
natif, 200; — à champ tour- 
nant, 270; — ventilateur 
électrique, 280. 

Mobdbt. Moteurs à champ alter- 
natif, 260. 

Natting (S.). Matelas électro- 
theruiogénique, 19G. 

Navires. Désinfection des na- 
vires, système Ilermite, 218. 

Nord. Locomotive de la Compa- 
gnie du chemin de fer du, 330. 

Oscillations ou ondulations élec- 
triques, 0. 

Ozonateurs Seguy, 203. 

Palladium. Dépôt électrolytique 
de —, 241. 

Pèche électrique, 180. 

Phosphore. Fabrication élec- 
trique du —, 100. 

Photographie à travers les corps 
opaques, 390. 

Pile de Lalande et Chaperon, 
20; — Leclanché-Barbier, 31 ; 

— Jeanty, 32. 

Poste microtéléphonique Bré- 
guet, 381. 

Rayons Rôntgen, 300. 

Readman etPAiiKEii Fabrication 
électrique du phosphore, I9J. 

Redlands (Californie). Trans- 
mission par courants tripha- 
sés, 308. 



Régulateur Cance, 130; — de 
Contades, 134; — Brianne, 
1 35 ; — Wilbrant, 138 ; — Bar- 
don, 130; — E. Thomson, 143. 

Renard (Commandant). Volta- 
mètre à grand débit, 210. 

tliciiAno (J.l. Voltmètre avertis- 
seur pour tableaux de distri- 
bution, 118; — pour courants 
alternatifs, 110; Wattmètre 
enregistreur, 128. 

Rôntge.n. Les rayons, 30G. 

Sahasin. Production d'oscilla- 
tions électriques, 10. 

Scott et Mointain. Dynamo à 
courant continu, 40. 

Secours à donner aux personnes 
foudroyées par suite d'un 
contact accidentel avec des 
conducteurs, 24G. 

Siemens (Locomotive), 332. 

Siemens et IIai.ske. Tramways a 
cable souterrain, 348. 

Société industrielle des télé- 
phones, 3GI, 300. 

Soudure électro-hydrothermi- 
que, 108. 

Téléphone Ader, 300; — ampli- 
ficateur Massin, 302; — Au- 
bry, 304. 

Téléphonie, 358. 

Tesi.a. Courants à haute fré- 
quence, 13. 

Thomson (E.). Compteur, 121: 
— Régulateur, 1 1::. 

Tiiû.MsoN-Iloi'SToN (Alternateur), 
08; — Moteur W. P. pour 
tramways, 266; — Locomo- 
tive, 333. 

Transformateur Ganz, 94 ; — 
Labour, 90. 

Tannage électrolytique, 229. 

Télégraphe imprimeur lliggins, 
350. 

Théàtrophone, 383. 



MB 

m 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Traction électrique, 322. 

Tramways électriques, 336; — 
à accumulateurs, 336; — à 
conducteurs aériens, 343 ; — 
à rails conducteurs, 346 ; — 
à câble souterrain, 348. 

Transformateur triphasé de 
Fives-Lille, 296. 

Transmetteur microphonique 
de Lalande, 379. 

Transmission de l'énergie, 299. 

Trouvé. Danse serpentine, 182; 

— fontaines lumineuses, 18i ; 

— pêche électrique, 186. 
Tuuon. Accumulateur, 81. 
Turbine Laval, 38. 
Turbo-générateur électrique , 

37. 

Usine du secteur des Champs- 
Elysées, 299. 

Ventilateur électrique, 289. 

Villon. Blanchiment électrique 
du papier, 215. 

Vin. Traitement électrique du 
—, 215. 

Violle. Creuset électrique, 187. 



Voiture électrique Jeantaud,348. 

Voltamètre à grand débit du 
commandant Renard, 210. 

Voltmètre électrostatique pour 
faibles potentiels, 114; — 
enregistreur de Fabius Hen- 
rion, 117; — avertisseur 
J. Richard, 119; — enregis- 
treur pour courants alterna- 
tifs, 119. 

VVaduell-Entz. Accumulateur, 
90. 

Wattmètre portatif, 12G; — 
enregistreur, 128. 

Westinghocse : Alternateur à 
courants diphasés, 72 ; — Mo- 
teur à courants diphasés 
27 4. 

Wilbbant. Régulateur, 138. 

Webster. Purification des eaux 
d'égout, 222. 

Wobms et Balé. Tannage élec- 
trolytique, 229. 

Zipernowsky : Alternateur, 69 ; 
— Moteur à courants alter- 
natifs, 267. 



FIN DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE. 




232'j-96. — CouctJL. Imprimerie Cueté. 



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